BEAUTE
saveur, dune impression du tact, qu’elles sont belles , tandis que les sensations de l’Ame admettent le pittoresque, Villusion, comme celles de louie recoivent tout ce qu’il y a de poétique ef de musical dans la nature. De plus, l’ail et Voreille donnent seuls de pures jouissances intellectuelles; les autres organes sont plus matérialistes. Le nez percoit dans les odeurs une volupté presque toute physique; la langne éprouve par les saveurs cette sensualité brute que partagent les animaux ; et le toucher de la peau, s’il procure les impressions les plus positives, les plus solides, les plus philosophiques et mathématiques , se livre aussi a des yoee grossiéres qui ravalent l’intelligence au degré le plus infime.
Nous voyons done déja qu’il existe en nous deux ordres de sens : ceux purement corporels, qui sont communs aux animaux, ou ne donnent que des impressions purement physiques; et les sens intellectuels de l’audition et de la vision, les plus voisins du cerveau, foyer de la pensée, et capables d’apprécier la beauté comme la laideur physique et morale, ea est noble ou ignoble, digne d’admiration et d’estime, de blame ou de mépris. Eux seuls aussi savent apprécier ce qu'il y a de vrai ou de faux, de symétrique ou d’irrégulier.
Boileau a dit avec justesse : -
Rien n’est beau que le vrai, le vrai seul est aimable,
Cependant il ne s’ensuit pas que tout ce qui est vrai devienne par cela méme aimable et beau, puisque les monstres au physique et au moral n’en sont pas moins affreux pour étre vrais. Plus une créature est formée et développée dans toute sa naiveté naturelle, plus elle est belle et digne de notre admiration. L’auteur de la nature est ainsi la source de toute beauté. La vie, qui est un mouvement selon la nature, est belle dans toute sa jeunesse et le feu de sa vigueur et de sa santé; tandis que la mort, les plaies, les douleurs, et surtout les monstruosités, les difformités , inspirent de ’horreur ou un secret déplaisir , parce qu’elles semblent contre la régle de la nature.
Plus une créature est conforme a son type régulier de génération , plus elle devient brillante d’attraits et de ces charmes vainqueurs qui enflamment l’amour, chacun selon son espéce. La laideur, au contraire, accompagne le vice boiteux ou contrefait , lequel nait de faiblesse , d’inégalité, de désordre ou de défaut d’harmonie des organes ; tandis que toute beauté, tout ce qui ravit d’admiration et d'amour, résulte des proportions de l’ordre ou d’une par-* faite harmonie de lorganisation. L’amour ou Vharmonie , ce principe de toute concorde , de toute symétrie, émanant ainsi de la nature et de son sublime auteur, devient la source de toute beauté, de toute régularité. De lui résultent également et la vigueur du corps et celle de l’dme ou la vertu , parce que de lui jaillissent la vie ef le bonheur. Au contraire, la discorde ou la hatne est la cause de la laideur, de la difformité ; d’elle naquit ’impuissance, la monstruosité du corps, comme le vice , Pimperfection des penchants de lame ; parce que d’elle découlent tout mal, toute douleur, toute méchanceté,
Ainsi tout principe de concorde, établi dans l’organisation des créatures, produit la centralisation, la réguluri‘é des formes : dans les fonctions vitales il procure une santé , une vigueur parfaite, et dans les fonctions génératives la fécondité, Tout lément de discorde, au contraire, est la source de Vimperfection , de Pinégalite , d’une diftormité repoussante: s'il atteint les facultes vitales, il cause Ja maladie, la mort, désagrégation universelle del'étre organisé ; s'il agit dans les fonctions génitales, il améne des dépravations, des monstres,
« Dot vient qu’ayant construit cette colonnade a Pune des ailes de votre édifice, pourrait-on demander & Vitruve, vous en élevez autant A Pautre? L’arenitecte répondra que c'est pour la symétrie, Pourquoi cette symétrie yous pa-
BEAUTE — BEAUTEMPS-BEAUPRE
rait-elle nécessaire? — Par la raison que cela plait. — Mais qui étes-vous, dit saint Augustin, pour vous ériger en arhitre de ce qui plait ou déplait, et d’ot savez-vous que la symétrie charme? — J’en suis certain , parce que les closes ainsi disposées ont de la grace, de la justesse, de la décence; en un mot, parce que cela est heau. — Dites-moi donc pourquoi cela est beau? Ou, si ma question vous embarrasse, vous conviendrez sans peine que la similitude, Pégalité , la convenance des proportions et des parties de votre édifice, réduit tout a cette espéce d’unité ou d’ensemble qui satisfait Vesprit et la raison (De vera Relig., c. 30, 31) ».
Dans la structure de Vhomme et des animaux, dans celle de ces charmantes fleurs que vous foulez sous vos pas, et jusque dans ces brillants cristaux de pierreries et de diamants ou de riches métaux que vous arrachez aux entrailles de la terre , ne découvrez-vous pas de magnifiques symétries? De quels ornements plus gracieux et plus délicats une jeune beauté peut-elle composer sa parure que de ces fleurs, aimable décoration de la terre en son printemps? Que la peinture appréte l’éclat de ses couleurs, que le génie invente les formes les plus enchanteresses, encore seront-ils surpassés par la simple nature dans sa naiveté et dans sa fraicheur.
Quelle est donc cette térieuse source de tout ce qui est beau , de cette pure et sublime harmonie qui transporte notre 4me dans les contemplations dela nature? Quel est le moule premier, Varchétype originel de ces étonnants modéles qui captivent notre admiration? Sans doute il est au-dessus de ce monde matériel, derriére ces voiles et ces empreintes corporelles, un type éternel d’ordre ineffable ; il existe un principe constant d’harmonie, de concorde, dunité souveraine et universelle, régle essentielle du beau, et de laquelle tout émane dans ce monde : ce module primordial est un rayon de la Divinité elle-méme, créatrice de tout ce qui est. S’il existe un moyen d’élever notre intelligence, ou le génie de la premiere des créatures, reine de toutes les autres et héritiére des dons de la Divinité, n’estce pas d’étudier et d’imiter ces célestes modeéles , de s’imprégner des lois qui les ont formés, de s’élancer au foyer resplendissant de toute vérité et de toute lumiére? La beauté morale est pour intelligence ce que la beauté physique est pour le corps.
Notre esprit recherche et admire la beauté physique et morale, la vertu, la concorde, l’harmonie, le bien, tout ce qui fait la force et la vie; il y trouve sa perfection et sa félicité, comme en se replongeant dans sa source el son essence. La nature est savante elle-méme dans des actes qui pour nous seraient art. Toutes les productions du génie humain ne sont que limitation de la nature. Ce que nous appelons art, étude, ouvrage et génie de ’homme, n’est donc en réalité que Yopération méme de la nature par notre ministere et selon ses lois, puisque rien, & proprement parler , ne saurait absolument venir de nous-mémes et de notre fonds. Nous opérerons, au contraire, d’autant mieux que nous suivrons davantage ces impulsions de la nature, et que nous y mettrons moins de nous. Les différents talents qu’elle départit aux hommes se perfectionnent surtout encore par l’étude de la nature , selon Pexpérience de ses ceuvres ; tous les métiers , les arts que nous exercons, ne sont pour nous qu’un développement de ces présents naturels , tout comme les divers travaux qui s’exécutent dans une ruche; la seule différence est que l’abeille , instruite par Pinstinct dés sa naissance a cause de sa courte vie, agit tour jours parfaitement du premier jet, tandis que homme, confié 4 sa propre destinée et 4 son libre arbitre, comme fils émancipé de la nature , devient susceptible de se perfectionner par l’exercice et l'étude; il ale mérite de mettre sa volonté dans ses ceuvres , et d’imiter le bien par ses propres efforts. ;
DICT. DE LA CONVERS, — T. i.
Cependant tout ce que nous exécutons est d’autant plus beau et plus voisin de la perfection physique que nous y mettons plus d’ame et de vérité. Nous sentons alors je ne sais quel transport d’enthousiasme qui nous éléve a la source pure de lintelligence. Cette supréme puissance , qui, ayant organisé les membres des animaux, s’en sert comme d’instruments vivants pour accomplir ses uvres, cette lumiére de raison sublime nous guide, nous illumine dans les sentiers de la vie quand nous youlons la suivre dans ces sages directions. Ce serait bien en vain que "homme prétendrait atteindre au faite de la raison d’aprés lui seul, si la puissance supréme n’avait pas déposé en son sein un rayon Wintelligence, si nous ne cherchions pas 4 suivre ces voies d’unité, d’harmonie, de beauté, d’ordre et de proportions que nous observons dans les plus merveilleuses productions de la Divinité. Aussi, comme l’dme n’est jamais mieux réglée que par Pharmonie de la justice, par l’équilibre d’un jugement sain dans sa balance, la beauté, la régularité, la parfaite symétrie et les plus nobles attributs du génie sont le résultat de cette recherche du vrai, du beau, dans Ja sublime nature. J.-J. Vey,
BEAUTE (Chateau de), aujourd’tmi complétement détruit, mais dont il restait encore quelques traces en 1750, fut jusqu’au quinziéme siécle une maison royale de plaisance et une forteresse; il avail été bati sur les bords £ la Marne, prés de Nogent, par le roi Charles V , qui en aimait le séjour et qui y recut en 1378 l’empereur d’Allemagne. En 1444 Charles VII en fit présent & sa maitresse, Agnés Sorel, qui prit alors le titre de dame de Beauté. Diane de Poitiers , elle aussi, habita quelquefois ce chateau » qui ne tarda pas 4 tomber complétement en ruines.
BEAUTEMPS-BEAUPRE (Cuartes- Francois), Pune de nos illustrations scientifiques contemporaines et )’un des vétérans de notre Académie des Sciences, est né a Neuville-le-Pont, en 1766. Dés 1785 il fut placé a Paris sous la direction de M. Fleurieu, ’homme de cette époque qui avait le plus fait progresser Vhydrographie; mais cette science , telle qu’on lenseignait alors , ne pouvait suffire a esprit du jeune ingénieur : aussi, lorsque aprés de longues études, en 1791, il fut embarqué sous les ordres du contreamiral d’ Entrecasteau x, envoyé avec deux frégates a la recherche de La Peyrouse, laissa-t-il de coté les méthodes inexactes employéesjusqu’a lui. Les travaux qu’il exécuta dans ce long voyage de circumnavigation sont restés notre meilleur modéle, ef nous n’avons rien a changer a l’ouvrage dans lequel, au retour, il exposa son admirable systéme.
En ces temps d’agitation et de rénovation, un homme d’un tel mérite ne pouvait demeurer obscur : on lui confia donc les missions les plus importantes et les plus délicates ; chacune demandait plusieurs années, mais alors on croyait encore a lavenir. L’Escaut nous était ouvert, Anvers était 4 nous ; jusque la cependant on n’avait pas cru que des vaisseaux de ligne pussent y arriver. M. Beautemps-Beaupré trouva la passe dite Frangaise; d’aprésses indications, on conduisit 4 Anvers vingt vaisseaux qu’il pilota lui-méme, et l’importance politique et maritime de cette ville fut doublée. C’est a lui encore qu’on est redevable de la connaissance exacte des ressources maritimes que présentent les cétes de l’Adriatique. Napoléon voulut examiner par lui-méme et les travaux qui se rattachaient 4 ses vastes projets, et Vhomme qui avait accepté la responsabilité de leur exécution. L’ingénieur fut doncmandéa Schceenbrunn, et, une fois qu’il lui eut été donné de le juger, l’empereur ne crut plus, en fait de travaux maritimes , qu’a Popinion de M. Beautemps-Beaupré. C’est a Scheenbrunn qu’il lenomma chevalier de la Couronne-de-Fer.
M. Beautemps-Beaupré employa ensuite plusieurs années a des reconnaissances de méme genre sur la possibilité d’un établissement sur |’Elbe ; et les matériaux qu'il réunit paru-
| rent assez importants pour qu’en 1814 les Hanovriens en \ €x:geassent copie. Sous la Restauration, il ne fallait plus
conger 4 enyoyer examiner autour de nos anciennes limites si nous ne trouverions pas un point maritime a notre convenance; nous ne pensdmes plus qu’a tirer le meilleur parti de nos propres cétes, et M. Beautemps-Beaupré eut a entreprendre cet immense travail. On reconnut toutefois la nécessité de lui adjoindre des collaborateurs dignes de lui , et c’est de cette époque que date la réorganisation du corps des ingénieurs hydrographes, recrutés exclusivement depuis 1821 parmi les éléves de |’école Polytechnique. Il a fallu vingtcing laborieuses années pour que M. Beautemps-Beaupré pat achever ce monument impérisable, qui I’a fait surnommer par les Anglais le Pére de U hydrographie, et que les marins de toutes les nations ont su dignement apprécier.
M. Beautemps-Beaupré est depuis 1810 membre de I'Mstitut, du Bureau des Longitudes, etc.; inutile sans doute d’ajouter que les décorations de toutes espéces lui ont été prodiguées; que depuis quarante ans pas un travail maritime n’a été exécuté sans qu’on ait consulté sa haute expérience ; que toutes les commissions nommées a cet effet s@ sont appuyées de ses avis et ont été unanimes pour rendre justice & ses éminents services. A. DELAMARCHE,
Ce savant est mort le 15 mars 1854, a Paris.
BEAUVAIS, ville de France, chef-lieu du départe~ ment de |’Oise, a 70 kilométres au nord de Paris, batie sur les canaux formés par le Thérain et par l’Avelon, dont les eaux l’environnent de toutes parts, On y comptait, en 1866, 15,307 Ames. Un embranchement la relie depuis 1857 au chemin de fer du Nord, Siége d’un évéché, elle posséde un tribunal de commerce, une école normale d’agriculture, un collége et une bibliothéque publique de 15,000 volumes.
Cette ville est généralement mal construite; mais ses maisons en bois sont couvertes d’ornements et de sculptures. La vieille ville, qu’on nomme la Cité, et qui forme a peu prés le cinquiéme de fa ville actuelle, est entourée de murailles qui paraissent ¢tre du troisieme ou du quatriéme siécle. Jusqu’a la fin du dix-huitiéme siécle des remparts et des fossés dont la construction remontait au treiziéme et au quatorzieme siécle entouraient la ville elle-méme : ils sont maintenant convertis en boulevards, qui forment un lieu de promenade trés-agréable, Le plus bel édifice de Beauvais est hotel de ville, construit en 1753 et 1754; le palais épiscopal, flanqué de deux grosses tours, a été converti en préfecture; la cathédrale est surtout remarquable a cause de l’éléyation et de la légéreté de la vote de son cheeur, qui passe pour un chef-d’ceuvre d’architecture; mais la nef n’est pas encore commencée. On voit dans lintérieur de cette église un mausolée de marbre blanc élevé 4 Ja mémoire du cardinal-éyéque de Beauvais, Forbin de Janson; sa statue, aussi en marbre blanc, est due au ciseau du célébre Coustou.
On cite encore !’église Saint-Pierre, l’église Saint-Etienne, le collége, ancien couvent des Ursulines ; la salle de spectacle, ctune manufacture de tapisseries annexe de celledes Gobelins. I/origine de cet établissement remonte au grand siécle. Louis Hinard, quienavait congu le projet, obtint du gouvernement, en 1664, dix mille livres pour faciliter les premiers achats et trente mille pour construire les batiments. Jusqu’en 1684 la manufacture n’eut que fort peu d’importance; alors Colbert en confia la direction 4 un Flamand, nommé Beéhacle, qui fit exécuter, d’aprés les cartons de Raphael, de magnifiques tapisseries représentant les Actes des Apétres, Béhacle serait donc, a bien dire, le véritable fondateur de la manufacture de Beauvais. Elle fut administrée par des particuliers, avec subyention du gouvernement, jusqu’en 1792; depuis cette ¢poque elle est gérée pour le compte de l’Etat,
Mentionnons encore deux autres établissements ; l’hdteldieu et le bureau des Pauvres ou hospice des Indigents, eréé en 1653 et garni de trois cents lits. On y regoit les enfants abandonnés. Des ateliers od se font tous les travaux de la draperie, depuis le nettoiement des laines jusqu’a la
BEAUTEMPS-BEAUPRE — BEAUVAIS
fabrication du drap, ont été établis daps cet hospice aver. se6 fonds et pour son compte.
in 1851 Beauvais a élevé a son hérome, Jeanne Hachette, une statue en bronze due au ciseau de M. Dubray.
L’industrie est trés-importante 4 Beauvais; on y fabrique des draps, des couvertures de laine, des molletons, des flanelles, de trés-belles toiles dites demi-Hollande, des tulles , de la poterie de grés, des produits chimiques. On y voit des blanchisseries, des tanneries , des mégisseries, des cireries , des brasseries, deux typographies, des teintureries et imprimeries sur étoffes. Il s’y fait en outre un commerce considérable de grains et de produits manufacturés,
Beauvais est une des plus anciennes villes de la France; elle existait avant la conquéte romaine sous le nom de Bratuspantium. Plus tard elle prit le nom de Cxsaromagus, qwelle quitta au temps de Constantin pour prendre celui des Bellovaci, dont elle était la capitale. Prise par Chilpéric en 471, elle fut bralée en 850. Aux neuviéme et dixiéme siécles elle fut encore réduite en cendres et saccagée a plusieurs reprises par les Normands. Louis le Gros s’en rendif maitre en 1109, aprés un siége de deux ans.
C'est en 1099 que commencérent les démélés de Pévéque de Beauvais avec les bourgeois de cette ville, qui depuis longtemps avait déja des coutumes passées en droit. Louis le Gros prit parti pour les bourgeois et leur délivra de sa pleine autorité une charte de commune. Malgré cette charfe, la ville fut souvent troublée par les juridictions rivales des pairs ou du maire des bourgeois et de V’official de l'évéque.
Beauvais se déclara, en 1417, avec la plunart des villes du nord dela France, pour le duc de Bourgogne; mais quand Charles VII eut reconquis une partie de son royaume, les habitants se hatérent de chasser Jeur évéque, l’infame Cauchon, et de faire leur soumission au roi. Cependant, en 1433, les Anglais tentérent encore up de main sur la ville et faillirent s’en emparer. Mais la circonstance ou cette ville acquit le plus de gloire fut le siége qu'elle eul a soutenir contre Charles le Téméraire (voyez l'article suivant). Pendant les guerres de religion, elle se sépara d’Henri Til, puis conclut avec Henri LV un traité de soumission (aoit 1594).
Lors de Vinvestissement de Paris (septembre 1870), Beanvais fut occupé par les Allemands, qui ne l’éyacuérent q::’a la fin de septembre 1871.
BEAUVAIS ( Siége de). En 1472 Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, s’était avancé, a la téte d'uie nombreuse armée, jusque sur les frontiéres del’Ile-de-France. Ayant appris que la ville de Beauvais n’avait point de garnison, il forma le projet de s’en rendre maitre avant qu’cile pat recevoir des secours. Il emporta, en effet, les faubourys aprés une faible résistance. Mais les citoyens de Beauvais , animés d’un noble courage, avaient résolu de défendre leur ville jusqu’d la derniére extrémité. Ils avaient en hate fait terrasser les portes, et se rangérent en armes sur les remparts. Le méme esprit patriotique animant leurs épouses et leurs filles, elles résolurent de partager les périls de la défense. Sous la conduite de Jeanne Hachette, elles coururent se placer aux endroits les moins garnis des remparts et y combattirent avec la plus grande valeur. Une de ces héroines enleva un drapeau ennemi, qu’elle rapporta en triomphe dans la ville.
La principale attaque du Bourguignon était dirigée sur la porte de Bresle, et, malgré la vive résistance des habitants, le canon y avait fait une large bréche. L’ennemi se disposait A un assaut, qui pouvait le rendre maitre de la ville, lorsque les habitants s’avisérent d’entasser on cet endroil une grande quantité de fagots et de matidres combustibles, auxquels ils mirent le feu, La flamme arréta les Bourguignons, et permit aux habitants de prolonger leur défense, Le combat, oii la valeur et Je patriotisme avaient balancé la grande supériorité du nombre, avait commencé d huit heures