BEATON — BEAU
princesses, dont les plus connues sont Béatrix de Bourgogne, fille de Renaud, comte de Bourgogne, qui épousa, en 1156, l’empereur Frédéric I°*, et lui apporta en dot la Bourgogne cisjurane et la Provence; — Béatrix de Savoie, qui épousa, en 1220, Raymond-Bérenger, comte de Provence, et qui favorisa les poétes; — Béalrix de Provence, fille de la précédente, qui épousa, en 1245, Charles d’Anjou, frére de saint Louis.
Dante a immortalisé le nom dune autre Béatrix. I n’avait pas neuf ans lorsqwil la vit toute petite fille passer dans la rue; il en devint amoureux et l’aima toute sa vie. Cette noble et belle Béatrix appartenait a la famille florentine des Portinari; elle mourut 4 vingt-quatre ans en 1290.
BEATTIE (James), poéte et écrivain philosophe, né en i735, 4 Lawrencekirk , dans le comté de Kincardine en Ecosse, mort en 1803, professeur de philosophie morale & Puniversité d’Aberdeen, étail fils d'un simple fermier. Il se fitun nom par la publication de son Zssay on the nature and immutability of truth (Edimbourg, 1770; derniére édif., Londres, 1848), ou il essayait de combattre dans un style qui se fait lire le scepticisme de Hume en invoquant les données du sens commun et aussi le sens moral, mais sans atteindre toutefois 4 la hauteur de talent de son adversaire. Il me ful pas plus liewreux dans ses Dissertations moral and critical (Londres, 1783), et dans ses Zlemenis of moral Science (2 vol., Londres, 1790), bien que ce dernier ouvrage contienne diverses dissertations ow il fait preuve de goat et déploie ce génie de l’analyse qui est particulier aux Anglais. Ses essais poétiques the Judgment of Paris (1765) et the Ministrel, or the progress of genius (2 vol., 1774 et 1799) sont au total d’assez pauvres productions. Sa vie a été écrite par Bower (Londres, 1804) et par Forbes (3° édit., 2 volumes , Edimbourg, 1812).
BEAU. Ni les philosophes, qui ont soumis la nature a leurs investigations, ni les rhéteurs, qui ne sont guére parvenus qu’a obscurcir ses voies, n’ont été d’accord sur Yorigine du beaw. Ses qualités essentielles , si elles ont été niées , ont été également une cause de divergence dans les opinions. Et pourtant, que l’on ne puisse s’entendre sur ce qui, produisant en nous des émotions et nous conduisant a des désirs , s’offre partout sous des formes palpables et se laisse aborder par un ou plusieurs de nos sens, c’est ce qui est en droit d’exciter notre surprise. Le beau, chacun en a la conscience, n’a point été relégué dans une région étrangére ; il nous accompagne presque partout ou nous portons nos pas ; de sa toute-puissante influence il nous attire dans sa sphére; de ses ineffables attraits, pauvres ou riches, savants ou ignorants, il nous convie A l’aimer; et sa destinée serait de rester inexplicable! il ne serait accordé 4 aucune main de soulever le voile sous lequel se dérobe son origine!
Voilé pourtant ce que l’on serait tenfé de croire lorsqu’on voit 4 e sujet l’antiquité , le moyen Age et les penseurs modernes en désaccord, Platon, qui le plaga dans les idées archétypes; Aristote, dans les forces actives et la cinquiéme essence; saint Augustin, dans Punité, en ont parlé divercement. En sortant de la barbarie dont le glaive du vainqueur et le jong de la féodalité couvrirent successivement Europe, on ne traita la question que pour ta tralner dans les mémes orniéres. Plus prés de nous, Hutcheson, Crouzas, l’'abbé Dubos, le pére André, Sulzer, Montesquieu, Burke, Watelet et Diderot ont établi des régles @appréciation qui s’excluent, Aucun n/’a rallié sa doctrine a des principes fixes et positifs; aprés avoir délaissé la nature, tous, sans en excepter |’immortel auteur de 7 Esprit des Lois, ont pris pour guide ou les traditions acceptées, ou le govt transituire d’un siécle , et la nature s’est vengée en frappant de sterilite leurs froides conceptions,
Dans cette incertituae ae vues, les artistes et les littérateurs du dix-neuvidme siecle ont cru que pour arriver a la découverte du dear il fallait s’ouvrir des routes novvelles.