‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 432 sur 488 · BEAUMONT · texte numérisé non relu

BEAUMONT

Lanjuinais , pour la suppression des clubs, ef pour l’ordre du jour en fayeur du ministére dans la discussion sur les affaires d’Italie. A la Législative, ila appuyé la politique du ministére Odilon Barrot, et celle des divers cabinets qui lui ont succédé. Lors de la discussion qui suivit la destitution du général Changarnier, a la suite de laquelle l’Assemblée manifesta son manque de confiance dans le ministre, M. de Beaumont proposa un ordre du jour ainsi congu : « L’Assemblée, fatiguée des intrigues de tous les partis, passe a l’ordre du jour. » Cette proposition, bien entendu, ne fut pas adoptée. Aprés le 2 décembre le président de la république appela M. de Beaumont dans la commission consultative , et par suite il a été compris dans le nouveau Sénat, le 26 janvier 1852. M. de Beaumont aime a faire des discours qui, pour étre justes , n’en sont pas toujours plus d’accord avec les régles de la syntaxe. — Il est mort Je 23 février 1866,

BEAUMONT et FLETCHER, deux noms que I’usage a depuis longtemps rendus inséparables. On a prétendu cependant que les cinquante-trois piéces de théatre que l’Angleterre a vu mettre au jour sous cette raison sociale ne sont pas toutes le produit du travail commun des deux auteurs. On lit quelque part que Beaumont en a fait seul un certain nombre ; on lit ailleurs qu’une trentaine de ces piéces ‘sont de Fletcher seul, ou de Fletcher en société avec d’autres que Beaumont. Sans admettre et sans rejeter entitrement aucune de ces hypothéses, qui, a la rigueur, ne s’excluent pas, il est 4 remarquer que Fletcher, né dix ans plus tét et mort dix ans plus tard que son collaborateur, s'est trouvé ainsi plus 4 portée de produire en dehors de Vassociation. Mais, dans tous les cas , les deux auteurs durent certainement prendre part a la composition de celles de leurs piéces qui les ont mis au premier rang des poétes comiques de l’Angleterre. Il fallait que Ja juxtaposition de leurs noms se fit déja signalée par plus d’un succés éclatant pour qu’ils espérassent prolonger la faveur du public en évitant de les disjoindre.

On sait peu de chose sur leur vie. Francis BEAumont naquit en 1585, dans un domaine du Leicestershire, appelé la Grace-de-Dieu. Son pére était juge des plaids com muns; il appartenait par sa mére, fille de Georges Pierrepoint, du comté de Nottingham, a la maison de Kingston, fameuse par le procés qui fut intenté a la veuve du dernier duc de la branche ainée. John Fietcner, lui, né en 1576, était fils de I’évéque de Bristol, que la reine Elisabeth nomma en 1593 a l’évéché de Londres. Francis et John furent élevés ensemble a l’université de Cambridge, et la commenga leur amitié. Beaumont étudia ensuite la jurisprudence; mais il ne parait pas qu'il ait embrassé cette étude avec beaucoup d’ardeur, car il quitta bientdt Je barreau pour se youer entiérement au thédtre. Il avait vingt et un ans et Fletcher trente et un lorsqu’ils donnérent leur premiére piéce, et dés lors s’établit entre eux une association siintime, que leurs existences parurent s’étre mélées en une seule. En effet , la communauté ne se borna pas aux ouvrages de l’esprit; elle s’étendit encore 4 la maison, a la chambre , aux habits. Cette derniére circonstance annonce qu il devait exister entre eux une autre conformité que celle des idées, ou qu’ils tenaient peu a l’élégance du costume. Quoi qu’il en soit, cela dura ainsi jusqu’au mariage de Beaumont.

La formation d’une association coopérative pour l’exploitation d’une ceuvre dart est aujourd’hui un fait aussi vulgaire qu’il était rare autrefois. Mais le succes de ces sortes dentreprises n’est pas devenu plus commun, et nos deux auteurs sont peut-étre encore l’unique exemple d'une célébrité durable acquise par ce procédé, Il est done naturel que beaucoup de critiques aient cherché A découvrir la méthode de travail de Beaumont et Fletcher, et & déméler dans leur ceuvre commune le trayail particulier de chacun., afin de faire ensuite les portions de gloire au prorata du

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