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était ainsi retardée, et Bertrand recut ordre de détacher sur sa gauche la division italienne du général Peri pour rétablir ses communications avec le maréchal. Cette manoeuyre fut malheureusement devinée par Vennemi. Les corps @’Yorck et de Barclay de Tolly se jetérent dans le large intervalle qui séparait le centre des Frangais de leur aile gauche, et Peri, surpris & son arrivée & Koenigswartha, fut battu par Langeron et Cresbatof. Les généraux francais Martelli, Balathier et Saint-André furent, en outre, blessés et pris avec six cents hommes et quelques piéces de canon. Mais les débris de cette division, ralliés dans les bois par le général Kellermann, qui arrivait avec sa cavalerie et un régiment dinfanterie légére, reprirent immédiatement la ville de Kcenigswartha; et le général prussien Yorck, attaqué en méme temps a Weissig par Vavant-garde de Ney, qui débouchait enfin d’ Hoyerswerda, fut contraint de se replier avec Barclay de Toliy sur les positions de Parmée combinée.
Le bruit de cette canonnade fut entendu toute la journée du 19 par Napoléon, qui ne fit aucun mouvement pour contrarier la retraite des deux corps ennemis ou pour seconder Varrivée de son lieutenant. Ce ne fut que le 20 mai 4 midi que ses colonnes s’ébranlérent, sans attendre que la jonction de son aile gauche fat enti¢rement effectuée, Lauriston, avec le cinquiéme corps, était le seul qui fut déja entré en ligne; le troisitme et le septiéme étaient encore en arriére avec le maréchal Ney. Marmont, a la téte du sixiéme corps, composé des vieilles troupes de l’artillerie de marine, marcha par divers points sur la ville de Bautzen et les hauteurs environnantes, sous la protection de son artillerie. I] jeta un pont sur la Sprée a Seydau, a la gauche de Bautzen, pendant que Macdonald passait la riviére sur la droite par le pont de pierre, que l’ennemi n’avait pas détruit, et qu’Oudinot en jetait un troisiéme a une lieue de lui pour attaquer les montagnes. Le corps prussien de Kleist défendait la ville et ses environs avec les généraux russes Roth et Rudiger. La cavalerie des alliés essaya plusieurs fois @entamer les colonnes francaises qui débouchaient par les ponts et les gués de la Sprée. Toutes ses charges furent repoussées; et telle était la sagesse des combinaisons de Napoléon, que ces colonnes, en abordant les premiéres positions de l’ennemi, s’apercevaient en méme temps que @autres divisions les avyaient tournées. Deux points importants, la ville de Bautzen et les hauteurs de Niederkayna, sur la gauche, soutinrent seules une attaque de front et de vive force. La division Compans langa une nuée de tirailleurs sur les escarpements de Bautzen, au faubourg dit des Vandales. Les rochers et les remparts furent escaladés avec une rare intrépidité. Une batterie prussienne fut enlevée, et la ville envahie par cette impétueuse colonne. Macdonald emportait en méme temps les hauteurs de Prelswitz au dela de la Sprée, et le général Bertrand, dirigeant le quatriéme corps sur celles de Doberschutz, aprés avoir forcé le défilé de Nieder-Gusck, repoussait devant lui la division prussienne de Ziethen. A droite de Bautzen et sur le flane droit de Macdonald, le corps d’Oudinot chassait les Russes de Miloradovitch ef la division du prince Eugéne de Wurtemperg vers les coteaux escarpés de Kalnitz et de Weissig,
et se rapprochait ainsi des retranchements formidables élevés par Yennemi. L’extréme droite des Francais et du corps @Oudinot disputait 4 Pextréme gauche des Russes les ravins buisés des montagnes, ot deux canons, hissés 4 grand’peine sur ces escarpements d’un accés difficile, ne cessaient de foudroyer les tirailleurs du prince de Wurtemberg. La division Bonnet, du sixiéme corps, attaquait enfin, aprés cing heures de combat, la forte position de Niederkayna avec ies six bataillons du second régiment de marine et ses piéces de campagne, Les Prussiens de Kleist s’y étaient ralliés aprés avoir abandonné la ville de Bautzen. Cette position, aéfendue par une artillerie formidable, fut attaquée de DICT, DE LA CONVERS, — T. Il.
front par quatre bataillons que Pintrépide Bonnet dirigeait en personne, et tournée par deux autres, Une division de ca valerie, surprise par ce mouvement, fut mise en déroute, et la position enlevée a la baionnette.
Cependant, les retranchements ennemis n’étaient pas encore abordés , et ’'empereur Alexandre espérait y prendre une éclatante revanche. Mais dans la nuit du 20 le maréchal Ney était entré en ligne, en face du village de Klix et du corps russe de Barclay, et le 21 au matin la réunion de toutes les forces des deux armées annongait une bataille décisive. Elle commenga dés quatre heures et demic du matin par un feu de tirailleurs qu’Oudinot entretint dans les montagnes, en s’étendant de plus en plus vers la Bohéme, pour attirer sur ce point lattention des alliés et leur faire croire que Napoléon avait le projet de les tourner par leur aile gauche. Ils ne donnérent point dans ce piége, et le prince de Wurlemberg soutint seul cette fausse attaque. L’empereur Alexandre, éclairé par les manoeuvres de Ney sur sa droite, jugea que le véritable danger était 1a, et qu’il fallait & tout prix empécher les Frangais de passer sur ce point Jes deux bras de la Sprée et de venir lui couper la retraite par les routes de Weissemberg et de Reichenbach. Il y maintint les corps de Kleist et de Barclay , les fit soutenir par une portion de celui de Blicher, et entre six et sept heures du matin la canonnade se fit entendre sur toute cette partie de la ligne. Le maréchal Ney, 4 la téte du troisiéine corps d’armée et de celui de Lauriston , ayant le septieme en réserve sous le commandement de Reynier, fit attaquer par Kellermann les troupes de Barclay au village de Klix, passa l'un des bras de la Sprée, et forca les Russes a se replier sur les hauteurs de Gleina. Ses divisions de droite enlevaient en méme temps le village de Preititz, ou arrivaient les premiers bataillons de Bliicher. Ce général prussien , se trouvant ainsi débordé par sa droite, et presque séparé des corps de Kleist et de Barclay, se vit dans la nécessité de reconquérir cette position , dont Ja prise compromettait celle de Kreckwitz, qu'il était principalement chargé de défendre. Le mamelon retranché de Kreckwitz était devenu le point le plus important du nouveau champ de bataille. Blicher l’avait conservé la veille, quoique tourné pour ainsi dire par le corps de Marmont; et comme ce mamelon dominait l’extrémité des retranchements russes , ’empereur Alexandre avait autant d’intérét a le garder que Napoléon en avait a le prendre.
Blicher marcha donc sur les hauteurs de Preititz pour en chasser les troupes de Lauriston et rétablir ses communications avec Vaile droite des alliés. Kleist seconda cette attaque par un nouvel effort, et VYavant-garde de Ney fut forcée de se rejeter en arriére. Mais les divisions prussiennes s’efforcérent en vain de pousser plus loin cet avantage. Ney resta maitre de la rive droite de la Sprée et des hauteurs de Malschwitz, et contint ’ennemi jusqu’a la fin de la journée. L’impétuosité des Prussiens était d’ailleurs ralentie par une attaque sérieuse que dirigeait le maréchal Soult sur le mamelon de Kreckwitz, ot Blucher n’ayait laissé que la moitié de ses troupes. A la téte du corps de Bertrand, que la déroute de la division Peri avait dés l’avant-veille réduit au contingent wurtembergeois et au treiziéme régiment francais, Soult gravit avec intrépidité les hauteurs de Kreckwitz , ot les troupes du roi de Wur temberg se couvrirent de gloire. Mais ’empereur Alexandre connaissait trop importance de cette position pour ne pas essayer de la reprendre. Le corps prussien du général Yorck , soutenu par une portion des gardes russes, marcha vivement sur ce point, et repoussa les tirailleurs wurtembergeois qui en défendaient les approches ; mais Soult et le général Morand restérent en possession de la créte et du village de Kreckwitz, oi Napoléon s’empressa d’accourir avec sa garde et la cavalerie de Latour-Maubourg.
Ainsi, tout l’effort de cette seconde bataille s‘ttait porté
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a lextrémité du camp retranché ou le czar avait espéré attirer son ennemi. Ceite longue ligne de retranchements élevés d’avance et & grands frais lui devenait inutile. Napoléon n’avait laissé devant elle que les corps de Marmont et de Macdonald. Le premier s’était avancé sur la route de Weissemberg jusqu’au village de Batschutz, et s’était borné a canonner les redoutes russes. Macdonald et le onziéme corps ne faisaient également que des démonstrations d’attaque sur un autre point de cette ligne, sans avoir intention de la forcer. Il n’y avait d’engagement sérieux que sur un terrain ov l’empereur Alexandre n’avait pas songé a élever des défenses. Napoléon y arriva précédé d’une nombreuse artillerie que dirigeaient les généraux Drouot et Dulauloy. Ils s’établirent sur le flane droit des Prussiens @Yorck et de Ziethen, et les foudroyérent par une gréle @obus et de mitraille, pendant que le duc de Trévise, avec deux divisions de la jeune garde, se portait sur leur flanc gauche pour leur couper la route de Wurschen et de Weissenherg. Alors Blicher quitta précipitamment les hauteurs de Preititz pour dégager le général Yorck ; mais les hatteries de Devaux, de Drouot et de Dulauloy arrétérent la marche de ses colonnes. Kleist et Barclay de Tolly , épouvantés d’une attaque aussi vive, suivirent le mouvement de Bliicher sur le centre. Le maréchal Ney ressaisit alors Poffensive; il reprit le village de Preititz, et, appuyant toujours sur sa gauche, s’efforca de déborder la droite des alliés. Alexandre, voyant ses retranchements pris a ree vers, ordonna au prince de Wurtemberg et 4 Miloradovitch dabandonner les montagnes et de se replier sur la route de Lobau. Il se retira lui-méme par celle de Reichenbach, et toute la ligne des alliés, désespérant de la victoire, ne chercha plus qu’a éviler une déroute en upérant sa retraite en bon ordre. Marmont et Macdonald entrérent sans résistance dans les retranchements au pied desquels l’empereur Alexandre s’était flatté de les anéantir. Mais le maréchal Ney n’arriva 4 Wurschen que lorsque Yennemi n’y était plus.
Cette bataille fut un chef-d’ceuvre de stratégie; et si Vexécution eft répondu a la conception, elle aurait eu d’autres résultats que la prise de 3,000 hommes et la perte de 18,000 blessés ou tués du cété de l’ennemi. Ney, une fois en ligne, y déploya de grands talents et un grand courage; mais s'il n’eft pas pris un si long détour, s’il y fat arrivé le 19, les alliés, qui ne furent avertis de ce mouvement que par l’inaction des forces qu’ils avaient en téte, auraient été surpris dans leurs retranchements; |’Autriche, dont la fidélité était déja ébranlée, eft tenu un autre langage, et la catastrophe de [empire francais n’edt pas suivi de prés le retour momentané de la victoire sous nos drapeaux. Les bulletins ont donné le nom de Wurschen a cette seconde bataille; mais histoire l’a réunie a la premiére, qui n’en était que le prélude, et l’a consacrée sous le nom de Bautzen. Les alliés se retirdrent vers l’Oder en laissant a leur arriére-garde le soin de protéger leur retraite; il n’y eut pendant douze jours que des combats de division, et le 4 juin un armistice fatal donna aux alliés le temps de se reconnaitre et de se concerter pour anéantir l’ennemi qui venait de se relever aux yeux de l’Europe étonnée. Cette tréve fut une grande faute de Napoléon, et il la paya par de nouveaux désastres. Viennet, de l’Acad. Francaise,
BAUX (Famille pe). Les barons de Baux, d'une maison a laquelle Bouche, Nostradamus et les autres historiens de Provence ont donné une origine fabuleuse, et qui prétendaient descendre au moins des anciens Baltes, famille royale chez les Wisigoths, étaient princes d’Orange, seigneurs en partie de la vicomté de Marseille, et portérent quelque temps le titre de rois d’Arles, On ne sait si le chateau de Baux leur a emprunté ou donné son nom, qui signifie recher, lieu escarpé.\l y ala encore unbourg de 500 ames , situé & douze kilometres d’Arles, et qui était autrefois le