BECCARIA — BEC-DE-CORBIN
remarquable du droit criminel au dix-huitiéme siécle. Sa valeur historique sous ce rapport est incontestable, car il a prophétisé les principes qui régissent aujourd’hui notre législation pénale.
Beccaria, 4 Vexemple de tous les réformistes , ne jouit pas sans trouble de son triomphe; la calomnie arriva avec ses interprétations envenimées ; des pamphlets le représentaient comme un impie, et le fameux Muyart de Vouglans osa prendre contre lui la défense des tortures et des supplices. Un orage plus grave faillit méme éclater sur lui dans le Milanais; mais le comte Firmiani le prévint 4 propos. Toutefois, Beccaria, qui était alors & peine agé de trentecing ans, s’affecta vivement de ces persécutions : homme faible et timide, il vit son repos compromis, et renonga a un grand ouvrage qu’il méditait sur la législation. [1 écrivait méme a ses amis ces paroles singuli¢rement naives : « qu’en étant Papdtre de Phumanité, il voulait éviter d’en étre ie martyr ». N’est-ce pas annoncer qu’il avait plus la conscience de ses bonnes intentions que de son génie? car le génie ne s’arréte pas en présence des obstacles et des difficultés.
Depuis ce moment Beccaria cessa de rien imprimer. Créé, en 1768, professeur d’économie publique a Milan, les fonctions du professorat Vabsorbérent tout entier ;: il ne publia pas méme ses lecons, qui ne virent le jour qu’en 1804, dans la collection des économistes italiens , sous le titre d’E£léments d'Economie publique. Beccaria eut la satisfaction de voir de son vivant s’introduire dans la législation les principes qu’il avait proclamés. I] mourut d’une atlaque d’apoplexie, au mois de novembre 1793. E, pe CuaBrou,
BECCARIA ( Giovanni-Bartista ), mathématicien et chimiste, né le 3 octobre 1716, & Mondovi, mort a Turin, le 27 avril 1781, fut élevé 4 Rome, od il professa longtemps, ainsi qu’a Palerme, avant d’étre appelé 4 occuper la chaire de physique a l’université de Turin. A cette époque, od les expériences de Franklin et d’autres savants venaient d’appeler l’attention générai sur les phénoménes del électricité , Beccaria composa son essai Dell’ Elettricisin# Naturale ed artifiziale (Turin, 1753, in-4°). Dans son Histoire de lV Electricité, Priestley n’hésite pas a reconnaitre que le trayail de Beccaria surpasse tout ce qui avait été fait dans ce genre jusque alors. Mais son ouvrage le plus important sur cette matiére est son traité Dell’ Elettricismo artijfiziale ( Turin, 1772, in-4°), que Franklin Jui-méme traduisit en anglais.
En 1759, Beccaria fut chargé par le roi de Sardaigne de mesurer un degré du méridien en Piémont, et entreprit ce travail en 1760, conjointement avec l’abbé Canonica. Le résultat en fut publié par eux dans le Gradus Taurinensis ( Turin, 1774, in-4°). Les doutes qu’exprima Cassini au sujet de l’exactitude de ses calculs lengagérent a publier quelque temps aprés ses Leflere @un Iialiano ad un Parigino ; ouvrage dans lequel i] démontre Vinfluence qu'il faut attribuer au voisinage des Alpes sur les déviations du pendule.
BEC-CROISE. On désigne par ce nom un genre d’oiseaux que G. Cuvier a rangés dans la famille des conirostres, de Vordre des passereaux. Ces oiseaux, qui sont voisins des bouvreuils et des durs-bees, ont le bec comprimé et les deux mandibules recourbées de maniére que teurs pointes se croi+ sent tantot d’un cété, tantot de Pautre, selon les individus. Ils se servent de ce bec si extraordinaire pour arracher les semences de dessous les écailles des pommes de pin. Le beccroisé ordinaire ( crucirostra vulgaris ) est de la taille du bouvreuil; il habite le nord de l'Europe; on peut l'apprivoiser, et sa chair est mangeable. :
BEU-DE-CIGOGNE, BEC-DE-GRUE, BEC-Dk- HERON , BEC-DE-PIGEON, noms vulgaires de différents geraniums,
BEC-DE-CORBIN , ou becquoysel, suivant Roquefort, arme de longueur ou de demi-longueur, dont le fer