BENJAMIN — BENKENDORFF
les confins du territoire de la tribude Juda. Entrainées , d Pépoque des Juges, dans une guerre contre toutes les autres tribus, la tribu de Benjamin edt été anéantie si !’on n’avait pas alors permis aux vaincus de se procurer des femmes de la méme fagon que les Romains lorsqu’ils firent main basse sur les Sabtnes. C’est la tribu de Benjamin qui donna a Israél son premier roi, Sail, et elle demeura fidéle 4 son fils Isboseth. Aprés la mort de Salomon, elle se fusionna avec la tribu de Juda pour former Je véritable noyau de ce que plus tard on appela le peuple juif.
BENJAMIN (Saint), diacre, souffrit le martyre en Perse sous Varane V, vers lan 424. Apres une année de captivité , Benjamin sortit de prison sur Vintervention du représentant de ?empereur Théodose le Jeune en Perse, qui s’engagea A ce que le pieux diacre nese mélat plus a lavenir de précher la foi en Jésus-Christ. Mais Benjamin n’en continua pas moins de précher l’Evangile aux grands et aux petits , et périt au milieu des plus horribles tourments.
BENJAMIN pe Tonite, entreprit, de Van 1159 a Yan 1173, autant dans les intéréts de son commerce que pour se bien renseigner sur la situation de ses coreligionnaires dispersés sur la plus grande partie de la terre alors connue, un yoyage dont le point de départ fut Saragosse en Espagne. De 1a il se rendit en Italie, en Gréce et en Palestine; puis ilrevint dans sa patrie par l’Egypte et par la Sicile. Benjamin de Tudéle fut le premier voyageur européen qui nous renseigna sur les contrées lointaines de l’Orient. Sa relation, écrite en hébreu sous le titre de Mazahoth ( Excursions) et dans laquelle on trouve une foule de renseignements curieux, mais dont il faut savoir ne faire usage qu’avec circonspection, ful imprimée pour la premiére fois en 1543 Constantinople et souvent réimprimée depuis. Arias Montanus en publia une traduction en latin, a Anvers (1572). On en a aussi des traductions anglaise, hollandaise et francaise. La derniére édition , celle d’Asher (Londres, 1841) contient le texte hébreu vocalisé, avec la traduction anglaise en regard et de précieuses annotations.
BENJAMIN-CONSTANT. Voyes Constant bE Re- BECQUE (Benjamin ).
BEN-JOHNSON. Voycz Jonson.
BENJOIN, On désignesous ce nom un baume solide produit par le styrax ou aliboufier benjoin, arbre de la décandrie monogynie, et de la famille des ébénacées , qui croit a Sumatra, a Java et dans quelques autres fles de la Sonde. Ce baume découle par des incisions faifes au trone de l’arbre sous la forme d’un liquide lactescent, qui se solidifie et se cologe par le contact de lair et Ja chaleur de l’atmosphere. Un seul arbre peut en fournir un kilogramme et demi, et les incisions peuvent étre réitérées pendant dix ou douze années.
Le benjoin est abondant dans le commerce de la droguerie; il en existe deux sortes: une en masses agglomérées, présentant sur une matiére homogéne, rougeatre, des larmes ovoides, blanches, qui ont la forme d’amandes cassées : ¢eest le benjoin amygdaloide, le meilleur et le plus pur; Yautre, dit benjoin en sorte, offre une teinte brun rougedtre, uniforme, et renferme beaucoup d’impuretés.
Le benjoin a une odeur trés-suave, une saveur d’abord douce et balsamique, mais qui finit par irriter la gorge; il se brise facilement et fait entendre un petit bruit sous la dent pendant la mastication; il se fond par la chaleur et dégage une fumée blanche trés-odorante, qui se condense en cristaux d’acide benzoique; il est soluble dans Valcool et Véther ; la solution précipite en blanc par |’addition de Peau , et forme le Jaié virginal, parfum agréable fort usité pourla toilette. L’analyse chimique, selon Bucholz,a donné pour 100 parties de benjoin ; résine, 83; acide benzoique, 12; substance analogue au baume du Pérou, 1, 4; principe particulier aromatique, soluble dans l’eau et dans|’alcool, 0,44; débris ligneux, 3.
Ce n’est que depuis quelques années que l’on connait
l'arbre qui fournit le benjoin; auparavant les auteurs l’attribuaient au law rier benjoin, arbre qui croit dans |’Amérique septentrionale, au croton benzoé, et au badamier benjoin, arbre des Indes orientales. Le benjoin est employé avec succés en médecine et pour la toilette. Il entre dans la composition du baume du commandeur, des clous fumants, etc. Onen retire parla sublimation, ou a aide d’in aleali, et en précipitant par Pacide hydrochlorique, |’acide benzoique; mais il n’est pas pur: dans le premier cas il contient de l’huile volatile, et dans le second de la résine ; on le purifie par la sublimation aprés lavoir mélé avec du sable et du charbon, CLARION.
BENRKENDOREFF. Famille russe d’origine allemande, appartenant aujourd'hui ala noblesse de Livonie, bien qu'elle ne figure pas sur le registre des familles indigenes de cette province, et quin’obtint méme que vers le milieu du siécle dernier Pindigénat en Esthonie. Christophe pe BENKENDORFF servit dans la garde sous le régne de Catherine II, et laissa deux fils et une fille.
BENKENDORFF ( ALEXANDRE), le fils ainé, né en 1784en Esthonie , fut élevé a Baireuth. Revenu a Saint-Pétersbourg a lage de l’adolescence, il ful introduit dans le petit cercle intime du Palais-d’Hiver, en sa qualité de parent de la comtesse ( créée plus tard princesse ) Charlotte de Lieven, chargée d’élever successivement tous les enfants de la famille impériale, et devint bient6t le compagnon et |’ami de jeunesse des grands-ducs. Rempli de talents, souple, labile etinsinuant, gracieux de maniéres et de tournure, il occupail dés lors dans V'intimité des grands-ducs une position a laquelle il est bien rarement donné a un Allemand de parvenir. Son avancement rapide comme officier de la garde était donc chose toute naturelle, et il prit part comme officier de \’état-major général aux campagnes de l’armée russe en Allemagne et en France. Au retour de celle de France, il fut promu au grade de général et attaché en qualité daide de camp a la personne du grand-duc Nicolas. La réyolte militaire dont Vavénément de V’empereur Nicolas au tréne fut le signal, en lui fournissant l’occasion , comme adjudant général, lieutenant général, et chef de la premiere division de cuirassiers , de donner d’éclatantes preuves de son dévouement sans bornes et de sa grande habileté, le mit plus que jamais dans les bonnes graces de l’empereur. La premiére marque de confiance illimitée que lui donna ce prince fut de le nommer membre de la commission chargée de la procédure a laquelle donna lieu cette conspiration ; ef l’habileté dont il fit preuve dans ces fonctions fut récompensée (juin 1826) par sa nomination au grade de chef de lagendarmerie et de commandant du quartier général impérial. A partir de ce moment Benkendorff ne quitta plus unseul instant l’empereur, qu’il se montrat en public ou bien quwil entreprit un voyage ou méme la moindre excursion. Sa puissance et son influence finirent par devenir presque illimitées, alors que la chancellerie particuliére de S. M. Vempereur se trouva renforcée d’une troisiéme division. Cette division est en effet le centre d’un systéme de police secrete qui entretient des agents non-seulement en Russie, mais encore, comme chacun saif, sur tous les points importants de |’Europe.
Il était naturel que le réle joué par Benkendorff dans une telle position donnat lieu contre lui a beaucoup d’odieuses accusations et de calomnies. En Russie on paratt admetire assez généralement qu’il ne lui arriva jamais de comprendre les fonctions délicates qu’il avait accep{ées de maniére a les faire servir a la satisfactiou de mesquines rancunes bureaucratiques , et que Je plus souvent il laissait tomber dans le mépris qu’elles méritent les dénonciations relatives 4 des affaires privées, L’élévation de sa famille au titre de comte et sa propre nomination 4 la dignité de mem; bre du sénat prouvérent plus tard combicn son souverain avait lieu d’étre satisfait de ses services. Toutefuis , dans les
derniéres années de sa vie, Benkendorff parut posséder la confiance de l’empereur 4 un degré moindre que le comte Kleinmichel. Le chagrin qu’il en éprouva altéra sa santé, et dans l'espoir de la rétablir il entreprit une tournée en Allemagne au printemps de 1844. La mort le surprit le 23 septembre de la méme année a bord du vapeur 7’ Hercule, comme il s’en reyenait & Saint-Pétersbourg. Il fut inhumé a Fall, domaine que sa famille poss¢de en Esthonie , et laissait deux filles. é
BENKENDORFF ( Constantin pe), frére cadet du précédent, né en 1784, abandonna la carriére diplomatique en 1812, pour entrer dans les rangs de l’armée active avec le grade de major. Comme chef d’une division de Cosaques, ilfut un des premiers qui traversérent l’Allemagne a la poursuite de l’armée frangaise. A la fin dela campagne de 1814, il était parvenu au grade de brigadier et de chef de division. En 1826 il fut envoyé en mission extraordinaire a Stuttgard et & Carlsruhe, mais il revint bientdt aprés en Russie. Réintégré alors dans les rangs de l’armée active, il fut nommé lieufenant général dans la campagne de Perse pour le blocus d’Eriwan et pour un engagement heureux avec les Kourdes. I] accompagna plus tard l’empereur avec le grade d@’adjudant général dans la guerre contre les Turcs, s’empara de Prawadi a la suite d’un coup de rain hardi , mais succomba a une fiévre nerveuse (aott 1828).
Son fils, Cons/antin, général russe et aide de camp général de l’ernpereur, fut envoyé comme ministre 4 Madrid en 1856 et a Stittgard en 1857, et mourut le 29 janvier 1858, a Paris.
La princesse Daria-Christophorowna LIEVEN est la sceur d’Alexandre et de Constantin Benkendorff.
BENNE, petit vaisseau dont on charge les bétes de somme et qui sert 4 transporter des grains, de la chaux, de fa vendange, etc. Il servait aussi de mesure dans la plupart des provinces de France, et représentait environ deux minots de Paris.
BENNEWITZ ou BIENEWITZ. Voyez Apianus.
BENNIGSEN (Levyin-AvucustTe-Tu£oruite, comte ve) , J’'un des plus célébres généraux de larmnée russe, né a Hanovre le 10 février 1745, était fils du colonel des gardes du corps du duc de Brunswick, En 1755 il entra comme page ala cour de Hanovre, et en 1759 fut admis avec le grade d’enseigne dans Ja garde a pied de l’électeur, ou il parvint jusqu’au grade de lieutenant. Mais se sentant peu de dispositions pour |’état militaire, il prit sa retraite pour aller habiter la terre de Banteln, en Hanovre, dont il avait hérité, et ou il mena si joyeuse vie qu’il ne tarda pas a se trouver au trois quarts ruiné, Cette circonstance et la mort de sa femme lui inspirérent en 1773 la pensée d’entrer au service de Russie. Vintervention officieuse de quelques amis lui ayant fait obtenir du gouvernement hanovrien le grade de lieutenantcolonel , il fut immédiatement admis dans l’armée russe en qualité de premier major. Il fit d’abord la guerre contre les Turcs sous les ordres de Romanzow, puis fut attaché au corps expéditionnaire chargé de réprimer insurrection de Pugatschef. Lors de la seconde guerre contre les Tures, il attira sur Jui comme colonel l’attention de ’impératrice par la bravoure dont il fit preuve a l’assaut d’Oczakuw en 1788. Catherine Jf devina en lui ’homme capable d’exécuter les projets qu’elle avait sur la Pologne, En 1793 et 1794 il y fut chargé du commandement supérieur d’un corps mobile considérable ; et a la suite de la bataille de Soli il fut nommé général-major hors rang. Comme commandant de la cavalerie en Lithuanie, ce fut lui qui par une charge hardie décida de la victoire remportée sous les murs de Wilna; et par une attaque plus audacieuse encore contre Obita, il dispersa presque complétement Varmée polonaise, Dans la guerre de 1796 contre la Perse, ce fut a lui que revint la gloire de la prise de Derbent, puisque la reddition de cette place eut lieu par le cdté qu'il avait attaqué,