BENGALE
mination des Enropéens dans le reste de l’Orient. C'est aussi la que se trouve Calcutta, laplus récente des capitales de Inde. La langue particuliére et ’écriture & part dont se sert la population du Bengale prouvent que cette contrée a da dés une époque extrémement reculée constituer un Etat indépendant, mais souvent morcelé en plusieurs principautés, dont les souverains résidaient tantot dans une ville, tantot dans une autre. En 1203 le Bengale fut conquis par des musulmans. A partir de 1225 il fut réuni 4 lempire de Delhi, et -devint ensuite le thédtre de nombreuses usurpations et de rapides changements de dynastie, jusqu’é ce que le grand Mogol Akbar le réunit de nouveau a l’empire mongol; et a partir de 1586, il fut ensuite administré par des soubhadars ou gouverneurs.
Les Anglais, aprés avoir obtenu, en 1633, la permission de faire le commerce au Bengale, y fondérent des comptoirs, et établirent, en 1681, un gouverneur & Hughly. En 1696 ils furent autorisés, comme les Frangais 4 Chandernagor, a entourer leur factorerie d’ouvrages de défense, et quatre ans plus tard on leur permit de faire acquisition des trois villages, Tchatanoutti, Govindpour et Calcutta. Au sujet des fortificay tions élevées autour de Calcutta, le gouverneur du Bengale, alors presque indépendant du Delhi, eut, en 1756, des démélés avec la compagnie anglaise des Indes orientales. I) s’empara de vive force de cette place, et fit égorger dans la fameuse Caverne-Noire un grand nombre de prisonniers de guerre. Mais dés Vannée suivante les Anglais, commandés par Watson et par Clive, se rendaient de nouveau maitres de Calcutta. Ils expulsérent 4 quelque temps de 1a de Chandernagor la garnison frangaise qui l’occupait, et dés lors leur puissance alla toujours en faisant de nouveaux progrés. Aussi, quoique la cession formelle du Bengale , du Behar et de l’Orissa, consentie 4 |’Angleterre par les souverains indigenes, soit postérieure de dix années (12 aodt 1765), on peut cependant faire dater l’origine de l’empire indo-britannique du jour, 4 jamais mémorable, od les troupes anglaises reprirent possession de Calcutta.
En 1857, commenca dans le Bengale cette terrible série d’événements connus dans l’histoire sous le nom de révolte des Cipayes, et qui désolérent cette vaste contrée, celle précisément od l’on comptait le plus sur la douceur et Vobéissance des indigénes. La rébellion s’étendil jusqu’aux portes de Calcutta. Les cipayes du Bengale y prirent seuls part; ceux des présidences de Bombay et de Madras, quoique formés des mémes éléments, contribuérent a Pé= teindre.
BENGALE (Golfe du), le Gangeticus Sinus des anciens, grand golfe de ’océan Indien, compris entre les deux presqu’iles de l’Inde, au nord de Vile de Sumatra. Sa longueur est denviron 1,600 kilometres; sa plus grande largeur de 1,900. Les files qu’il renferme sont celle de Geylan & Vouest, les archipels d’Andaman et de Nicobar au mitieu; al’est, enfin, la partie nord delile de Sumatra, et un grand nombre de petites tles, dont les principales sont celles de Poulo-Pinang, ou du Prince-de-Galles, et celles de l’archipel de Mergui. Les divisions principales formées par ces tles ou entre ces iles et les cOtes, sont le golfe de Bengale proprement dit, & Pest des archipels d’Andaman et de Nicobar, formantle détroitde Manaar, entre le continentet I’ilede Ceylan ; et la mer de Mergui, & Vest des archipels de Nicobar et d’Andaman, formant au nord le golfe de Martaban sur la céte de la presqu’ile de l'Indo-Chine, et au sud la manche ou détroit de Malacca, entre la presqu’ile de ce nom et Vile de Sumatra, Ce golfe regoit la plus grande partie des eaux des deux presqu’iles de Inde. Ses grands affluents sont le Pennar, la Krischna, le Godavery, le Méhénédy, le Gange avec le Brahmapoutra, l’Yrawadi et le Thalouen, Sa cdte occidentale w’offre aucun port susceptible de recevoir de grands batiments, tandis que la céte orientale en présente Wexcellents, tels que Arracan (Rakhang), Tehédaba , Négrais,
BENGALE — BE\IOWSKI
Samlien (Syriam), Tavey (Daouay), Djonkseylon (Djan- Sailan), etc. Les vents, dit-on, soufflent dans ce golfe six mois dans la direction du nord-est, et six mois dans celle du sud-ouest. Cette observation, pour ne pas étre rigoureusement exacte, n’en est pas moins utile aux navigateurs.
BENGALE ( Feux ou Flammes du). Voyes FLammes pu BENGALE
BENGALI, Les oiseaux qui portent ce nom se rattachent au genre gros-bec, de l’ordre des passereaux. Les caractéres du bengali sont, d’aprés Swainson ; taille trés-petite; bec trés-court, conique; ailes pointues, A penne batarde, petite; pattes médiocres ou petites.
BENGUELA., C’est le nom particulier sous lequel on désigne le prolongement méridional des cdtes de la Basse- Guinée, contrée touchant A Angola, et qui s’étend depuis le fleuve Congo jusqu’au Cap Négro, par 9-16° de latitude méridionale, et 31-36° de longitude orientale. Ses limites sont : au nord Angola, dont la séparent les eaux du Coanza, et Matamba; a l’est les peuplades chaggas, au sud les pays négres bornés par la montagne du cap Négro. On en peut évaluer approximat:vement la superficie carrée 4 5,000 myriamétres. Le sol de cette contrée, a partir de la cOte, qui est trés-plate, va toujours en s’¢levant pour former successivement autant de terrasses jusqu’a ce que, suivant toute apparence, il acquiert dans l’intérieur des terres, a une certaine distance, tout le caractére des plateaux et des montagnes. fl en résulte que lair en est pur et sain, tandis que sur la cote, et particuligrement a l’époque de la saison des pluies (qui tombe ordinairement dans les mois de mai et de juin, mais est cependant sujette a quelques irrégularités), il est extrémement malsain. De nombreux cours d’eau, dont le San- Francisco est le plus considérable, sourdent des montagnes ; cependant la contrée manque assez généralement d’eau potable. Le régne minéral fournit en abondance de l’argent, du cuivre et du fer, et aussi du sel fossile. Remarquable par une luxuriante végétation , !empire de Flore y offre un grand nombre d’especes de palmiers, d@orangers, de vignes, de Dananiers , de cédres, de maniocs , de mais, et les légumes de Europe y réussissent parfaitement. La canne a sucre croit sur les bords du Catombella. La contrée du Benguela n’est pas moins riche en ce qui est du régne animal. On y rencontre trois espéces d’hyénes, des lions qui s’en viennent roder audacieusement autour de la ville, des éléphants, des bufiles , des zébres, des antilopes, des pintades, des tourterelles, et tous ces animaux en immense quantité. Au total, on n’y éléve que fort peu de bétail. Les habitants, qui appartiennent ala race du Congo, et parlent la langue bownda, sont encore au dernier échelon de la civilisation; bon nombre sont anthropophages, et n’ont d’autre culte que celui des fétiches. Le commerce des esclaves, que les Portugais continuent ay faire en dépit de toutes les mesures prises pour la répression de la traite, et dont le résultat, pour la seule année 1838, et la capitale, Benguéla, a été une vente de vingt mille esclaves , n’est pas de nature a y favoriser l’accroissement de la population.
Les Portugais administraient autrefois, sans avoir cependant pénétré fort avant dans lintérieur, la contrée de Benguéla avec celle d’Angola. Aujourd’hui encore le gouvernement de Benguéla dépend de lautorité du gouverneur général de Loanda, avec le préside qui en fait partie et le fort Caconda; cependant le Benguéla portugais ne comprend a proprement parler que la cote du haut Benguéla. 1] a pour chef-lieu Sun-Felipe di Benguela, ou tout simplement Benguela, appelée aussi Benguela Nova (pour la distinguer de Benguela Velha, aujourd hui abandonnée et située au nord de Novo Retondo), batie dans une vallée mnarécageuse mais ravissante, Les maisons sont construites en bambous et en terre, mais avec beaucoup de gett et tout a fait & européenne. On y trouve ceperdant de nombreuses ruines, parce qu’en 1836 cette ville ful surprise et saccagée
par les sauvages chaggas. Malgré sa situation éminemment malsaine, elle n’en compte pas moins de nouveau environ 5,000 habitants, dont la plupart, quoique convertis au catholicisme, ne le pratiquent encore guére qu’extérieurement. L’église , lédifice le plus considérable de la ville, avec l’hépital, qui a 250 pieds de long sur 40 de large, reléve de l’évéque de Loando; mais les cérémonies du culte n’y sont que fort irrégulitrement accomplies, et il y a absence totale d’écoles. Le port de Benguéla est excellent, bien que l’entrée en soit assez dangereuse.
Au sud de Benguéla, on trouve la colonie portugaise de Mossamedes , dans une contrée trés-saine, et avec un hoport; et on annonce que le siége du gouvernement ne tar. dera pas a y étre transféré. A 42 myriamétres au sud du chef-lieu on rencontre Caconda, poste militaire. Consultez Tams, les Possessions portugaises au sud-ouest de VA- Jrique (Hambourg, 1845).
BENI-HASSAN, village de la Haute-Igypte, sur la rive droite du Nil, ot devait exister jadis une ville appelée Nous dans les légendes hitrogly phiques. Ll n’en reste rien, hors la partie de la nécropole qui était taillée dans Ja montagne et qui offre aujourd’hui une trentaine @hypogées bien conservés. « Ils remontent a une époque trés-reculee, dit M. Prisse d’Avennes, et sont au si remarquables sous le rapport des peintures relatives 4 l’histoire natureile du pays, aux moeurs et coutumes, aux arts et méiiers des Egyptiens, que sous 1» rappoit de l’architecture, d’un style simple et sévére. »
BENIN, royaume de Guinée dépendant des Aschantis, situé & peu prés entre le 4° et le 9° de latitude septentrionale , et entre le 21° 40’ et le 26° de longitude orientale, tire son nom d’un des bras du Niger inférieur, considéré autrefois comme constituant un fleuve 4 part, et qui coule au nord et au nord-ouest du Niger. Le fleuve Bénin, appelé aussi Formosa, se sépare du Niger a Kirii, et vient se jefer dans l’océan Atlantique, aprés un parcours d’environ 25 myriamétres. A son embouchure, sa largeur est de prés de 5 kilométres. Les limites du royaume sont au nord-est et a l’est le Niger, au sud le golfe de Bénin, dans lequel fait saillie le cap de Formosa, & louest le royaume de Dahomey, au nord-ouest le Yarriba. La céte de Bénin est échanerée par un grand nombre de cours d’eau, transformés en vastes marais. Le sol, d’abord plat, finit par atteindre dans les montagnes du Congo une ¢lévation de plus de 700 métres. Il est dune grande fertilité, et produit en abondance du riz, de l’yam, des palmiers, du sucre, etc. En somme, la flore et la faune different peu de celles de la Guinée. La population est extrémement compacte : aussi le roi, adoré comme fétiche par les populations, peut-il mettre sar pied une armée de 100,000 hommes. II a pour tributaire le royaume d’Awari ou de Lagos. La langue du pays a beaucoup d’analogie avec celle des Yébous, peuple voisin.
La capitale du royaume, qu’on appelle aussi Benin, compte prés de 15,000 habitants. Elle s’étend fort au loin sur les deux rives du Benin, et est le centre d’un commerce considérable. A environ 10 myriamétres au-dessous on trouve le port de Gatto, avec un grand nombre de factoreries et d’établissements européens. La ville la plus importante aprés cela est Owari, avec 5,000 habitants, dans une belle tle, chef-lieu du royaume d’Ouari, ou de Wari. Depuis la suppression de la traite, le commerce s’est presque tout entier transporté & Bonny, .
Le royaume de Benin fut découvert en 1486 par le Portugais Alfonso de Aveiro. En 1786 les Francais avaient créé 2 lembouchure du fleuve quelques établissements, que les Anglais détruisirent en 1792.
BENIOW SKI ( Mavnice-Aucuste, comte pe), célébre aventurier du siécle dernier, naquit en 1741, 4 Werbowa, dans le comitat de Neutra, en Hongrie, ou son pére était au service d’Autriche avec le grade de général, et servit lui-
méme en qualité de lieutenant dans l’armée impériale pendant la guerre de Sept-Ans, jusqu’en 1748, époque of unoncle dont il devait hériter l’appéla auprés de lui, en Lithuanie. Des discussions avec sa belle-sceur le déterminérent, a la mort de sa mére, a s’en aller voyager 4 I’étranger. Il se rendit en premier lieu 4 Hambourg, oi il se livra avec beaucoup d’ardeur a l’étude de la navigation, puis, afin de se perfectionner encore davantage dans cet art, 4 Amsterdam et A Plymouth. Cependant , changeant bientét d’idées, il s’en revint alors en Pologne, accéda a la confédération contre les Russes, et fut successivement nommé colonel, commandant de la cavalerie et quartier-maitre général. Fait prisonnier par les Russes en 1769, il fut exilé année suivante au Kamtschatka. En se rendant a cette destination, il sauva dans une tempéte le navire 4 bord duquel il se trouvait; et cette circonstance jointe 4 son habileté comme joueur d’échees lui fit obtenir un excellent accueil du gouverneur du Kamtschatka, appelé Nilow, aux enfants duquel il donna des lecons de frangais et d’allemand, Beniowski détermina ce gouverneur 3 faire construire un grand bitiment d’école, et lui proposa méme de mettre en culture avec l’aide de ses compagnons d’exil l'extrémité méridionale du Kamtschatka, En récompense de son beau zéle, il obtint non-seulement sa liberté, mais encore, quoique déja marié, la main d’Aphanasie, fille du gouverneur, qui avait congu pour lui la passion la plus vive. Cependant il avait déja depuis longtemps le projet de s’évader avec un certain nombre de conjurés. Aphanasie apprit son dessein ; mais, loin de le trahir ou de Yabandonner, elle le prévint en temps utile que des dispositions avaient été faites pour s’emparer de sa personne.
Au mois de mai 1771 , accompagné d’Aphanasie, qui Jui demeura immuablement fidéle, bien qu’elle apprit seulement alors qu’il était déja marié, Beniowski quitta le Kamtschatka avec quatre-vingt-seize individus, aprés avoir réussinon-seulement a battre et 4 repousser un détachement de troupes enyoyé contre lui, mais encore 4 se rendre maitre du fort de Botscherezk et d’une somme de 1,500,000 piastres qui s’y trouvait déposée. Il fit voile pour Formose; puis se rendit a Macao, ott moururent bon nombre de ses compagnons, entre autres la dévouée et fidéle Aphanasie. Aprés avoir vendu son nayire et toute sa cargaison, il prit passage 4 bord d’un navire francais, qui le conduisit en France, ot on lui confia le commandement d’un régiment. Plus tard il fut chargé par le gouvernement francais d’aller fonder un ¢tablissement 4 Madagascar, entreprise dont il prévoyait toutes les difficultés , surtout parce que le suceés dépendait presque uniquement du bon youloir des autorités de l’ile de France, qui avaient ordre de lui fournir Ja plus grande partie de son armement et de ce dont il pourrait manquer. Arrivé 4 Madagascar en juin 1774, il y fonda um établissement 4 Foul- Point , et se fit si bien venir d’an certain nombre de tribus qu’en 1776 elles le choisirent pour leur roi. Revenu en Europe & Veffet d’y solliciter des secours pour la nouvelle colonie, il éprouva alors tant de déboires de la part du gouvernement, qu’il se détermina & reprendre du service en Autriche; et en 1778, a I’affaire d’Habelschwerdt, c’est lui qui commandait les troupes impériales contre les Prussiens. En 1783 il essaya en Angleterre d’organiser une nouvelle expédition 4 Madagasear, et partit en effet en 1784 pour cette destination, aprés avoir obtenu l’appui qui lui était nécessaire tant auprés de spéculateurs de Londres qu’auprés dune puissante maison de commerce de Baltimore en Amérique. Mais ayant commencé les hostilités contre les Frangais dés son arrivée & Madagascar, en 1785, les autorités de l’ile de France y envoyérent des troupes contre lui; et il tomba mortellement blessé dans un engagement livré le 23 mai 1786. Nicholson a publié son autobiographie, qu'il avait rédigée lui-méme en frangais (2 vol., Londres, 1790), et Kotzebue a mis cet homme singulier en scéne dans celui de ses drames qui a pour titre Une Conspiration au Kamtschatka,
BENIOWSKI — BENJAMIN
BENITIER. On appelle ainsi un yaisseau plein d’eaa bénite, et dont la place est a entrée des églises. On en trouve aussi de plus petite dimension dans les appartements a la téte d’un lit, surmontés d’un crucifix, :
On distingue deux especes de bénitiers : ceux qui sont faits en bassin porté sur un balustre, lequel est appuyé lui-méme sur un socle, et ceux qui ont la forme de coquille, adhérant au mur de l’église ou soutenus par des accessoires allégoriques. Les plus beaux de la premiére catégorie sont ceux de I’église de Saint-Silvestre 4 Rome. Ils sont en bronze, et remontent aux plus beaux temps de art moderne. Leur forme, le gott de leurs ornements , le travail dela ciselure, tout semble le disputer aux ouyrages de l’antiquité. Les plus fameux bénitiers de la seconde espéce sont ceux de |’église de Saint-Pierre de Rome : ils consistent en une coquille de marbre jaune antique, supportée par deux anges qui se détachent d’une draperie de marbre bleu turquin ; ces anges ont prés de deux méfres de hauteur, et leur accord avec les vastes dimensions de I’église est tel qu’ils ne paraissent avoir que la grandeur ordinaire d’un enfant d’un peu plus d’un métre. L’église de Sai..c-Sulpice, a Paris, posséde aussi deux bénifiers remarquables, par la grandeur des coquilles naturelles dont ils sont formés, et qu’on a placées, chacune, sur un rocher de marbre blanc. Enfin les statuaires de nos jours onf enrichi de gracieux bénitiers allégoriques plusieurs églises de la capitale entre autres celle de Ja Madeleine et celle de Saint-Germain- PAuxerrois.
BENITIER (Conchyliologie). Voyes Trivacnes.
BENJAMIN, douziéme et dernier fils de Jacob et de Rachel, naquit 4 Bethléem, vers l’an 2297 avant J.-C., et causa en naissant la mort de sa mére, quien le meftant au monde l’appela Ben-Onin (enfant de douleur), nom que Jacob changea plus tard en celui de Benimin (enfant des jours, des vieux jours), pour marquer qu’il lwvait eu dans sa vieillesse. C’était aussi pour cette raison, et en mémoire sans doute de sa chére Rachel, que cet enfant était sun préféré. De 1a Vusage ot Von est de donner le nom de Benjamin, devenu synonyme de celui de bien aimé, a l’enfant dernier né d’une nombreuse famille.
Jacob, lorsqu’il envoya ses fils en Egypte pour y acheter des grains, ne voulut pas laisser Benjamin partir avec eux; et lorsque ceux-ci revinrent avec l’ordre de Joseph de ramener leur plus jeune frére & sa cour, il ne céda a leurs vives instances que pressé par la famine qui désolait la terre de Chanaan. Joseph, qui ne s’était pas découvert a ses fréres, réjoui de ies voir tous auprés de lui, leur fit servir un grand festin, leur donna tout ce qu’ils demandaient et les renvoya comblés de caresses et de présents. Mais il avait concu la plus vive affection pour le plus jeune, pour Benjamin, et PAncien Testament nous apprend qu’il usa d’un coupable et cruel stratagéme afin de le retenir auprés de lui. I] ordonna en effet 4 son économe de glisser dans le sac de Benjamin une coupe d’argent, qu’il Vaccusa ensuite davoir voulu lui dérober. Touché de Vinnocence et des larmes de cet enfant, et se reprochant son action envers lui, Joseph finit par se découvrir a ses fréres, et par les engager & revenir tous habiter auprés de lui avec leur pére.
Depuis cet événement, V’Kecriture ne nous apprend plus rien de particulier sur Benjamin, qu’on ne voit plus reparattre qu’é la mort de Jacob, pour recevoir sa bénédiction. « Benjamin, lui dit ce patriarche en le bénissant, est un loup ravissant; le matin il répandra le sang de ses ennemis, et le soir il partagera leurs dépouilles. »
Benjamin mourut A V’Age de cent onze ans, et donna son nom A la plus petite, mais a la plus fiddle des tribus, Son territoire était situé sur les rives du Jourdain, au centre de la Palestine, et limité par les territoires des tribus vEphraim, de Dan et de Juda. Les principales villes en étaient Betliléem et Béthel. Jérusalem était située & Vextrémité, sur