BENEDICTION — BENEDICTION NUPTIALE
jets bénis par eux, auxquels la dévotion attache une plus: haute valeur, tels qu’agnus Dei, chapelets, médailles, etc, La rose d’or est d’un prix bien supérieur encore. Les bé nédictions que donnent le souverain pontife , les cardinaux, les évéques, les nonces apostoliques, consistent généralement dans le signe de la croix. Trois fois par an, du haut du balcon de Saint-Pierre, le pape donne solennellement sa bénédiction urbi et orbi, & la ville et au monde. Cette cérémonie a lieu le vendredi saint, te jour de Paques et le jour de Ascension. Elle se pratiquait jadis suivant la formule mosaique.
Dans les églises protestantes Voffice religieux se termine par la bénédiction dont Moise avait prescrit les paroles ; elle est, en certains pays, accompagnée du signe de la croix. Les ministres protestants prononcent en d’autres cas des bénédictions en imposant les mains, par exemple pour les mariages, pour la consécration des pasteurs, pour la confirmation des catéchuménes, pour Je baptéme des enfants. Mais ces bénédictions ne s’adressent jamais qu’aux personnes. Dans les églises catholique et grecque la bénédiction au contraire se prononce sur les personnes et sur les choses.
BENEDICTION NUPTIALE. Nous entendons désigner par ce nom cetle cérémonie du culte catholique par laquelle un homme et une femme déja mariés civilement sont mariés chrétiennement, et sans laquelle il n’y a pas de mariage aux yeux de I’Iglise. Les lois actuelles de France (Code pénal, art. 199 ) défendent aux prétres de procéder & la bénédiction religieuse sans avoir acquis la preuve légale que le mariage civila été préalablement accompli. ElJes considérent ainsi cette bénédiction comme Vaccessoire du mariage, et ne pouvant en aucun cas en produire les effets. La loi religieuse, de son cdété, forcée matériellement d’obéir jusqu’a un certain point a la loi civile, en ce sens qu’elle attend le mariage opéré par le magistrat pour procéder 4 la bénédiction nuptiale, n’en considére pas moins cette bénédiction comme constituant le mariage lui-méme, auquel !’acte civilest incapable, selon elle, d’ajouter ou d’en lever la moindre valeur, Ainsi, selon qu’on se pose comme prétre catholique ou comme magistrat civil frangais , Pacte constitutif du mariage est différent : pour le premier, il résulte de la bénédiction nuptiale; pour le second, de l’engagement sanctionné et réglé par la Joi; et c’est de ces deux divers points de yue que sont jugés par l'un et par l’autre tous les caractéres, toutes les suites du mariage, comme sa durée absolue et relative et I’état social des enfants. Pour les catholiques, les enfants nés avant la bénédiction nuptiale sont illégitimes, méme apres le mariage civil; pour le magistrat frangais, les enfants seraient illégitimes sans mariage civil, méme aprés la bénédiction nuptiale. L’Eglise n’admet jamais d’autre dissolution du mariage que celle qui est causée par la mort naturelle de l’un des époux ; tandis que ?Etat en France admet la dissolution dans plusieurs cas, comme dans celui de mort civile et de divorce établi par la loi politique.
Plusieurs causes, parmi lesquelles il faut mentionner surtout Jes écrits soi-disant philosophiques du dix-huitiéme siécle, ont amené en France une forte réaction contre les idées chrétiennes et catholiques. Ce mouvement mora! anti-religieux , agrandi et soutenu par I’énergie du bouleversement politique de 1789, est presque toujours resté alli¢ & un mouvement réformateur dans lordre des choses sociales ; de telle sorte qu’on s’est cru logiquement obligé d’@tre impie pour ¢tre vraiment libéral. C’est ainsi que cet esprit hostile au catholicisme se trouve surtout exalté parmi les hommes qui ont donné le plus de garantie aux libertés politiques. Ceux-ld, en conscience et de trés-bonne foi, s’élévent sans cesse avec force contre ce qu’ils appellent les envahissements du spirituel sur le temporel. L'école doctrinaire, beaucoup plus instruite et plus sérieuse, s'est toujours distinguée de ses amis politiques par appui qu'elle
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