AROME — ARPENTAGE
@une substance insaisissable, qui est plus particuliérement désignée sous le nom d’arome. Il parait que des substances inodores ou peu odorantes par elles-mémes peuvent répandre une odeur forte par le mélange de diverses substances qui facilitent leur volatilisation. Ainsi, quand on desséche le musc, il s’en sépare de l’ammoniaque, qui parait étre le yéhicule de l’odeur, puisque le résidu est inodore, et qu’en Vimprégnant avec une petite quantité de la substance enlevée on le rend aussi odorant qu’il |’était primilivement. De méme le tabac doit une partie de son odeur a des sels d’ammoniaque que l’on y méle dans la préparation.
Une chose remarquable, c’est que beaucoup de plantes dont |’odeur est assez forte donnent quand on les dissout dans J’eau un liquide inodore, et qu’elles rendent odoriférantes les huiles avec lesquelles on les fait macérer.
H. Gavuttien pe CLAUBRY.
ARONDE (avicula), genre de coquilles bivalves, placées par Lamarck dans sa division des conchiféres monomyaires, famille des malléacées, et auxquelles une forme presque ronde et une charniére prolongée en aile donnent quelque rapport avec un oiseau : d’od leur est venu le nom @avicule sous lequel on les désigne fréquemment. Ces coquilles sont en général petites, minces, fragiles, nacrées a Yintérieur. Les mollusqnes qui les habitent n’inspireraient qu’un médiocre intérét, si l'on ne trouvait dans ce groupe Yaronde margaritifere, espece qui produit les perles d’0rient, et que l’on voit en bancs énormes dans le golfe Persique, sur les cétes de Ceylan, etc., ou des pécheurs habitués 4 plonger vont la chercher sous l’eau. Les autres espéces du méme genre ne fournissent pas de perles. II faut pour cela que la substance nacrée qui les constitue et tapisse Pintérieur des valves s’extravase sous forme de globules : ce qui parait étre le résultat d’une maladie propre a ce mollusque. Voyez l'article Peres.
Le mot aronde est aussi le synonyme vulgaire d’hirondelle de fenétre. D* SAUCEROTTE,
ARONDE (Queue d’). Voyes Queue D’ARONDE.
ARONDELLE (dérivé du latin hirundo, hirondelle), longue corde que les pécheurs étendent sur le sable 4 marée basse, pour prendre, avec des hamecons placés sur des lignes fixées 4 cette corde, les poissons qui, ala marée montante, viendront réder autour de lendroit ot se trouve placée Varondelle. Le principal inconvénient de ce genre de péche, c’est de ne permettre de retirer le poisson que deuze heures aprés qu’il a été pris, les pécheurs étant forcément obligés, pour relever leurs filets d’attendre la marée
se.
AROUBA , tle des petites Antilles hollandaises, avec 3,372 Ames; on y trouve une mine d’or d’un rapport de 500,000 fr. par an,
ARPADES, nom de la premiére dynastie des rois de Hongrie. Elle était issue d’Arpad, chef ou khan des Magyars, quia la fin du neuviéme siécle vint avec sa nation, chas-ée des bords du Volga, s’établir sur les rives de la Theiss, et combaitit les Moraves , comme allié de Pempereur Arnoul, vers 895. Quand ces tribus sauvages eurent franchi les monts Carpathes et se furent établies dans la Pannonie, leurs chefs prirent le titre de dues, Saint Etienne, petit-fils d’Arpad, est le premier qui se soit fait appeler roi, titre que ses descendants ont porté jusqu’& André TI, mort sans enfants en 1301.
ARPEGE (de l'italien a7 peggio, formé de arpa, harpe). On ¢crivait autrefois, et avec plus de raison, harpége. Ce mot sert en musique a désigner un accord dont les notes sont frappées sucessivement au lieu de V’étre simultanément , et dont les différents degrés sont ou conservés ou abandonnés & mesure qu'tls se succddent. Dans le dernier cas, cette forme est une précicuse ressource pour les instruments a archet, sur lesquels la convexilé du chevalet rend impraticables les accords de quatre notes dont on voudrait
frapper toutes Jes notes d’un seul coup; on les fait done résonner l'une aprés l'autre, en commencant par la plus grave, et de maniére autant que possible que fa prclongation des premiers degrés produise avec ceux qui les suivent Veffet d’un accord plaqué. La harpe, la guitare, le piano, l’orgue emploient aussi cette maniére de faire accord, sans y ¢tre obligés, mais parce qu’en beaucoup de cas il en résulte plus d’élégance dans l’exécution et une sonorité plus apparente. Une autre forme d’arpége consiste & faire entendre successivement les notes d’un accord sans en retenir aucune et en leur donnant une durée égale ou inégale; en ce cas, ’arpége prend le nom de batterie. Cette maniére de dé tailler Parpége offre de grands avantages, particuliérement lorsqu’il s’agit d’accompagner une cantiléne en notes prolongées ou dans laquelle les notes de passage sont peu nombreuses; car parce moyen I’harmonie semble beaucoup plus foummee si l’accord était simplement plaqgué. Lorsque les ries sont d’un mouvement rapide, l’effet des notes de passage de la partie principale qui correspondrait mal avec la partie chantante passe inapergu dans l’ensemble; mais si le mouvement des batteries était trop lent, et que des notes étrangéres l'une a l'autre se heurtassent continuellement, il en résulterait un effet désagréable.
Ces sortes d’arpéges offrent aux instruments 4 vent le seul moyen qu’ils possédent de produire des accords. On ade plus construit des instruments a archet sur lesquels l'emploi fréquent et presque continuel de ces formules constituait véritablement le caractére particulier de |’instrument. Ce sont ceux que l’on appelait violon, viole et violoncelle @amour, qui ont A peu prés cessé d’étre en usage. Ces instruments étaient montés de cordes métalliques placées audessous des cordes de boyau, qui seules subissaient l’action de Varchet, et résonnant sympathiquement avec elles. Les vibrations de la corde sympathique se prolongeaient au moment ot une nouvelle note était attaquée : il fallait que la composition fit congue de maniére a ne pas contrarier cet effet, et les successions des notes d’un accord se prétaient mieux que toute autre formule 4 obtenir de l'instrument le résultat le plus avantageux et le plus régulier.
Autrefois, lorsqu’un passage devait étre arpégé, on I’écrivait comme un accord plaqué, en indiquant, au moyen du mot arpégé placé au-dessus ou au-dessous de la portée, |’intention du compositeur. Adrien pe LaFacg,
ARPENT, ancienne mesure de superficie agraire. Avant l’adoption du systéme métrique, on en comptait presque autant que de paroisses; les plus en usage étaient celui de Paris, et larpent royal dit des eaux et foréls. L’arpent de Paris, contenant 100 perches carrées de Paris, valait 0,34189 @hectare. L’arpent royal, composé de 100 perches carrées des eaux et foréts, était équivalent A 0,51072 d’hectare.
ARPENTAGE (mot dérivé d’arpent ). Proclus raconte que les débordements périodiques du Nil confondant les limites des propriétés, les Egyptiens cherchérent des régles pour que chacun pit retrouver ce qui lui appartenait ayant Pinondation. De 1a naquit Varpentage, qui portait en germe la géométrie, et qui n’est autre chose que l’application de cette science & la mesure des terrains. Pris dans sa plus grande extension , l’arpentage renferme : 1° les opérations qu'il faut exécuter sur le terrain méme, ou l’arpentage proprement dit; 2° la représentation sur le papier de la figure du terrain dans des proportions données, ce qui constitue le levédes plans ;3°Vensemble des calculs nécessaires pour trouver la superficie du terrain, c'est le fois é. — L’arpentage proprement dit, ef nous n’avons A nous occuper que de lui dans cet article, se borne donc a la mesure sur le terrain des cOt¢s des figures et de leurs angles. Pour cela, larpenteur emploie divers instruments, les jalons, la chaine et les fiches, le niveau, l'équerre de l'arpenteur, le graphométre, la boussole, et toute sa science consiste 4 sayoir s’en servir avec précision.
ARPENTAGE — ARRACACHA 61
ARPINO (drpinum), ville d’Italie, dans la province de Caserte, est la patrie de Cicéron et de Marius, On attribue sa fondation aux Volsques. Affranchie en 188 av. J-C.. elle constitua un des municipes les plus florissants de la république romaine. Il y a plusieurs fabriques de drap et des tanneries. Sa population dépasse 13,000 Ames.
ARQUEBUSE, ARQUEBUSIER. Le mot arquebuse vient de Vitalien arcobusio, qui signifie arc percé; PArioste, dans son poeme de Roland furieux, |’appelle Jerro buzio. Lacurne de Sainte-Palaye rapporte a peu prés & l'année 1550, sous Henri I, roi de France, l’invention de cette arme, qui fut perfectionnée en 1554, par d’Andelot, général de l'infanterie francaise. Elle était si massive et si pesante qu’il fallut longtemps deux hommes pour la porter; on la chargeait de pierres rondes, et on l’appuyait sur des espéces de fourchettes pour la tirer. Onen fit d’abord A rouet, puis A croc; on en fabriqua ensuite de plus simples et de plus Iégéres, en diminuant le calibre et la longueur; on inventa enfin la batterie 4 pierre a feu, qui remplaca la méche. Il y eut aussi des arquebuses a vent, inventées par un bourgeois de Lisieux nommé Marin, qui en présenta une au roi Henri 1V; d’autres auteurs en attribuent l’invention aux Hollandais.
Lorsque larquebuse était en usage, on appelait arquebusiers les soldats 4 pied ou 4 cheval qui en étaient armés, par opposition au nom de piqwiers, que portaient ceux qui avaient pour arme la pique ou la lance. Comme larquebuse avait remplacé l’arc ef Parbaléte, qui étaient les armes de l’infanterie légére, le nom d’arquebusiers devint synonyme de celui de troupes légéres, et c’est ce qui explique la présence d’argquebusiers dans Varmée francaise longtemps aprés le remplacement de l’arquebuse par le mousquet. Ainsi sous Louis XV, en 1745, un corps de partisans, composé dinfanterie, de cavalerie, d’artillerie et d’une compagnie d’ouyriers , portait le nom d’arquebusiers de grassins.
Les compagnies d’arquebusiers bourgeois qui succédérent a celles des arbalétriers, et qui furent autorisées par Francois 1°* et ses successeurs, se formérent de l’élite des citoyens, qui s’exercaient a tirer adroitement pour incommoder l’ennemi dans les approches; les rois les obligérent souvent a les servir en campagne. Elles furent constamment d’une grande ressource pour la défense des villes ; cest le témoignage que leur rendent Henri IV et Louis XIII dans leurs lettres patentes de 1601 et 1620. Voyes AKBALETE (Compagnies de |’).
On donnait aussi le nom d’arquebusiers aux artisans qui fabriquaient les petites armes 4 feu, telles que les arquebuses, les mousquets , les fusils, les pistolets. On les appelle aujourd@hui armuriers; ils formaient encore au siécle dernier une communauté distincte et des plus nombreuses de Paris, quoique leur érection en corps de jurande fit assez récente.
ARQUES (Bataille d’ ). Arques est le nom d’une riviére e¢ dun bourg de la Seine-Inférieure. La riviére prend sa source 8 kilométres sud-est de Saint-Saen, qu’elle traverse, passe par le bourg, et se jette dans l’Océan a Dieppe, aprés un cours de 48 kilométres. Le bourg, qui n’a pas plus de 800 dimes, est situé a6 kilométres de Dieppe et 448 de Rouen. La se donna, le 21 septembre 1589, une grande hataille, et voici a quelle occasion :
Au moment ou le faible Henri III tombait sous le fer dun dominicain fanatique, des quarante mille hommes que le roi de Navarre commandait vers Saint-Cloud, trente-trois Inille abandonnérent ses drapeaux, les uns pour passer sous ceux de la Ligue, les autres pour rentrer dans leurs foyers. D'Epernon, Vitry et plusieurs autres chefs avaient innité cet exemple, et sacrifié l’"honneur de défendre un juste droit a la crainte de compromettre leur salut, ou plutot les honteuses fortunes qu’ils avaient amassées dans les malheurs publics. Sept mille braves seulement accueillirent avec trans-
port Pavénement du Béarnais , abjurérent tout dissentiment d’ opinions religieuses, et, se ralliant par un sentiment commun, puisé dans la conviction du devoir et de la loyauté , prétérent serment, en présence de trente mille baionnettes soudoyées par l’Espagne et commandées par Mayenne, de vaincre ou de mourir pour sa cause.
Cependant Henri 1V, forcé par la dissolution de l'armée de lever le siége de Paris, et ne voulant pas exposer ceux qui lui restaient fidéles contre un ennemi aussi supérieur, s’était retiré vers Dieppe et fortement retranché a Arques et au Polet; il attendait un secours de cing mille hommes que lui avait promis Elisabeth, reine d’Angleterre. Cette feinte retraite et la facilité avec laquelle le duc de Mayenne s’¢tait emparé de Gournay, de Neufchatel, de Gamaches, d’Eu, persuadérent & celui-ci qu’il était enfin maitre du Béarnais, ou du moins que celui-ci ne pouvait plus lui échapper qu’en se jetant 4 la mer, et ce fut ce qu’il écrivit au pape et au roi d’Espagne.
Cette illusion fut bientét dissipée. Le 15 septembre Mayenne s’avance d’Eu a la téte de son armée, dont le duc de Nemours commande la gauche. Le moment qu’il croit avoir saisi de terminer par un coup décisif cette guerre, ot son ambition personnelle joue un si grand réle, le rend peu sensible a la perte ge trois cents soldats que Biron lui fait éprouver a Martin-Fglise. Ii fait toutes les dispositions que lui suggére la prudence pour enlever tout espoir de salut a Parmée royale, et, plein de confiance dans ses mesures, dans sa force numérique et dans la trahison soudoyée de quelques lansquenets, qui, par une feinte volte-face , doivent se faire accueillir des royalistes et s’emparer de leurs positions, il se présente le 21 septembre devant les retranchements d’Arques.
Henri IV, dont la destinée entiére est sur ce champ de bataille, n’attend pas qu’une armée trois fois plus nombreuse que ja sienne vienne l’insulter dans son camp; il va luiméme offrir le combat 4 Mayenne, lui tue ou prend douze cents hommes, et le force a la retraite. Jamaisil n’avait couru d’aussi grands dangers personnels : il faillit étre tué par un capitaine de lansquenets qui avait feint de vouloir passer dans ses rangs avec sa troupe. L’arrivée du comte de Chatillon a la téte de cing cents arquebusiers décida du gain de la bataille. Parlant plustard de cette aflaire: « Ce fut un grand miracle, disait-il, que je ne me perdis pas avec tout ce qui m’entourait. Dieu seul est auteur de cette victoire. »
C’est en vain que Mayenne, par d’habiles manceuvres et de vives attaques contre le chateau d’Arques, cherche les jours suivants 4 réparer cet échec. La démoralisation de ses troupes, la jonction du secours que Henri IV attendait d’Angleterre, et celle, trés-prochaine, des comtes de Soissons et de Longueville, du maréchal d’Aumont, de La Noue, de Givry et de quantité de noblesse qui accourait au secours du roi, déterminent le duc & la retraite.
Echappé par son sang-froid et son courage au plus grand péril quwil edt jamais couru, Henri se met aussitdt en marche pour profiter de ses avantages; l’enthousiasme et la confiance qu'il a su inspirer les rendent immenses. Une foule de villes, fatiguées du despotisme des Seize et de l'ambition des Guise, le saluent du titre delibérateur de la France. Les pays les plus éloignés du théatre de la guerre s’empressent de reconnaitre son autorité, et de joindre a leur serment des secours de toute espeéce. Laing,
ARRACACHA, plante de la famille des ombelliféres ; sa ressemblance avec Vache lui a fait donner par les Espagnols le nom d’apio. Elle est trés-probablement originaire des Andes de la Nouvelle-Grenade, ou sa cults.re est trésrépandue.
Des plateaux tempérés de Cundinamarca, l’arracacha sest avancée au dela de I’équateur, s'établissant dans les Andes de Popayan et de Jos Pastos, alors que, a la méme époque, la pomme de terre, partie des régions froides
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du Chili, se propageait du sud au nord, et, suivant les Incas dans leurs conquétes, se fixait au Pérou, aQuito, avant de pénétrer dans la Nouvelle-Grenade.
C’est un fait curieux dans histoire des aliments de Yhomme que de voir dans Amérique méridionale le mais culfivé par les moindres peuplades, et a cette céréale, en quelque sorte normale, s’ajouter des plantes importantes sous le rapport alimentaire chez les nations parvenues a une civilisation plus avancée : ainsi, V’arracacha chez les Muyscas, la pomme de terre »ropag¢ée par les Incas, le cacao en usage chez les Mexicains. Le mais et la pomme de terre forment aujourd’hui la base de la nourriture d’une grande partie des Européens; le cacao est devenu presque indispensable en Espagne; seule l’arracacha n’est pas encore entrée dans nos cultures.
Cependant cette plante présente la plupart des avantages que !’on reconnait dans les pommes de terre, et elle se déve- Joppe dans les mémes circonstances de sol et de climat. En effet, dans les Andes on en voit de belles plantations établies dans les localités qui possédent une température moyenne de 14 4 22 degrés,
Dans ces pays on plante larracacha par bouture en talon ; on coupe le collet de la racine, de maniére a ce que la partie charnue qui est détachée devienne la base d’une touffe de pétioles. On divise cette base circulaire en plusieurs segments ; ces boutons sont placés 4 une trés-petite profondeur, dans un sol humide. Les plants sont espacés a environ six décimétres. Dans les circonstances favorables les bourgeons pétiolaires se développent en peu de jours ; leur croissance est rapide, et en quelques semaines la terre est complétement garnie, Avant cette époque, ot la plante est assez robuste pour s’opposer 4 Venvahissement des mauvaises herbes, on nettoie ordinairement deux fois. La récolte a lieu avant la floraison. C’est au volume des touffes, a une légtre chlorose qui se manifeste sur les feuilles extérieures, que l'on reconnait la maturité extréme, passé laquelle la plante tend a monter. Arrivée a ce point, la racine, objet spécial de la culture, présente une masse charnue assez irréguliére; de la partie inférieure il sort plusieurs ramifications fusiformes, garnies de fibrilles , et qui sont, comme aliment, les parties les plus délicates de Varracacha. Venue dans un bon terrain, une racine pése de 2 a 3 kilogrammes. A Ibagué, M. Goudot a vu la récolte s’élever 4 41,000 kilogrammes par hectare,
Cette racine est probablement moins nutritive que la pomme de terre; car, 4 poids égaux, et pour les mémes proportions d’amidon et d’albumine , l'arracacha contient une plus forte dose d’humidité.
A Ibagué, la racine reste six mois en terre avant d’étre récoltée. La température moyenne d'Ihagué ¢tant de 21° 8’; il est done évident que nos climats ne pourraient pas produire cette plante s'il fallait six mois ayant une température de 22° pour sa maturation; puisque, en prenant par exemple le climat de Paris , les six mois durant lesquels la végétation est en activité ont une température qui natteint pas tout a fail 16°. Mais l’arracacha, comme la betterave, arrive assez promptement a un point convenable de maturation. Une récolte hative donne déja de bons produits, et le seul inconvénient qu'elle présente est une diminution dans le rendement. Aussi l’on sait, par des renseignements fournis par M. le docteus Vargas, qu’a Caracas on enléye larracacha trois ou quatre mois apres qu'elle a été plantée , et que cet espace de temps suf-
fit pour donner a la racine toutes les qua ités désirables. Or, Caracas posséde exactement la méme température moyenne qu'lbagué; il suit de Ii que si en cent vingt-
deux jours, sous influence @une température de 21° 8’, l’arracacha peut étre récoltée, il y a tout lieu de penser que la culture de cette racine pourra s’effectuer dans les cent cinquante-un jours compris entre le commencement de mai et la fin de seplembre, la température moyenne de cet inter-
valle étant A Paris de 17°. Ce que l’on doit craindre peutétre pour le succes de cette culture, ce sont tes chaleurs de lété ; car on sait que l’arracacha, cultivée dans une région chaude et pluvieuse, monte rapidement en tiges , aux dépens de la croissance de sa racine.
Le mode de propagation décrit par M. Goudot, la bouture en talon, ne serait pas praticable en Europe , ot Vhiver viendrait nécessairement se placer entre la récolte et la plantation, et l’on conserverait bien difficilement d’une saison 4 autre une grande masse de collets reproducteurs. On serait donc foreé de faire hiverner, en cave ou en silos, uncertain nombre de racines, d’ou l’on détacherait, au moment de la plantation, des segments de collets garnis de bourgeons pétiolaires, C’est ainsi que l’on conserve les betteraves et les carottes qui doivent porter des graines.
On comprend qu’une plante alimentaire aussi importante qu’est l’arracacha a 4) attirer depuis longtemps l’attention des voyageurs qui ont parcouru les Andes; aussi des tentatives déja assez nombreuses ont été faites pour l’introduire dans la culture européenne. Vers année 1822 M. le baron Schack envoya des plants en Angleterre : un d’eux donna des fleurs dans le jardin botanique de Liverpool ; ces plants neréussirent que trés-imparfaitement. Cependant, a la suite de ce premier essai, on rencontra dans le commerce, a des prix trés-élevés , quelques individus peu vigoureux, et cette racine, qui alimente dans la Nouvelle-Grenade des populations entiéres, s’abaissa en Europe au role insignifiant de plante rare. En 1829 M. de Candolle recut de M, le docteur Vargas un envoi de racines. La plante ne donna que des racines imparfaites : cet essai eut toujours ce résultat heureux, qu'il permit a Villustre botaniste de Genéve de faire une description botanique compléte. Quelques années aprés, notre compatriote, M. Vilmorin, tira de Bogota des racines qui malheureusement arrivérent entitrement avariées. A peu prés a la méme époque, des essais trés-dispendieux de culture, qui n’obtinrent aucun succés, furent tentés par M. Soulange-Bodin. Enfin, M. Vilmorin fils, de la Société nationale d’Agriculture , s’est procuré , en 1845, quelques racines qu'il a envoyées 4 M. Hardy, directeur des pépinieres d’ Alger. ,
BousstnGAautt, de l’Académie des Sciences.
ARRACH. Voyez Haracn.
ARRAGONITE. Cette substance minérale , qui a été trouvée pour la premiére fois dans le royaume d’Aragon , et dont le nom devrait s’écrire dés lors aragonife , a été ainsi appelée par le savant minéralogiste Werner, qui le premier l’a séparée de la chaux carbonatée , avec laquelle on l’avait confondue jusqu’a lui : les expériences de MM. Vauquelin et Thénard n’avaient fait reconnaitre en effet dans cette sub: stance qu’un peu plus de la moitié de son poids de chaux, et le reste d’acide carbonique , uni quelquefois & une légére quantité d’eau. Haiiy a démontré qu'il n’existe aucune ana« logie entre l’arragonite et la chaux carbonatée. La premiére différe essentiellement de la seconde par sa forme primitive, qui est J’octaédre rectangulaire, tandis que celle dela chaux carbonatée est un rhomboide obtus; par sa dureté qui va jusqu’a rayer fortement Ja chaux carbonatée, par sa pesanteur spécifique, qui est plus grande dans le rapport de seize A quinze ; enfin parsa réfraction double, qui est moindre dans la chaux carbonatée, puisqu’elle n’a lieu qu’a travers deux de ses faces, inclinées l’une sur Vautre. Pour compléter ces différences , il fant ajouter que la fracture transversale d’un prisme darragonite présente un tissu inégal qu’on peut assimiler A celui de certains morceaux de quartz, et un éclat plus vif que la chaux carbonatée,
ARRAN, tle d’Rcosse, & Pembouchure de la Clyde, est peuplée de 6,500 Ames, sur une superficie de 427 kil. carrés. Son sol montagneux renferme du jaspe, des agates, un cristal de roche dit diamant d'Arran, et de la houille. On y voit beaucoup d’antiquités , telles que des dolmens ,