B. SARRANS
BELLIEVRE (Pompone ve), chancelier de France, né a Lyon, en 1529, était fils de Claude de Belliévre , conseiller-échevin de cette ville, puis premier président au parlement de Grenoble. Il fit ses études 4 Toulouse et 4 Padoue, et fut nommé a son retour conseiller au parlement de Chambéri dans la Savoie, alors au pouvoir des Francais. Il exercait la charge de lieutenant général au bailliage de Vermandois, lorsque Charles IX, aprés la restitution de la Savoie, Fenvoya en ambassade vers les Suisses et les Grisons. Il suivit en Pologne le duc d’Anjou, et fut fait par ce prince, devenu roi de France, surintendant des finances en 1575. L’année suivante il se rendit auprés d’Elisabeth d’Angleterre, pour la détourner d’attenter 4 la vie de Marie Stuart. Ses habiles négociations lors du traité de Vervins lui acquirent la faveur de Henri IV, qui lui confia les sceaux. Il les remit en 1605, mais en conservant Ja présidence du conseil, et mourut le 5 septembre 1607.
BELLIEVRE ( Pompone II pe ), petit-fils du précédent, et neyeu d’Albert et de Claude de Belliévre, archevéques de Lyon en 1594 et 1640, fut pourvu de la charge de president a mortier au parlement de Paris, par la démission de Nicolas, son pere. Aprés avoir été chargé de plusieurs ambassades, dont l'une en Angleterre et Pautre en Hollande, il fut élevé par Louis XIV a la dignité de premier président
DICT, DE LA CONVERS, — T. Us
au parlement de Paris, en 1651. Il mourut six ans aprés, regretté de tous et béni des pauvres, pour lesquels il avait provoqué et entrepris l’établissement d’un hopital général, C’était le dernier rejeton de la famille de Belliévre.
BELLINI, famille distinguée de peintres vénitiens, Le plus ancien artiste de ce nom dont fasse mention lhistoire est Giacomo Be.iini, éléve du célébre Gentile da Fabriano, et dont on n’a conservé que bien peu de chose. 11 mourut en 1470. — Son fils ainé, 4 qui il donna le nom de baptéme de son maitre, Gentile Bevunt, né en 1421, mourut en 1507. 11 n’existenon plus qu’un trés-petit nombre de toiles de cet artiste, mais toutes sont riches en figures. I] n’avait pas moins de mérite comme médailtiste. En 1479 il fut envoyé a Constantinople 4 Mahomet IJ, qui avait demandé un bon peintre. Il y dessina entre autres les bas-reliefs de la colonne Théodosienne, qui n’existent plus que dans ses croquis. —Son frére Giovanni Beuint, appelé aussi par abréviation Gianbellin ou Sambellin , né en 1426, mort en 1516, est bien autrement céiébre que lui. I fut le chef de Pancienne école vénitienne, et lui donna Ja direction qui I’a rendue si importante dans histoire de Vart. Les qualités par lesquelles il brille 4 un haut degré sont la chaleur de conception, la naiveté et le fini de ’exécution en méme temps que la vigueur et I’énergie du coloris. Il forma de nombreux éléves, dont les plus célébres furent le Titien et Giorgione.
BELLINI ( Vincenzo ), l'un des plus charmants compositeurs contemporains, né le 1** novembre 1802, 4 Catania en Sicile, mort le 24 septembre 1835 4 Puteaux, prés Paris, fit ses études musicales au conservatoire de Naples, et recut ensuite des lecons de composition de Tritto et de Zingarelli, Aprés avoir écrit quelques petits morceaux de musique instrumentale et plusieurs compositions religieuses, il débuta en 1824 par l’opéra d’Adelson e Salvina, sur le petit thédtre du Collége royal de Musique de Naples. Plus tard il fit représenter au théatre San-Carlo un autre opéra, intitulé Bianca e Gernando, dont le succés futtel quen 1827 on le chargea d’écrire un opéra pour la Scala de Milan. C’est a cette occasion qu’il composa son il Pirata, qui eut bientét rendu son nom célébre, méme a l’étranger. A cette ceuvre en succéda une autre, en 1828, dont le succés ne fut pas moindre, la Straniera. Toutefois celui de ses ouvrages qui contribua le plus a sa gloire fut son opéra des Montecchi e Capuletti (écrit & Venise, en 1829), moins parce que son génie y a atteint l’apogée de sa puissance de production, que parce que le sujet en est éminemment dramatique, et que Roméo est un des rdles les plus brillants que puissent souhaiter les cantatrices de tout pays et de tout rang.
Bellini donna coup sur coup aprés ces ouvrages /a Sonnanbula, Norma, Beatrice di Tenda, jusqu’au moment ov il se rendit a Paris, en 1833, et ow il put se familiariser avec un autre genre de musique italienne. Avant de commencer un nouvel opéra, il voulut d’abord étudier le gout du public parisien; puis il accepta une invitation pour Londres, ou Pattendait le plus brillant accueil. A son retour a Paris, il y écrivit Popéra i Puritani; ouvrage dans lequel Vinfluence de Vécole frangaise est visible, et qui prouve avec quelle rapidité Bellini savait s’approprier une maniére qui naguére lui était complétement étrangére , et pourtant sans emprunts directs et sans servile imitation. C’est lorsque son talent entrait dans cette phase nouvelle que la mort vint prématurément le frapper.
De tous les imitateurs de Rossini, Bellini est incontestablement celui qui a le plus d’indépendance et d’originalité. Sans doute il n’a pas la puissante originalité de Rossini, mnais en revanche on ne trouve jamais chez lui de ces négligences qui trop souvent choquent les connaisseurs dans les quvres de son devancier. I] a conservé la modulation colorée dont raffolent aujourd’hui les IJtaliens, tout en sachant éviter l’excés dans lequel est fombé Rossini; et Yornement
a chez lui bien plutét pour base l’essence méme du chant que celle de la musique instrumentale. I] semblait appelé a ramener l’opéra italien dans des voies plus savantes ; cependant ses efforts n’ont point eu de résultats durables, et ses successeurs ou en ont mal’ compris la portée, ou n’ont su que Vexagérer. Le coté par lequel Bellini ’emporte sur tous les compositeurs italiens dont il fut le contemporain, et sur Rossini lui-méme, c’est Pemploi sagement combiné des instruments, qui lui fait obtenir de grands effets d’orchestre sans tomber dans l’assourdissant fracas qu’on est quelquefois en droit de reprocher a son rival. Mais ce qui manque complétement a ses ouvrages, c'est le fini de la partie technique, quoique son dernier ouvrage témoigne déja sous ce rapport @un notable progrés. D’ailleurs l'uniformité de ses motifs et deses formes, et la sentimentalité qui de nos jours envahit Part de plus en plus, ’empéchérent de donner une vérité compléte A ses caractéres, comme aussi de développer ses situations dramatiques autant qu’elles eussent dad Vétre.
BELLINZONA ou BELLENZ, l'un des trois chefs: lieux du canton du Tessin, avec une population de 1,500 habitants, dans une ravissante contrée. Avec les chateaux construits sur les hauteurs qui la dominent a l’ouest et al'est, et avec ses hautes murailles, cette ville ferme si bien la vallée qu’on ne saurait plus y pénétrer du moment od lon prend soin de barricader la porte de Bellinzona. A l’est s‘élévent sur les rochers du Giori le castello di Mezzo et le castello Corbe, qui tombent chaque jour davantage en ruines; A l’ouest, sur un autre rocher, le Castello Grande, pourvu de deux tours et servant aujourd’hui de prison pénitentiaire et d’arsenal au canton. L’édifice le plus considérable, et aussi !’église la plus nelle du canton, est la cathédrale de Saint-Pierre et de Saint- Paul, avec une fagade en marbre et quelques bons tableaux d@autel. L’ancien couvent des Augustins, oi Pon remarque une vaste et belle salle, est aujourd’hui le siége du gouvernement. I] existe en outre divers autres couvents a Bellinzona. La digue en pierres, longue de 800 métres, qui protége la ville contre les inondations du Tessin, est une construction remarquable. Détruite en partie en 1829, elle a été depuis lors réédifiée et prolongée. Un pont long de 238 métres et large de 21, construit en pierres de taille de granit et a dix arches, sert a y passer le Tessin.
Bellinzona est d’une grande importance militaire en raison de sa situation. Elle est la clef de diverses routes qui viennent s’y croiser ou situées A peu de distance : par exemple, de la route du Saint-Gothard , de la route yvenant de Locarmo, de celle conduisant au mont Bernhardin , laquelle se croise avec la route du Splugen au bourg de ce nom, dans le canton des Grisons. La proposition faite 4 diverses reprises de fortifier Bellinzona fut encore une fois repoussée en 1846; mais les événements militaires qui se sont accomplis récemment en Italie doivent nécessairement avoir fait comprendre aux autorités militaires de la confédération toute l’importance stratégique de ce point, que la nature a déja fortifié en partie.
BELLMANN (Cuarves-Micnex), poéte suédvis , né a Stockholm, le 4 février 1740, secrétaire de la cour a partir de 1775, mort le 11 février 1795. Il s’essaya d’abord dans la poésie religieuse , traduisit les fables de Gellert, et écrivit aussi quelques ouvrages dramatiques. Cependant son véritable talent poétique ne se développa que lorsqu’il eut atteint lage de vingt-cing ans. C’est dans de joyeux banquets qu’il composa ses meilleures productions; et comme elles sont @une nature toute particuliére , on ne saurait les comparer & rien d’analogue en poésie. Le sujet ordinaire en est le vin et l'amour, mais elles contiennent aussi le plus souvent des descriptions lascives et obscénes accusées avec la plus grande énergie W’expression, et empreintes d’un charme poétique qui se comprend plus aisément qu’il ne s’explique. 1 arrivait souvent A Bellmann @improviser ses chants en s’accompagnant de la guitare, et le talent mimique dont il était doué & un haut degré ne contribuait pas peu & leur donner