BAYEN
ses connaissances en histoire naturelle, découvrit une source qui suffit & tous les besoins. On manquait de salpétre pour préparer Jes méches de Vartillerie; ’habile pharmacien en chef demande de la poudre a canon, il en isole les principes constitutifs , et le jour méme il livre a artillerie une assez grande quantité de nitrate de potasse pour qu'elle puisse continuer ses travaux. Bayen fit aussi en Allemagne les campagnes de la guerre de sept ans avec le grade de pharmacien en chef; et au rétablissement de la paix, il reprit son travail d’examen des eaux minérales de Ja France que la guerre ¢tait venue interrompre. C’est en analysant les eaux de Bagnéres de Luchon, qu'il découvrit la proprieté fulminante du mercure dans quelques-unes de ses combinaisons, qu’il étudia les divers oxydes de ce métal et qu'il constata d’une maniére positive ’augmentation de poids qui résulte pour les métaux de leur oxydation; importante découverte qui conduisit a celle de oxygéne, et qui fraya les voies 4 la chimie nouvelle, mais dont il eut la loyauté de reporter le mérite 4 un médecin du Périgord appelé Bey, qui, dés 1620, consignait le fait dans un mémoire depuis longtemps oublié.
a minéralogie est également redevable 4 Bayen de quelques importants progrés. I] indiqua les moyens d’analyser diverses pierres, telles que !es ophites, les serpentines, etc., fit l’analyse comparée d’un grand nombre d’espéces de marbre et désigna ceux qui convenaient le mieux aux statuaires et aux architectes. Il signala la présence de la magnésie dans les schistes, et démontra la possibilité de faire servir leur décomposition a !a fabrication du sel d’Epsoin, qu’on est obligé de faire venir d’Angleterre. Enfin, ilreconnut qu’un aleali est nécessaire pour détermiuer la cristallisation de Valun; que le fer spathique est du carbonate de fer; et il consigna le résultat de ses recherches dans un ouvrage intitulé : Moyen d’analyser les suspensions, porphyres, ophites, granits, jaspes, schistes, jades et feldspath (Paris, 1778). Vers le méme temps, un mémoire publié par les chimistes allemands Henckel et Margraf, sur les propriétés de l’étain, répandit de vives inquiétudes 4 cause du role que joue dans l’économie domestique ce métal ott les savants étrangers prétendaient avoir constamment trouvé une certaine quantité d'arsenic. Les expériences faites a ce sujet par Bayen , Ala demande du gouvernement, prouvérent que I’étain ne contient pas un atome d’arsenic, et rassurérent complétement sur son emploi. Bayen mourut a Paris, en 1798. I] avait été nommé de l'Institut dés la premiére organisation de cette illustre compagnie.
BAYER (Jean), astronome que ses cartes sidérales ont rendu célébre, naquit vers la fin du seiziéme siécle, a Augsbourg. Il occupa d’abord diverses cures protestantes, et en cette qualité se montra si zélé partisan des doctrines de ’Eglise réformée, qu’on le surnomma Os profestan. tium. Mais son titre le plus durable aux yeux de la postérité, c'est le grand ouvrage qu’il publia sous le titre d’Uranometria (Augsbourg, 1603). Cet atlas céleste comprend, en 51 cartesin-folio, toutes les constellations, avec les étoiles de chaque constellation désignées par des lettres des alphabets grec et romain, suivant l’ordre de leur grandeur apparente. Alessandro Piccolomini avait bien eu |’idée de cette innovation, et il l'avait méme mise a exécution dans sa Sfera del Mondo (Venise, 1573); mais cette tentative était demeurée sterile; son atlas était inconnu hors de I’Italie.
Bayer vécut longtemps encore aprés la premiére publication de cet ouvrage, que Pétude incessante qu’il fit des étoiles lui permit de perfectionner considérablement.
En 1627 il en publia une nouvelle édilion sous le titre de Calum stellatum christianum (Le Ciel étoilé chrétien ), dans laquelle il avait rejeté les noms, caractéres ou figures empruntés an paganisme pour désigner les constellations, en les remplagant par d’autres noms et caractéres tirés de l’Eeriture sainte. Cette derniére innovation ne fut