‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 40 sur 488 · ARNOUL -- AROME · texte numérisé non relu

ARNOUL -- AROME

impraticable, Gui mourait en 894 et Bérenger était reconnu roi A Pavie. Mais le fils de Gui, Lambert, se posa soo compétiteur, et a cette nouvelle Arnoulf accourut en 895 en Italie, ot Lambert et Bérenger firent cause commune contre Jui. Arnoulf inarvha d’abord sur Rome, que défendait Agelrude, veuve de Gui, et prit cette ville d’assaut, L’année sui vante le pape Formose lui placa sur la téte la couronne impériale; mais 4 peu de temps de 1a il tomba subitement malade au milieu de ses préparatifs, et s’en retourna en Allemagne, en chargeant son fils Ratold de la conduite de la guerre en Italie. Il mourut le 29 novembre 899, 4 Ratisbonne, aprés avoir fait reconnattre, dés 897, son fils Louis Y'Enfant pour lui succéder.

ARNOULD (Sopuie), actrice de Opéra, fameuse par ses aventures galantes et par la causticité de son esprit, naquil 4 Paris, le 14 février 1743, dans la chambre méme ot Coligny fut massacré la nuit de la Saint-Barthél Son pére, qui tenait un hdtel garni, lui fitdonner une eatin brillante. Sophie avait regu de la nature un esprit facile, un cceur impressionnable, une voix céleste et des yeux d’une expression ravissante. Un hasard lui fraya le chemin du thédtre : la princesse de Modéne s’était retirée au Val-de- Grace; c’était alors la mode, chez les grandes dames, de s’enfermer quelque temps dans un cloitre pour y faire pénitence «es péchés qu’elles avaient commis dans le courant du carnaval. La priucesse de Modéne remarqua la beauté @une voix qui chantait une legon des ténébres; cette voix était celle de Sophie Arnonld. La princesse ayant signalé la jeune virtuose a Pattention de la cour, Sophie fut bient6i admise 4 la chapelle du roi, oti elle entra contre la voionté desa mére. Madame de Pompadour, ayant entendu chanter Sophie, s’écria : « fl y ala de quoi faire une princesse ».

Quelque temps aprés, Sophie Arnould parut pour la premiére fois sur la scéne, le 5 décembre 1757, et devint en peu de temps la reine de l’Opéra. Les réles dans lesquels elle brillait le plus étaient ceux de Théalire dans Castor et Pollux, @Ephise dans Dardanus, et @Iphigénie dans Iphigénie en dulide. Elle plaisait autant par son jeu naturel et expressif, par sa physionomie pleine de vivacilé ef de grace , que par la beauté de son chant. Elle prit sa retraite en 1778.

Sophie Arnould dépensait avec une égale insouciance sa jeunesse, ses saillies et les largesses de ses amants. Sa maison était fréqguentée par tout ce que la noblesse et les lettres offraient de plus illustre : on y voyait D'’Alembert, Diderot, Melvétius, Mably, Duclos, et J.-J. Rousseau. Sophie fut chantée par Dorat, dans son poéme de La Déclamation, par Bernard, par Rulhiére, par Marmontel, par Favart. Le célébre Garrick lui donna des éleges. Ses bons mots lui avaient acquis une si grande réputation, qu’on en a fait un recueil intitulé Arnoldiana, ou Sophie Arnould et ses contemporains, par A. Deville (1813). Elle piquait souvent au vif celui & qui elle voulait faire sentir sa supériorité, et pourtant elle n’eut point d’ennemis. Ayant apergu une tabatiére avec les portraits de Sully et de Choiseul: « Ab! s’écria-t-elle, voila larecette et la dépense! » Un fat, pour la mortifier, lui disait : « A présent, l’esprit court les rues. » « Ah, monsieur! répliqua Sophie, c’est un bruit que les sots font courir. » Un homme de qualité fort riche, qui était alors son amani en titre, ’ayant surprise en tete-a-téte avec un chevalier de Malte, et lui en faisant des repreches: « Votre procédé est souverainement injuste, lui répondit Sophie : monsieur accomplit son voeu de chevalier de Malte : il fait la guerre aux infidéles. » ¥

En 1302 elle dit au curé de Saint-Germain-l’Auxerrois , qui lui ‘dministrait 'extréme-onction : « Je suis comme Madeleine, beaucoup de péchés me seront remis, car j’ai beaucoup aimé. » Elle mourut en 1803. Au commencement de ‘a révol ition , ayant acheté le presbytére de Luzarches, elle en fit un belle maison de campagne, et mit cette inscription

sur la porte ;: « Ite, missaest. » Le troisiéme fils de Sophie Amould, Constant Dioville de Brancas, fut tué a la bataille de Wagram; il était colonel de cuirassiers.

En 1857, MM. de Goncourt ont publié Sophie Arnould d’apreés sa correspondance et ses mémoires inédits,

ARNOULT-PLESSY (M™e), Voyez PL¥ssy*ARNOULT,

ARNSBERG,, petite ville de 4,000 ames, chef-liew de la régence de son nom, dans la province de Westphalie (Prusse occidentale), est batie sur une colline et presque entourée par la Ruhr. Cette aucienne capitale du duché de Westphalie posséde un gyinnase, des fabriques de drap et de toile, des distilleries et des brasseries. On y jouit de la vue d’un site montueux embelii par les ruines dun vieux chateau, qui aux onziéme et douziéme siéctes appartenait aux comtes d’Arnsberg. Dans le pare ombreux qui entoure ses vénérables débris, on montre encore endreit ot se réunissaient, aux treiziéme, quatorziéme et quinziéme siécles, !es membres d’un de ces mystérieux tribunaux dits de la sainte vehme.

ARNTZENIOS, nom d’une famille hollandaise, célébre dans Vhistoire des lettres.

Jean ARNTZENiUS, né en 1702, 4 Wesel, étudia le droit a Utrecht, et surtout la philosophie, sous Duker. Aprés avoir été successivement nommé recteur, puis professeur de poésie, déloquence et d'histoire 4 Nimégue, il passa, en 1742, en la méme qualité, a Utrecht, o il mourut, en 1759. Parmi les nombreux écrits qui témoignent de sa profonde érudition et de sa haute critique, nous citerons les éditions qu'il @ données d’Aurelius Victor et du panégyrigue de Trajan par Pline le Jeune. — Son fils, Henri-Jean ARNTZENIUS, né a Nimegue, en 1734, professeur de droit 4 Groningue et, depuis 1774, & Utrecht, mort en 1797, a laissé de précieuses éditions de Sedulius , d’Arator, et surtout des panégyristes romains — Othon ARNTZENIUS, frére de Jean, né a Arnheim, en 1703, fut successivement professeur aux gymnases d’Utrecht, de Gouda , de Delft et d’Amsterdam. Son édition des Distiques de Dionysius Cato est fort estimée.

ARBRGLSEN, capitale de la petite principauté de Waldeck, batie non loin dela Twiste, l’undes affluents de la Diemel, compte environ 2,500 Ames, un palais ot: s’assemblent les états, un hétel des monnaies, quelques fabriques de cuir et de coton, et n’offre de remarquable que le chateau qui sert de résidence aux princes souverains, La construction en remonte & l’année 1720, époque ot Théodore-Antoine-Ulrich de Waldeck le fit batir, sur Pemplacement un vieux manoir féodal, qui jusqu’au seiziéme siecle avait été un couvent de religieuses de iordre de Saint-Augustin. La bibliothéque de ce chateau est riche en livres et en manuscrits précieux ; on y voit aussi une collection de médailles et d’antiques.

AROMATES (du grec épwua, odeur suave, parfum). On appelle ainsi les substances qui exhalent une odeur plus ou moins suave, felles que les épiceries qui nous viennent de POrient, Ja cannelle, le gingembre, le poivre, la muscade, laloés, le baume, l’encens, et généralement toutes les substances odoriférantes tirées des végétaux, et qui contiennent beaucoup d’huile volatile, ou une résine légére et expansive. Quelques aromates nous sont en outre fournis par le régne animal, comme l’ambre gris, le musc, la civette, lecastoreum, ete.

On emploie les aromates dans la fabrication des parfums, dans les assaisonnements et dans les embaumements. En médecine, on s’en sert comme de remédes excitants ou anti- Spasmodiques.

AROME. Un grand nombre de plantes ou de leurs parties offrent une odeur plus ou moins suave, qui n’est pas toujours due a des principes de méme nature; fréquemment elles doivent cette propriété a des huiles volatiles appelées

communément essences, quel’on peut en séparer par des procédés convenables ; dans d’autres cas, leur odeur provient

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