‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 425 sur 488 · BEAUJEU · texte numérisé non relu

BEAUJEU

priviléges de la ville, qu’ils firent ensuite approuver par Edouard. Un des articles porte qu’il est permis aux maris de battre leurs femmes jusqu’a la mort exclusivement, sang que le seigneur puisse les en punir. Par un autre il est dit qu’aucun débiteur ne peut ¢tre arrété pendant les foires et marchés. Le refus que fit Edouard de préter hommage pour plusieurs terres au comte de Savoie, malgré un traité conclu a Paris en 1377, donna naissance 4 une guerre dont le pays de Dombes fut le thédtre. Aprés quelques tentatives inutiles d’accommodement, la paix fut conclue en 1383.

Edouard était dans le méme temps en proces avec Béatrix de Chalons, veuve d’Antoine de Beaujeu, au sujet de son douaire, dont il s’était emparé. Béatrix, aprés une longue procédure, obtint contre lui un arrét de provision. Mais — Edouard maltraita les huissiers qui vinrent le lui signifier, et pour se fortifier il donna retraite chez lui 4 des gens poursuivis par la justice. En conséquence, un arrét de prise de corps fut décerné contre lui. Il se défendit contre les commissaires, archers et sergents du Chatelet envoyés pour lexécution de ce jugement; mais enfin il fut pris et amené aux prisons du Chatelet. Le comte de Savoie sollicita sa grace, et obtint pour lui du roi Charles VI des lettres de rémission en date du mois de juillet 1388. En 1398, ayant enlevé une fille de Villefranche, il fut ajourné au parlement de Paris. Il était alors dans son chateau de Perreux, et fit jeter par les fenétres Vhuissier qui vint lui faire la citation. On enyoya des treupes, qui l’arrétérent et le conduisirent en prison 4 Paris : il efit sans doute été condamné & mort, mais le crédit de Louis de Bourbon le fit délivrer, moyennant la cession qu’il fit a ce prince, en 1400, de ses terres de Beaujeu et de Dombes au cas ov il n’aurait point d’enfants légitimes. Il mourut sans postérité six semaines aprés cet arrangement.

Pierre, quatriéme fils de Charles, duc de Bourbon, né en 1439, appelé, du vivant de son pére, le sire de Beaujeu pour le distinguer de son ptre, réalisa ce titre en 1475, par accord fait avec le duc -Charles IT, son frére ainé, qui lui céda en apanage le Beaujolais avec le comté de Clermont. Il épousa la fille ainée de Louis XI, Anne de France, dite Anne de Beaujeu, et eut un grand pouvoir pendant Ja minorité de Charles VIII, sous la régence de cette princesse. Quoique le duc d’Orléans edt beaucoup a se plaindre de la régente, il ne fut pas plus tot devenu roi sous le nom de Louis XII, qu’il combla de faveurs Pierre de Bourbon ; et comme Pierre et Anne n’avaient qu'une fille, quils destinaient 4 Charles de Bourbon-Montpensier, le roi consentit & ce que les duchés de Bourbonnais et d’Auyergne, ainsi que le comté de Clermont, qui devaient lui revenir, passassent A ce jeune prince, Cette générosité mit & ses pieds ceux dont il aurait pu se venger. Pierre de Beaujeu mourut en 1503.

Suzanne, sa fille, épousa en effet Charles de Montpensier, que ceite alliance rendit le plus riche des princes de l’Europe aprés les rois. C’est le fameux connétable de Bourbon, qui sous le régne de Frangois I sacrifia sa patrie et tous ses devoirs 4 sa haine contre Louise de Savoie.

Lous II, duc de Montpensier, entra en possession du Beaujolais par une transaction passée en 1560 entre le roi Frangois II et lui. I] était neveu du connétable de Bourbon.

Son tils Frangors, puis son petit-fils Henrt de Bourbon, lui suceédérent en 1582 et 1592.

Marnie de Bourbon, fille et unique héritidre de Henri de Bourbon, épousa, en 1626, Gaston, frére de Louis XIII, aont elle n’eut qu’une fille, Anne-Marie-Louise d'Orléans, Celle-ci, connue dans histoire sous le nom de Mademoiselle, hérita des biens de sa maison, et avec eux fit passer (1683) le Beaujolais 4 la deuxidme maison d'Orléans, qui, montee sur le trone en 1830, en est descendue en 1848.

Aug. SAVAGNER.

BEAUJEU ( Anne pe France, dame ve), fille de

Louis X1, était née en 1462, L’ombrageuse susceptibilité

Page 1