BAYONNE
mais, jambons dits de Bayonne, chocolat, morue, ete, Il y ades chantiers de construction pour la marine de V’Etat et pour celle du commerce. On y armait autrefois pour la péche de la baleine; mais on a renoncé a ces expéditions, et le peu d’armements qui s’y font aujourd’hui ont pour but la péche de la morue et Amérique méridionale.
La place a de bonnes fortifications extérieures, commencées en 1813, achevées depuis la révolution de 1830, mais qui exigeraient une armée entiére pour leur défense. La seconde ligne, due 4 Vauban, ne serait pas aujourd’hui susceptible @une longue résistance. Deux fortins s’y lient ; ce sont le Chateau Neuf et le Chateau Vieux, dans lesquels on pénétre par la ville. Sur la rive droite de Adour est situé je faubourg de Saint-Esprit, ancienne commune distraite en 1857 du département des Landes et peuplée en grande partie d’Israélites portugais. Sur un coteau qui le domine s’éléve la citadelle, qui semble piutdt destinée a hattre la ville qu’a la protéger. Un souterrain qui passe sous les deux riviéres unit la ville 4 la citalelle, dans laquelle se trouve un puits d'une grande profondeur,
Bayonne est assez bien batie, mais les rues en sont peu larges et mal distribuées; il y régne une grande propreté. Les places d’Armes et de la Liberté, quoique peu reguliéres, produisent un bon effet. La cathédrale est un élégant édifice gothique, commencé en 1213, mais dont le clocher date du seiziéme siécle; on y remarque quelques belles sculptures et un dallage moderne, en marbre bleu d'Italie , qui est un chef-d’ceuvre de mosaique. Une autre église, dédiée a Saint-André, a éfé terminée en 1868; elle est batie dans le style du treiziéme siécle. On entre dans la ville par quatre portes. Celle des Allées-Marines donne accés a la promenade de ce nom, qui est une des plus agr“ables de France; elle est composée de plusieurs rangées d’arbres. Le long de cette promenade covle |’Adour; et ses rives, l’arsenal de la marine , la citadelle, les massifs de verdure, les maisons blanches qui les décorent, les navires dont le fleuve est couvert, les petites embarcations qui se croisent sur sa surface, offrent mille points de vue qu’il est plus facile d’admirer que de reproduire. Les Allées-Marines ont plus de 4 kilométres de long ; les quais de la Nive forment aussi une charmante promenade.
Bayonne existait longtemps avant J.-C. sous le nom de Lapurdum, en basque ferre stérile, dénomination que le Labourd seul, pays basque voisin, a conservéejusqu’en 1789. Elle a été la résidence de plusieurs princes, entre autres de Julien dit ’Apostat, et de Louis XI.
Napoléon, dans son long séjour, y recut la renonciation de Charles 1V, de son épouse, de Ferdinand et de son frére & la couronne d’Espagne, couronne qui passa peur peu de temps sur la téte de Joseph, frére de l’empereur des Trangais. Le chateau de Marrac, oi s’accomplit cette grande négociation , n’existe plus : un incendie I’a détruit durant la Restausation. Vers 1141, le nom de Lapurdum fut changé en celui de Bayonne, en basque Bata-une, port, suivant Oihenart. Dés année 1214 cette ville et son territoire avaient été érigés en république par Jean-suns- Terre devenu roi d’Angleterre. Elle conserva cette forme de gouvernement, et continua a obéir 4 des magistrats nommeés par leurs concitoyens jusqu’en 1451. La Saint-Barthélemy n’y fit pas de victimes , peu de ses habitants ayant | embrassé 'e protestantisme. Aussi s’accorde-t-on généralement 4 regarder comme apocryphe la céldbre lettre du vicomte d’Orthe, qui nest, du reste, rapportée que par d'Aubigné. De 401 a 1814 cette ville a soutenu quatorze siéges, contre les Vandales, les Sarrasins, les Normands , les Navarrais, les Gascons, les Béarnais, les Aragonais , les Anglais, les Espagnols et les Portugais. C’est dans celui de 1523, soutenu contre les rois d’Aragon et d’Angleterre réunis, que ful inventee, dit-on, la baionnette, fait dont Pauthenticité toutetois West pas démontrée,