BENEFICES ECCLESIASTIQUES — BENGALE
richesses se trouvaient gaspillées au profit de quelques-uns. Ainsi, tandis que @’honorables curés de campagne étaient réduits & vivre d’aumOnes, des enfants voyaient s’amonceler autour de leur berceau de riches bénéfices , jusqu’au nombre de dix, vingt et plus. Bien qu’ils représentassent chacun une fonction , on en réunissait plusieurs sur une seule téte, en chargeant de remplir la fonction un ecclésiastique qu’on réduisait 4 la portion congrue. Le reste de la portion, ce qui n’était point congru, revenait au titulaire oisif.
Les bénéfices , depuis longtemps décriés par d’aussi honteuses dilapidations , furent supprimés en France par le décret du 2 novembre 1789, rendu sur la motion de Talleyrand, alors éyéque d’Autun, mais plus spécialement encore par ceux des 12 et 24 aodt 1790, 10 et 18 février, 26 septembre et 16 octobre 1791, et du 13 brumaire an Il. Ces lois abolitives chargérent l’Etat de pourvoir, d’une manidre convenable, aux frais du culte, 4 lentretien des ministres et au soulagement des pauvres. C’était juste le triple but de létablissement des bénéfices. En compensation de Pabandon fait par le pape de la propriété des bénéfices et autres biens ecclésiastiques , le concordat de 1801 stipulait que le gouvernement assurerait un traitement convenable aux évéques et aux curés.
Les bénéfices étaient ou séculiers ou réguliers. Les séculiers embrassaient l’archevéché, Pévéché, les dignités des chapitres et les chanoines sans prébende, avec prébende, ou 4 demi-prébende, les cures, les prieurés-cures , les vicaireries perpétuelles, les prieurés simples et les chapelies. Les réguliers comprenaient Vabbaye en titre, les offices claustraux ayant un revenu affecté, etc., etc. On divisait encore les bénéfices en bénéfices sacerdotaux , bénéfices a charge ddmes et bénéfices simples. Les premiers étaient des dignités ecclésiastiques qu’on ne pouvait posséder sans étre prétre ou en age de l’étre au moins dans l’année. Les deuxiémes donnaient juridiction sur une certaine masse de peuple qu’on était chargé d’instruire : tels étaient les archevéchés , évéchés et cures. Les troisitmes, enfin, n’avaient ni charge d’dmes ni obligation d’aller au chceur, et n’obligeaient point A résidence : tels étaient les abbayes ou prieurés en commende et les chapelles tenues seulement a quelques messes qu’on pouvait faire célébrer par autrui. Il y avait des irrégularités qui empéchaient de posséder des bénéfices, telles que la bafardise, la bigamie, la mutilation, les crimes infamants, Vhérésie, la simonie, etc.
On entend par bénéfices consistoriaux de grands bénéfices comme les archevéchés , évéchés, abbayes et autres dignités, ainsi appelés parce qu’en divers pays c’était le pape qui en donnait les provisions aprés une délibération dans le consistoire des cardinaux. On appelait de ce nom en France les dignités ecclésiastiques dont le roi avait la nomination, suivant le concordat passé entre le pape Léon X et Francois Ie" et conformément aux libertés de l’Eglise gallicane. La fewille des bénéfices était, avant 1789, la liste des bénéfices vacants 4 la nomination du roi; elle constituait un véritable ministére des affaires ecclésiastiques.
BENET. Voyez Baus.
BENEVENT, province d’Italie, avec 240,771 habitants, répartis sur une superficie de 1,752 kilom. carrés. C’était , avant 1860, une délégation des Etats de I’Fglise, formée d’une enclave de 28,000 ames, située sur le territoire napolitain de la Principauté Ultéricure, et éloignée de 17 myriamétres du reste du territoire pontifical. Cette contrée, telle qu’elle est aujourd’hui, appartient aux premiers contre-forts de l’Apennin napolitain. Le sol en est uni et fertile, et elle fournit & l’exportation beaucoup de gros bétail, de grains, de vin, d’huile, de fruits du sud et de gibier. Jadis ce pays, alors beaucoup plus étendu, s’appelait Maleventum, et faisait partie du territoire des Samnites. Il ne recut le nom de Beneventum que lorsqu’une colonie militaire y eut été envoyée en l'année 269 avant Jésus -Christ, a la suite de la conquéte qu’en firent les Ro-
(Lie | mains. Sous le régne de ’empereur Auguste, qui y établit de nouveaux colons, elle fut nommée Julia Concordia, mais pour reprendve plus tard son ancien nom. Les Lombards érigérent, en l’année 571, Bénévent en duché; et il conserva son indépendance longtemps aprés la chute de la puissance lombarde. En 840 il fut divisé en deux, et en 850 en trois Etats particuliers : Bénévent, Salerne et Capoue. En 1077 il tomba au pouvoir des Normands. fl n’y eut que la ville et son cercle actuel qui furent épargnés par ces harbares, parce que l’empereur Henri III les avait abandonnés, en 1053, au pape Léon IX, & titre d’indemnilé pour certains droits féodaux auxquels celui-ci avait renoncé sur Bamberg en Franconie. Au onziéme et au douzieme siécle, il se tint quatre conciles 4 Bénévent. En 1266 une mémorable et décisive bataille fut livrée sous les murs de cette place entre Charles d’Anjou et l’odieux Manfred, contre qui le pape Clément VI avait invoqué le secours de la Frane. Manfred périt dans la mélée avec 3,000 hommes, Sarrasi:is pour la plupart; et cette victoire rendit Charles d’Anjou maitre de PApulie, de la Sicile et de la Tuscie. En 1418 Bénévent passa sous l’autorité du royaume de Naples; mais Ferdinand 1** le restitua au pape Alexandre VI, qui en investit pour quelque temps, a titre de duché, son fils Jean. Bénévent, aprés avoir été conquis en 1798 par les Frangais, fut cédé par eux au roi de Naples. Mais en 1806 Napoléon en dota son ministre des relations extérieures, Talleyrand, lequel prit de 1a le titre de prince de Bénévent, qu il continua de porterjusqu’a la paix de 1815, époque ol. Bénévent et son territoire furent restitués au pape. L’insurrection qui y éclata en 1820 fut bientdt réprimée. Lors de la révolution de 1848 ef 1849, Bénévent et Ponte-Corvo demeurérent fidéles au pape; mais aprés la conquéte de Naples par Garibaldi, ces villes votérent leur annexion au royaume de Sardaigne ( 1860).
Bg&nEvENT, chef-lieu de la nouvelle province, batie sur une hauteur entre le Sabato et le Calore, petits cours d’eau qui viennent s’y confondre, compte une population de 22,000 habitants, Elle est le siége d’un archevéché fondé en 969; et on y compte deux collégiales, huit églises et 19 couvents, ainsi que plusieurs fabriques d’objets plaqués en or et en argent, de cuirs et de parchemins. Le commerce des grains y est trés-considérable, mais les cing foires qui s’y tiennent chaque année sont sans importance. Il est peu de villes qui par leurs antiquités méritent autant que Bénévent de fixer l’attention des voyageurs. Presque tous les murs y sont construits avec des débris d’autels, de tombeaux, de colonnes et d’entablements. On distingue surtout, dans le nombre, le bel arc de triomphe de Trajan , construit en l’an 114 de notre ére et aujourd’hui encore en parfait état de conservation, qui, sous le nom de Porte dOr (Porta Aurea), sert de porte de ville. Il consiste en une arcade simple, trés-bien conservée, avec une inscription encore lisible de chaque cété. A droite sont représentés divers traits de la vie de Trajan, et a gauche plusieurs dieux et déesses, par exemple Jupiter, Junon, Minerve, etc. Mentionnons encore, comme digne d’étre visitée, la belle cathédrale, d’architecture gothique, avec ses portes en bronze et ses beaux tableaux, ainsi que le petit obélisque égyptien qui la précéde.
BENGALE, partie orientale de l’Indoustan, et nom d'une des présidences de empire indo-britannique. Politiquement parlant, on appelle ainsi la province dépendant de cette présidence, qui se trouve située le plus a l’est ; province confinant au nord-ouest au Népaul, au nord au Sikkim et au Boutan, a l’est a l’Assam et a I’Inde transgangétique, au sud au golfe du Bengale, au sud-ouest & Orissa et au Gondwana, a l’ouest au Behar, et comprenant une superficie de 519,674 kilom. carrés, avec une population, en 1870, de 40,352,960 habitants.
Le sol du Bengale se compose d'une série de terrasses
s'abaissant suceessivement depuis les derniers contre-forts de Himalaya jusqu’aux basses terres du Gange et du Brahmapoutra, a la vallée qui sépare le Hughly et le Mégna, et aux rivages du golfe du Bengale. Entre le Huglily et le Mégna, le sol s’abaisse tellement sur une longueur de 30 4 40 myriamétres, qu’il se trouve presqu’au niveau de la mer. Il en résulte que cette contrée se trouve exposée a de fréquentes inondations, et se compose pour la plus grande partie de terres marécageuses couvertes de foréts et de broussailles impénétrables, désignées sous le nom de djongles (jungles).
Le Gange est le fleuve le plus important du Bengale, ot il arrive aprés avoir traversé le Behar, et avoir recueilli en route les eaux du Tista, du Kosa, du Mahanada, et de beaucoup d’autres grands cours d’eau ayant leur source dans Himalaya. Il forme alors un grand nombre de bras qui viennent se réunir 4 Dakka avec ceux du Brahmapoutra. Les deux fleuves forment un delta deux fois aussi grand que celui du Nil, occupant sur la céte une étendue de 50 myriamétres, sujet 4 de continuelles variations et empiétant toujours de plus en plus sur le domaine de l’Océan. La plupart de ses dix-sept embouchures principales et de ses mpmbreuses embouchiures secondaires sont obstruées par la vase. Ce n’est que par le Hughly, de tous ses bras celui qui est situé le plus &louest, que les gros navires peuvent remonter le fleuvye jusqu’a une hauteur de 50 myriamétres. Outre les deux grands fleuves ci-dessus mentionnés, il faut encore citer parmiles affluents du golfe de Bengale (voyes Varticle ci-aprés) le Tchittagong et le Sounkar, ainsi que le Soubounrika. Le sol, dans l’intérieur des terres , se compose d’une profonde couche d’argile recouverte d’un lit épais de terreau, et dans le delta, quoique en partie sablonneux, il ne laisse pas que d’étré également fertile. I] pourrait produire bien au dela des besoins de la population, si les Bengalais étaient plus industrieux, et si le cultivateur y était propriétaire au lieu d’étre simplement fermier, On y cultive le riz, le froment, l’orge, le mil, les fruits 4 noyaux, Jes plantes oléagineuses, la canne a sucre, le coton, le bétel, lopium, l'indigo, le gingembre, le poivre, différentes espéces de fruits, les mangos, les noix de palmier et d’arekas et les ananas. Léléve du bétail y est considérable, surtout en moutons, buffles et chévres. La sériculture et l’apiculture y donnent aussi importants produits. L’éléphant et une foule d’animaux sauvages, comme le tigre, le rhinocéros, le sanglier, etc., etc., trouvent un refuge dans les déserts. L’exploitation du régne minéral produit du fer; on fabrique aussi un peu de salpétre et on recueille du sel. L’industrie en tout genre a pris depuis longtemps au Bengale une haute importance; elle livre surtout 4 la consommation des étoffes de soie et de coton, des cuirs, des tapis, des toiles 4 voiles en chanvre et en coton, de la poterie de terre, dutabac, du sucre, de l’opium, des objets d’orfévrerie, des vases de cuivre, etc., etc. Le commerce, tant intérieur qu’extérieur, aatteint de larges proportions. Les habitants sont ou aborigenes, ou Indous de races diverses, ou encore Mongols, musulnians, Européens immigrés, Anglais surtout , Arméniens, Allemands, juifs, et un petit nombre de Parsis; une aisance générale régne d’ailleurs parmi eux.
En tant que province de la présidence de Calcutta, le Bengale se compose de dix-huit districts, & savoir : Calcutta, Hughly, Nouddia et Kichnagour , Djessore, Bakergooundj, Tchittagong avec ’importante ville d’Islamabad , Tipperah, Silhet, Dakka, Mymansing, Roungpour, Dinadchpour, Radjahai, Birdoum, Mourjédabad, Boourdwan, Boullouah et Djonghile-Melials. Le Gange sert de grande voie commerciale a cette riche et fertile contrée; le Bralhmapoutra est celle qui conduit au royaume d’Assam, et la plupart des villages un peu importants du Bengale sont toujours construits au voisinage d’un cours d’eau navigable. Le Bengale est une contrée intermédiaire entre I’Asie orientale et occidentale, entre PAfrique et l’Australie, ut forme le point de départ de la do-