BATRACIENS — BATTERIE
temps classés parmi les serpents, mais qui, ayant des branchies dans leur premier age, appartiennent a lordre des batraciens, ot de Blainville les a placées depuis longtemps, et auquel elles se réunissent, dailleurs, par tout |’ensemble de leur organisation. Démeziu.
BATRACUS, architecte de Vantiquité, qui naquit a Sparte, et travailla, de concert avec Saurus, a plusieurs édifices de Rome. Pline nous apprend qu’on leur dut la construction du temple de Jupiter et de Junon, que Métellus avait fait élever dans son portique. Leur mémoire a passé a la postérité avec les ruines des monuments quils ont laissés, et sur lesquels ils avaient fait sculpter, comme symboles, les deux animaux dont ils portaient les noms. On les retrouve en effet dans le beau chapiteau ionique qui se voit hors des murs de Rome, a une des colonnes de l’église de Saint-Laurent, et que l’on pense avoir appartenu au temple de Jupiter et de Junon. Au milieu d’une des volutes de ce chapiteau, il y a dans ce qu’on appelle l’@il, au lieu de la rosette qui s’y trouve ordinairement, une grenouille (Batracus) étendue sur le dos, et dans l'autre on voit un lézard (Saurus) tournant autour de la rosette.
BATTAGE. On appelle ainsi l’action de séparer le grain de l’épi. Cette séparation s’opére de différentes maniéres; le fléau est la machine le plus généralement employée a cet usage, principalement dans le nord. Avec un fléau un batteur peut battre en un jour quatre-vingt-dix gerbes de froment (ou trois hectolitres de grain), cent huit gerbes @avoine, et cent cinquante-quatre gerbes d’orge. Dans le midi le battage se pratique a l'aide d’un gros rouleau cannelé, ou au moyen de chevaux et de beeufs que l’on fait trépigner sur les gerbes étendues en pleine aire; c’est cette opération qu’on appelle dépiquage.
I] est quelques plantes, telles que le chanvre et le seigle, dont on veut ménager les pailles; on en sépare la graine en frappant l’extrémité des tiges contre le bord d’un tonneau fixé au sol, et dans lequel la graine tombe en se détachant. Le froment, le seigle, lorge, Pavoine et la plupart des plantes fourragéres et des legumineuses a siliques se battent au fléau, avec quelques differences dans l’arrangement des gerbes ou des bottes. Le tréfle sous le fléau ne donne que les gousses, qu'il faut soumettre a la pression d’une meule de moulin a cidre, ou placer entre deux grandes rapes, dont une recoit un mouvement de va-et-vient. La navette, la moutarde, le colza, la cameline et les autres plantes a graines plus tendres que le froment se battent ordinairement a la bagueite.
On emploie encore au battage des machines de divers genres; c’est surtout en Angleterre quel’emploi des moyens mécaniques s’est répandu; il y existe des machines a battre en trés-grand nombre : la plus estimée est celle d’Andrew Meikle. A laide de ces machines, dont le travail est immense, le grain est séparé de la paille d’une maniére trescomplete et trés-expéditive.
Dans un temps sec, le battage est plus facile que dans
un temps humide; de méme les grains qui ont été coupés |
avant leur complete maturilé, ou qui ont été mis en meule avant d’étre parfaitement secs, se séparent de la paille plus difficilement que ceux d’une récolte parfaitement mire, et qui a été bien aérée.
BATTAS, tribu malaise qui habite surtout aujourd’ hui Vile de Sumatra, depuis ’embouchure de l’Assaham jusqu’au cap Tourromon, et au sud depuis l’embouchure de YEik-Bicla jusqu’a celle de PEik-Sinkouang. La guerre d’extermination que leur ont faite les fanatiques Padris a diminué de moilié, dit-on, leur nombre, qui était autrefois de 350,000 dmes. Avec des traits plus beaux et plus réguliers et une constitution plus musculeuse et plus vigoureuse que le Malais ordinaire, les Battas ont une langue particuliére quoique d’origine malayo-polynésienne, une écriture particuliere avec laquelle ils écrivaient autrefois sur du papier
d’écorce, et dont ils se servent aujourd’ hui sur des bambous ; une chronologie particuliére, des noms particuliers pour les mois de l'année, et jusqu’a des figures particuli¢res pour les constellations. Au reste, ils sont extrémement arriérés sous le rapport de la civilisation. Tout leur terriloire n'est qu’une vasle anarchie. Chaque village constitue une commune Indépendante, représentée par un chef ou rajab hérédituire, mais dont Je pouvoir est fort limité, quoiqu’en temps de guerre il ait le droit d’exiger une obéissance absolue. Leur religion consiste dans l’adoration des bons et des mauvais esprits. A la vérité, ils n’ont pas de lois écrites, mais la plupart des questions de droit ont été délerminées et résolues d’avance. Les pénalités consistent surtoul en amendes; et la peine de mort elle-méme peut se racheter a prix d’argent, sauf un trés-petit nombre d’exceptions. Les prisonniers de guerre faits hors du village, et les hommes du commun ut commettent adultere avec la femme d’un rajah, sont mangés. Autant peut en advenir aux étrangers qui, en dépit des avis qui leur sont donnés, persistent a pénétrer sur le ter— riloire des Battas. D’ailleurs, le Batla est généralement hospitalier, et ’hote qui invoque sa protection est sacré a ses yeux. Il aime de passion les combats de coqs; il y parie tout ce qu’il possede, et au besoin sa propre personne. 11 regne encore aujourd’hui parmi ce peuple des traditions qui témoignent d’un degré supérieur de civilisation ayant existé autrefois dans son sein, civilisation dont Porigine était indienne. Consultez Junghuhn, Die Batialende: auf Sumatra (Berlin, 1847).
BATTEMENT. On donne ce nom, en musique, a un agrément de l’ancien chant frangais, qui consiste a batire un trille sur une note commencée uniment. Ce qui dis— tingue le baltement de la cadence, c’est que celle-ci commence par la note supérieure a celle sur laquelle elle est marquée, tandis que le batlement commence, au contraire, sur la note méme ot il est marqué. Si, par exemple, une cadence est marquée par la premiére de ces deux notes. ré ut, la cadence commence par faire sentir la note supérieure au ré, c’est-a-dire mz, de sorte qu’on fait entendre mi ré, mi ré, mi ré, ul; dans ce cas, le battement fera entendre les sons suivants, ré mi, 7é mi, ré mi, uf.
En termes de danse, on entend par battemen/s certains exercices élémentaires consistant dans le mouvement de la jambe qui est en lair pendant que l’autre supporte le corps.
En termes d’escrime, ce mot se dit encore de l’attaquie qui a lieu en frappant avec la lame de son épée celle de son adversaire.
En médecine, on appelle bat/ements ou pulsations des contractions et des dilatations alternatives du coeur et des ariéres. Voyez Pouts.
BATTERIE. La langue militaire donne a ce mot diverses acceptions. Nous réservant de parler ailleurs de la batterie de fusil et des batteries du tambour, nous
| ne nous occuperons ici que des batteries d’artillerie.
On appelle batterie un massif de terre, un ouvrage protecteur destiné a recevoir des bouches a feu et a les abriter du feu de ’ennemi. — On donne aussi le nom de ba - ‘erie 4 plusieurs bouches a feu réunies, soit pour tirer sur des troupes, soit pour détruire les ouvrages et les travaux de Pennemi ; la batterie est dile permanente lorsqu'elle est placée derriére un abri; mobile, quand elle peut étre transportée rapidement partout ot les besoins du service Vexigent. — On appelle encore batterie le personnel de liné a servir ces bouches a feu.
Les batteries, prises dans la premidre acception, se di tinguent 1° en batteries de siége, de place, de dle el «/ campagne; et ces différentes sortes de batteries peuve:: etre d barbette, & embrasures, & redan ou DBlindecs ; 2° en batteries de canons, d’obusiers, de morlier:, : mitrailleuses; 3° en batteries de plein fouet et & ric:
chet; 4° en batteries directes, @enfilade, a’écharpe et de revers.
On entend par batteries de siége toutes les batteries qu’on établit devant une place dans le but des’en emparer; par batteries de place, toutes les batteries établies dans la place pour la défendre; par batteries de cd£e , toutes les bat- ‘teries établies sur les c6tes pour en défendre l’approche.
Une batterie est @ barbetie lorsque les bouches a feu sont élevées de maniére a tirer par dessus le parapet, et sans embrasures. Une batterie est a embrasures lorsque les bouches a feu tirent par des ouvertures pratiquées dans Je massif qui leur sert d’abri : chacune de ces ouvertures se nomme embrasure, et le massif qui sépare deux embrasures se nomme merlon. Une batterie est @ redan lorsque la masse couvrante est dirigée suivant plusieurs lignes droites formant entre elles des angles. Une batterie est blindée lorsque les bouches a feu et les canonniers sont placés sous un blindage qui les couvre contre les feux verticaux.
La batterie est de plein fouet lorsque, l'objet qu’on veut battre étant 4 découvert, on emploie une forte charge sous un angle faible pour obtenir un fir tendw. Elle est a ricochet lorsque , au contraire , le but étant caché, on emploie, sous un angle de 8 a 15°, une faible charge pour obtenir un tir courbe.
La batterie est direcie quand elle bat perpendiculaire--
ment la face d’un ouvrage ou le front d’une troupe; d’enfilade, quand les projectiles parcourent la longueur de quelques parties des ouvrages de fortification , ou du front d’une troupe ou d’une colonne; d’écharpe, quand la direclion de Ja batterie est comprise entre les deux précédentes; de revers, quand la batterie voit par derriére la face d’un ouyrage, ou une troupe en bataille ou en colonne.
Une batterie , comme matériel, se compose de 7 piéces en France et en Angleterre. Presque partout les obusiers forment le tiers ou méme la totalité des bouches a feu. Le front de bataille d’une batterie est égal 4 celui de deux escadrons et demi, soit 90 4 100 métres.
Dans un siége ou tine bataille , quand plusieurs pidces concourent 4 un méme effet, leur ensemble recoit le nom de batterie : c’est ainsi qu’on yoit 4 Wagram 100 pieces
jouant en une seule batterie, et dans le second siége de Paris (1871) une batterie de 70 piéces installée sur les hauteurs de Meudon.
Une batterie, considérée comme un ensemble de personnel, est une unité tactique; on en distingue en France trois especes : batteries @ cheval, a pied montées, ou les servants sont a pied, mais s’asseyent au besoin sur les caissons; et & pied non mon/ées, principalement destinées au service des placem.ct des cétes. Les premiéres se composent en temps de paix de 96 hommes et 72 chevaux, en temps de guerre de 222 hommes et 258 chevaux; les secondes ont en temps de paix 96 hommes et 34 chevaux, et en temps de guerre 212 hommes et 204 chevaux; enfin les derniéres sont nvariablement de 200 hommes. Les officiers ne sont pas compris dans ces chiffres.
BATTERIE FLOTTANTE, navire de guerre, d’un faible tirant d’eau, et recouvert d’une solide armure en fer. Vorigine en remonte a la guerre d’Orient , et l'idée premiére en appartient au contre-amiral Labrousse. Le nom qwil proposa de batterie flottante devait indiquer que c’était, non un batiment de course, mais une véritable batterie de siége destinée a contrebattre des fortifications. Cependant cet engin n’était pas nouveau dans les forts de la marine : en 1782, d’Arcon avait tenté sans suceés de réduire Gibraltar 4 V’aide de prames 4 doubles murailles et chargées d’artillerie. En 1825, Paixhans donnait le plan d'une batterie flottante revélue de plaques @une épaisseur de quatre pouces pour résisler aux piéces du plus gros calibre.