‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 461 sur 488 · BELL — BELLAMY · texte numérisé non relu

BELL — BELLAMY

houquet de grandes fleurs, d’abord presque blanches, puis incarnates , enfin d’un rose tendre , d’une odeur douce, approchant de celle de la jacinthe; enfin, la belladone des Jardins, afropa bella donna, & laquelle nous allons consacrer quelques lignes.

Cette plante, de la famille des solanées, a acquis une triste célébrité par un grand nombre d’empoisonnements. De cette nature malfaisante lui est venu son nom d’atropa, emprunté 4 la parque Afropos. Elle a di celui de bella donna a une propriété plus innocente : les Italiens retirent de son eau distillée une espéce de fard propre a entretenir la blancheur de la peau.

Il y a diverses espéces de belladones, Celle qui croit spontanément en Angleterre, en Allemagne ef dans la France septentrionale, habite particuli¢rement les lieux les plus bas et les plus ombragés des bois; elle porte, 4 1™,30 ou 1™,60 de hauteur, ses tiges droites et robustes; ses fleurs en forme de cloche sont d’un brun violet trés-obscur. Toutes les parties de la plante renferment le principe yénéneux ; mais c’est surtout dans les baies noires dont elle se charge que réside le danger, car elles séduisent par leur aspect vulgaire et leur saveur légérement sucrée. Malheur a Yenfant qui les godte imprudemment! les effets en sont prompts et terribles. Chez les uns, c’est un délire stupide comme celui de livresse ; chez les autres, ce sont des convulsions poignantes, ef, chez tous, ces symptémes ménent a la mort si l’on ne se hafe d’avoir recours a de puissants vomitifs : les médecins recommandent en outre l'emploi des acides , et surtout du suc de limon et du vinaigre.

Le principe vénéneux de la belladone peut en étre séparé sous forme d’une matitre cristallisée, incolore, douée de réactions alcalines, et susceptible par conséquent de se combiner avec les acides. Brandes lui a donné le nom d’atropine.

Par une sorte de compensation, pour les malheurs qu’elle oceasionne, la belladone fournit quelques secours a la thérapeutique. Ses fruits, adoucissants et résolutifs, servent a la composition d’une pommade utile dans les affections hémorroidales et cancéreuses. Quelques gouftes d’une infusion de belladone introduites dans l’ceil font instantanément élargir la pupille : on a fait de cette singuliére propriété une trésheureuse application a l’opération si délicate de la cataracte. En ayart soin de paralyser momentanément I'ceil par ce moyen, on peut entamer la cornée ef parvenir jusqu’d la capsule du cristallin sans craindre de blesser J’iris. Ces fruits, & la fois si dangereux et si utiles, ont encore un emploi dans les arts : par leur macération, on obtient une belle couleur verte, recherchée des peintres en miniature. (Bercioux , Etude sur la belladone ; 1858, in-8.)

BELLAMY (Jacques), célébre poéte hollandais, né le 12 novembre 1757, a Flessingue, et mort le 11 mars 1786. Sa mére, demeurée veuve de bonne heure, se vit réduite par la misére a le mettre en apprentissage chez un boulanger. Le pasteur Water, ayant eu occasion de voir quelques informes essais de sa muse encore bien inculte, fut frappé des dispositions vraiment rares qu’ils annongaient. Lui et quelques-uns de ses amis s’intéressérent a cet enfant du peuple, qui demandait & la poésie des délassements ses rudes travaux; ils se cotistrent pour lui fournir les moyens de perfectionner par I’étude les heureux dons qu’il tenait de la nature, et, grace 4 leur généreux appui, Bellamy, alors Agé de vingt-deux ans, put commencer des études classiques. En 1782 il alla & Utrecht étudier la théo- Jogie.

La fermentation des esprits qui régnait alors dans sor pays, les violentes discussions qui s’élevérent & Utrecht relativement a administration communale, et surtout son séjour dans la maison d’un des démagogues les plus exaltés de cette époque, furent autant de circonstances qui contribuerent puissamment a surexciter chez lui le sentiment patriotique, déja trés-prononeé, et a développer son imagination.

BELLAMY — BELLANGE

Aux poésies le plus généralement sentimentales et anacréontiques publiées en 1782 4 Amsterdam, sous le pseudonyme de Zelandus et le titre de Gezangen mijner jeugd (chants de ma jeunesse ), ilne tarda pas a joindre, toujours sous le méme nom demprunt, des Vaderlandsche Gezangen ( chants patriotiques ), ceuvres brilantes d’enthousiasme , puis d’autres Gezangen, dune nature plus sérieuse que les premiers, plus calmes aussi que les seconds, supérieurs a tous égards 4 ses premiéres productions , mais ot domine le triste pressentiment qu’a déja le poéte de sa fin prochaine. Une édition choisie des poésies de Jacques Bellamy a été publiée a Haarlem en 1816, et réimprimée en 1826 ; mais, circonstance assez bizarre , |’éditeur a précisément omis d’y comprendre la plus célébre et la plus charmante des productions poétiques de Pauteur, son conte poétique intitulé Roosje ( Rosette ), qui fut publié dans les Proeven voor het verstand , den smaak en het haré (Utrecht, 1784).

C’est 4 Bellamy et 4 Al phen, au premier surtout, que la littérature hollandaise est redevable d’avoir été arrachée a ’état de somnolence et de torpeur ou elle était depuis si longtemps plongée. Indépendamment de Jinfluence que purent exercer sur le talent de Bellamy la fréquentation @hommes instruits et la conversation spirituelle de ses condisciples 4 Vuniversité d’Utrecht, on reconnait aussi celle de la littérature allemande dans ses ceuvres, qui rappellent souvent celles de Gleim et de Helty. Il est a regretter toutefois qu’il ne se fat pas assez familiarisé avec les classiques anciens. Bellamy introduisit avec beaucoup de bonheur le vers blanc dans la poésie hollandaise; seulement il est facheux qu’une tentative qui lui avait si bien réussi ait proyoqué tant et de si malheureuses imitations.

Bellamy publia aussi quelques dissertations critiques en prose dans le Poetischen Spectator ( Amsterdam, 1784 ).

BELLAMY (Miss Anne-Georcette), célébre actrice anglaise, née 4 Londres, en 1735, morte vers 1800, était fille naturelle, mais reconnue, de lord Tirawley. Une circonstance qui l’honore la priva de l’appui de son pére. Celuici, peu satisfait de la conduite tenue par la mére de miss Bellamy, Vavait éloignée. Touchée de pitié pour sa mére, la jeune fille, malgré ’'expresse défense de son pére, alla partager la demeure et lamisére de sa mére. Dans sa fureur , lord Tirawley lui retira ses bienfaits, etne s’occupa plus d’elle.

Liée avec des actrices, actrice elle-méme, cette mére dés ce moment youa sa fille 4 la scéne, sur laquelle, d’ailleurs, semblaient l’appeler les plus brillantes dispositions. Une figure moins réguliérement belle qu’expressive, un jeu animé de toute la chaleur d’une 4me tendre , une voix touchante, mélodieuse , dans laquelle la nature avait mis des larmes, tels furent les avantages qui lui valurent V’appui de Sheridan, de Smollett, de Thomson, de Garrick, et de Rich, le directeur du théatre de Covent-Garden, qui l’admit dans sa troupe. Ses succés furent brillants ; ils séduisirent jusqu’au célébre Kean , d’abord prévenu contre elle, et lui assurérent de puissants protecteurs, Henry Fox, entre autres, grand ministre , grand orateur, qui devint son ami. A cette faiblesse elle en ajouta bien quelques autres; mais jamais V’intérét ne fut le mobile de ses actions, et ce fut toujours A son coeur qu’elle céda. C’était dans toute I’étendue de expression une bonne personne, n’écoutant que les impulsions de son coeur , sans souci du lendemain , abiinée de dettes , en faisant tous les jours de nouvelles , donnant tout ce qu’elle possédait, dévouée a ses amis, courant les grands chemins , se faisant parfois de la morale 4 elleméme et n’en profitant jamais , parce que les occasions de faillir n’étaient pas assez rares.

De longues maladies, un funeste accident, attristérent la fin de ses jours. Retirée forcément du théatre, cette femme, qui en avait été la reine, se vit réduite a solliciter la compassion des directeurs pour quelques représentations a bénéfice. Cette ressource épuisée, elle en trouva une autre

dans la publication de ses Mémoires, écrits avee beaucoup de naturel, et qui parurent 4 Londres en 1784. Quatre éditions en furent rapidement épuisées. Néanmoins les secours de ses fils et la générosité de la duchesse de Devonshire furent nécessaires au soutien de ses derniers moments.

Une traduction un peu abrégée de ses mémoires fut publiée en France en 1799 par Benoist. Elle a reparu en 1822 dans la collection des Mémoires dramatiques, oii elle est précédée @une spirituelle notice de M. Thiers, qui en était alors & ses débuts dans la littérature.

BELLANGE (Hipporyte-Josepu). Dans Vatelier de Yimmortel auteur des Pestiférés de Jaffa, on a vu la méme année Charlet, Delaroche , Roqueplan, Marochetti , Eugene Lami, Robert Fleury, Bonnington, Belloc, Decaisne, Bellangé, etc. Si le style est Thomme, yous connaissez Hippolyte Bellangé en étudiant ses ceuvres. I] ne tatonne pas, lui; il voitdu premier coup d’eil le genre qui convient a son pinceau ferme et téméraire; il se jette avec amour, avec audace, dans Ja route qu’il vient de s’ouvrir, et le voila rival des plus habiles, voyageant a cdté des Horace Vernet et des Charlet, ces deux gloires d’une école dont Raffet aussi a sa belle part 4 revendiquer.

Sil est vrai que ’enfance de homme se refléte dans un dge plus avancé , Hippolyte Bellangé devait étre un peintre de batailles. Il n’a jamais pu, dés qu’il a eu la force de diriger une plume ou un crayon, dessiner une téte sans Yorner @un colbak , d’un schako et d’une florissante paire de moustaches. I] plagaitdes moustaches sur les lévres des mamans, des bambins et des petites filles. Quant aux yeux, ils n’étaient jamais assez flamboyants : il aurait cru se rendre coupable d’une grande faute, s’il n’avait point placé a cOté @un berceau, d'un ange ou d’une madone, des fusils, des canons et une croix d’honneur.

Plus tard, quand la passion fut devenue un raisonnement, Bellangé se montra philosophe, citoyen et peintre a la fois : son soldat a une pensée, cette pensée est une douleur ou une gloire. Personne autant que lui, Charlet excepté, ne dota ses héros de plus de calme, de résignation, de grandeur, de patriotisme; et lorsque pour se reposer du bruit des camps il jetait sur la toile‘quelqu’une de ces seénes populaires qui ont fait de lui un peintre a part, vous comprenez que ces visages frais et arrondis de paysans, ces douces et touchantes physionomies de jeunes filles et de méres , ces cabanes paisibles dont tous les détails disaient si bien le travail et le bonheur, n’étaient pour notre Bellangé qu’une halte momentanée au milieu des fatigues des camps et des périls de la guerre.

Ses soldats , 4 lui, marchent, se mélent, se heurtent, se battent pour se tuer. Ce n’est plus un jeu od I’on se pose en gladiateur, ou l’on frappe en mesure, ov l’on tombe avec grace; c’est une mélée horrible , ce sont de larges estafilades sur des fronts ouverts, c’est le carnage, c’est le deuil, cest la sanglante lutte avec toute son escorte de rales et d’angoisses. Vous entendez résonner le tambour, sonner la fanfare , et ’écho vous répéte la voix sonore du canon qui fait de profondes trouées dans les rangs. Ne demandez point 4 Bellangé une page de nos annales ou l’honneur de la France a été compromis : il brisera sa palette el ses pinceaux, il répudiera son art, il se voilera la face. Ses pages sont un précieux album qui garde avec amour tout ce qui fait la gloire et la grandeur de son pays.

On batirait un palais avec les pierres lithographiques qu’il a couvertes de son crayon spirituel, coquet et chatoyant. Il n’y a point de galerie d’amateur ou d’artiste qui ne garde précieusement quelques-unes de ses aquarelles si fraiches, si harmonieuses , si délicates 4 la fois; quant 4 ses grands tableaux, qui aime la peinture les connait, qui aime notre gloire les admire. Ce sont de larges créations, que la téte sans le cceur ne saurait enfanter; l’4me ne peut rester tiéde

en présence des belles toiles de celui qui compte quelques rivaux , mais A qui on ne donne point de vainqueur.

Le Retour de Utle d’Elbe, le Combat d’ Anderlecht, la Visite du curé, la Prise de la lunette Saint-Laurent , PEntrée des Francais & Mons , le Lendemain de la bataille de Jemmapes, la Bataille de Fleurus, le Passage du Mincio, le Combat de Landsberg , la Lutte militaire, le Duel sous Richelieu, le Coup de Vétrier, le Porte- Drapeau de la république, la bataille de Wagram, la Lecture, un Episode de la bataille de Friedland, telles sont x peu prés les premidres et mémorables pages qui firent grandir la réputation de Bellangé; puis vinrent a Sommo- Sierra, la Prise du Teniah de Mouzaia, si chaude, si patpitante, si dramatique , qui clouait la foule en face de ce beau cadre a l’exposition de 1841; puis la Bataille de la Corogne et celle d’Ocana, dont le musée de Versailles s’est enrichi. Jacques ARAGO.

Dans les derniéres années cet artiste a exposé : en 1850, le Bon curé et la Prise de Zaatcha; en 1852, un Episode de la retraite de Russie; en 1855, la Bataille de ’ Alma et la Ronde de nuit; en 1857, les Embuscades russes ; en 1859, un Episode de la prise de Malakoff; en 1861, un Carré dinfanterie ; en 1863, la Bataille de Magenta, La gravure a reproduit plusieurs de ces tableaux.

Bellangé, né le 17 janvier 1800, a Paris, est mort dans cette ville le 12 avril 1866.

BELLARMIN (Rosent), cardinal, archevéque de Capoue, naquit a Montepulciano en Toscane, le 4 octobre 1542. Sa mére, Cinthie Servin, était sceur du pape Marcel II. Entré dans la compagnie de Jésus a l’dge de dix-huit ans, Bel- Jarmin s’annonga par une supériorité d’esprit si extraordinaire qu’en peu de temps il fut autorisé 4 précher avant méme qu'il edt été promu a ordre de prétrise.

L’kglise comptait alors beaucoup de prédicateurs renommés : Bellarmin s’éleva au-dlessus de tous, sinon par l’éloquence, du moins par une érudition immense, et une logique d’autant plus puissante qu’elle aborde toujours avec une entiére franchise les objections les plus fortes, sans jamais rien déguiser de leurs conséquences et de leur portée. Ce fut & Louvain qu’il commenga ses prédications, Elles y attirérent une foule de protestants d’Angleterre et de Hollande, qui firent ce voyage pour le seul plaisir de l’entendre. A Mondoyi, 4 Florence, & Padoue, ses sermons produisirent le méime effet sur les esprits et attirérent la méme affluence. Vers ’année 1576, aprés son retour 4 Rome, il fut appelé par Grégoire XIII pour enseigner la controverse dans le nouveau collége que ce pontife avait fondé. Il accompagna en France (1590) le cardinal-légat Henri Cajetan, avec mission d’y soutenir la controverse contre les protestants de ce royaume.

Bellarmin fut fait cardinal en 1598 , puis archevéque de Capoue en 1601. Paul V layant fixé 4 Rome par la place de bibliothécaire du Vatican, il résigna consciencieusement son archevéché, ou il ne pouvait plus siéger. A cette occasion, il recut de la ville de Capoue les témoignages du plus vif regret. Deux fois, dans le conclave, on fut sur le point d@éleyer ce célébre cardinal au tréne pontifical, mais la crainte de tomber sous la domination des jésuites détourna deux fois le choix du sacré collége. Bellarmin mourut le 17 novembre 1621. Ses nombreux et savants écrits l’ont placé au rang des plus célébres controversistes. Les jésuites ont souvent sollicité, mais sans succés, la canonisation d’un homme qui avait jeté un si vaste éclat sur leur ordre. Peut étre se sont-ils trop prévalus des opinions ultramontaines de Bellarmin, Ses grandes qualités et ses vertus privées valaient mieux que sa gloire, et dans d’autres temps elles eussent pu le conduire avec plus de justice aux honneurs de la légende. Laing.

BELLART (Nicotss-Frangois). 1 ne faut point juger

Bellart d’aprés les griefs, souvent trop légitimes , que lo- °

BELLANGE — BELLART

pinion libérale a soulevés contre lui. On congoit qu'un homme honorable et généreux, mais d’une imagination vive et d’une téte peu forte, porté par une révolution 3 des fonctions difficiles, nullement faites pour lui, y coms mette beaucoup derreurs, et des erreurs trés-regrettables, sans qu’on doive cesser d’estimer son caractére et de rese pecter ses intentions. Tel est & nos yeux Bellart. L’auteur de cette notice a combattu quinze ans avec perséyérance les actes du procureur général, mais il n’hés‘te pas a rendre justice 4 Phomme ainsi qu’a Vorateur.

Bellart naquit & Paris, le 20 septembre 1761; il était fils dun charron, Son pére cependant lui fit faire de bonnes études. Sorti du co'lége, il étudia le droit sous Pigeau, son parent, fut admis au stage en 1784, et inscrit en 1788 au tableau des avocats. I] commenga par écrire des mémoires ; bientot il se livra de préférence a la plaidoirie, dans laquelle il obtint d’éminents succés. Dans le cours de la réyolution, il plaida un grand nombre de causes politiques, et fut presque toujours heureux dans ses défenses. Il rédigea un mémoire pour le général Moreau, que défendait son ami M. Bonnet. Les plaidoyers de Bellart se distinguaient par une grande chaleur d’Ame, par de nobles et dignes inspirations. Son élocution, incorrecte et parfois empreinte de néologisme, avait du mouvement, de la pompe et de la couleur. Mais dés 1804 la fatigue de sa poitrine, qu’il ne ménageait pas assez dans les combats du barreau, le forga de renoncer presque entitrement 4 la plaidoirie pour se livrer & la défense écrite. Bellart était membre du conseil municipal lors de entrée des étrangers a Paris, en 1814. Il y fit adopter l’adresse qui provoquait la déchéance de ’empereur et le rappel des Bourbons. Au 20 mars il fut excepté de l’amnistie, et dut fuir 4l’étranger. Il revint en France avec les Bourbons, et fut alors nommé procureur général prés la cour royale de Paris.

Nul poste ne pouvait moins lui convenir : l’impassibilité du magistrat était impossible 4 cette Ame ardente; d’ailleurs, froissé dans ses convictions par la réyolution et l'empire, il apportait au pouvoirles impressions de homme de parti, d’autant plus redoutables qu’elles étaient sincdres. De 14 cette violence dans le triste procés du maréchal Ney; de 1a ce systéme de rigueurs contre la presse libérale ; de la, dans mainte affaire, ces réquisitoires ot se fait trop souvent désirer la modération, condition premiére de la justice. Sur la “a. de sa carriére, Bellart fut effrayé du progrés de la ré: tion sacerdotale; c’est alors qu’il donna au roi Charles X des conseils qui ne furent point écoutés. Il mourut en 1826. Depuis 1815 il siégeait A la chambre des députés, ott son talent jeta peu d’éclat. Bellart était fait surtout pour les luttes du barreau : la, sa véhémence, ses formes dramatiques et solennelles, donnaient A son ¢loquence un haut caractére; il fut sans contredit Je plus éminent des orateurs judiciaires de son époque; le magistrat , le député, sont restés fort au-dessous de l’avocat sous le rapport du talent. Comme procureur général, si nous faisons abstraction de la partie politique de ses fonctions , nous aurons a louer en lui un administrateur plein de désintéressement et d’intégrité, d’une noblesse d’dme peu commune, juste et paternel envers ses subordonnés. Le Barreau francais contient quelques plaidoyers de Bellart, entre autres sa défense pour M''* de Cicé , regardée comme son chef-d’euvre; les plaidoyers pour Joseph Gras, pour le médecin Rue, sont aussi des morceaux d’¢loquence fort remarquables. Les Annales du Barreau francais ont consacré un volume entier aux ceuvres oratoires de Bellar& Sa famille a fait aussi imprimer le recueil de ses ceuvres en plusieurs volumes, On lit surtout avee intérét sa correspondance : c’est celle d’un homme de bien, Bellart est au nombre de ces caractéres qui, entrés dans la carriére orageuse de la politique sans préparation suffisante et avec des passions trop vives, ont pu se tromper, médme grave-

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