‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 453 sur 488 · BEETHOVEN — BEFFROY DE REIGNY · texte numérisé non relu

BEETHOVEN — BEFFROY DE REIGNY

Sata notte, mezza notte, tra Vasino e il bove, é nate un bambino, ben fresco e ben carino, il quale Christo si chiama. Les enfants de l’Etat romain se croient, le jour de la Befana, les fréres ainés de l’enfant Jésus, et ils lui offrent des confitures et des dragées qu’ils ont recues de la vieille JSemme noire. J. Norvins.

BEFFARA (Louts-Francots), né en 1751, 4 Nonancourt (Eure), mort & Paris le 2 février 1838, a composé, depuis 1777, beaucoup d’ouvrages consacrés, presque tous, a des recherches sur les dates de la naissance et de la mort de Moliére et de Regnard, lesquelles, malgré la célébrité de ces poétes comiques, ont été et sont peut-étre encore incertaines. Pourtant, ence qui touche Moliére, on a, daprés M. Beffara, fixé ’époque de sa naissance au 15 janvier 1622; c’est la, du moins, la date qui a été inscrite sur le monument élevé 4 la mémoire de Moliére dans la rue Richelieu. Outre ses ouvrages publiés, Beffara en avait en portefeuille un assez grand nombre d’autres, et notamment un dictionnaire de l’Académie royale de Musique, depuis Vorigine de cet établissement jusqu’éa nos jours, formant 33 vol. En 1815 il remplissait les fonctions de commissaire de police du quartier de la Chaussée-d’Antin, et fut destitué ala suite del’évasion de M. de Lavalette. Comme c’était dans les limites de son arrondissement que le malheureux proscrit avait trouvé unmasile, le pouvoir réactionnaire de cette époque rendit Beffara responsable d’un fait dont la France entiére eit voulu étre complice, et auquel, est-il besoin de le dire? il était demeuré complétement étranger.

Beffara fut un des collaborateurs dela France Littéraire de Quérard. Ses manuscrits et sa curieuse collection d’ouyrages relatifs 4 Vart dramatique ont été légués par lui a la Bibliothéque impériale, a celle de la ville de Paris et 4 M. Taschereau, qui en a profité pour son Hisfoire de Moliére.

BEFFROI ou BEFFROY. Nicot, dans son grand Lexique latin et frangais, dérive ce mot de béée et d’effroy, « 6tant fait, dit-il, pour béer, c’est-a-dire pour regarder et faire le guet en temps s( upconneux, et pour sonner |’effroy. » Ménage définit en effet le beffroi « une tour ou lieu élevé dans une place frontiére, oi: on fait le guet, et dou on sonne |’alarme quand Jes ennemis paraissent. » Dans son acception spéciale, e beffroi était une cloche qu’on ne sonnait que dans des circonstances particulitres, et pour annoncer un événement notable, comme la naissance ou la mort d’un haut ,ersonnage , un incendie. Le beffroi sonnait aussi pour con oquer les habitants d’une cité. Sous le régime féodal, cétait la grande tour od, dans quelques provinces de France, on placait la ban-clogue (campana bannalis). C’était un édifice privilégié; d’anciennes chartes de communes mentionnaient le droit de ban-cloque ou beffroi dans les mmunités accordées aux cilés. Paris avait trois beffrois, al’H6tel de Ville, au Palais, 4 la Samaritaine. Le beffrpi sonnait pendant vingt-quatre heures pour la naissance d’un jils de France. Le signal du massacre de la Saint- Barthélemy devait ¢tre donné par la cloche de la Sainte- Chapelle du Palais; ce fut par un contre-ordre que ce signal est en effet donné par une cloche de Saint-Germain l’Auxerrois.

On appelait aussi beffroi ces grandes tours mobiles éleyées sur des roues, et qui, avant l’invention de la poudre da canon, étaient dirigées le plus prés possible des murs d'une place assiégée, et s’élevaient 4 la hauteur des remparts. Ces machines colossales portaient des soldats armés.

Durey (del’Yonne ),

BEFFROI (Ornithologie). On a donné les noms de grand beffroi et de petit beffroi 4 deux espdces d’oiseaux fourmiliers de ordre des passereaux, famille des dentirostres, particuliéres A l’Amérique du Sud, Cette dénomination vient de I’étendue de la voix de ces oiseaux.

BEFFROY DE REIGNY (Lovis-Anet), plus connu sous le nom de Cousin Jacques, naquit & Laon, en 1757.

BEFFROY DE REIGNY — BEGAIEMENT

Fcrivain infatigable, il affectait de donner A chacune de ses productions un titre bizarre, comme le sobriquet littéraire q’’il substituait & son nom, Il a publié, en 1783, les Petites-Maisons du Parnasse, Malboroug-Turlututu, Hurluberlu (3 vol.). Les Lunes, qui ont paru par cahiers in-18, en 1785 et 1787 (24 vol.), ont obtenu un succes de vogue. C'est une revue critique des faits et des ouvrages de cette époque. Aux Lunes succédérent, de 17884 1790, le Courrier des Planétes, ouvrage du méme genre (10 vol.) ; le Précis historique de la prise de la Bastille, 1789; une Histoire de France pendant trois mois, 1789 (1 vol.); les nouvelles Lunes, en 1791; le Consolateur, en 1792 (3 vol.); la Constitution de la Lune, 1793 (1 vol.); Testament @un Electeur de Paris, en 1795(1 vol.). La politique domine

ans tous ses ouvrages : l’auteur se place entre les partis extrémes, comme conciliateur. Tous ces écrits respirent le patriotisme le plus pur, qui n’est et ne peut étre autre chose que lheureuse association des vertus publiques et privées.

On remarque le méme esprit, la méme tendance dans ses piéces de théatre. Il donna en l'année 1790 a l’Opéra-Comique Histoire universelle, qui eut 87 représentations consécutives, et au thédtre des Jeunes-Artistes Nicodéme dans la Lune, qui a fait la fortune de ce spectacle et fondé la réputation de l’excellent comédien Juliet. Nicodéme dans la Lune obtint sur tous les thédtres des départements la méme vogue qu’a Paris. Le Club des bonnes gens, la Petite Nanette, sont restés longtemps au répertoire. Le Cousin Jacques a fait la musique de presque tous ses petits opéras et vaudevilles.

Des succés aussi brillants, aussi soutenus , semblaient devoir le fixer 4 un genre qu’il avait créé avec autant de talent que de bonheur; il le quitta cependant pour se livrer a des travaux plus sérieux. I] congut le projet d'un grand ouvrage Whistoire et de philosophie ; mais il avait plutét consulté ses sympathies et son zéle que ses forces. Les premiéres livraisons de ce nouvel ouvrage, intitulé : Dictionnaire Néologique des Hommes et des Choses, parurent en 1799. La modération de ses principes politiques n’allait pas jusqu’a sacrifier ses convictions et sa conscience. La police du gouvernement consulaire se montra plus susceptible que celle du Directoire; Pauteur fut contraint d’interrompre cette publication. Il en est resté a la lettre B.

Sa carriére littéraire était désormais terminée ; Beffroy de

Reigny se retira dans un village prés de Paris, et y mourut en 1811. Il avait été intimement lié avec Carnot. - BEFFROY (Louis-Erienne ), frére du précédent , suivit Waberd avec succés la carriére des armes, A vingt-deux ans il était capitaine aide-major dans la compagnie des cinquante cadets envoyée par le ministére francais au roi de Pologne. De retour en France, il passa officier dans les grenadiers royaux de Champagne. Il embrassa avec ardeur et conviction la cause de la révolution de 1789, et fut successivement procureur de la commune de Laon, membre du directoire du département de l’Aisne, suppléant a la premiére Assembiée législative, substitut du procureur général, syndic du département, député a la Convention nationale.

Dans le procés de Louis XVI, il motiva son opinion en ces termes : « Par respect pour les principes, par amour pour la liberté , j’invoque contre Louis la loi qui prononce ia peine de mort contre les conspirateurs, » Cependant il yota pour le sursis. Envoyé en mission a l’armée des Alpes aprés le 9 thermidor, il fit ouvrir les églises a Nice et arréter quelques individus qui lui avaient été signalés comme patriotes exaltés, et notamment Napoléon Bonaparte.

Flu membre au conseil des Cing-Cents, Beffroy, dans toute sa carriére législative, resta fidéle aux doctrines des girondins. On l’accusa, i° d’avoir fait arréter Bonaparte 4 Nice : il prouva qa’l avait été étranger a cette arrestation, dont il rejeta la responsabilité sur ses coll¢gues de mission; 2° de faux dans des pidces de liquidation ; il ne lui fut pas dif-

ficile de se justifier de cette grave inculpation, ct il fut nommé immédiatement administrateur de l’hopital de Bruxelles. Capitaine en 1799, il resta dans ce grade, et commanda une compagnie de vétéransjusqu’en 1815. Considéré alors comme régicide, quoiqu’il edt voté pour le sursis, il fut compris dans les ordonnances de 1816 et banni. I] se retira 4 Bruxelles, Rentré en France aprés la révolution de 1830, ily est mort peu de temps apres. Durey (de l’Yonne),

BEFORT ou BELFORT, ville de France, chef-lieu d arrondissement du département du Haut-Rhin. Place de guerre de premiére classe, Béfort posséde un tribunal de premiére instance, un tribunal de commerce , une direetion de douanes et un collége. Sa population est, de 5,425 habitants. Entrepot d’un commerce considérable pour la Suisse et Allemagne, qui consiste principalement en grains, eauxr de-vie, vins, kirschwasser; on y fabrique de Vhorlogerie , de la ferblanterie, des cierges, des bougies , des chapeaux. On y trouve des tanneries, des forges, des é¢tireries de fil de fer. La ville, ainsi que son chateau, a été fortifiée par Vauban ; elle est dans une position agréable. On y remarque léglise paroissiale, ’hdétel de ville, les casernes.

Lorigine de Béfort ne remonte pas au dela du treizitéme siécle. Elle eut d’abord des seigneurs particuliers ; elle appartint ensuite 4 lAutriche, et fut cédée a la France par le traité de Westphalie en 1648.

En 182i une conspiration bonapartiste fut découverte a Béfort. Elle donna naissance au mouvement de Colmar, qui cotta la vie au colonel Caron.

BEG. Voyez Bey.

BEGAIEMENT ou PSELLISME, affection caractérisée par un trouble et un temps d’arrét plus ou moins complet dans les fonctions respiratoires et de Vappareil vocal existant le plus souvent sans lésions organiques , trouble et temps d’arrét qui rendent la voix articulée on la parole pénible, et la font sortir de la bouche tantét d’une maniére explosive, saccadée, tant6t avec répétition d’une ou de plusieurs syllabes, tantot enfin qui la rendent impossible.

Cette affection, d’aprés la définition méme que nous yenons d’en donner, se présente a divers degrés. Les individus qui en sont atteints au plus haut degré ouvrent la bouche comme pour parler, chassent lair de la poitrine, contractent convulsivement tous les muscles de l’appareil phonateur et respiratoire, de la face, du cou, sans pouvair articuler une syllabe; cette forme constitue le bégaiement muet. Une autre forme, beaucoup plus commune, consiste dans une articulation saccadée ou dans la répétition d’une méme lettre, ou d'une méme syllabe; les lettres c, d, b, g, k, p, q, 8, t, v, sont celles qui nous ont paru donner le plus souvent lieu au bégaiement, surtout lorsque la phrase commengait par une d’elles.

Le bégaiement, 4 peine appréciable dans l’enfance, commence a apparaitre vers l’dge de huit A dix ans. I] s’accrolt ensuite généralement avec le développement de Tintelligence et de la susceptibilité nerveuse du sujet, pour diminuer vers lage mir, et souvent cesser enti¢rement dans la vieillesse.

Le bégaiement prend quelquefois la forme intermittente. Nous l’avons observé chez plusieurs femmes augmentant a l’'approche de la menstruation, décroissant ensuite et disparaissant méme pendant la durée des époques. D’autres personnes bégayent beaucoup moins lorsqu’elles habitent des climats tempérés que durant leur séjour dans des pays placés sous une autre latitude.

Les auteurs ont admis plusieurs espéces de bégaiement ; M. Colombat en établissait deux principales, Pune labichoréique, Vautre gutturo-tétanique ; la premiére consisterait, suivant lui, dans une espéce de danse de Saint-Guy et dans la succession plus ou moins rapide de mouvements convulsifs exécutés par la langue, la machoire inférieure ef

tous les organes de articulation; elle donnerait surtout naissance aux répétitions des lettres bbb, ttt, dd, qq. M. Malbouche admet trois formes principales, le bégaiement davant, le bégaiement de haut, le bégaiement darriére. Dans la premiére forme la langue, au lieu d’étre appliquée au palais, touche par sa pointe la face postérieure des incisives inférieures ; dans la seconde, elle reste en haut lorsqu’elle deyrait se porter en avant; dans la troisitme forme, qui est la plus fréquente, les mouvements de la langue en arriére sont trés-difficiles, tandis que les mouvements d’en haut peuvent s’exécuter avec facilité ; cette variété du bégaiement aurait lieu principalement lorsqu’on voudrait articuler les iettres b, d, f, 9, p, t, $, ¢, k, q, v.

Ces distinctions,dans létat actuel de la science, ne sont presque d’aucune utilité pour éclairer ’étiologie de celte affection, de méme que pour le traifement 4 y opposer. Nous croyons que la grande distinction que nous avons établie permet plus facilement d’arriver 4 la cause et 4 un traitement rationnel du bégaiement.

Causes. Le bégaiement peut étre occasionné par des Iésions organiques, ou seulement par des troubles fonctionnels de V’appareil auditif et vocal.

La langue par son épaisseur ou sa briéveté, le filet par son excés de longueur ou par un défaut opposé, la conformation vicieuse de la votte du palais et de la luette , la division de ces organes , la forme irréguli¢re des joues, de la machoire, limplantation des dents, Vhypertrophie des amygdales, l’épaississement de la muqueuse, du pharynx, la structure du larynx, la rétraction isolée ou simultanée des muscles congénéres de ’appareil vocal et respiratoire , telles sont les lésions qui ont été quelquefois observées comme concourant d’une maniére plus on moins directe 4 la production du bégaiement,

La cause du bégaiement, dans la plupart des cas, n’est pas aussi visible , aussi saisissable; l’appareil vocal est régulitrement conformé, et on ne rencontre aucune altération organique qui puisse servir & expliquer cette infirmité. Itard et Sauvage en ont placé la cause dans le cerveau. Cette opinion, prise d’une maniére absolue, n’est pas admissible; la cause la plus appréciable selon nous dans la plupart des cas de psellisme, c’est un trouble dans la fonction respiratoire, un désaccord entre l’organe de la volonté et Vappareil vocal qui lui est soumis. La preuve de ce que nous avangons, c’est que si ]’on fait exécuter & un bégue une large inspiration, et si on lui commande de parler aussitét aprés, il articulera sans aucune trace de bégaiement.

Le défaut d’harmonie entre l’organe qui commande (le cerveau ) et Porgane qui obéit (l’appareil vocal et respiratoire ) est la cause la plus commune, la plus ordinaire du bégaiement. Tous les jours il se passe sous nos yeux des phénoménes semblables, et qui corroborent les faits que nous avancgons. Dix personnes apprennent a danser, huit danseront en mesure, deux ne pourront arriver qu’avec la plus grande difficulté 4 mettre leurs mouvements d’accord avec leur volonté; vous observez les mémes faits lorsque des soldats apprennent a faire l’exercice , lorsqu’un individu apprend a nager, 4 chanter, 4 jouer d’un instrument; les fonctions des autres organes des sens fournissent des exemples sans nombre du désaccord qui existe entre l’organe de la pensée et les instruments qui sont ou doivent étre a son service.

Au nombre des causes qui produisent ou qui du moins sont propres 4 développer cette infirmité , nous citerons les émotions morales, les sensations vives, la frayeur, la colére, I’amour, le plaisir, la douleur, l’obligation de parler au public ou sur un sujet qui vous est peu connu ou principalement sur un sujet qui va donner lieu a de vives discussions, Tout ce qui tend & surexciter violemment le systéme nerveux cérébral peut contribuer encore & augmenter le bégaiement et a le faire naitre.

BEGAIEMENT

La plupart des bégues, lorsqu’ils causent des choses familitres, usuelles, ne bégayent pas; s’ils chantent et qu’ils observent la mesure, leur infirmité ne se révéle pas non plus; sils veulent commander 4 leur organe avec fermeté et faire des inspirations suffisantes , ils parlent tras-réguli¢rement.

Une preuve des émotions morales comme cause excitatrice se trouve démontrée par le fait suivant : dans plusieurs circonstances, nous avons entendu des individus converser sans vices de prononciation , et chez qui l’apparition d’une personne qui leur était inconnue faisait nattre le bégaiement. Le docteur Hervez a observé certains bégues qui sous le masque ne bégayaient pas. Le bégaiement n’est pas seulement le partage du parlant, il existe également chez le sourd-muet; nous avons observé la forme de bégaiement gutturo-tétanique a |’Institution de Paris, sur un jeune sourd-muet auquel nous travaillions 4 rendre la parole.

Traitement. Le traitement a opposer au bégaiement se déduit des causes mémes que nous avons indiquées. Lorsque cette infirmité se rattache 4 des lésions d’organes, il faut opposer un traitement propre a rétablir Je libre jeu de Vapparcil vocal; si le frein de la langue est trop court, et empéche cet organe de porter la pointe au palais, il faut en opérer la section , exciser les amygdales , la luette si cela est nécessaire; il faut pratiquer en un mot toutes les opérations qui doivent permettre le jeu libre et régulier des organes de la parole.

L’observation et Pexpérience nous ont démontré que les cas ow la chirurgie peut intervenir avec succés sont excessivement rares.

S’il est difficile de rencontrer des cireonstances ow le bégaiement puisse étre traifé heureusement a l’aide d’une opération, il est au contraire trés-commun de voir des individus retirer les avantages les plus marqués d’un traitement physiologique bien ordonné. Toutefois il ne faut pas

confondre avec le bégaiement le bredouillement, le grasseye- —

ment, le balbutiement et d’autres vices de la parole , qui sont le résultat de Page, d’affections hystériques, de chorées, et contre lesquels le traitement dont nous allons parler ne saurait avoir les mémes avantages.

Pour parvenir a rétablir les fonctions réguliéres de ’appareil vocal, il faut dela part du malade le désir de se guérir, de la persévérance dans l’emploi des moyens, et avoir atteint l’'4ge ot l’on comprend la nécessité et importance de voir disparaitre cette infirmité; de la part du médecin, de la volonté, de la douceur, de la patience et une connaissance parfaite du mécanisme de la parole. Il enseignera @abord A faire des inspirations et des expirations réglées, a ménager son souffle et & ne jamais parler a la fin d’une expiration sans avoir préalablement rempli sa poitrine d’air.

La gymnastique vocale et auditive dont nous nous servons avec succés depuis plus de dix ans pour développer Yappareil auditif et vocal du sourd-muet, nous a rendu de grands services pour traiter le bégaiement; nous avons trouvé dans ces exercices les moyens d@’habituer le malade a parler doucement et en mesure, 4 mettre sa respiration en harmonie avec le jeu des organes qui servent 4 articulation. A ces moyens il faut ajouter le traitement des causes morales et de toutes les affections concomitantes capables dentretenir la maladie.

Nous allons passer rapidement en revue les méthodes de traitement proposées par divers auteurs.

Jusque dans ces dernidres années le traitement du bé-

gaiement appartenait non-seulement aux empiriques , mais |

encore était enveloppé d’une sorte de mystire. Le malheureux atteint de cette infirmité avant de commencer le traitement devait jurer de ne jamais révéler les régles qui allaient lui étre confiées.

M™ Leigh, des Etats-Unis, ayant remarqué que dans

le moment ott le bdgue hésitait, sa langue était placée—

en bas derridre les incisives, conseilla pour guérir le bé-

BEGAIEMENT — BEGIN

gaiement de faire porter la pointe de la langue au palais lorsqu’on parle. Cette méthode de traitement a été importée en France par M. Malbouche.

M. Colombat prétendait qu’avec le rhythme il guérissait la plupart des individus atteints du bégaiement labio-choréique. Ce moyen consistait & parler en écartant les commissures des lévres, de telle sorte que ces organes fussent tendus comme dans laction de rire. Le bégaiement gutturotétanique était combattu par lui & aide de la gymnastique pectorale, laryngienne gutturale, labiale linguale; cette gymnastique consistait a faire faire une légére inspiration et a refouler en méme temps la langue dans le pharynx, en portant la pointe renversée de cet organe vers le voile du palais, en méme temps qu’on écartait transversalement les commissures des lévres, comme il Vindiquait pour les variétés choréiques.

M. Jourdan indiqua, en 1843, un nouveau moyen de guérison. « Aprés une légére inspiration, dit-il, faites parler les bégues en méme temps qu’ils maintiennent les cétes soulevées et le diaphragme abaissé (dilatation de la poitrine), engagez-les & user le moins possible d’air pour la parole et a s'exprimer avec un peu plus de lenteur qu’a Pordinaire. »

La médecine opératoire dans ces derniéres années chercha a corriger le bégaiement par une opération , la résection de la base de la langue, la résection a Ja pointe, la division des piliers du palais, ’excision des amygdales. Malheureusement toutes ces tentatives n’ont eu aucun succés, et sont aujourd’hui entiérement abandonnées.

A. BLANCHET, chirurgien en chefdel’Instit, imp.des Sourds-Muets.

BEGARDS, BEGGHARDS, BEGEHARDS, BEGUINS, BEGUINES. On comprend sous tous ces noms des hérétiques , hommes et femmes, qui s’élevérent en Allemagne vers la fin du treiziéme siécle. Quelques auteurs leur donnent a tort pour chef Dulcin ou Doucin ( voy. DuLcinisTEs ). Voici quelle était leur croyance :

« Dans cette vie ’homme peut arriver 4 un tel degré de perfection qu’il sera complétement a labri de tout péché; dés lors il ne fera plus aucun progrés dans la grace. Car si un homme y avangait toujours, il deviendrait peut-étre plus parfait que Jésus-Christ. Alors donc que Von est arrivé a ce point de perfection , on ne doit plus ni prier ni jedner. En effet, les appétits des sens sont tellement subjugués par l’esprit et la raison que l’on peut céder sans danger a tous les désirs charnels. De plus, la liberté est 1a ou se trouve l’esprit du Seigneur; or, esprit du Seigneur étant avec ceux qui atteignent cette perfection des bégards , ils doivent vouloir la liberté; par suite, ils ne sont soumis ni 4 l’autorité des hommes ni aux commandements de I’Eglise. Dans cette vie, on peut obtenir, aussi bien que dans l’autre, la béatitude finale. Toute intelligence trouve son bonheur en elleméme; pour voir Dieu et jouir de lui, l’dme n’a pas besoin de lumiére de gloire. L’ame parfaite a exclu les vertus; c’est donc une imperfection que de s’exercer a leur pratique. A Vélévation du corps de Jésus-Christ , homme parfait ne doit rendre aucune marque de respect; car ce serait une imperfection que de descendre de la pureté et de la hauteur de sa contemplation pour penser a la passion et a Phumanité de Jésus-Christ ou 4 ’Eucharistie. »

Leur principal réglement était de mendier les choses necessaires ala vie, afin de pouvoir travailler exclusivement a la propagation de leurs réveries. A des ¢poques détermiaées, ils avaient des réunions, et expliquaient dans leur sens aux ignorants les Saintes Ecritures. Sans garder le célibat ni aucune observance monastique, ils portaient !habit religieux, de longues robes, de longs capuchons, ete. On les a, mais a tort, confondus quelquefois avec les va udois. Souvent ils se donnérent le nom @apdétres , et firent surtout des prosélytes parmi les femmes qu’on appela a cause de cela béguines. Us furent condamnés plusieurs fois

par les papes, entre autres par Clément V, au concile général de Vienne (1311), et rudement poursuivis depuis sous le régne de Charles }V de Lorraine et le pontificat d@’Urbain V, surtout en 1367 et 1369.

On a donné aussi quelquefois le nom de beghards , béguins et béguines aux religieux des deux sexes du tiers ordre de Saint-Frangois.

Dans les Pays-Bas, certains individus , longtemps avant Wembrasser cette régle et d’¢tre érigés en communauté reconnue, formérent des réunions dans plusieurs villes, vivant du travail de leurs mains; ils avaient pris pour patronne sainte Beggha, mére de Pepin d’Héristal, morte en 692, dans le monastére d’Ardenne-sur-Meuse (Namur ), qu’elle avait fondé. Toutefois , les bénédictins qui ont complété le Glossaire de Ducange contestent que le nom de ces béghards ou béguins vienne de sainte Beggha. Il semble beaucoup plus probable qu’il provient du prétre Lambertus Le Bégue ou Le Béghe, lequel aurait le premier fondé 4 Liége, vers l’an 1080, une institution de ce genre. A Toulouse, on les nomma bégwins, parce qu'un nommé Barthélemi Béchin leur avait donné sa maison pour les y établir. Le peuple, trompé par cette conformité de nom, leur impu(ait les erreurs des béghards et des béguins, condamnés au concile de Vienne. Mais les papes Clément V et Benoit XIf déclarérent par des bulles expresses qu’ils n’étaient nullement compris dans les anathémes lancés contre les hérétiques partis d’Allemagne.

On donnait encore dans les Pays-Bas le nom de béguines a des filles ou veuves qui, sans faire de voeux , se réunissaient pour vivre dans la dévotion : pour étre recu parmi elles , il fallait apporter seulement assez pour vivre. Elles portaient un habillement noir assez semblable 4 celui des autres religieuses , suivaient certaines régles générales , faisaient leurs priéres en commun aux heures marquées, et passaient le reste du temps 4 différents ouvrages et a soigner les malades. Elles pouvaient se retirer de la communauté et se marier; tant qu’elles restaient dans le béguinage (en basse latinité beginagium ), elles étaient tenues @obéir a leur supérieure, et étaient dirigées par un prétre qui faisait auprés d’elles les fonctions de curé. Elles se sont maintenues dans les Pays-Bas jusque vers la fin du dix-huitiéme siécle; mais le douziéme et le treiziéme siécle sont l’époque ou leurs élablissements furent le plus nombreux et le plus importants. A cette époque elles se répandirent en France et en Allemagne.

Vers le milieu du quinziéme siécle , elles étaient décriées en France pour la licence de leurs meeurs; peu a peu leur institut s’y perdit, et elles y furent remplacées par les sceurs du fiers ordre de Saint-Francois. Une ordonnance de Louis XI, du mois de mars 1479, donna a ces derniéres le monastére des béguines de Paris, connu sous le nom de Ave Maria. En 1850 une réunion de béguins fut interdite a Paris pour outrage aux mceurs.

Le lieu ot Jes béguines demeuraient en commun s’appelait bégwinage. Dans plusieurs villes des Pays-Bas il y avait des béguinages trés-vastes. A Gand il y en avait deux, le grand et le petit : le premier pouvait contenir jusqu’a huit cents béguines. Aujourd’hui encore on rencontre sur quelques points de Allemagne des béguinages ; mais ce ne sont plus que des institutions charitables, ot on recueille des femmes non mariées appartenant aux classes pauvres. Elle y sont logées pour rien, et y jouissent de quelques autres avantages. ConsultezMosheim, De Beghardis et Beguinabus ( Leipzig, 1790); Hallmann, Histoire de Uorigine des Béguines belges (Berlin, 1843 ).

BEGIN (Louts-Jacques), chirurgien militaire, président du conseil de santé des armées, commandeur de la Légion d’Honneur, est né a Liége, le 2 novembre 1793. Aufeur a un age ot) Yon étudie, il devint naturellement Pavocat des opinions et des systeines le plus en vogue 4 son époque,

étant encore trop inexpérimenté pour ne mettre sa plume qu’au service de ses pensées personnelles, Gendre de M. Fournier-Pescay , médecin érudit plutét que praticien, il devint son collaborateur pour plusieurs ouvrages, mais plus particulitrement pour le Dictionnaire des Sciences médicales de Panckoucke. Quand vint le régne de Broussais, M. Bégin fut au premier rang des disciples de ce maitre célébre , et l'un de ses partisans les plus passionnés. 1] appliqua la nouvelle doctrine a la chirurgie, et publia une Physiologie pathologique qui eut des lecteurs nombreux. Il s’occupa ensuite, de concert avec ses amis MM. Boisseau et Jourdan, A composer un abrégé systématique du grand Dictionnaire ; abrégé en quinze volumes, qui devint entre leurs mains le répertoire des opinions de Broussais. Interpréte docile et convaincu du maitre, M. Bégin néanmoins parut lui étre assez opposé en certaines rencontres, ainsi que le docteur Boisseau, pour qu’on lait considéré comme le Mé- ‘anchthon du Luther de la médecine. Se vouant ensuite plus spécialement a Ja chirurgie, il préta sa plume et l’appui de son talent au célébre Dupuytren, et ce fut sous son inspiration qu’il publia avec des annotations une édition de la Médecine opératoire de Sabatier. Ce fut lui aussi (avec le docteur Sanson) que Dupuytren, dans son testament , chargea de publier son Traité sur la Taille de Celse (gr. in-fol. avec dix planches par Jacob , 1836).

Homme actif, franc, spontané jusqu’a la brusquerie, essentiellement militaire par le caractére et le ton, ayant le don du commandement, et se conciliant des amis sans rien sacrifier de sa nature, il a su faire son chemin sans paraitre briguer ni flatter. Chirurgien sous-aide en 1812, il gagna ses éperons dans les derniéres campagnes de l’empire, et fut promu de grade en grade dans différents hépitaux militaires. Il était professeur de médecine opératoire a la faculté de Strasbourg et chirurgien en chef de ’hdépital militaire de cette ville, quand il fut nommé, en mai 1840, chirurgien en chef du Val-de-Grace. Deux années aprés, le baron Larrey étant mort, on le trouva digne de lui succéder au Conseil de santé des armées, sa place active du Val-de- Grace se trouvant dévolue au docteur Baudens. Esprit droit et adroit, M. Bégin sait parler, écrire, opérer, discuter et convaincre, ce qui n’est pas un petit mérite. Isid. BourDon.

Tl est mort le 10 avril 1859, en Bretagne.

BEGLERBEG ou BEYLERBEY, mot ture formé de beg ou bey, et de begler ou beyler, quien est le pluriel. Il signifie done prince des princes, seigneur des seigneurs. C'est le titre que prennent en Turquie les gouverneurs des grandes provinces ( Beilerbeilik), ayant sous leurs ordres plusieurs begs, aghas, etc. Comme signe distinctif de leur dignité , ils portent trois queues de cheval et ont droit aux honneurs du ¢ebl-alem, c’est-d-dire qu’a V’instar du grand vizir ils peuvent se faire précéder dans leurs promenades d’un certain nombre de fifres et de tambours. Les gouverneurs de la Roumélie (chef-lieu, Sophia ), de l’Anafolie (chef-lieu, Kutayeh ) et de la Syrie (chef-lieu, Damas ) sont surtout ceux qu’on qualifie de beglerbegs, et ce n’est généralement que par flatterie que les autres pachas a trois queues regoivent de leurs courtisans, dans le chef-lieu de leur gouvernement, le titre de beglerbeg. A la cour du grand seigneur on ne les appelle que desdur meukerrem ( plénipotentiaires ). En effet, ils ant seuls, aprés le grand vizir, le pouvoir de publier et de faire exécuter dans les pays soumis a leur juridiction les firmans impériaux. Chacun d’eux 4 aussi sa petite cour sur le mame pied que celle du sultan. Une partie de ces beglerbegs ont un revenu assigné eur les villes, bourgs et villages de leur gouvernement ; les autres ont pour traitement une rente qui leur est payée dans leur résidence par les trésoriers de |’Etat.

BEGONIA, genre de plantes tropicales formant la famille des bégoniacées, et qui tire son nom de Begon, intondant de Saint-Domingue, Elles sont annuelles ou vivaces,

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