BAYEUX
point acceptée par les astronomes; ef nous voyons que les anciens noms et figures des constellations ont été rétablis dans les éditions subséquentes de Uranometria.
BAYES. Voyez Bates.
BAYEUX, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du Calvados, située prés de l’Aure et sur le chemin “’e fer de Caen a Cherbourg, avec une population de 9,138 habitants. Siége d’un évéché suffragant de Rouen, et dont le diocése est formé par le département du Calvados, cette ville posséde un tribunal de commerce , un collége et une bibliothéque publique. L’industrie y est trés-active ; il s’y fait une fabrication considérable de dentelles et de blondes, de por celaine réfractaire trés-estimée, de percales et de calicots ; on y compte cing typographies et de nombreuses tanneries. Le commerce consiste en chevaux , bétail , volaille, poisson, cidre , pommes, toiles, et surtout beurre d’Isigny et autres.
On y remarque la cathédrale , superbe édifice bali avant la conquéte de l’Angleterre ; les églises de Saint-Exupére et de Saint-Patrice, et hotel de ville, autrefois palais épiscopal,
Bayeux existait avant la domination romaine; elle s’appelait alors Bajoca ou Bajocasses. Saccagée a plusieurs reprises par les Normands, elle fut brdlée une premiére fois en 1046. Guillaume le Batard la donna 4 Odon, son frére utérin; mais son fils Henri 1 la reprit en 1106 et la livra aux flammes. Elle fut de nouveau bralée en 1356 par Philippe de Navarre, frére de Charles le Mauvais. Elle se rerdit aux Anglais en 1450. Tombée au pouvoir des profestants en 1562 et en 1563, elle fut reprise par les ligneurs en 1589, et se rendit l'année suivante au duc de Montpensier,
BAYEUX (Tapisserie de). Cette broderie, fort intéressante sous le rapport historique , retrace sur une toile de lin parfaitement conservée , de 52 centimétres de haut sur 71 métres de long, les principaux événements de la conquéte de |’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Son nom lui vient de l’hétel de ville de Bayeux, ou elle fut découverte, La tradition i’attribue ala reine Mathilde, qui y aurait consacré ses longues soirées d’hiver. Mais la science n’est pas ici tout a fait daccord avec la tradition, et l'abbé de la Rue, dans une dissertation savante, émet des doutes relativement 4 lauthenticité de cette filiation. Quoi qu’il en soit, la tapisserie de Bayeux est incontestablement une ceuvre du onziéme siécle; car les monuments qui y sont reproduits sont tous sans ogives. On peut supposer qu’elle fut tissue dans quelque manoir par de nobles chatelaines. Une attention experte et studieuse y découvre tous les signes propres a démontrer qu’elle est de la méme époque que la conquéte des Normands, Ces armures des chevaliers, ces cottes de mailles, ces casques pointus avec des demi-visiéres, ces boucliers longs et immenses , tous ces signes antérieurs aux croisades appartiennent évidemment au onziéme siécle, Ce n’est pas tout ;: elle détaille avec une exactitude scrupuleuse — toutes les habitudes de la société dalors ; la guerre, la vie commune, le costume des barons et des serfs , le godt des oiseaux de proie, des lévriers féodaux, et de ces chevaux de race au poil brillant, qui se perpétuent encore de nos jours dans quelques manoirs, Ce tableau, qu’on pourrait appeler mobile et vivant, non-seulement rappelle l'invasion normande en Angleterre , mais encore fait passer sous les yeux du spectateur les principales scénes qui se groupent autour de ce grand éyénement historique,
Outre Vintérét historique , ce qui donne surtout un grand prix la tapisserie de Bayeux, c’est la fidélilé des costumes du temps. C’est en méme temps le plus curieux et le plus instructif document pour l'histoire de la noblesse de Normandie , c’est la que figurent les barons et les chevaliers qui suivirent le duc Guillaume. On s’étonne et l’on regrette que le laborieux historien de la Conquéte de U Angleterre, M. Augustin Thierry, n’ait pas cru devoir appuyer sur ce témoin irrécusable les faits qu’il a racoutés. Cette légende parlanie n’aurait nui ni A lintérét ni au mérite de son livre, La ta-