‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 391 sur 488 · BATEAUX SOUS-MARINS — BATH · texte numérisé non relu

BATEAUX SOUS-MARINS — BATH

ments a obtenir, immersion , ascension et progression. Aprés avoir établi par un lest P’équilibre de maniére a se trouver avant immersion au niveau de l’eau et avoir assujetti le couvercle, on se submerge en introduisant dans un faux pont ou dans un cylindre placé sous le navire une quantité deau calculée d’aprés la profondeur a laquelle on veut descendre. Pour remonter a la surface, il suffit de chasser a aide des pompes Veau introduite dans le faux pont. Le mouvement de progression s’exécute au moyen de rames ou de nageoires dont la poignée pénétre dans l’intérieur du bateau a travers une manche de cuir assez serrée contre le bois pour que l’eau ne puisse pas pénétrer. Une boussole et un gouvernail servent a régler la direction du navire; et il est juste de remarquer qu’ici Ja boussole, préservée des influences atmosphériques, serait un guide bien plus sar, bien plus exact qu’a la surface des eaux. Un tube barométrique indique sur son échelle graduée les profondeurs , et de fortes lentilles de verre permettent de consulter les cieux lorsqu’on se maintient a fleur d’eau.

En 1846 un bateau sous-marin di au docteur Payerne, a été employé avec succés dans les travaux du port de Cherbourg. En 1862 le gouvernement des Etats-Unis a adopté pour sa marine militaire un bateau plongeur destiné a faire éclater des torpilles; il porte vingt hommes d’équipage et-peut naviguer avec une vitesse de six milles a Vheure. L’invention en était due a un Frangais nommeé Villeroi.

BATELET. Voyez Batexer.

BATELEUR. L’Académie le définit : « celui qui fait des tours de passe-passe, qui monte sur les tréteaux dans les places publiques, ou qui fait le bouffon en société. » Acrobates, baladins, charlatans, danseurs de corde, diseurs de bonne aventure, escaimoteurs, gilles, jongleurs, paillasses, pitres, prestidigitateurs, sallimbanques, sauteurs, tireurs de cartes, etc., sont autant d’especes de ce genre d’animaux a deux pieds qui semblent avoir été créés pour ’amusement des badauds.

Le métier du bateleur est de tromper le peuple en ayant Vair de le divertir : il monte sur les tréteaux, il parle, il ment, il agit, il débite des plaisanteries grossiéres, il se livre 4 des charges indécentes; il danse, il saute, il fait toute sorte de tours d’adresse ou de passe-passe.

A la liste, déja si nombreuse, des bateleurs il faut ajouter ceux qui avalent des cailloux , des épées , des barres de fer, de lhuile bouillante, les hommes incombustibles , les Hercules, les joueurs de marionnettes , les porteurs de Janternes magiques , les joueurs d’orgues, les chanteurs de complaintes avec leur inévitable tableau, les chanteurs de vaudevilles ou de chansons grivoises, avec ou sans grimaces ; les musiciens ambulants, et surtout ceux qui, se démenant de la bouche , des mains et des bras, jouent a la fois de cing ou six instruments.

Enfin le nom de bateleur peut étre appliquéa tous ceux qui dans les relations d’une société plus releyée apportent les prestidigitations de la foire , et qui, grace a la jactance, aux petites manoeuvres des compéres, aux journaux, aux annonces, parviennent a se créer une réputation usurpée, a attraper les niais des salons, plus nombreux peut-étre encore que ceux de la place publique.

BATH, l'une des plus belles cités du midi de l’Angleterre, chef-lieu du comté de Somerset. Cette ville, batie dans une situation charmante, sur les bords de Avon, qui y est navigable, et siége d’un évéché, avec pros de 54,000 habitants, est surtout célébre par ses eaux thermales, qui y attirent chaque année un grand nombre de baigneurs. Les maisons en sont toutes construites avec un beau marbre blanc que fournissent des carridres voisines. Parmi ses églises, pour la plupart fort belles, on distingue surtout la cathédrale, dont la construction fut commencée en 1495, Pun des plus magnifiques monuments de Part gothique que

BATH — BATHORI

gxaside |’Angleterre. Sa vaste salle de spectacle, inaugurée en 1805, est le premier thédtre de province qu'il y ait dans la Grande-Bretagne. En fait d'autres édifices dignes d’étre vus, il faut encore citer ; hotel de ville, la halle , Phdpital, deux superbes manéges; et parmi les places publiques, la place de la Reine, le Cirque, la Demi-Lune, et la place de la Parade. Indépendamment d’un grand hdpital contenant 150 lits et de divers hospices, on y trouve encore plusieurs autres établissements de bienfaisance et des sociétés ayant pour but de favoriser les progrés des sciences ( Literary Institution, Scientific Institution et Mechanic’s Institution) , de ia religion et de l'industrie. A Pexception dun grand nombre de manufactures de papier , on n’y trouve guére autres fabriques.

Les eaux thermales, auxquelles la ville de Bath doit sans doute son existence et sa prospérité, étaient déja en usage, selon toute apparence, avant l’arrivée des légions romaines en Bretagne. Des traditions monacales en font remonter la découverte 4 Vannée 870 avant J.-C. Les Romains firent les dispositions nécessaires a leur usage, et les bains magnifiques qwils construisirent , ainsi que les établissements qui en dépendaient, et dont il reste encore une foule de débris, appartiennent sans contredit aux plus anciens monuments qwils érigérent Jans la Grande-Bretagne. On conserve encore avec soin un fragment de colonne provenant d’un temple de Minerve dont la superficie est occupée aujourd'hui par un réservoir de pompe de 85 pieds de long sur 46 de iarge.

Les eaux de Bath sont ferrugineuses et salines : elles sont souveraines contre la goutte, les douleurs rhumatismales, les maladies du foie et de l’estomac, contre les scrofules , la chlorose de ’hypocondrie.

Les Romains désignaient la ville de Bath sous les noms WAque Salis et de Fontes Calidi; les Bretons l’appelaient Caer Badun , les Saxons Hat Bathun et Accamanum ou la ville des malades. En 1750 on construisit de nouvelles salles de réunion pour les baigneurs;en 1771, une superbe salle de bal de 106 pieds de long sur 42 de large et 42 de haut; une autre de 70 pieds de haut, et une troisiéme de forme octogone d’un diamétre de 48 pieds. Bath est desservi par le chemin de fer Great Western.

BATHORI, célébre famille de Transylvanie, allemande WVorigine, et qui émigra dans ce pays sous le roi Pierre, se divisa vers le milieu du quatorziéme siécle en deux lignes , dont l'une prit le nom d’#rfed et lautre celui de Sonlyo , et donna a ce pays pendant plusieurs siécles de suite un grand nombre de personnages influents et remarquables.

BATHORI (Errenne ), mort en 1493, grand juge et voivode de Transylvanie, est surtout célébre par les deux victoires qu’il remporta, avec Paul Kinisi, en 1479, 4 Kenyermezce sur les Turks, et en 1490, au profit de Ladis!as, sur Yanti-roi Jean Corvin.

BATHORI (Lanis.as ), religieux qui vivait vers le milieu du quinziéme siécle, est auteur de la premiére traduction de la Bible qui ait été faite en langue hongroise.

BATHORI (Ertenne ) fut élu par les états, en 1571, prince de Transylvanie, et confirmé en cette qualité tant par le sultan Sélim Il que par lempereur Maximilien, Gaspard Békési, qui briguait cette dignité, intrigua 4 Constantinople et A Vienne contre Etienne Bathori, et, vraisemblablement appuyé en secret, envahit de Hongrie la ‘Transylvanie a la téte d’une armée considerable; mais en 1575 il fut vaincu a la bataille de Saint-Paul par Etienne Bathori, qui lui fit trancher la téte. A la méme époque les Polonais élurent Etienne Bathori roi, en remplacement de Henri de Valois. Aprés avoir été couronné a Cracovie en 1576, il épousa la fille du dernier roi de la famille des Jagellons, qui était déja 4gée de quarante-deux ans, et régna glorieusement jusqu’a sa mort, arrivée en 1586. S’il songea, comme on |’en accuse, 4 restreindre le droit d’élection, c’est peut-étre a ce titre qu’il mérite surtout le respect qu’ont encore aujourd’hui

les Polonais pour sa mémoire, car cette accusation altesterait la sagesse de ses vues politiques.

BATHORI (Cunustopne ), frere ainé d’Etienne, fut élu a son instigation prince de Transylvanie, et gouverna ce pays de l’an {576 a Van 1581. Ce fut lui qui le premier attira les jésuites dans le pays. Il leur confia l’éducation de son fils, et mourut en 1581. .

BATHORI (Sicismonp), fils du précédent et élu du vivant méme de son pére pour lui succéder, ne manquait pas de capacité, mais, pour le malheur du pays, il se laissa gouverner par les prétres. Sous leur influence, il se détacha de lalliance de la Porte. Aprés avoir étouffé dans le sang la résistance des états, il épousa une princesse de la maison de Habsbourg , et passa avec ’empereur Rodolphe un compromis aux termes duquel, s’il venait 4 mourir sans héritiers, la couronne de Transylvanie passerait aux héritiers de l’empereur. L’influence qu’exergait sur son esprit le jésuite Simon Genga fut telle que celui-ci le détermina 4 abdiquer presque aussitét aprés en faveur de Rodolphe et 4 embrasser Pétat ecclésiastique. En dépit de la résistance des ¢tats, dont le plus hardi orateur, Etienne Josika, eut la téte tranchée a Szathmar, il livra en 1588 la Transylvanie aux commissaires autrichiens , et se rendit en Silésie, ot il espérait recevoir l’évéché et le chapeau de cardinal, que le cabinet de Vienne lui avait promis. Fatigué d’attendre inutilement lun et autre, il revinten Transylvanie dés la méme année et reprit les rénes du gouvernement, mais seulement pour les remettre tout de suite aprés a son frére Balthazar, en méme temps qu'il se rendait en Pologne auprés de son beau-frére Zamoiski. Rodolphe fit marcher alors contre Balthazar Georges Basta, général de ses armées, et Michel, voivode de Valachie. Ceux-ci le vainquirent sous les murs de Kronstaut ; et, forcé de fuir devant eux, il périt a peu de temps de la égorgé par les siens. Mais une vive mésintelligence s’étant établie entre Basta et Michel, les Transylvaniens réussirent en 1601 4 chasser Jes Autrichiens du pays et a rétablir, en qualité de prince de Transylvanie, Sigismond Bathori, qui, regrettant sa seconde abdication , était sur ces entrefaites rentré dans le pays. Basta et Michel, qui dans l’intervalle s’étaient réconciliés, l’ayant battu 4 Govoslo, Bathori dut se réfugier en Valachie. J] rentra cependant encore une fois en Transylvanie, mais alors pour abdiquer formellement; moyennant quoi l’empereur lui assigna une pension de 300,000 thalers avec le chateau de Lobkowitz en Bohéme pour résidence. Sigismond Bathori termina son existence si agitée le 27 mars 1613, 4 Prague.

BATHORI (Gasor ), élu en 1608 prince de Transylvanie, ne tarda pas a se rendre universellement odieux, a cause de son orgueil et de sa vie débauchée. Il réussit bien en 1610 a comprimer violemment une révolte de la noblesse; mais plus tard les Saxons se soulevérent aussi contre lui, appelérent a leur aide le voivode de Valachie, et battirent Bathori sous les murs de Kronstadt. Le roi de Hongrie Matthias , voulant profiter de ces circonstances pour conquérir la Transylvanie, envahit la contrée, s’empara de Weissenburg, et assiégea Bathori dans Hermanstadt. Mais le cousin de celuici, Bethlen Gabor, survint sur ces entrefaites avec des troupes turques auxiliaires, battit les Hongrois , et amena en 1611 le rétablissement de la paix entre Bathori et Matthias. Obéissant 4 un sentiment de jalousie qui n’avait aucun fondement, Bathori attenta ensuite a la vie de son cousin, lequel, révolté d’une telle ingratitude, se réfugia en Turquie, oi le sultan le nomma prince de Transylvanie; et des Pannée 1613 il rentrait en Transylvanie a la téte d’une armée turque. Bathori, abandonné par ses sujets, se réfugia dabord a Klausenbourg , puis 4 Grosswardein , oi il périt assassiné, le 11 octobre 1613, par des ennemis personnels.

BATHORI (Etisapets ), femme du corote hongrois Nadasdi, a laissé un nom fameux dans les annales du crime. Ce monstre trouyait un plaisir indicible a yoir périr des jeunes

filles dans les horribles tortures auxquelles elle les soumettait. Un vieux domestique et deux servantes, séduits par les riches présents dont elle les comblait, lui servaient a cet égard de pourvoyeurs habituels, et étaient constamment aA fa recherche, dans les immenses domaines de leur maitresse, de belles jeunes filles, qu’ils parvenaient, soit par la ruse, soit par ’emploi de la violence, 4 tenir en charte privée, et qu’ils amenaient ensuite secrétement a la comtesse. Celle-ci les renfermait dans les souterrains de son chateau, oi ces infortunées périssaient au milieu des plus effroyables supplices. Tant de crimes ne pouvaient demeurer secrets ni impunis. Dans une de ses inspections le palatin Georges Thurzo, en 1610, surprit la comtesse Nadasdi en flagrant délit. L’instruction criminelle faite 4 cette occasion, et dont les piéces existent encore aujourd’hui dans les archives du chapitre de Gran, nous apprend que le nombre des jeunes filles qui périrent ainsi victimes des appétits sanguinaires d¥lisabeth Bathori, comtesse Nadasdi, ne s’éléve pas a moins de six cent cinquante. Le domestique fut décapité, les deux servantes furent brilées vives, et la comtesse condamnée a une détention perpétuelle dans son chateau d’Esei, comitat de Neutra, ot elle mourut en 1614,

BATHURST (Famille). Les comtes Bathurst font, comme toutes les grandes et opulentes familles d’Angleterre, remonter leur origine 4 la conquéte de Vile par Guillaume le Conquérant.

BATHURST (Rapa), théologien, médecin et poéte, né en 1620 & Howthorpe, dans le Northamptonshire, étudia a Coventry et 4 Oxford, fut ordonné prétre en 1644, et commenga méme a faire un cours public de théologie; mais bient6t on le vit se consacrer 4 étude de la medecine, faculté dans laquelle il fut regu docteur en 1654, ef en tous lieux sa clientéle fut aussitét trés-considérable. En 1668 il fut nommé président de la Société Royale (Royal Society), qui venait d’étre fondée 4 Oxford. Aprés la restauration, il rentra dans |’état ecclésiastique , fut installé en 1670 dans le pays de Galles en qualité de doyen, et devint en 1691 évéque de Bristol. Il mourut le 14 juin 1704. Outre des poémes latins, il a encore laissé quelques ouvrages relatifs 4 la médecine et ala théologie. — Benjamin Batuourst, le plus jeune des nombreux fils du frére de Ralph, Georges Batuurst , fut créé baronet sous le régne de la reine Anne. Il remplit les fonctions de payeur, et mourut en 1704.

BATHURST (Aten, comte), fils ainé du précédent, né en 1684, & Westminster, fit ses études & Oxford, et entra de bonne heure aux affaires , puisque dés l'année 1705 il était élu membre de la Chambre des Communes par le bourg de Cirencester. En 1711 il fut compris dans le nombre des douze pairs créés par la reine Anne, et entra alors 4 la Chambre haute avec le titre de baron Bathurst de Battlesden, dansle comté de Bedford. Plus tard, devenu un des meneurs de Yopposition tory, il figura au nombre des plus énergiques adversaires de Walpole, a Ja retraite duquel, en 1742, il fut appelé a faire partie du nouveau cabinet. En 1757 il fut nommé trésorier du prince de Galles, et lors de son accession 4 la couronne il se retira avec une pension de 2000 livres sterling dans son domaine de Cirencester, ou il mourut le 16 septembre 1775, aprés avoir encore obtenu en 1772 le titre de comte.

BATHURST (Henry, lord), fils de Benjamin Bathurst, frére cadet du précédent, né a Brackley, dans le Northamptonshire, le 16 octobre 1744, fit ses études & Wincnester et & Oxford, fut regu docteur en droit, normé en 1775 chanoine de Véglise du Christ & Oxford, en 1795 prébendier dans la cathédrale de Durham, et en 1805 évéque de Norwich. En cette qualité, il vota constamment avec le parti whig. [ mourut le 5 avril 1837. — Son fils, Henry Baruunst, archidiacre de Norwich , a ecrit sa vie.

BATHURST (Henn, baron APSLEY, comte), fils cadet WAllen Bathurst, né le 2 mai 1714, fit ses études A Oxford,

BATHORI — BATHURST

et fut regu en 1735 4 Lincolns-Inncomme barrister. Elia en 1732 membre dela Chambre des Communes par le bourg: de Cirencester, il vota d’abord avec l’opposition; mais lors: de la retraite de Walpole il soutint l’administration de: Pelham, et en 1745 il rentra dans l’opposition comme so/licitor general du prince de Galles. A la mort de ce prince (1751), il passa encore une fois dans les rangs ministériels,. et fut nommé, en 1754, juge de la cour des Common Pleas. En 1770 Bathurst, promu a la pairie sous le titre de baron d’ Apsley, parvint méme 2 la dignité de lord chaneelier ; c’est assurément l’individu le plus ignorant, le plus incapable et le plus dénué de caractére qui ait jamais rempli ces fonctions en Angleterre. En 1775 il hérita du titre de comte de son pére. En 1778 il résigna le grand sceau, et devint, en 1779, president du conseil privé, poste qu'il conserva jusqu’a la dissolution du cabinet présidé par lord North.

BATHURST (Henrt, comte), fils du précédent, né ex 1762, membre a titres divers, le plus souvent comme ministre, de la haute administration, successivement sous les régnes de Georges Ill, Georges IV et Guillaume IV, se fit constamment remarquer, en ce qui est de la politique intérieure de son pays, par une profonde antipathie pour les principes de liberté politique et d’egalité religieuse, et, en ce qui touche la politique extérieure, par sa haine aveugle pour Napoléon non moins que par sa constante jalousie a Yendroit des intéréts francais. On peut méme dire que ce furent ces deux sentiments qui le soutinrent au pouvoir, car si une paix de bientét quarante années tend aujourd’hui a faire disparaitre de plus en plus les traces de l’antipathie réelle qui exista longtemps entre deux nations destinées & étre toujours rivales, on ne saurait nier que pendant le premier quart de ce siécle la haine de la France fut regardée en Angleterre comme un titre & la popularité et comme une garantie de patriotisme. L’impartiale histoire , tout en faisant la part des préjugés, et celle des intéréts , bien autrement puissants encore, flétrira d’ailleurs ’absence de générosité dont fit preuve 4 l’égard de Napoléon vaincu, humilié et proscrit, le cabinet dont le comte Bathurst était membre; elle lui reprochera notamment le choix de sir Hudson Lowe pour gouverneur de Vile Sainte-Héléne, ot la Sainte-Alliance s’était décidée a déporter Vhomme du siecle ; car, ministre des colonies a cette époque, c’est sur lui en définitive que doit directement retomber la responsabilité des actes odieux commis par son subordonné, La réaction qui s’opéra dans Vesprit public et ses tendances vers 1825, et qui amena ke ministere de Canning, forga le comte Bathurst 4 quitter le pouvoir, Il ne le reprit qu’en 1828, époque a laquelle il fut nommé président du conseil; mais les événements dont la France devint le théatre en 1830 et le contre-coup terrible qu’ils produisirent dans le reste de !Europe, amenérent la formation d’un cabinet plus propre, par les antécédents de ses membres, a rassurer les amis de la liberté et & leur offrir des garanties. Le comte Bathurst disparut alors complétement de la scéne politique. Il mourut le 26 juillet 1834.

BATHURST (Henni-Georce, baron d’APSLEY, comte ), fils du préeédent, néle 24 février 1790, est auteur d’an ouvrage intitulé : he Ruinous tendensy of auctioneering (Londres, 1811). Il est mort en 1866.

BATHURST (James), fils cadet d’Henri Bathurst, évéque de Norwich, né le 3 mai 1782, entra dans l'armée en 1794, servit dans toutes les parties du monde, fut eréé en 1813 colonel, en 1819 général-major, en 1837 lieutenant généial, et mourut gouverneur de Berwick en 1850.

BATHURST (Bensamin) , frére du préeédent, né A Londres, le 14 mars 1784, entra dans la diplomatie, et fut envoyé 4 Vienne en 1807 avec des dépéches de son gouvernement. A son retour, chargé de dépéches pour l’ Angleterre, i disparut mystérieusement au nord de l’Allemagne , sans-

BATHURST — BATILDE

quion ait jamais su ce qu’il était devenu. On suppose qu'il ful assassiné.

BATHURST (Géographie). Ce nom a été donné par les . Anglais ; 1° a une ile de ’'Océan Austral, peu éloignée de la terre de Van-Diemen, et séparée de Pile de Melville par le détroit d’Apsley , ou on a fondé, en 1824, la colonie de Port-Raflles ; 2° a une ile de la mer Glaciale, ot Pon a découvert les restes d’un ichthyosaure ; 3° a un district du Haut-Canada; 4° et 5° a deux villes dont nous allons parler.

Bathurst, ville de Australie, dans la Nouvelle-Galles du Sud, sur la Macquarie, a été fondée en 1815 au milieu dune plaine accidentée a laquelle une route assez commode conduit de Sidney a travers les montagnes Bleues. Sa position élevée en a rendu le séjour des plus salubres. Elle ne compte encore que 4,000 ames. C’est dans les environs de Bathurst qu’un mineur californien, John Hargreaves, trouva l’or en abondance (février 1851). Le bruit de cette découverte retentit bientot en Australie, les chercheurs Wor affluérent 4 Bathurst, et de cette époque date la prospérite de cette ville.

Les Anglais ont aussi appelé Bathurs? un de leurs postes de la Sénégambie, situé sur Vile Sainte-Marie. C’est le centre d’un commerce assez actif de gomme, de peaux, de poudre dor, d’ivoire, etc. P. Louisy.

BATHYLLE, de Samos, est un jeune Grec, resté fameux par sa beauté et par amour impur qu'il inspira a Anacréon. Le poéte lui a consacré la 29¢ de ses odes.

BATHYLLE, né a Alexandrie , l’un des affranchis de Mécéne, fut l'inventeur d’une espéce particulitre de panto-

mime, et, par son habileté comme comique, devint Yun des acteurs favoris du peuple romain. Mais il eut un rival dans Pylade, Cilicien, qui lui disputa méme la gloire de son invention, et dont le nom se trouve constamment mentionné en méme temps que le sien,

BATHYLLE, poéte latin des plus médiocres, fut le contemporain de Virgile. Son nom rappelle une anecdote littéraire assez curieuse, ef a laquelle nous sommes redeva-

bles du proverbe latin dont on a peut-étre le plus souvent occasion de faire usage. Virgile avait attaché, de nuit, a la porte du palais d’Auguste, le distique suivant, et il nes’était pas fait connaitre pour lauteur :

Nocte pluit tota, redeunt spectacula mane :

Divisum imperium cum Jove Czxsar habet,

«Il pleut Ja nuit entire, mais le jour nous rend nos « spectacles : César partage l’empire avec Jupiter. » Les beaux esprits dela cour d’Auguste trouvérent heureuses et la pensée et la forme que lui avait donnéele poéte anonyme. Bathylle aussit6t de prétendre qu’il était l’auteur de ces vers, ef de recevoir les compliments et les félicitations au lieu et place de Virgile. Mais il ne jouit pas longtemps de ce triomphe usurpé : la nuit suivante les mémes vers furent de nouveau affichés , mais ils étaient, cette fois , suivis de cette épigraphe épigrammatique :

Hos ego versiculos feci, tulit alter honores. Sic vos non vobis,..,.....- Sic vos non vobis..,......- Sic vos non vobis,.....+.+.

Sic vos non vobis....5.+0.+

« J’ai fait ces vers, un autre ena eu la gloire: ainsi, ce

« n'est point pour vous.... » — Bathylle, mis au défi, ne put jamais compléter la pensée indiquée par cette quadruple répétition du méme hémistiche , et alors Virgile , en y ajoutant :

....mellificatis, apes;

..pVellera fertis, oves ;

.»--Didificatis, aves ;

..--fertis aratra, boves,

« «+4 que yous faites du micl , 6 abeilles; que vous por-

Clft « tez des toisons, 6 brebis; que vous construlsez vos nids, « 6 oiseaux ; que vous portez le joug , 6 boeufs, » acheva le vers pentamétre et ses variantes, donnant ainsi clairement & connaitre que les vers dont Bathylle s’était adjugé la paternité étaient de lui; découverte q.i couvrit de confusion notre pauvre versificateur , devenu dés lors la risée de Rome, et dont ce distique vengeur a condamné la vanité a Vimmortalité du ridicule. A. b' HERICOURT.

BATIGNOLLES-MONCEAUX, ville du département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, canton de Neuilly-sur-Seine, au nord-est de Paris, avail, en 1860, 44,094 habitants. Il y a une quarantaine d’années, Batignolles et Monceaux, annexes de la commune de Clichy, consistaient chacun dans un amas de quelques maisons hors barriére et aux environs du parc de Monceaux ; mais dans le mouvement de translation rapide qu’éprouve la population de Paris du sud au nord-ouest, humble hameau de Balignolles a acquis une grande importance. Quelques mois avant la révolution de Juillet, une ordonnance royale réunit Batignolles et Monceaux en une commune distincte. C’était avant 1860 une ville, plus étendue, plus riche, plus peuplée que beaucoup de préfectures. Le mur d’octroi qui séparait Batignolles de Paris avait rapidement fait sa fortune; les provisions, les loyers y étaient moins chers, et plusieurs lignes d’omnibus facilitaient les communications non-seulement avec le centre, mais avec les extrémités de la capitale, Batignolles a une physionomie toute particuliére ; la population virile, composée presque entiérement d’employés et de commis , émigre dés Je matin pour ne revenir qu a la tombée de la nuit. Aussi il y regne dans la journée une immobilité et un silence qu’on ne retrouve guére que dans les villes d’Espagne ou d’Italie aux heures de la sieste. En revanche, entre cing et six heures du soir toute cette population débordée reflue au grand complet, et les tables d’hote & bon marché y attirent un grand nombre de dineurs parisiens.

En fait de monuments, on peut citer la mairie, l’église, le temple protestant et le théatre. Le chemin de fer de Rouen traverse Batignolles sous un vaste tunnel. Cette conimune a éfé annexée 4 Paris en 1860.

BATILDE ou BATHILDE (Sainte), femme de Clovis II, d’origine anglo-saxonne, mouruf en 680. D’abord esclave d’un seigneur danois, elle fut achetée 4 vil prix par Archambaud, qui la fit ensuite épouser 4 Clovis II. Ce prince étant mort fort jeune, Bafilde devint régente du royaume. Elle gouverna avec sagesse pendant la minorilé orageuse de Clotaire III, son fils, et mourut a l’abbaye de Chelles, qu’elle avait restaurée. Elle avait aussi fondé l’abbaye de Corbie. Batilde était parfaitement belle, et son esprit juste et délicat répondait a tout ce que promettait sa physionomie. Ses charmes étaient rehaussés non-seulement de ces graces touchantes sans lesquelles la beauté est imparfaite, mais en core de beaucoup de vertu. :

« L’histoire, dit le président Hénault, lui rend le témoignage qu’elle n’oublia point sur le trone son premier état, et que, devenue religieuse, elle ne se souvint jamais qu’elle eit porté la couronne. » Pendant son régne elle mit tous ses soins a supprimer l’esclavage et les exactions qui trop souvent réduisaient les particuliers 4 vevdre leurs enfants Ebroin, le plus grand homme d’Etat de la premiére race, lui servit longtemps de conseil. Elle eut de Clovis II trois fils, qui furent Clotaire I11, Childéric If et Thierry Il. Batilde fut canonisée par le pape Nicolas It". Sa féte se célébre le 1°" janvier, considéré comme l’anniversaire de sa mort. Ses reliques reposaient, avant la révolution, sous le grand autel de l’abbaye de Chelles, avec celles desaint Genés évéque de Lyon, son aumdnier, et celles de sainte Bertile, abbesse de ce monastére.

BATIMENT. Suivant Quatremére de Quincy, bdéiment est le nom général que l’on donne aux ouvrages de

Parchiteeture, et plus particulitrement 4 ceux qui sont destinés & lhabitation ; le mot édifice se prenddans une acception plus noble et plus distinguée. Le mot de ddtiment ne saurait convenir aux arcs de triomphe, aux fontaines, portes publiques , etc. ; celui d’édifice emporte avec lui l’idée de monument. Les particuliers doivent avoir des batiments simples et commodes; les édifices publics et religieux doivent étre somptueux et magnifiques.

Bdtiment se dit aussi des vaisseaux et de tous les moyens de transport par eau ; mais dans l’usage habituel on ne donne ce nom ni a un vaisseau, ni A une frégate, ni a une corvette, que cependant on range dans l’appellation collective de bitiments armés en guerre, ou batiments ce guerre : on dit bdtiment marchand, batiment de commerce, ete.

BATISSE. On doit appliquer exclusivement cette dénomination a l’exécution d’un batiment, quelle que soit sa matiére, c’est-d-dire 4 sa partie toute matérielle. Une bonne bdtisse est celle oi on a mis en ceuvre, et avee soin , de bons matériaux ; une delle bdtisse est celle ot Vap par eii est bien régulier ou bien ragréé.

BATISTE, toile blanche, trés-fine ef trés-serrée. On emploie pour la tisser le lin le plus fin et le plus blanc, qu’on appelle ramé, et qui vient particuligrement dans le Hainaut frangais. Vers le treiziéme siécle, Baptiste Chambrai mit en usage cette sorte de toile, qu’il fabriqua le premier. C’est d’aprés lui qu’on lui donnait aussi le nom de toile de Chambrai. D’autres croient que le nom de batiste jui a été donné par analogie avec une toile trés-blanche“et trés-fine qui vient des Indes, et qu’on désigne sous le nom de bastas. Différentes sortes de batistes sont appelées Jinons, claires, chambrais, etc., etc. Elles ne sont pas seulement fabriquées en France et dans les Pays-Bas , mais bien aussi dans la Suisse, la Bohéme et la Silésie. Les plus estimées sont celles qui nous viennent des Indes.

BATISTIN (Jean-BartisteSTRUCK, dit), célébre musicien, d’origine allemande, naquit 4 Florence, dans les derniéres années du dix-septiéme siécle, et mourut 4 Paris, en 1755. Il était tout ala fois directeur de l’Académie royale de Musique et directeur de la musique particuliére du duc d’Orléans. Le premier, avec Labbé, il joua du violoncelle & l’Opéra. Louis XIV lui avait accordé une pension pour le fixer en France; il en obtint une autre , en 1718, sur le produit des représentations et des bals de l’Opéia. Il fit représenter a Opéra Méléagre (1709); Manto la Fée (1711); Polydore (1720). L’Amour Vengé, Céphale, Thétis, Proserpine, Diane, Flore, Les Fétes bolonaises, Mars jaloux, Les troubles de? Amour, etc., opéras ou ballets écrits pour la cour, ne furent pas représentés 4 Paris. On a aussi de bi quatre livres de Cantates et un recueil d’Airs nouveaux.

BATJUSHKOF (Constantin Nico.aiéyitca), poéte russe, néle 18 mai 1787, 4 Yologda, entra dans les tiraffleurs de Saint-Pétersbourg , et fit avec honneur les campagnes de 1806, de 1813 et de 1814. En 1816 il fut attaché au ministére des affaires étrangéres.

J. Gnjeditsch a réuni en 2 volumes (Pétersbourg, 1817) les essais en prose et en vers de Batjushkof, disséminés jusque alors dans différentes feuilles publiques. Ses ceuvres poétiques se composent d’élégies, d’épitres, de récits et dechansons; ses essais en prose se rapportent pour la plus grande partie a appréciation de la littérature russe. Les poétes italiens , le Tasse surtout, voild les modéles qu’a suivis Bat jushkof; et ils ont influé jusque sur son style, qui est plein de délicatesse et @harmonie. Nommé, en 1818, conseiller d’ambassade 4 Naples , le poéte ne tarda pas 4 tomber dans une noire mélancolie ; le dérangement de ses facultés intellectuelles ne fit que s’aggraver 4 Dresde, ou il s’occupa de travaux astronomiques, tout en traduisant la Fiancée de Messine, de Schiller, et 4 son retour & Saint-Pétersbourg tout espoir de guérison fut & jamais perdu. Apres avoir longtemps végété dans un domaine situé non loin de Mos-

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