‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 445 sur 488 · BEDDOES — BEDEAU · texte numérisé non relu

BEDDOES — BEDEAU

@Visaac Jenkins, ouvrage composé dans Je but de tracer a la classe laborieuse des régles de conduite sous une forme attrayante. On vendit en trds-peu de temps plus de quarante mille exemplaires de cet excellent écrit populaire, Aprés son mariage, en 1794, il s’occupa de guérir par ’emploi de gaz de diverses natures des affections jusque alors regardées comme incurables, entre autres la phthisie. Avec Ja

protection de Wedgwood, il parvint a fonder un établissement |

de ce genre, qui fut ouvert en 1798, et a la téte duquel i placa un jeune homme nommé Humphry Davy, destiné a se faire un si grand nom en chimie. Toutefois, les résultats n’ayant pas répondu aux espérances qu’on avait concues , fe zéle de Beddoes se refroidit tellement, qu'il y renonca tout a fait un an avant sa mort. L’unique résultat de ses

travaux dans cette direction d'idées fut un grand nombre |

de mémoires sur l'emploi des airs artificiels en médecine.

BEDE te Vénérasce (Beda Venerabilis) naquit en 672, vraisemblablement au bourg de Moukton, prés de Girvy (aujourd@’hui Yarrow), dans le comté de Northumberland. Dés Page de sept ans il fut placé an couvent de Weremouth, voisin du bourg de Moukton, et que gouvernait 4 ce moment Pabbé Benedict. Le religieux Trumberth lui enseigna la religion; Jean Beverlye , devenu plus tard évéque d°York, les Jangues grecque et latine; et Jean, archichantre de léglise Saint-Pierre 4 Rome, que l’abbé Benedict avait fait venir en Bretagne , la musique. Plus tard Béde quitta le couvent de Weremouth pour celui de Girvy (fondé en 682), qui nen était pas éloigné et qui en relevail Il y recut le diaconat A Page de dix-neuf ans, et Vordre de la prétrise en lan 702. Crest 1a qu'il commenca a développer son activité littéraire, qui eut d’abord pour objet des commentaires sur Ancien et le Nouveau Testament, et qui ne se rallentit pas un seul instant jusqu’a |’4ge de cinquante-neuf ans. Son renom de science et de piété ne tarda pas a se répandre sur le continent. Le pape Sergius lui fit faire des offres brillantes pour Pattirer auprés de lui et le consulter sur différents points de discipline; mais rien ne put arracher Vaustére religieux a son couvent et a ses paisibles études. L’excés du travail finit par altérer sa santé. A la veille de mourir il traduisait encore l’Evangile de saint Jean en langue anglo-saxonne et le dictait 4 ses disciples. I] mourut le 26 mai 735, et fut enterré dans le monastére de Girvy. Plus tard ses ossements furent transportés 4 Durham.

Bede a composé sur histoire sainte un grand nombre de commentaires justement estimés, et qui étaient d’une grande utilité pour son époque. On a en outre de lui des homélies, des vies de saints, des hymnes, des épigrammes, des ouvrages de chronologie et de grammaire. I] n’avait point acquis son savoir dans les écoles du continent. Il s’était instruit lui-méme dans sa eellule, par la lecture approfondie des anciens et surtout des Péres de l’Eglise. Quoique gon style manque parfois d’élégance et de pureté, il est toujours d’une clarté et d’une précision extrémes; et il manie la langue latine avec une remarquable facilité. Son principal ouvrage est son Historia ecclesiastica gentis Anglorum, en cing livres, lasource la plus précieuse et unique pour tout ce qui est relatif a Vintroductiop et ala propagation du christianisme en Angleterre. Elle va depuis les temps les plus reculés jusqu’a Van 730. Pour la premiere partie il mit a profit les renseignements transmis par les Romains; mais pour le reste, et c’est de beaucoup la partie la plus importante de son livre, il utilisa avec autant de sagacité que de justesse d’esprit la tradition de ses contemporains, entre Jesquels Albinus, abbé de Canterbury, lui fut surtout d’un grand secours. La premiére édition imprimée qu’on en posséde est celle de Strasbourg (1500); !a meilleure est celle qu’en a donnée J. Smith (Cambridge, 1722). Ses auvres completes ont été imprimées a Paris (1544 et 1554), a Bale (1563) et 4 Cologne (1615 et 1688). De nos jours Giles a dlonné une traduction anglaise des ceuvres historiques de Bede

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' plusieurs bedeaux :

(6 vol. ; Londres, 1843 ), et il a aussi publié une édition portative de l'Histoire ecclésiastique (1847 ). Le roi Alfred avait traduit cet ouvrage en anglo-saxon. Bede n’a pas moins importance comme chronologiste. Son livre De sex .#tatibus Mundi, d’aprés Vére de Dionysius, qu’il introduisit le premier, devint la base de la plupart des chroniques universelles du moyen Age Consultez Gelile, De Bedw Venerabilis Vita et Scriptis (Leyde, 1838); et Wright, Biographica Britannica litteraria (Londres, 1843).

BEDEAU ou BEDEAUDE, nom vulgaire d’insectes de différents ordres, dont le corps a l'état de larve ou a Vétat parfait présente deux couleurs bien tranchées. Telles sont , par exemple, la cigale bedeaude, qui est moilié brune et moitié blanche; la chenille dela Vanusa gamma, dont les quatre premiers anneaux sont fauves etle reste du corps blane. — Bedeaude est encore le nom vulgaire de loiseau appelé corneille mantelée.

BEDEAU, sorte Wemployé subalterne a la maniére de nos huissiers. Autrefois, les universités en France avaient bedeau général, bedeau pour chacune des facultés. Vétus d'une robe mi-partie de deux couleurs, ils introduisaient le professeur dans la salle des cours, et se tenaient au bas de sa chaire pendant la durée de la legon. C’était un grand honneur pour une université quand elle obtenait la faveur insigne de faire porter a ses bedeaux une verge dWargent. Dans ce bon temps des priviléges, les universités, non contentes de ceux qu’elles savaient conquérir pour leurs professeurs et leurs étudiants, n’oubliaient pas non plus leurs bedeaux, et les engraissaient aussi aux dépens de la chose publique. Le recueil des ordonnances fourmille ditem qui dispensent les bedeaux de telle bonne université, de telle bonne ville, de faire le service dans la garde bourgeoise, de rien verser pour les dimes ou tailles , et les autorisent a faire venir leurs provisions en ville sans rien payer au bureau d’octroi, et a n’acquitter non plus aucun droit de péage, etc. Depuis 1789, i! n’y a plus en France de bedeaux grands seigneurs; le niveau de Végalité a passé sur eux comme sur toutes les classes privilégiées. Les bedeanx @église ont seuls conservé quelques restes de leur ancienne splendeur : la robe et la verge de baleine noire.

BEDEAU (Manrie-Avpuonse), général de division, est né le 19 aotit 1804, 4 Vertou, prés de Nantes. Son pére était capitaine dans la marine de VEtat. Elevé a l’école militaire de La Fléche, a partir de 1817, il entra en 1820 4 Saint-Cyr, dow il surtit sous-lieutenant éléve a Pécole d'application d’état-major. Il fut ensuite successivement attaché, comme lieutenant, au 8° de cuirassiers, aux lanciers de la garde royale, au 2° régiment d’artillerie et au 13° de ligne. Nommé capitaine au 3° léger, il le quitta pour devenir aide de camp de divers généraux. Ce fut en cette qualité qu’il fit les campagnes de Belgique de 1831 et 1832. Il s’y distingua méme assez pour mériter que le général en chef lui donnat une mission de confiance auprés du général Chassé, commandantde la citadelle d’Anvers.

En décembre 1836 on l’envoya en Algérie comme chef dun bataillon dans la légion étrangére, et il y prit d’abord part, en octobre 1837, a lexpédilion de Constantine. Aprés la prise de cette ville, on récompensa Ja bravoure dont il avait fait preuve en len nommant commandant. Au mois d’octobre de la méme année, i] passa lieutenant-colonel, fut nommé en avril 1838 au commandement supérieur de Bougie, et, ala suite de divers combats contre les Kabyles, colonel du 17° léger, en décembre 1839. Au mois de mars de année suivante il prit part a l'expédition de Cherchell, dont la défense lui fut confiée. Dans les combats presque quotidiens qu’il eut alors a soutenir, il fut blessé 4 deux reprises, et ces affaires lui fournirent l'occasion de déployer la plus brillante énergie. Au défilé de Mouzaia, il soutint pendant quatre heures de suile avec 800 hommes de son régiment les efforts de 10,000 hommes de troupes réguliéres

et de Kabyles, commandés par Abd-el-Kader. La croix d’officier de la Légion d’Honneur fut la récompense de ce brillant fait d’armes, et, aprés s’¢tre signalé dans diverses actions d’éclat de 1840 et 1841 a Milianah et Médéah, il fut nommé général de brigade en mai 1841. Au mois de février 1842, le maréchal Bugeaud lui confia la direction des affaires politiques et militaires sur les frontiéres du Maroc, et le chargea de la prise de Tlemcen. Le 21 mars il eut affaire a Abd-el-Kader en personne, et, a la téte de 1,200 hommes seulement, il mit en compléte déroute les 6,000 hommes de Pémir. Le 12 ayril il fit prisonnier dans un second combat Pun des chérifs les plus influents du pays, et réussit par la bonne maniére dont il le traita 4 changer si bien ses dispositions , qu’il embrassa la cause des Frangais, et contribua plus tard 4 Vaffermissement de leur puissance. Le 30 avril eut lieu, dans les montagnes de Nedromah, un troisiéme engagement, a la suite duquel l’émir dut évacuer la province de Tlemcen. Le kaid de Houdjah eut avec le général, le 1° juin, une conférence a la suite de laquelle la paix fut conclue, et le général Bedeau s’occupa alors de |’organisation de la province.

En 1844 il assista a la série de combats qui se terminérent le 14 aoat par la bataille d’Isly. Au mois de septembre, il passa général de division, et fut nommé au commandement supérieur de la province de Constantine, en remplacement du duc d’Aumale. Au mois de mai 1845, il dirigea Vexpédition de l’Aurés, livra trois combats, et soumit les peuplades rebelles. 1] ne fut pas moins heureux lors de linsurrection générale de la province d’Oran, au mois d’octobre 1845, ainsi qu’a l’expédition de Bougie en 1847. Le 1° juillet 1847 il fut nommé gouverneur d’Alger par intérim; au mois d’aodt suivant, grand officier de la Légion d@Honneur; puis au mois d’octobre il fut remplacé par le duc d@’Aumale dans le gouvernement de l’Algérie.

Au moment oii éclata la réyolution de Février, le général se trouvait en congé a Paris. Comme Ja plupart des généraux disponibles, il se rendit aux Tuileries pour se mettre a la disposition du roi Louis-Philippe. Le maréchal Bugeaud, ayant été investi, dans la nuit du 23 au 24 février, du commandement en chef des troupes et de la garde nationale , donna au général Bedeau la direction d’une colonne d’attaque chargée d’étouffer Vinsurrection sur les boulevards. Lordre qu’il lui transmit portait expressément qu’il edt a la comprimer avec l’aide de la garde nationale, lui recommandant, quoi qu’il arrivat, de ne se préter 4 aucune espéce de pourparlers. Arrivé a la hauteur du boulevard Poissonniére, le général trouva les esprits beaucoup plus échauffés qu'il ne Vavait cru, et la garde nationale elle-méme fort mal disposée. II instruisit le maréchal de !’état des choses, et recut de lui Pinjonction de battre en retraite. L’exécution de cet oidre plaga le général Bedeau dans un graye embarras. Jasqu’au boulevard des Italiens , le mouvement de retraite s’opéra sans encombre; mais la larriére-garde de la colonne, que le général ne pouvait apercevoir, puisqu’il marchait en téte 4 cheval , fut rudement maltraitée et perdit méme ses canons. Les soldats tournérent la crosse de leurs fusils en lair, manifestation qui commenga A démoraliser les troupes fidéles restées en position sur la place de la Concorde. Des bruits de trahison circulérent dans les rangs, et le général se trouva ainsi placé dans la plus douloureuse des positions. Lorsque Louis-Philippe se fut décidé a quitter Paris, le général Bedeau prit le commandement de toutes les troupes rangées aux abords des Tuileries, et, la chambre se trouvant menacée par les insurgés, ce fut lui qui occupa le pont qui y conduit. Il eft pu, dans cette position, leur barrer le passage; mais i] manquait complétement d’instructions ; et en ayant fait demander & M. Odilon Barrot, en ce moment président du conseil des ministres, il lui fut répondu qu’il eft A s’abstenir de Pemploi de la force. Le général ne s’occupa donc que de faire cesser \e feu ; l'insurrec-

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