‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 404 sur 488 · BAVA · texte numérisé non relu

BAVA

chef-lieu de la baronnie, contenant soixante-dix-neuf villages, appelés ¢erres baussenques. Vers Van 1140 le baron de Baux et ses quatre fils prirent les armes pour disputer 4 Raimond-Bérenger le comté de Provence. Les comtes de Toulouse et de Forcalquier et une partie de la noblesse du pays se déclarérent en leur faveur; mais, aprés dix ans de lutte, les barons de Baux furent obligés de reconnaitre la suzeraineté des comtes de Provence. Une branche de la maison de Baux alla s’établir dans le royaume de Naples , ou elle posséda des terres considérables et les premiéres charges de Etat. Alix, baronne de Baux , dernier rejeton de la souche frangaise, institua en 1425, pour ses héritiers, les représentants de la ligne napolitaine, et, a leur défaut, les enfants de Marie de Baux, sa sceur, qui avait épousé, vers l’an 1393, Jean de Chalon, Au mépris des derniéres volontés de la testatrice, la baronnie fut unie au domaine comtal de Provence, et y resta jusqu’en 1641, que Louis XIII l’érigea en marquisat pour le prince de Monaco.

BAVA (Jean-Baptiste-Eusiee , baron), général piémontais, naquit a Verceil, en aodt 1790. Aprés avoir commencé ses études militaires au Prytanée de Saint-Cyr, il fut — incorporé, sur sa demande, au 31° léger avec le grade de sous-oflicier, et fiten cette qualité les campagnes de Prusse et de Pologne. Sous-lieutenant en 1808, il passa en Espagne, se distingua au siége de Saragosse, et passa dans le corps d@’armée du maréchal Soult. Fait prisonnier lors de l’évacuation d’Oporto, il fut conduit en Angleterre ; mais il réussit bientot a s’échapper en s’emparant d’une goelette marchande. Aussitot il retourna en Espagne rejoindre son corps, et fut promu au grade de lieutenant. En mars 1811 il enleva par surprise la ville de Lequito, petit port de mer qu’occupait une bande de guérillas et que protégeait une frégate anglaise mouillée 4 ’embouchure de Ja riviére. Capitaine en 1811, il fit, tant en Espagne qu’en Portugal , les campagnes de 1811, 1812 et 1813, puis celle des Pyrénées en 1814. Aprés la bataille de Toulouse, il retourna dans sa patrie avec ses compatriotes piémontais, et couserva son grade dans l’armée sarde. Quand l’Empereur revint de Vile d’Elbe, Bava combattit ses anciens compagnons d’armes sous les murs de Grenoble. En 1819 il fut nommé major (chef de bataillon), en 1824 lieutenant-colonel , en 1830 colonel, en 1832 major général. Appelé au commandement de Ja division militaire de Turin en 1839, il fut nommé peu aprés lieutenant général et créé baron. A la fin de 1847 il était gouverneur de la province d’Alexandrie.

Lorsque éclata la guerre de I’Indépendance italienne, le général Bava eut le commandement du premier corps d’armée. La victoire de Goito, due a ses habiles manceuvres, fixa bient6t tous les regards sur lui, et lui valut le grade de général d’armée, qui correspond a celui de maréchal dans notre pays. Le roi Charles-Albert avait adopté dans le principe le plan de campagne de Bava; mais on le modifia tellement par la suite, qu’il serait injuste de faire peser sur son auteur la responsabilité de Vinsuceés et des désastres postérieurs. Aprés avoir enlevé Governolo par un heureux coup de main le 18 juillet 1848, il couronna sa réputation par la brillante affaire de Somma-Campagna, Mais bientot la défaite de Valeggio convertit la marche en avant de larmée piémontaise en une retraite précipitée. Dans ces pénibles circonstances, le général Bava ne resta pas au-dessous de lui-méme, On le trouvait partout encourageant les soldats, relevant le moral des troupes par sa parole et par son exemple, sachant suffire & tous les détails d’approvisionnement et de subsistance en ‘méme temps qu'il tenait téte dans des combats d’arriére-garde A ’ennemi, qui devenait plus audacieux d'instant en instant, La défense de Milan fut son dernier fait d’armes.

Dans la seconde campagne, le général Bava n’eut pas de commandement ; il s’était prononcé dans un rapport contre le ministére pris dans les rangs du parti exalté, Le général

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