ARRAN — ARRAS
des obflisques tronqués, des cercles druidiques, Les cours @’eau peu considérables sont coupés de chutes ou de cascades, Dans le sud on cultive le chanvre et on éléve des besliaux. Arran fait partie du comté de Bute.
On nomme aussi Arran trois tles d’Iriande, situées dans Ja baie de Galway et qui ont 3,500 habitants. La plus grande, Inishmore, autrefois siége dun évéché, renfermait vingt églises et couvents; on la surnommait Arran des saints, et un grand nombre de pélerins allaient visiter ses reliques,
ARRANGER ( Musique ), Cest approprier un morceau de musique dun mode @exécution autre que celui pour lequel il a été écrit par le compositeur. Cest ainsi que des morceaux d’orchestre ou de chant peuvent étre arrangés pour le piano, et vice versa des parties de piano arrangées pour orchestre ou pour chant, quoique plus rarement, L’arrangement peut consister en une transposition pure et simple, et la possibilité de Texécution mécanique en ¢tre Punique principe; ou bien Varrangeur utilisera les ressources particuliéres d’exécution et d’effet de la nouvelle forme d’expression, pour produire des effets autant que possible égaux A ceux du morceau original, et s’efforcera avant tout d’en prendre et d’en reproduire Vidée fondamentale. C’est malheureusement suivant le premier de ces systémes que la plupart des morceaux @orchestre de Mozart, de Beethoven, etc., ont été arrangés pour piano , parce qu’on sest habitué A considérer ’arrangement comme un travail purement mécanique, et peut-étre bien aussi par un sentiment de respect mal compris pour ces chefs-d’ceuvre. Dans ces derniers temps, F. Listz a montré tout le parti qu’un artiste de talent peut tirer de Yautre méthode. — Nous devons encore faire ici mention d’un autre mode d’arrangement, qui consiste 4 prendre les principaux effets et pensées d’harmonie d’un morceau, pour leur donner une autre forme, ou les entreméler avec plus ou moins de bonheur et d’adresse, sans aucune espéce de forme arrétée; c’est la‘méthode qu’on suit dans la composition de ces innombrables productions que chaque jour on annonce sous le titre de fantaisies, et qu’on devrait appeler des pots-pourris.
ARRAS, ville de France, chef-lieu du département du Pas-de-Calais, 4 175 kilom, nord de Paris, située sur la rive Groite de la Scarpe , séparée en deux par un ravin ov coule la riviére du Crinchon, peuplée de 21,369 habitants, siége d’un évéché suffragant de Cambrai, dont Ie dioeése comprend le département; d’un tribunal de premiére instance et d’un tribunal de commerce. Cette ville renferme une école préparatoire de médecine, un collége, des sémiaires, une école secondaire ecclésiastique, une bibliotheque publique de 36,000 volumes, un jardin botanique, et une société des sciences fondée en 1737. Un canal lui améne les charbons de Valenciennes et de Belgique. C’est une station du chemin de fer du Nord entre Amiens et Douai. L’industrie y est trés-active et produit des builes blanches, du filde coton, du fil a dentelle, de Ja bonncterie, de la dentelle, du sel raffiné et du sucre de betterave; on y compte cing imprimeries , deux journaux, des brasseries et des ateliers de construction de machines A vapeur; il s’y fait un commerce considérable en grains et en graines oléagineuses. Jusqu’au seiziéme siécle ses tapisseries historiques ont été fort estimées.
Plusieurs monuments remarquables embellissent la ville @’Arras. La cathédrale, détruite pendant la révolution, était d’un style plein de hardiesse. L’église de Saint-Vaast, aujour- @hui cathédrale, est dune hauteur prodigieuse et d’une supérbe construction, Le grand marché est remarquable par sa vaste étendue et les beaux édifices qui l'entourent. L’hétel de ville est un des derniers exemples de l’emploi du style ogival ; la tour du beffroi, ouvrage des Espagnols, qui s’éléve 2 |’un des cétés, et en retraite de la facade, a une grande importance.
Arras est divisé en deux parties, la cité et la ville; la premiére n’avait avec la seconde rien de commun que le
nom; elle dépendait de ’évéque et du chapitre, qui relevaient du roi, La ville, bien plus moderne, doit son origine & une chapelle que saint Vaast fit construire sur le bord du Crinchon. Les rues sont belles et bien aérées. Arras est une place forte de troisiéme classe, dont les fortifications et la citadelle, une des meilleures de l'Europe, sont ’ceavre de Vauban. Ra 1858, Arras s’est agrandi d’une partie d’Achicourt.
La cité est fort ancienne; elle existait du teiups de Ptolémée et de saint Jéréme, qui la désignent comme une des villes les plus considérables des Gaules. Arras s’appelait autrefois Atrebatum, Origiacum et Nemetacum ; elle était la capitale des Atrébates. Elle a subi bien des vicissitudes : César s’en empara l’an 50 avant J.-C. ; les Vandales la dévastérent en 407, et peu de temps aprés elle passa sous la domination des Francs; saint Vaast, ’'un des catéchistes de Clovis, y précha le christianisme. Elle fut encore pillée par les Normands en 880, et abandonnée pendant trente ans par ses habitants. Prise par Charles le Simple en 911, cette capitale de la Flandre fut restituée au comte de Flandre en 915. Hugues Capet s’'en empara, mais ne la garda pas longtemps. Elle fut séparée du comté de Flandre lors du mariage de Philippe-Auguste avec Isabelle de Hainaut, et depuis cette époque elle resta la capitale de Artois. Assiégée yainement par Charles VI, cette ville devint florissante sous Philippe le Bon. Il s’y tint en 1435 une assemblée solennelle sous la médiation du pape et du concile de Bale, pour réconcilier le roi de France et le duc de Bourgogne. Le traité qui porte le nom de cette ville mit fin aux dissensions qui divisaient les deux. princes, et fut le présage de Ja délivrance de la patrie (voyez Varticle suivant). Louis XI s’en empara en 1477, et essaya d’en changer les habitants. I] voulut lui imposer le nom de Franchise (et non pas de Merveille, comme l’ont prétendu quelques historiens). En 1492 des intelligences entretenues avec cette place par Maximilien la livrérent a cet archiduc. Henri IV échoua contre elle en 1597; mais Louis XI{J s’en empara en 1640, aprés cing semaines de siége et trente-sept jours de tranchée ouverte. Les Espa-
gnols, pour railler les Francais, avaient gravé sur une des portes cette inscription :
Quand les Francais prendront Arras, Les souris mangeront les chats.
Quand la place se fut rendue, les Frangais se contentérent d’effacer le p du mot prendront; et en effet depuis cette époque la ville est restée francaise, malgré tous les efforts des Espagnols en 1554, commandés par le prince de Condé.
ARRAS (Paix d’). Aprés la mort de Jeanne d’Arc et de Barbazam, pendant la captivité de Xintrailles et de La Hire, le connétable Arthur de Richem ond, devenu l’4me du conseil de Charles VII, comprit que la force des armes ne suffirait jamais pour relever les affaires , et qu’il fallait avoir recours aux manéges de la politique. Tous ses efforts se tournérent vers un seul but, celui de détacher le duc de Bourgogne , son beau-frére , de l’alliance des Anglais. Philippe le Bon résistait 4 ses sollicitations en alléguant la foi jurée et les liens qui l’attachaient a la famille de Lancastre ; mais le temps affaiblissait chaque jour en lui le ressentiment qu’il avait congu de l’assassinat de son pére. Un de ces incidents fortuits qui changent la destinée des empires vint tout a coup préter un appui tutélaire aux démarches du connétable. Anne de Bourgogne, femme du duc de Bedfort et sceur de Philippe le Bon, mourut, en mai 1435. Les liens qui depuis onze ans unissaient ces deux princes se trouvérent rompus. Aprés deux mois de veuvage, le régent de France épousa Jacqueline de Luxembourg ; cette précipitation déplut extrémement au Bourguignon, qui ne put en cacher son mécontentement. Dans une cérémonie publique Philippe le Bon ayant pris le pas sur le duc de Bedfort, celub