‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 448 sur 488 · BEDOUINS · texte numérisé non relu

BEDOUINS

issus de la race sémitique , comme Vindique la tradition qui les fait deseendre d’Ismael, fils d’Abraham, ce sont les habitants aborigénes de l’Arabie. Ils nous apparaissent déja comme tels, suivant les récits de la Bible, dans histoire primitive du genre humain, avec le méme état social et les mémes meeurs qu’aujourd’hui., En tant que nomades, ils n’ont pas @histoire proprement dite, mais seulement des’ généalogies. Si on ne les yoit que bien rarement figurer dans l'histoire d'une maniére active et indépendante, jamais du moins , 4 quelques rares exceptions prés, on ne les voit devenir la proie d’un conquérant.

On peut considérer comme leur véritable patrie le désert de PArabie, ot le plateau de Nedjed est le centre de leurs éiablissements. C’est de 1d que, dés l'antiquité, ils se répandirent dans les déserts de la Syrie et de ’Egypte, et plus tard, aprés 'anéantissement de l’antique civilisation en Syrie, a travers la Mésopotamie et la Chaldée. Au septidme siécle enfin, aprés avoir conquis le nord del’ Afrique, ils s’y établirent ainsi que dans le Grand Désert, entre lamer Rouge et l’océan Atlantique, et cet immense territoire devint pour eux une nouvelle patrie. C’est dela sorte qu’ils sont arrivés a posséder aujourd'hui tout Vespace qui s’étend depuis les frontitres occidentales de la Perse jusqu’a !’ Atlantique, et depuis les montagnes du Kourdistan jusqu’aux peuples négres du Soudan. Dans les parties de cette vaste zone qui sont susceptibles d’étre mises en culture, telles que la Mésopotamie, la Chaldée, les frontiéres de la Syrie, la Barbarie, la Nubie et Pextrémité septentrionale du Soudan, on les trouve souvent, il est vrai, mélés avec d’autres peuples, mais ils sont les uniques dominateurs de ce qu’on appelle, a proprement parler, le désert.

La nature toute particuliére de cette contrée les forca de mener une vie errante , et ne leur enseigna d’autre occupa tion que l’éléve du betail et le brigandage. Ce sont ces deux traits caractéristiques de leurs meeurs, le métier de pasteur et celui de brigand, qui, joints aux particularités physiques et morales propres a la race sémitique, développerent les autres traits saillants de leur caractére et de leur constitutian. La vie solitaire, misérable et pleine de dangers du Bédouin le rendit sobre, frugal, endurci a la fatigue, intrépide et hospitalier. La vie errante du bandit le rendit belliqueux, épris de la gloire, poélique et, sous beaucoup de rapports, chevaleresque. La rapacité et la finesse naturelles 4 sa race firent de lui un étre avide d’argent, aimant le pillage et sans foi. Sa confiance en ses propres forces lui inspira des idées @indépendance et lui fit aimer la liberté , aussi bien au point de vue national qu’au point de vue individuel. Tous les autres traits distinctifs de la race sémitique, notamment la volupté et la vengeance , se développérent chez lui wvec une double énergie, et, en raison de son naturel ardent, prirent le caractére d’impétueuses passions,

Les Bédouins sont, a tout prendre, une bellerace d’hommes; les fatigues et les privations excessives auxquelles ils sont exposés les ont réduits a n’offrir en général qu’une stature au-dessous de la moyenne, un corps d’une maigreur excessive ou les tendons dominent plus que les muscles; malgré cela, ils sont éminemment vifs, énergiques et durs a la fatigue. Leur ceil, bien découpé, est ardent et dénote en méme temps une profonde finesse, Toute l’expression deleur visage, aux traits généralement allongés et au nez aquilin fortement prononcé, annonce la fierté unie a la naiveté, Leur tournure est dégagée et imposante. La couleur de leur peau est le brun avec ses nuances diverses. Tous leurs sens, particuliérement celui de la vue, sont d’une acuHé extréme.

A lexception de quelques tribus habitant la Syrie, qui forment une secte religieuse particuliére, et dont l'une fait méme, dit-on, profession du christianisme, tous les Bédouins sont maliométans, sans pourtant se montrer précisément observateurs trés-rigoureux des préceptes de leu

religion. Les fonctions sacerdolales sont exercées parmi cux par des marabouts, homines que leurs occupations thévlogiques et ascétiques mettent en grand renom de sainteté, et qui dés lors exercent une grande influence. En Vabsence de toute autorité extérieure régulatrice, c'est encore la religion qui constitue la seule force capable de discipliner le Bédouin, de lui imposer certaines idées morales et de confondre sor individualité dans l’unité nationale. On en a eu surtout la preuve lors des luttes que les Francais ont eu a soutenir avec les populations algériennes , considérées comme plus croyantes et comme plus fanatiques que les Bédouins, fixés plus & Vest, ceux de l’Arabie, par exemple, parmi lesquels s'est opérée dans ces derniers temps une espéce de réformation religieuse.

Leur culture intellectuelle est trés-peu avancée ; cependant ils ont beaucoup de bon sens naturel, l’esprit vif et l’imagination ardente, qualités qu’on retrouve dans leurs contes et leurs productions poétiques. Leurs mceurs sont, d’une part, celles de tous les peuples nomades et pasteurs, et de autre celles de toutes les nations mahométanes; et il faut surtout citer la coutume, si générale parmi eux , d’exercer généreusement les devoirs de l’hospitalité , le ressentiment profond qwils conservent des injures et des offenses , et les vengeances implacables qu’ils en tirent, méme longtempe aprés. Les rapports mutuels des sexes ont parmi eux plus de liberté que parmi les Orientaux sédentaires. Ils sont luin de soumettre leurs femmes a une surveillance aussi sé\ ére et A une réclusion aussi compléte que ceux-la , et généralement elles vont sans voile. Ils suppléent 4 la polygamie en changeant fréquemment de femme. Le jeu de paume et la chasse sont leurs principaux divertissements. Ils excellent a monter & cheval. Leurs plus grands plaisirs consistent en suite a entendre raconter des histoires, a danser, 4 chanter, a fumer indolemment du tabac et 4 boire du café. Au nombre des objets dont ils font leur nourriture, et consistant pour la plupart en produits vyégétaux du sol ou encore en produits de leurs troupeaux , figurent les sauterelles et Jes lézards. Leurs habillements, faits avec des étoffes de laine qwils fabriquent eux-mémes, consistent en un long et large vétement blanc de dessous, appelé haik, qui recouvre en méme temps la téte, autour de laquelle il est attaché par une corde en poil de chameau enroulée en forme de turban, ef en un grand manteau , appelé burnous. Il n’y a que les plus distingués et les plus riches qui portent des pantalons, et sous le haik une chemise de dessous en toile ou en étoffe de coton. Les Bédouins se coupent les cheyeux de la téte , tandis que leur barbe est de leur part l'objet des soins les plus attentifs.

Leur industrie se borne a la fabrication des ustensiles et des étoffes qui leur sont les plus indispensables; et leur commerce, a la vente des produits de leurs troupeaux, qui leur permettent d’acheter des armes, des munitions et des grains. Leur état social et politique est encore celui de Ja vie patriarcale. Une ou plusieurs familles, dont le chef prend le titre de chéik, formentle centre de la tribu, et cons tituent avec les marabouts une espéce de noblesse. C’est parmi elles que sont chcisis les chéiks supérieurs ou cadis , c’est-a-dire les chefs de toute la tribu , dont beaucoup portent le titre d’émiz, ainsi que les chefs des différents douars. Ceux-ci sont en méme temps les généraux en temps de guerre , les magistrats et les juges en temps de paix. Leur pouvoir toutefois est trés-chancelant , et dans tous leurs rapports avec les membres de la tribu régne une grande liberté. Chaque tribu comprend plusieurs douars on villages mobiles, ne consistant le plus souvent qu’en tentes fabriquées tout simplement avec des poils de chameau et dispostes circulairement , et au milieu desquelles on renferme les troupeaux pendant la nuit. Leurs principaux animaux domestiques sont le chameau et le cheval, puis l’dne, le mouton et la chévre,

Le tableau que nous tragons ici de la vie des Bédouins \s’applique surtout aux habitants du désert; les exceptions locales le modifient dans une foule de points. C’est ainsi que dans les parties susceptibles de culture dela Barbarie, de la Mésopotamie et de la Syrie, les Bédouins habitent généralement des endroits clos. ils cultivent le sol, entretiennent des tronpeaux de beeufs, habitent des huttes, et leurs chefs ont méme des maisons. Ils vivent aussi dans une plus grande abondance. Leur carnation est plus belle, plus blanche, leur taille plus élevée, leur constitution plus robuste; mais en revanche ils sont plus ou moins dépendants et tributaires des nations voisines.

BEDOUZES, BLOUSES ou TREMBLANTS. On donne sur les céles de Gascogne ces trois noms a une série continue de monticules placés les uns a cété des autres, de maniére a former de petites chaines séparées par des vallées souvent humides et dont le sol céde sous les pas d’un voyageur imprudent. Ces monticules, qui font partie d’une masse de dunes, se succédent suivant la direction du vent de mer qui domine, et par conséquent suivant une ligne tirée de la cdte vers Vintérieur des terres. M. Rozet a constaté que depuis Dunkerque jusqu’é Bayonne les dunes ont la forme de triangles dont la base est appuyée sur la céte et le sommet dirigé vers l’intérieur du continent, et que la ligne qui joint le sommet de ces monticules vers le milieu de leur hbase est dirigée du sud-ouest au nord-est, c’est-a-dire dans la direction du yent dominant surlacéte. L. LAvRENT.

BEDOYERE (comte HUCHET pe LA). Voyes LABE- DOYERE,

BEDRIAG, aujourd'hui Caneto, petite ville de la Gaule Cisalpine, ou ’empereur romain Othon fut vaincu par Vi-

tellius, l’an 69. Le général de Vaudoncourt place l’ancienne ville a Casalmaggiore.

BEECHER-STOWE (M™°). Voyez Stowe.

BEEF-STEACK (prononcez bifstek ). Nos praticiens ont eu le bon esprit d’accorder des lettres de grande naturalisation a ce plat d’origine anglaise , qui se compose d’un morceau de filet de boeuf, qu’on fait griler aprés l’avoir coupé par tranches qu’on réduit, en les aplatissant, a 1’épaisseur dun centimetre et demi. Il faut que le feu saisisse un beef-steack si on veut lui conserver son jus. Aussi, quand Je feu est convenable , ne faut-il pas plus de trois minutes pour le faire cuire. Cette opération terminée, on met dans un plat gros de beurre comme une noix par chaque filet ; on chauffe légérement ce plat; on retourne les filets, qui font fondre le beurre, et on les garnit de pommes de terre sau- ‘tées aussi au beurre. Les artistes anglais prennent pour faire leur beef-steack ce que nous appelons la sous-noiax de ‘beuf; ils la font cuire sur une plaque de fonte destinée a cet usage; au lieu de charbon de bois, ils se servent de charbon de terre. Il faut convenir que cette partie du beeuf, employée par les Anglais, est infiniment plus savoureuse que le filet mignon dont nous faisons usage; mais elle est naturellement beaucoup moins tendre,

Le beef-steack fit invasion sur nos tables en 1815. Il n’a guére figuré sur les cartes de nos traiteurs qu’a dater de cette époque. On peut donc le considérer comme une importation culinaire de la Restauration.

BEEL ou BEL. Voyez Baat,

BEELZEBUB,, c’est-a-dire Mouche-Bel. Sous ce nom les habitants de la ville d’Ekron, dans le pays des Philistins, adoraient le dieu Baal ou Bel, Les Grecs, eux aussi, avaient leur Zevg Arouuro, ou Muraypos, c’est-a-dire gui préserve des mouches.

Comme les divinités paiennes étaient tenues par les Juifs pour des démons, ce nom de Béelzébub, qu'on écrit aussi Aéelsébuth, arriva & la longue a désigner le chef des eswrits impurs, et on le trouve enmiployé en ce sens dans les Uvangiles ( Matth., Xi, 24; Luc, XI, 15). La legon la plus correcle egt cependant Béelscbul, qui signifie seigneur de

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