BAVA — BAVE
Chrzanowski fut nommeé asa place. En 1849 le roi Victor- Emmanuel appela le général Bava au ministére de la guerre; mais au mois de novembre de la méme année le général reprit les fonctions dinspecteur général de l’armée, dans lesquelles il rendit de grands services lorsqu’il fallut en 1855 organiser le corps expéditionnaire de Crimée.
BAVARD, BAVARDAGE. Il y adeux sortes de bavards, que l'on rencontre souvent mélées et confondues dans le méme individu : l'un parle excessivement de choses insignifiantes et frivoles, l'autre de choses qu’il devrait tenir secréves ; mais le manque de mesure méne souvent a Pindiscrétion : on commence par dire des riens, la langue vous démange, et 1€ besoin de parler vous pousse a dire des choses facheuses, L’homme qui ne sait pas retenir sa langue n’est pas longsemps maitre de sa pensée; il parle a tort et a travers, et s’expose a des regrets amers. Dans le premier sens le oavard tient du babillard; cependant le babil entraine avec lui Vidée de gentillesse, de futilité, mais de futilité agréable; c’est le caquet d’un enfant aimé, d’une fille naive, dune femme jolie ou spirituelle. Rien ne sent la médisance dans le babil ; le bavardage approche souvent dela calomnie. Le babillard, bavard de la premiére espéce, parle pour le plaisir de parler; il jacasse sans trop savoir ce qu'il dit, comme un enfant : s'il est indiscret, c’est sans réflexion, sans préméditation. Le vrai bavard exerce sa langue sur tout et contre tous, sans pudeur, sans égards, sans étre arrété par aucune considération, pour satisfaire et entretenir un débordement, un flux de paroles, une rage de parler qui le tourmente.
Dieu vous garde en tout cas du bavard : quand il vous tient, il ne yous lache plus. Un mot, un nom lui rappelle une histoire qu’il vous racontera dix fois, avec ou sans variantes. Il n’aura pitié ni de votre maladie, ni d¢s affaires qui vous pressent, ni des personnes qui vous réclament; lui-méme il oublie les devoirs qui |’appellent ; qu’il ait quelqu’un qui Yécoute, c’est tout ce qu’il lui faut. Evitez-le si vous le voyez dans la rue, car il ira toujours de votre cété si vous ne voulez aller du sien, sous prétexte que tout chemin méne a Rome; fuyez plutét de votre maison que de I’y ree cevoir, car i] ne vous laissera rien faire, et il ne lévera le siége que lorsquwil se verra seul. N’essayez méme pas de parler : le bavard, comme ce philosophe du dix-huiliéme siécle, n’est pas fait pour le dialogue; si vous dites quelque chose, il aura une histoire tout 4 fait semblable a raconter, et il ’assaisonnera de quelques longueurs a dormir debout.
On fait venir bavard du grec Balw, causer, et sans doute cette propension atrop parler n’est pas d’origine moderne ; nous en trouvons encore une preuve irrécusable dans les poémes d’Homére, dont Jes héros, en général si logwaces, sont pour beaucoup dans le reproche que lon a adressé au bonhomme Homeére de s’endormir quelquefois. Théophraste nous fait déja ce portrait du diseur de riens, si bien traduit par La Bruyére :
« Lasotte envie de discourir, dit-il, vient de lhabitude que l’on contracte de parler beaucoup et sans réflexion. Un homme qui veut parler, se trouvant assis prés d’une personne qu’il n’a jamais vue et qu'il ne connait point, entre d’abord en matiére , ’entretient de sa femme et lui fait son éloge , lui conte son songe, lui fait un long détail d’un repas ov il s’est trouvé, sans oublier le moindre mets niun seul service ; il s’échauffe ensuite dans la conversation , ef soutient que jes hommes qui vivent présentement ne valent point leurs peres; de la il se jette sur ce qui se débife au marché, sur Ja cherté du blé, sur le grand nombre @’étrangers qui sont dans la ville; il dit qu’au printemps la mer devient navigable, qu'un peu de pluie serait utile aux biens de Ja terre et ferait espérer une bonne récolte; qu’il cultivera son champ l’année prochaine et qu’il le mettra en valeur ; que le siécle est dur et qu’on a bien de Ja peine a vivre.... Il demande ensuite
son inconnu combien de colonnes soutiennent le théatre de ta Musique, quel est le quanti¢me du mois ; il lui dit qu’il a
eu la veille une indigestion ; et sicet homme a qui il parle a la patience de l’écouter, il ne partira pas sans lui annoucer comme une chose nouvelle que les mystéres se célébrent au mois d’aoat, les Apaturies en octobre, et les Bacchanales en décembre. Il u’y a avec d’aussi rudes causeurs qu'un parti a prendre, c’est de fuir, si l'on veut éviter la fiévre. »
Ce portrait du bavard, tracé a une si grande distance de nous, serait encore celui du bavard de nos jours, tant il est vrai que les types primitifs des passions et des caractéres sont les mémes partout et das tous les siécles. Dans son chapitre De la société et de la conversation, La Bruyére ajoute : « Il faut laisser parler cet inconnu que le hasard a placé auprés de vous dans une voiture publique, a une féte ou aun spectacle, etilne vous codtera bient6t pour le connaitre que de l’avoir écouté ; vous saurez son nom, sa demeure, son pays, l’état de son bien, son emploi, celui de son pére, la famille dont est sa mére, sa parenté, ses alliances, les armes de sa maison; vous comprendrez qu’il est noble, quwil a un chateau , de beaux meubles, des valets et un carrosse... Qui peut se promettre d’éviter dans la société des hommes la rencontre de ces esprits vains, légers, familiers, délibérés, qui sont toujours , dans une compagnie, ceux qui parlent, et qu’il faut que les autres écoutent? On les entend de |’antichambre; on entre impunément et sans crainte de les interrompre: iis continuent leur récit sans la moindre attention pour ceux quientrent ou qui sortent, comme pour le rang ou le mérite des personnes qui composent le cercle : ils font taire celui qui commence a conter une nouvelle, pour la dire de leur fagon, qui est toujours la meilleure; ils la tiennent de zamet, de Ruccelay ou de Conchini , qu’ils ne connaissent point, 4 qui ils n’ont jamais parlé et quils traiteraient de monseigneur s’ils leur parlaient... Si Von faisait une sérieuse attention a tout ce qui se dit de froid, de vain et de puéril dans les entretiens ordinaires, l’on aurait honte de parler ou d’écouter, et ’on se condamnerait peut-¢tre 4 un silence perpétuel ; mais il faut savoir permettre comme un mal nécessaire ce qu’on ne saurait empécher, il faut laisser Aronce parler proverbe, Mélinde parler de soi, de ses vapeurs, de ses migraines et de ses insomnies... C’est le réle d’un sot d’étre importun: un homme habile sent s’il convient ou s’il ennuie; il sait disparaitre le moment qui précéde celui ot il serait de trop quelque part. »
Nous profiterons de l’avis, estimant que le lecteur est capable de s’arranger bien mieux de l’esprit de Théophraste et de La Bruyére que du ndétre; et d’ailleurs, en traitant un tel sujet, il faut toujours craindre d’en trop justifier le titre.
BAVE. On emploie cette expression pour désigner la sortie involontaire, par la bouche, de la salive, dans quelques maladies, ou chez les enfants et les vieillards. Ainsi on concoit facilement que par la grande mobilité des lévres chez les premiers, la salive, ne pouvant étre maintenue dans la bouche, s’en échappe sans cesse : d’ailleurs, la sécrétion de la salive est augmentée par la dentition. Quant aux seconds, la salive sort involontairement de leur bouche parce que les lévres s’affaissent, ne trouvant plus de point d’appui dans les arcades dentaires, qui manquent au vieillard. La bave peut provenir encore d’une fistule salivaire ; mais dés lors lenom de bave devient impropre, puisque dans ce cas la bave ne sort plus dela bouche, mais de Vorifice de Pun des canaux excréteurs dune des zlandes salivaires.
On désigne encore. par le mot bave la sortie de la salive chez les animaux atieints de la rage : observons a cet égard que bien que les éléments du virus rabique se trouvent en assez grande masse dans le sang d’un individu atteint de la rage, ces éléments ne peuvent acquérir de propriété Virulente qu’aprés avoir subi une ¢laboration particuliére dans les glandes salivaires.
Sonvent entin on observe la bave au moment des attaqnes
dépilepsie; cette bave présente un aractére particulier : elle mousse. La mousse provient d’une grande qnantité d’air mélé a la salive par les fortes aspirations que fait le malade,
La bave se déclare souvent aussi 4 la suite des frai/ements mercuriels.
BAVIERE (en allemand Bayern). Sous le rapport de l’étendue du territoire, la Baviére est le troisiéme des Etats de Allemagne. Erigée en royaume depuis la paix conclue en 1805 & Presbourg, da Bavidre se compose de deux parties distinctes et d’inégale grandeur; la plus petite située sur la rive gauche, et la plus grande sur la rive droite du Rhin. Cette derniére partie est bornée au sud et a Vest par l’Autriche, & savoir, par le Tyrol, l'archiduché et la 3ohéme; au nord par Je royaume de Saxe, par la principauté de Reuss, par la Saxe Ducale et par la Hesse Electorale, a l’ouest par les grands-duchés de Hesse et de Bade et par le royaume de Wurtemberg. Le Palatinat, appelé aussi Baviére rhénane, situé sur la rive gauche du Rhin, est borné a lest par le Rhin Badois, au nord par le grandduché de Hesse et par la Prusse, a l’ouest encore par la Prusse et par le bailliage de Meissenheim, dépendance de Hesse-Hombourg, au sud par la France. La superficie totale de la Baviére est de 75,989 kilométres carrés, dont 5,711 pour le Palatinat du Rhin. La division politique en huit cercles, empruntant leurs dénominations particuliéres aux principaux cours d’eau qui les arrosent, a été remplacée depuis 1838 par une nouvelle division territoriale empruntée 4 Pancienne constitution de \’empire d’Allemagne, mais répondant cependant plus ou moins aux diverses délimitations de la division précédente.
Géographie et statistique.
Ce qu’on appelle la Vieille-Baviére se compose des cercles méridionaux de la Haute-Baviére (17,123 kil. carrés; autrefois cercle de I’Isar), de la Basse-Baviére (11,248 kil. carrés; ci-devant cercle du Bas-Danube) et du Haut-Palatinat et de Ratisbonne (10,868 kil. carrés, ancien cercle du Regen). A ce groupe se rattachent au nord la Souabe et Neuburg (9,988 kil. carrés; ci-devant cercle du Bas-Mein) et la Haute-Franconie centrale (7,251 kil. carrés; ci-devant cercle du Rezat), la Basse-Franconie et Aschaffenbourg (8,631 kil. carrés; ci-devant cercle du Haut-Mein). Le Palatinat du Rhin (appelé autrefois cercle du Rhin) se trouve complétement isolé au nord-ouest, Chacun de ces cercles situés sur la rive droite du Rhin est subdivisé on plusieurs arrondissements, et le Palalinat du Rhin en cantons.
Dans le Palatinat, la Hardt et le Mont-Palatin ( Pfxlzische Gebirge) se soulévent autour du Mont-Tonnerre (Donnersberg ), haut de 700 métres au-dessus du niveau de l’Océan, pour former une contrée montagneuse séparée des Vosges au nord, puis s’abaissant d’une maniére abrupte a Vest, oi se ire ta indo vallée du Haut-Rhin, contrée riche en vallées, en terrasses, en foréts et en coteaux chargés de vignes , tandis que la partie orientale du pays est formée par Pun des plateaux qui rattachent les Alpes aux monts Hyrciniens. Les chaines des Alpes d’Algau et de Salzburg empiétent sur les contrées voisines dela fronti¢re méridionale, oui elles offrent des pies continuellement couverts de neige, tels que celui de Zug, haut de 3,023 métres; le Watzmann, haut de 2,728 métres ; le Madelhorn, haut de 2,702 metres, t une foule d’autres encore, dont V’élévation varie entre 1,800 et 2,300 métres, tandis que depuis le pied des Alpes, oli Jes lacs abondent, s’étend jusqu’aux rives du Danube un plateau uni constituant la plus haute terrasse du sud de l’Allemagne, avec une élévation moyenne de 4 A 500 métres, Dans la Bavidre centrale, entre le Danube et le Mein, la configuration du sol devient déja plus variée. A Vest on trouve le Bahmerwaild, avec des versants escarpés, des