BAYLEN
Cerné de toutes parts, épuisé, ignorant ob pouvait étre Vedel, Dupont, dans la position critique ou il se trouvait, proposa un armistice, que les Espagnols lui accordérent aussitot. A ce moment méme survint Vedel, qui attaqua vigoureusement les Espagnols; mais son action ne tarda pas a étre complétement entravée par ordre que lui fit passer Dupont d’avoir A s’abstenir de toute hostilité, attendu que la conyention comprenait la totalité des forces frangaises. Le 23 juillet, intervint une capitulation aux termes de laquelle Dupont mit bas les armes avec ses 8,000 hommes, tandis que Vedel et Dufour s’engageaienta évacner par mer l’Andalousie avec les 10,000 hommes sousleurs ordres. Maisles Espagnols, violant la capitulation, entasstrent tous les Frangais sur les pontons de Cadix. Les officiers supérienrs seuls eurent la faculté de rentrer en France. Dupont fut alors arrété comme ayant trahi les intéréts del’armée , et resta enfermé au fort de Joux jusqu’au retour de Louis XVIII, qui, en le prenant pour ministre de la guerre, blessa vivement !e sentiment national.
Le désastre de Baylen, le premier fait de ce genre qui fat encore venu faire ombre a la glorieuse épopée de l’empire, eut surtout cela de fatal pour Napoléon, qu'il imprima un nouvel élan 4 insurrection espagnole.
BAYLEN (Duc de). Voyez Castanos.
BAYONNE, place forte, port de France, chef-lieu de sous-préfecture , évéché , avec un tribunal de premiére instance , une chambre de commerce , une direction des doua= hes, une école d'hydrographie. C’est une ville peuplée de 26,330 Ames et la plus commercante des Basses-Pyrénées, dont elle serait le chef-lieu si sa situation 4 une des extrémités de ce département ne la rendait peu propre a cette destination. Elle est batie au confluent de la Nive et de ?Adour. On y traverse le premier de ces cours d’eau sur deux ponts en bois, et le second sur un magnifique pont de pierre.
La barre qui ferme !’Adour est, par sa mobilifé, un grand obstacle 4 la prospérité commerciale de Bayonne. L’embouchure, située a six kilométres de la ville, se trouva, vers le milieu du quatorziéme sitcle, obstruée par des sables amoncelés a la suite d’une violente tempéte. Le fleuve, ne pouvant suivre son cours habituel, se creusa un nouveau lit du cété du nord, le long des dunes, et alla se décharger dans Océan par une nouvelle embouchure, au Vieux-Boucau, prés de Messanges , & 30 kilométres de son ancien lit. Le port fut perdu; les navires cessérent de remonter jusqu’a la ville, qui ne recut plus que des cnaloupes et des chasse-marées. Un ingénieur, Louis de Foix, essaya de canaliser la riviére en la resserrant entre deux fortes chaussées. Il espérait que l’Adour, devenu ainsi plus profond et plus rapide, chasserait les sables ef recouvrerait son ancienne embouchure. Sa confiance fut d’abord décue. Cependant, le 8 octobre 1579, les eaux descendirent en abondance des Pyrénées, accrurent encore la riviére, et, balayant tous les sables , ouvrirent ancien lit, puis se précipitérent en ligne presque directe dans l’Océan.
Les travaux furent continués sous Louis XIV par M. de Ferri, et plus tard par M. Touras. Ces ingénieurs prolongérent les chaussées d'un demi-mille dans le sud, et d’un mille dans le nord. Mais, malgré leurs efforts et ceux de leurs successeurs, la barre ne cessa pas d’étre mobile. Cependant les corvettes sur leur lest pouyaient remonter jusqu’d la ville. Napoléon, pour favoriser le commerce maritime de Bayonne, rendit, le 20 juin 1808, un décret portant que la jvtée du sud serait prolongée de 80 métres, et celle du nord de 475. Une partie de ce travaila été exécutée dans le nord et continuée dans le sud sous Napoléon Ill ; mais la barre n’en est pas moins impraticable.
Le commerce par terre est plus actif , grAce anx chemins de fer qui font de Bayonne une sorte dentrepdt du midi et de I’Espagne. Il consiste surtout en vins, eaux-de-vie, denrées coloniales, laines, toiles, draperies, soieries, planches de sapin, matiéres résineuses, liége, cuirs, froment,