BELLART — BELLEFOREST
ment quelquefois, mais qui, en se trompant, sont restés honorables, Saint-Albin BervILLe.
BELLARY, province de l'Inde anglaise, dans la présidence de Madras, peuplée de 1,300,000 ames. Son cheflieu, nommé aussi Bellary, compte plus de 30,000 habitants et une forte garnison; de bonnes routes le mettent en communication avec Belgaoum, Bangalour, Haiderabad et Madras. :
BELLE (frrenne pe La). Voyes Betta (DELLA).
BELLE-ALLIANCE, nom d'une petite ferme, située dans le Brabant méridional, et par lequel les écrivains militaires prussiens ont longtemps désigné la bataille de Waterloo,
BELLEAU (Rem), né a Nogent-le-Rotrou, en 1528, mort & Paris en 1577, un des sept poétes qui composaient la Pléiade francaise de Ronsard, avait été précepteur de Charles de Lorraine, duc @’Elbeuf, général des galéres de France, qui 'emmena en Italie, lorsqu’il alla faire en 1557 son expédition de Naples. Belleau a traduit du grec, et en vers, Aratus et Anacréon; il a composé un grand nombre de poésies, une bergerie, une pastorale a limitation des Italiens, et une comédie. Il avait été lui-méme acteur dans les pieces de son ami Jodelle. Un poéme macaronique sur les guerres des huguenots le fit soupgonner de calvinisme. Les vers de Belleau ont de la douceur, de la grace, et une facilité parfois trop abondante. Aujourd’hui oubliées, ses poésies étaient fort estimées de son temps, surtout son Traité des Pierreries, qui lui yalut Vépitaphe suivante de Ronsard, qu’on lisait sur son tombeau, a Notre-Dame de Paris :
Ne taillez, mains industrieuses, Des pierres pour couvrir Belleau ; Luy-mesme a bati son tombeaa Dedans ses Pierres précieuses,
Belleau était sourd. Ronsard l’appelle le peintre de la nature ; et Pasquier, !Anacréon de son siecle. °
BELLE-DAME. Voyes Arrocue et BELLADONE.
BELLE-DE-JOUR. Cest lenomvulgaire du liseron tricolore ( convolvulus tricolor, Linné ), connu aussi sous les noms de lisef ou liseron de Portugal : ce dernier noin indique la contrée d’ou cette plante est originaire. La bellede-jour, appartenant a la famille des convolvulacées, ‘occupe dans nos jardins un rang distingué parmi ses congénéres. On Vobtient en semant ses graines en ayril et en mai. Ses fleurs nombreuses, en forme d’entonnoir évasé, assez grandes , jaunes dans le fond, d’un beau bleu de ciel sur les bords, blanches dans le reste de leur ¢tendue, quelquefois panachées ou tout a fait blanches, se montrent ordinairement dans été; cependant, en retardant l’époque de la semaisun, on peut obtenir des fleurs en automne et méme en printemps. On en forme des touffes @un effet trésagréable, dont la hauteur varie de 30 a 40 centimétres. La belle-de-jour demande une terre légére et une exposition chaude.
BELLE-DE-NUIT. Tout le monde connait la bedlede-nuit du Pérou ( mirabilis jalapa, Linné ), dont les fleurs sont blanches, rouges, jaunes ou panachées, et présentent la particularité de ne s’épanouir qu’aux approches de la nuit. C’est une plante bien faite, qui a un beau feuillage, de belles et nombreuses fleurs. On la voit partout, dans les petits jardins de Paris, sur les terrasses, dans les cours, dans les encaissements des croisées, eu sa forte constitution lui permet de supporter toutes les privations darrosement imposées aux plantes employées pour ces sortes dejardins. On la voit avec un égal plaisir dans les jardins de toutes grandeurs et dans les parcs, ou, prenant tous ses développements, elle fait un grand effet. Ce serait une erreur de croire que les racines de belle-de-nuit soient ceiles qui produisent le jalap, médicament fort connu et trés-souvent employé, ce dernier étant au contraire le produit d’un convolvulus (voyes Lisexon ) ; néan-
moins, les racines de belle-de-nuit ne sont pas tellement innocentes qu’on doive les laisser 4 la disposition des enfants, ni sous la dent des animaux. Les racines de bellede-nuit contiennent, ainsi que les graines de cette plante, une matiére féculente , blanche, trés-abondante , qu’il serait sans doute utile de séparer du principe acre dont elle est accompagnée. La belle-de-nuit et ses variétés se multiplient par leurs graines, qu’on séme au printemps sur couche, et en pleine terre si la saison est avancée et la terre un peu échaulfée; on la multiplie aussi par ses racines, qu’on peut arracher en automne, garder a la cave et replanter au printemps; mais ce procédé nest presque jamais employé , et l’on préfére celui de la multiplication par graines.
La belle-de-nuit & lonyues fleurs ( mirabilis longi- Jlora, Linné ) est originaire du Mexique. Si les fleurs de cette belle-de-nuit sont moins brillantes que celles de la belle-de-nuit ordinaire; si les tiges penchées et diffuses de la belle-de-nuit du Mexique lui 6tent quelque chose du port noble des belles-de-nuit inodores, elle n’en est pas moins trés-recherchée pour ses fleurs blanches disposées en longs tubes de 13 centimétres, qui exhalent l’arome le plus suave, un parfum délicieux, ayant de Vanalogie avec celui de la fleur de ’eranger, mais beaucoup plus agréable. Les racines et les semences de cette plante contiennent les mémes principes que celles de la belle-de-nuit ordinaire. Ses fleurs ne souvrent également qu’aux approches de Ja nuit, et les procédés de multiplication sont les mémes que ceux de Ja belle-de-nuit ordinaire.
Le genre mirabilis contient encore quelques espéces qui ont peu @intérét pour Phorticulteur. Le croisement des deux précédentes donne une variété hybride qui est trés-recherchée. C. ToLiarp.
BELLE-D’ONZE-HEURES , nom vulgaire de l’ornithogalum umbellatum. Elle doit son nom a cette particularité, que c’est & onze heures du matin que ses fleurs s’épanouissent. Voyes ORNITHOGALE.
BELLEFOREST (Frangois pe), né a Sarzan , dans le comté de Comminges, en Guienne, en 1530, mort a Paris, en 1583. La reine de Navarre, sceeur de Francois 1°", prit soin de son enfance. Destiné au barreau, il étudia a Bordeaux et a Toulouse sousles plus célébres professeurs de droit, se dégodta de leurs lecons, et vint 4 Paris, ou ilse lia avec Baif et Ronsard. Prosateur plus que médiocre et versificateur détestable, il a publié en 1 volume in-folio Histoire des neuf Rois de France qui jusque alors avaient porté le nom de Charles; et ona fait paraitre de lui en 1600, en 2 vol. in-fol., les Annales ou UV Histoire générale de France, jusqu’en 1574, Cet ouvrage a été continué par Gabriel Chapuis jusqu’en 1590. Nommé par Henri ILL historiographe de France, Vinfidélité de ses récits lui fit perdre cetle place, et il se mit aux gages des libraires. « Il avait, dit Duhaillan, des moules dans lesquels il jetait des livres nouveaux. » II travaillait ordinairement pour plusieurs éditeurs ala fois; mais fidéle aux engagements qu’il avait contractés, il ne manquait jamais de livrer sa marchandise au jour et a l'heure convenus. Cette exactitude, qui était son seul mérite, lui assurait de nombreuses pratiques. LI faisait vivre sa famille avec ses ouvrages, qui sont au nombre de cinquante, la plupart in-folie. A force d’en rassasier le public, il se fit une certaine réputation. Outre les livres ci-dessus mentionnés, on a de lui une Cosmographie, fort indigeste , et qui n’est qu’une compilation maladroite de celle de Munster; les Histoires tragiques extraites des wuvres italiennes de Bandel (voyez BanpeLio) ef mises en langue
SFran¢gaise, les six premieres par Boaistuau, les sui-
vantes par Belleforest, 1580, 7 vol. ; les Histoires prodigieuses extraites deplusieurs fameux auteurs grecs et latins, par Boaistuau, C. de Tesserant, R. Heyer, Jean de Marconvelle et Belleforest, 1598, 6 tomes, etc., etc.
On aurait pu appliquer a Belleforest beaucoup mieux qu’au pauvre Colletet le reproche d’aller mendier son pain de cuisine en cuisine. Il composait des sonnets 4 tout venant pour quiconque lui donnait a diner ou a souper. Ila sans doute fait gratis pour son collaborateur Boaistuau de Launai un sonnet qui se termine par ce double tercet :
Kt quei que des saints vers des Grecs , Latins, on die, Et qu’on loué , sans prix, d’eux tous la tragédie,
La prose de Launai nonobstant les surmonte.
Car, espandant le sang, privant de |’Am’ les eorps,
Il accorde si bien des nombres les discords,
Que sa prose tragique aux vers tragiqu’s fait honte,
BELLEGARDE, forteresse appartenant a la France, sur les frontiéres de l’Espagne, dans le département des Pyrénées-Orientales, sur la route de Perpignan 4 Figueras et le passage conduisant du col de Pertus a Vest, au col de Panizas a l’ouest. En 1285 les Francais , aux ordres de Philippe III, y furent battus par le roi d’Aragon Pierre III. Aprés la paix de Nimégue, Louis XIV fit construire 14 une forteresse réguliére 4 cing bastions.
Au début des guerres de la révolution, les environs de Bellegarde furent le thédtre d’engagements assez sérieux, a la suite desquels les Espagnols , aux ordres du général Ricardos, vinrent mettre le siége tout a la fois devant Bellegarde, Collioure et Port-Vendre, au mois d’ayril 1793; et ils le poussérent avec la plus grande activité, une fois qu’ils se furent emparés du camp de Boulou. Sommé de se rendre, le gouverneur de Bellegarde répondit qu’il se défendrait tant que les murs de sa citadelle seraient en bon état. On continua donc & se canonner de part et d’autre avec d’autant plus de vigueur que les Espagnols ne pouvaient songer 4 pénétrer plus avant dans le Roussillon , tant quils ne seraient pas maitres de cette place; et que de leur cété les Frangais faisaient tous leurs efforts pour la ravitailler. De nouvelles batteries furent établies par les Espagnols, et bientot les murailles de Bellegarde offrirent de larges bréches. La garnison manquant tout 4 la fois de vivres et de munitions, il fallut bien songer a capituler ; et le {4 juin, aprés quarante jours de bombardement, elle obtint tous les honneurs de la guerre. L’arrivée de Dugommier sur le thédtre des opérations: en tarda point a changer la face des choses, Il contraignit les Espagnols a rentrer sur leur territoire, et investit & son tour Collioure, Saint-Elme et Bellegarde. Les deux premiéres de ces places tinrent peu ; mais youlant conserver la troisiéine dans un bon élat 4 la France, il s’abstint d’en pousser le siége avec vigueur, se contentant de la bloquer en attendant que la famine contraignit ’ennemi a la lui abandonner. Tous les efforts tentés par l’armée espagnole pour faire lever ce blceus furent inutiles. Battue par Augereau a Saint-Laurent de Moulga, elle n’eut plus aucun espoir de secourir Bellegarde. Toutefois, la garnison tint bon jusqu’au 17 septembre; mais alors le marquis de Valsantaro, gouverneur espagnol , se vit réduit 4 parler de capitulation. Dugommier exigea que les Espagnols se rendissent a discrétion, et le lendemain il entrait dans la place, oi il trouva soixante bouches & feu et quarante milliers de poudre.
BELLEGARDE, ancienne famille, d’origine lamande, qui vint par la suite s’établir en France et en Savoie, et dont plusieurs membres se distinguérent au service des Pays-Bas, du roi de France, du duc de Savoie, de |’électeur de Saxe, et surtout 4 celui de l’empereur.
BELLEGARDE (Rocer pz SAINT-LARY pe), maréchal de France, né vers le commencement du seiziéme siecle , mort en 1579, avait d’abord ét¢, comme cadet, destiné A VE glise; mais sa nature le portait vers le métier des armes, et il ne tarda point A l’embrasser. Il aceompagna son grand-oncle le maréchal de Termes en Piémont, et s’y distingua. De retour en France, aprés la mort du maréchal, ll parvint, grace & la protection d’un de ees Ltaliens qui