‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 392 sur 488 · BATIMENT — BATON · texte numérisé non relu

BATIMENT — BATON

cou, Baljushkof fut ramené dans sa ville natale, 4 Vologde, et c'est la qu'il est mort le 29 juillet 1855.

BATNA, ville de Algérie, province de Constantine, avec 6,000 dmes, est le chef-lieu d’une subdivision militaire. Fondée en 1844, dans un désert, elle recul en 1848 le nom de Nouvelle-Lambessa, qui n’a pu prévaloir sur celui de Batna, bourgade arabe voisine. On y trouve une école, une église , une fontaine monumentale et une belle promenade de platanes, longue d’un kilométre et terminée par une colonne commémorative. D’abondantes eaux de source, découvertes en 1856 a quinze cents metres de la ville, y distribuent douze cents litres d’eau par minute. Les foréts des environs sont riches en cédres et en chénes verts,

BATOCKRS, et mieux PADOGGS. C'est ainsi que les Russes appellent les coups de baguettes minces qu’on applique, comme peine disciplinaire, aux soldats et aux marins, dont le dos est mis a cet effet 4 nu, ou bien encore surla poitrine et sur le ventre. Catherine If, dans son code, avail supprimé cette pénalité; mais depuis que la peine du

nouata tout récemment été abolie, Pusage des batocks est redevenu plus fréquent. ;

BATON, morceau de bois long, rond, maniable et portatif. Les anciens philosophes portaient habituellement un baton et une besace, comme les pélerins. Le baton est une arme naturelle, offensive et défensive; les batons ferrés ou durcis au feu, autrement nommés pieux, ont joué long-

| temps un rdéle dans les anciennes guerres. Le baton fut sou-

vent aussi, et chez différents peuples, une marque de commandement et Vattribut d’une dignité ou d’un emploi. Autrefois ceux qui enseignaient ou expliquaient Homére avaient un baton rouge quand ils interprétaient ’/liade, et un baton jaune quand il s’agissait de l’Odyssée. En France i} y avait des batons de maréchaux de France (voyez ciapres), de mattres d’hétel, de capitaines des gardes, d’exempts. Cet usage dubaton comme marque de dignité et de pouvoir remonte a l’antiquitéla plus haute. Dans les siéclesles plus reculés, (histoire nous apprend que non-seulement les princes, mais méme les personnes considérables, telles que les péres de famille, les juges, les généraux d’armée, ete., porfaient pour marque de distinction un baton en forme de sceptre. Chez les Babyloniens, personne ne sortait qu’il nett a la main un baton trés-bien fagonné, au haut duquel il y avait en relief unegrenade, une rose, un lis, un aigle, ou quelque autre figure, car il n’était point permis de porter de hatons simples et nus: ils devaient tous étre garnis de quelque ornement, de quelque marque apparente et distinctive. Cet usage , trés-expressément marqué dans |’Ecriture Sainte , était établi chez tous les anciens peuples, et il s’y est perpétué pendant fort longtemps. Homére ne parle ni de couronnes ni dediadémes, mais il n’oublie pas le sceptre ou le baton de distinction. Quand un peuple ou un souverain établissait un officier pour le représenter dans le commandement d’une armée, dans quelque ambassade , ou dans l’ad ministration de la justice, cet établissement se faisait par la transmission d’une baguette ou d’un baton, qui devenait la marque de sa dignité. Les principaux magistrats romains portaient de ces bAtons: celui du consul était ivoire, celui du préteur était dor. Les Lacédémoniens donnaient aux batons portés par leurs généraux le nom de skifale; le baton d’un ambassadeur s’appelait cad ucée. Les monarques frangais portaient autrefois le sceptre d’une main et le baton de l’autre. Ce baton était revétu d'une lame d’or & laquelle on substitua la main de justice au commencement du quatorziéme sidcle. Les évéqueset les abbés prirent aussi cette marque de distinetion ; mais ils terminérent leur bdton pastoral par un bee recourbs, ce qui forme la Crosse, toujours regardée comme signe de puissance, C’était aussi la forme du baton augural dont les augures se servaient chez les anciens pour partager le ciel afin de

BATON — BALONI

faire leurs observations, et qu’on retrouve sur plusieurs médailles.

En orchitecture on appelle baton ou tore une moulure usitée dans les bases de colonne.

On nomme bdton rompu une espice de tapisserie qui représente des batons rompus et entremélés.

Au figuré, on dit qu’un homme en est réduit au bdton blanc (baton des pélerins ), pour dire qu'il est absolument ruiné, et qu’il a été contraint de sortir de sa maison, n’emportant avec lui qu’un baton a la main, — On dit faire une chose &@ bdtons rompus, pour dire a plusieurs reprises, avec défaut de suite. Enfin, on appelle le our du bdton les profits illicites qu’on fait secrétement et avec adresse dans une charge, dans une commission; par allusion, sans doute, aux charlatans, qui font mille subtilités qu’ils attribuent ala vertu de leur petit bdton.

BATON (Blason), espéce de bande qui n’a que le tiers de sa largeur ordinaire, ou la moitié dun cotice. On le dit brochant sur le tout quand il porte sur d’autres piéces ou sur différentes parties de ’écu; et quand il est raccourci et vraiment alaisé (arrété), on Vappelle péri en bande, ou absolument péri, et péri en barre. Le baton péri en bande est de droite a gauche; le baton péri en barre, de gauche a droite, et ce dernier est mis ordinairement pour les hatards. Le duc Louis d’Orléans, ennemi du duc Jean de Bourgogne, portait pour devise dans ses banderoles un bdfon épineux et noueux, avec ce mot : Je Venvie, par lequel il voulait dire que 14 ou il frapperait, la bwgne (tumeur) y léverait. Le duc de Bourgogne, pour y répondre, faisait peindre un rabot dans ses banniéres, voulant dire qu’il raboterait et aplanirait le bdéon noueux du duc d’Orléans,

BATON DE FOC, BATON DE CLIN-FOC. Yoyez BEAUPRE.

BATON DE JACOB ou ASPHODELE JAUNE.

Grande et belle plante vivace,d’ornement, dont les fleurs, dun trés-beau jaune dor, se succédent avec abondance et pendant longtemps autour d’une tige droite et bien faite, qui s’éléve 4 trois pieds et qui s’accompagne d’un trés-beau feuillage. Cette plante fait un bel effet dans les jardins. Les Siciliens mangent les tiges naissantes de cet asphodéle comme celles de l’asperge, dont elles ont la saveur. On la multiplie par ses graines, qu’on séme au printemps, ou par la division de ses racines; elle est originaire du Midi. Voyez ASPHODELE. : C. Toutarp ainé.

BATON DE MARECHAL. Son origine remonte aux investitures symboliques du moyen age. Quand le maréchalat, qui d’abord fut un emploi domestique, devint un office militaire, ce qui parait avoir eu lieu sous Philippe- Auguste, le roi, en signe de la prééminence qu’il lui donnait sur ses troupes, remit son baton entre les mains du maréchal; car le baton, signe du commandement, était, comme le sceptre, un attribut du prince.

Lorsque Napoléon voulut faire revivre le maréchalat, oublié depuis le commencement de la guerre de 1792, grand fut Pembarras pour trouver un renseignement, un détail écrit sur le baton. Il fallut, tant les traditions sont fugitives, que le ministre, le duc de Feltre, députat au marbre de Condé un de ses commis pour prendre le modeéle de celui que tient la statue. Le baton de maréchal, long de cing décimétres et dun diamétre de quarante-cing millimétres, est recouvert de velours de soie bleu d’azur. Il était orné de vingt abeilles dor, rangées en quinconce sous l’Empire, de vingt fleurs de lis sous la Restauration et de vingt étoiles aprés 1830. Chacune des extrémités du baton est garmie d’une calotte en vermeil. L’une est empreinte de l’écusson des armes de France, |’autre porte en ciselure le cartel armorié du ma-. réchal.

Deux batons croisés distinguent ’épaulette du maréchal : dans ses armoiries, il les porte en sautoir, passés sous I’écusson; usage qui semble assez récent, car du Haillant écri-

vait sous Henri LI que Jes maréchaux avaient coutume de placer une hache d’armes au cété de leurs armoiries ; et son témoignage est confirmé par les tombes d’anciens maréchaux, oi sont gravés leurs écussons cétoyés de haches darmes, Nous ne savons pas que ce baton, purement symbolique, ait jamais servi réellement, si ce n’est a la bataille de Fribourg (1644), ot Condé jeta le sien dans les retranchements ennemis et alla le reprendre a la téte du régiment de Conti.

BATON DE MESURE. C'est un baton fort court, ow méme un rouleau de papier, dont le chef d’orchestre se sert dans les trés-grandes réunions musicales, pour régler le mouvement et marquer la mesure et les temps.

Rousseau, dans ses écrits sur l’ancienne musique francaise, a dirigé particuliérement ses traits satiriques sur Ja maniére d’exécuter adoptée a |’Académie Royale. I) appellele chef @orchestre le bucheron, a cause des coups redoublés qu’il frappait sur le pupitre avec un gros baton de bois bien dur. Le bruit du baton, tombant 4 coups égaux , détruisait illusion et contrariait )’amateur attentif. Ce vice d’exécution étaif inhérent aux compositions francaises du temps de Rousseau. L’orchestre suivait les chanteurs a la piste sans observer ni rhythme ni mesure, et lorsqu’il se rencontrait quelque morceau d’une marche réguliére, les symphonistes et les chanteurs étaient si surpris de se voir assujettis 4 la mesure, que leur chef ne pouvait les retenir dans Je bon chemin qu’en leur marquant chaque pas.

Tous nos orchestres sont maintenant dirigés avec l’archet, que le chef proméne dans l’espace pour marquer les pre- miers temps de la mesure. Dés que le mouvement est bien: senti et ’impulsion donnée, il abandonne les chanteurs et Yorchestre pour se joindre aux premiers violons et jouer leur partie, jusqu’au moment ou l’on aura de nouveau besoin d’un régulateur pour hater ou retarder la marche du discours musical.

BATON D’OR. On donne ce nom a une variété remarquable de la giroflée jaune, dont la tige principale est forte, trés-élevée, peu rameuse, et garnie dans presque toute sa longueur de fleurs trés-odorantes, d’un jaune aurore on tirant sur le brun.

BATON PASTORAL. Voyez Crosse.

BATON-ROUGE, chef-lieu politique de la Loui-— siane, aux Etats-Unis, sur une colline qui domine le Mississipi, compte 6,000 Ames, On y trouve un asile de sourdsmuets, un pénitencier, six églises et un Capitole avec une. statue de Washington en marbre. Le commerce est trésactif et se développe d’année en année. Au dix-septieme siécle, il n’y avait qu’un fort ; son nom lui vint d'une perche peinte en rouge, qui séparait en cet endroit Jes territoires de deux tribus indiennes. I! passa des Francais aux. Anglais, et fut pris, en 1779, par les Espagnols qui l’an-nexérent ala Floride. Les colons de Baton-Rouge s’insurgérent en 1810, chassérent la garnison et se rallierent aux Etats-Unis.

Le 5 aodt 1862, pendant la derniére guerre civile, les confédérés , au nombre de 8,000, essayérent de reprendre Baton-Rouge sur les troupes fédérates qui l’occupaient ; aprés un combat acharné ou ils perdirent trois généraux,. ils furent mis en déroute. P, Louisy.

BATON ROYAL ou ASPHOD#LE BLANC, ASPHO- DELE RAMEUX. Cette espéce d’asphodéle produit des fleurs blanches. C’est une plante vivace, plus élevée que lebaton de Jacob, dont elle est congénére et dont elle a toute la beauté et tous les avantages.

BATONI (Pompée-Grirotamo ), né a Lucques , en 1708, mort a Rome, en 1787, l’un des peintres les plus distingués d’une époque ow le goat s’élait dépravé, et le dernier ‘grand artiste qu’on puisse citer dans Vhistoire de la pcinture italienne. Il fut redevable de son éducation artistique moins a ses maltres qu’a l'étude de antique, des ouvrages.

de Raphaé] et de la nature. Tout en participant du caractére de son siécle, il témoigne dans ses ceuvres de la direction sérieuse provoquée en ce méme temps par Winckelmann, Mengs, etc., et qui devait exercer une influence plus durable et plus heureuse sur l'art frangais et allemand que sur l’art italien; Batoni excelle surtout dans les sujets tendres et gracieux, ce qui ne l’empéche d’ailleurs pas de réussir également dans le genre énergique et passionné. Sous ce rapport il faut de préférence mentionner son grand tableau de Véglise Sainte-Marie-des-Anges de Rome, qui représente la Chute de Simon le Magicien. 11 s'est fait aussi une grande réputation comme portraitiste. On cite surtout ses portraits de ’empereur Joseph et de Marie-Thérése, qui se trouvent dans la galerie impériale de Vienne.

BATONNIER. C’est un chef élu, qui porte le baton d'une confrérie. On donna aussi le nom de sergent bdtonnier aux sergents qui portaient des batons ow verges dont ils touchaient ceux contre lesquels ils faisaient des exploits, et la coutume de Valenciennes, entre autres , contient cette dénomination.

Le chef de Pordre des avocats s’appelle bdtonnier ; cette dénomination provient de ce qu’aux processions d’une confrérie que les clercs du Palais avaient établie, en 1342, le doyen ou le chef de ordre portait une banniére a laquelle était attachée l'image de saint Nicolas. La participation des avocats 4 cette confrérie a cessé en 1782, et peut-étre qu’asrs on edt dd substituer a une qualification qui n’avait plus d’objet celle plus convenable de président, quia été donnée par l’ordonnance royale du 10 septembre 1817 au chef de Vordre des avocats aux conseils et A la cour de cassation. Mais empire de l’habitude, le respect pour les traditions et une dénomination qui avait traversé plus de quatre siécles ont sans doute empéché ce changement. La qualification de batonnier a été maintenue par le décret impérial du 14 décembre 1810, ainsi que par les ordonnances royales du 20 novembre 1822 et du 27 aodt 1830.

Le baton de Saint-Nicolas, comme celui de maréchal pour les militaires, est devenu Vinsigne de la plus haute dignité a laquelle un avocat puisse parvenir dans sa profession. Aprés la révolution de Juillet, ce qu’il y avait de plus important pour les avocats, c’était de recouvrer le droit de nommer directement leur batonnier et d’élire immédiatement aussi les membres des conseils de discipline que le décret du 14 décembre 1810 a institués. M. Dupin, au nom ‘de ses confréres, et plusieurs barreaux des départements , entre autres celui de Saint-Omer , avaient, sous la Restauration, réclamé instamment Vélection directe du batonnier et des membres du conseil de discipline. Une ordonnance royale du 27 aoft 1830, restituant aux avocats la plénitude du droit de discipline et leurs anciennes prérogatives, leur rendit la nomination directe de leur batonnier et de Jeurs officiers. Ce droit, dont les avocats se montrérent toujours si jaloux, et qui est la condition nécessaire de Yindépendance de leur profession, peut seul aussi leur faire supporter le joug d’une discipline exercée par leurs pairs.

La banniére de Saint-Nicolas edt di étre déposée en 1782 a la bibliothéque des avocats , et lon aimerait a voir appendu aujourd’hui ce glorieux drapeau dans la chambre du conseil de l’ordre; mais nous n’ayons pu apprendre ce quest devenue cette banniére, et peut-¢tre a-t-elle été détruite dans la tempéte révolutionnaire. Le hatonnier peut étre réélu indéfiniment.

Le bdtonnat se dit, au palais, de la candiawture et dela dignité du batonnier. Heurensement ce mot n'est pas /rancais, et si la susceptibilité de Voreille s’en offense, la pureté grammaticale le repousse comme un barbarisme.

Parent-Réar,

Aux termes d’un décret da 22 mars 1852, le batonnier n'est

plus élu directement par le suffrage universel des membres

BATONI — BATRACIENS

de Vordre, mais par le conseil de discipline, comme sous la Restauration et l’Empire.

BATONS DE NEPER. Voyez Catcuier ( Instruments a).

‘BATRACHOMYOMACHIE, c’est-a-dire le combat des grenouilles et des rats. Ce célébre poéme burlesque , longtemps attribué 4 Homére, n’appartient évidemment pas a Pimmortel auteur de l’Iliade et de VOdyssée. Plutarque et Suidas en font honneur a Pigrés, frére de la reine Artémise et contemporain de Xerxés. Cette parodie de la poésie épique dénote en effet un état plus avancé de la civilisation.

Rien de plus simple que le sujet de ce poéme en un seul chant et en 294 vers. Psycharpax, le prince des rats, aprés avoir échappé aux poursuites d’un chat, vient rafratchir sa barbe et se désaltérer dans les eaux limpides d’un lac. Physignatos, roi des grenouilles, V’apergoit et lui tient des discours flatteurs pour Vattirer dans son empire. L’imprudent monte sur le dos du perfide amphibie, et est aussitot noyé. On ne voit point dans Homére, comme dans La Fontaine, un milan fondre sur cette double proie, et se donner au ceur joie, .

Ayant de cette facon A souper chair et poisson.

Les rats, irrités, vengent la mort de leur chef en faisant aux grenvuilles une guerre implacable. Les dieux de l’Olympe prennent part a cette querelle. Pallas seule observe une neutralité parfaite, car les deux parties belligérantes l’ont également offensée. Si d’une part les grenouilles l*ont souvent empéchée de dormir par leurs coassements , de |’autre les rats ne cessent de dévorer dans les sanctuaires les offrandes qui lui sont faites, et ils ont osé ronger un voile ourdi de ses mains divines.

Les grenouilles allaient succomber sous les dents de leurs adversaires ; Jupiter avait en vain lancé sa foudre; Vartillerie céleste n’avait point ému les vengeurs de Psycharpax ; mais des auxiliaires inattendus, une armée d’écrevisses, viennent au secours des habitantes du lac; les rats sont mis en pleine déroute, et la guerre finit en une seule journée :

Kai modéuwov teeth povorepog ekereAdbn.

BrETON;

BATRACIENS. On désigne sous ce nom (formé du mot grec Batpayoc, grenouille) un ordre de la classe des reptiles, dont le genre grenouille fait en effet partie, et qui peut étre caractérisé de la maniére suivante : animaux a peau dépourvue de poils, de plumes ou d’écailles (excepté chez les cécilies ), recouverte seulement d’une couche de mucus, 4 cceur formé d’une seule oreillette et d'un seul ventricule; produits par des ceufs enveloppés d’une membrane et non d’une coque solide; paraissant au sortir de leur ceuf sous une forme différente de celle qu’ils doivent acquérir par suite de leur développement et conserver tout le reste de leur vie. L’ordre des batraciens, divisé par MM. Duméril et Bibron en trois sous-ordres ( péroméles, anoures, urodeéles ), renferme les neuf genres: rainette, grenouille, pipa, crapaud, triton, salamandre, protée, siréne et cécilie.

Ce que ces animaux offrent de plus remarquable, c’est la mélamorphose qu’ils subissent peu aprés leur naissance , et qui non-seulement change souvent toute leur forme, mais aussi modifie considérablement leur maniére de vivre. Dans leur premier age, en effet, ils vivent dans leau, et respirent , comme les poissons, par des branchies placées sur les cétés du cou; ils nagent avec leur queue, et n'ont pas de membres (voyes TéTanD) ; peu a peu leurs poumons se développent ; alors les branchies se flétrissent progressivement et finissent par tomber, au moins dans la plupart des espéces ; la plupart, de méme, prennent quatre membres qui leur poussent peu d peu ; d’autres n’en acquiérent que deux, ce sont les sirénes ; d’autres n’en ont jamais aucun, ce sont les cécilies, long-

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