‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 48 sur 488 · ARSACIDES — ARSENAL DE PARIS · texte numérisé non relu

ARSACIDES — ARSENAL DE PARIS

thaz Katch, Archaz le Brave. Dans la suite, cette dénomination devint générique , comme celles de Pharaon et de Ptolémée données aux rois d’Egypte, et celle de César donnée aux empereurs romains. Le dernier roi arsacide fut Artaban IV, qui fut vaincu par Artaxerce, fils de Sassan ( voyes Partues et Sassanwves ). La dynastie des Arsacides conserva encore quelque temps le trone d’Arménie, Ardachés, ou Artiser 'V, dernier Arsacide d’Arménie, fut déposé en 428 par les Sassanides ( voyez p. 37).

ARSCHOT ou AERSCHOT , petite ville de Belgique, dans la province de Brabant, a seize kilométres de Louvain, sur la Demer, avec 3,500 habitants, des distilleries, des brasseries et un grand commerce de bétail. En 1284 elle fut donnée en apanage par Jean I, duc de Brabant , & son second fils, Godefroi, dont les descendants portérent cette terre dans la maison de Lorraine. Elle passa dans celle de Croy par le mariage de Marguerite de Lorraine avec Antoine, sire de Croy et de Renty, en 1455. L’empereur Charles-Quint érigea la terre d’Arschot en duché, Pan 1533, en faveur de Philippe de Croy, dont la petite-fille et héritiére, Anne de Croy, épousa Charles de Ligne, prince et comte d’Arenberg. C'est ainsi que les ducs d@Arenberg actuels joignent a tous leurs titres ceux de ducs de Croy et d’Arschot , parce qu’ils représentent la branche ainée de cette maison. Mais il existe en outre des comtes d’Arschot, dont le dernier, sénateur de Belgique, s'est fait connaitre dans Jes événements qui ont amené la fondation de ce royaume. Voyes Varticle suivant.

ARSCHOT-SCHOONHOVEN ( Paiuirre-Jean- Miciet, comte p’), né au chateau de Voodt, le 24 décembre 1771, devint membre du conseil général du département de la Meuse-Inférieure et président du canton de Loos sous le consulat et empire francais. En 1814 il fut nommeé conseiller privé du nouveau royaume des Pays- Bas, et fit partie en 1815 de la commission chargée d’en rédiger la constitution. I] devint ensuite conseiller d’Etat, et fut appelé en 1818 aux fonctions de gouverneur du Brabant méridional jusqu’en 1823. Membre de la premiére chambre des états généraux en 1825, le Brabant l'envoya au congrés aprés la réyolution de 1830, et ensuite il représenta la méme province au sénat jusqu’en 1839. Il est mort le 14 juin 1846. Le roi Léopold Pavait nommé grand maréchal de la cour le 8 aout 1831.

ARSENAL. Du Cange fait venir ce mot du latin ars, engin, machine. On donne ce nom a un magasin public, au lieu destiné a la garde des armes nécessaires a l’attaque et 4 la défense. Les principaux arsenaux de France, ov se conservent presque toutes les armes de l’empire, sont ceux de Vincennes, Strasbourg, Metz, Lille, Besancon et Perpignan. Voyez ces noms.

Les arsenaux les plus remarquables hors de France sont : 1° celui de Venise, construit en 1337, par André le pére; disposé de telle sorte qu’il sert & la fois d’arsenal maritime et militaire, et devant la porte principale duquel sont placés les deux lions de marbre blanc qui ont été enlevés au Pirée d’Athénes; 2° celui de Londres, oi l'on voit, dans une salle d’armes de plus de cent dix métres de longueur, cent mille mousquets rangés dans un ordre admirable ; 3° celui de Berlin, qui est dans une position trés-avantageuse , sur les bords de la Sprée.

Dans Yartillerie on donne le nom d’arsenaux de construction aux établissements dans lesquels on monte les bouches a feu sur leurs afftits, et ot lon construit les voitures du train.

Les arsenaux maritimes se composent de la réunion des chantiers, bassins, ateliers, forges, corderies, magasins, armes, munitions de toutes especes, de guerre et de bouche, etc., qui constituent Vapprovisionnement des armements maritiines. Une rade stire et un bon port sont les deux conditions principales qui déterminent le choix de l’emplace-

ment d’un arsenal maritime. La France a trois arsenaux maritimes de premiére classe : ce sont ceux de Brest, Toulon et Rochefort; deux de seconde classe, Lorient et Cherbourg, et six autres arsenaux secondaires, dans les lieux suivants : Dunkerque, le Havre, Saint-Servan, Nantes, Bordeaux et Bayonne. « Les arsenaux maritimes, a dit un ministre, doivent étre & la fois des foyers de productions et de réparations pour le présent, et des dépdts de prévoyance pour l’avenir. » Au 1** janvier 1845 la France possédait dans ses arsenaux 143,817 stéres de bois de chéne et 11,505 mats, sans compter 10,256 matereaux. On estime que la quantité nécessaire aux approvisionnements de la France est de 180,000 sttres de bois de chéne, lesquels doivent rester cinq ans dans les magasins, et 15,000 mats de 514 90 centim., ayant besoin d’une préparation de trente ans.

Les arsenaux maritimes dela Grande-Bretagne sont au nombre de six : & Deptford, Woolwich , Chatham , Sheerness, Portsmouth et Plymouth. Les arsenaux les plus remarquables des autres puissances sont : en Espagne, la Corogne , Cadix, Gibraltar ( ce dernier appartenant aux Anglais ), Carthagéne et Barcelone ; en Portugal, Lisbonne ; en Italie, Villefranche , Génes, la Spezzia , Livourne , Civita~Vecchia , Naples, Ancdne, Venise et Trieste ; dans diverses iles de la Méditerranée, Mahon, Porto-Ferrajo , Palerme, Malte et Corfou; en Allemagne, Dantzig et Hambourg, érigés en arsenaux maritimes par Napoléon, mais qui sont redevenus ports marchands; dans les Pays-Bas, Anvers, Flessingue, le Texel; en Danemark, Copenhague; en Suéde, Carlscrone; en Russie, Saint-Pétersbourg et Cronstadt sur la Baltique, et Sébastepol sur la mer Noire; en Turquie, Constantinople et Alexandrie; dans les Etats Barbaresques , Alger, Tunis et Tripoli; en Amérique, New-York, Boston et Baltimore; au Brésil, Rio-Janeiro et Bahia, ou San-Salvador, etc.

ARSENAL DE PARIS. 11 y eut autrefois 4 Paris un arsenal célébre, & peu prés détruit aujourd’hui, et dont il ne reste plus que l’hdétel des poudres et salpétres et les batiments de la bibliothéque qui porte son nom. La fondation de cet arsenal remonte trés-haut. Une partie de l’emplacement de l’arsenal portait anciennement, avant le creusement des fossés de la ville, le nom de Champ au Pldtre. Charles VI en donna, en 1396, une portion au duc d’Orléans, son frére, qui y fit batir un hdétel. Dans la suite, la ville acquit ce lieu, et y fit construire des granges pour y placer V’artillerie. Francois I**, voulant faire fondre des canons, emprunta a Ja ville, en 1533, une de ces granges, avec promesse de la rendre dés que la fonte serait achevée ; puis, sous prétexte d’accélérer le travail, il en emprunta une seconde, puis une troisiéme , avec la méme promesse. La ville voyait avec peine ces emprunts successifs. Ce roi si renommé pour sa loyauté n’en montra guére dans cette circonstance : il manqua sans facon a sa parole, ef garda pour lui les granges de Jartillerie. Henri IJ, en 1547, demanda encore quelques batiments pour y construire des fourneaux, et offrit des dédommagements a la ville; on ignore s'il les lui donna. Il y fit construire plusieurs logements pour les officiers de l’artillerie, sept moulins 4 poudre, deux grandes halles et autres batiments, qui dans la suite furent presque tous ruinés,

Deux accidents notables ont donné quelque célébrité aux édifices de Arsenal : a l’angle méridional du jardin, angle formé par le cours de la Seine, ou le Mail, qui le bordait, et par les fossés de la ville, s’élevait la tour de Billy, qui faisait partie de Yenceinte de Paris. Le 19 juillet 1538, a cing heures du soir, le tonnerre éclata sur cette tour, et la démolit presque entitrement. On y substitua dans la suite un bastion. Le second accident arriva le 28 janvier 1563 : le feu prit 4 quinze ou vingt milliers de poudre qui se trouvaient dans les batiments. L’explosion fut terrible : des

‘pierres furent lancées jusqu’au faubourg Saint-Marceau; la détonation fut entendue jusqu’é Melun; les poissons périrent dans la riviére. Des sept moulins 4 poudre, quatre furent détruits, les autres fort endommagés. Des maisons du voisinage furent renversées ; trente personnes enlevées en Vair retombérent en lambeaux, un plus grand nombre d’autres furent dangereusement blessées. On ne put jamais découvrir les auteurs ou les causes de cet accident. On ne manqua pas de l’attribuer aux protestants. ~

Charles IX fit reconstruire sur un plus yaste plan Ies batiments détruits. Ses successeurs continuérent les constructions. Sous Henri III, en 1584, fut batie la porte qui faisait face au quai des Célestins. Cette porte était décorée de colonnes en forme de canons placés verticalement. Au-dessus était une table de marbre, ot on lisait ce distique du poéte Nicolas Bourbon :

tna hee Henrico vulcania tela ministrat, Tela giganteos debellatura furores,

Henri lV y établitun jardin, et Sully, en qualité de grand maitre de Vartillerie, y fit pendant tout le temps de son ministére sa demeure ordinaire. Louis XIV ayant fait construire des arsenaux aux frontiéres du royaume, |’arsenal de Paris ne servit plus qu’é contenir des piéces hors de service, des fusils rouillés et des fonderies ol Von coulait quelques figures de bronze. Le régent, en 1718, fit abattre plusieurs vieux batiments, et construire, sur les dessins de Germain Boffrand, ’hotel du gouverneur de l’arsenal. Dans diverses piéces de cet hdtel était et se voit encore la précieuse bibliotheque, dite d’abord Bibliotheque de Paulmy, devenue bibliothéque publique, sous le nom de Bibliotheque de Mon- | sieur, puis de P Arsenal (voyez Brsuiornkgue). Par édit du mois d’avril 1788, l’Arsenal, depuis longtemps inutile, fut supprimé, et son emplacement destiné a Ja construction dun nouveau quartier de Paris ; mais cette ordonnance ne regut point immédiatement son exécution. L’emplacement de l’arsenal a éprouvé depuis plusieurs changements. Sur Je jardin fut établi, en 1806, une partie du boulevard Bourdon. Sur le méme jardin et le long du boulevard Bourdon on commenga, en 1807, a batir le vaste édifice appelé Grenier de réserve. A la place du mail, qui se trouyait entre les batiments de l’arsenal et la Seine, on ouvrit une route trés- commode. Enfin, sous Je régne de Louis- Philippe, on a comblé le petit bras de la Seine qui séparait cette route de l’ancienne ile Louviers, en méme temps que les anciens terrains de }’Arsenal étaient percés de rues.

ARSENIATES, ARSENITES, ARSENIURES.

Voyes ARSENIC.

ARSENIC (du grec dpony, mile, et vixdw, je tue), Larsenic, dont les composés vénéneux étaient connus depuis longtemps, fut découvert par Brandt, en 1733. C’est un métal d’un gris d’acier trés-brillant lorsqu’il est pur et récemment préparé. II se ternit et noircit promptement 4 Pair. Sa texture est grenue, écailleuse; ou bien il cristallise en aiguilles prismatiques, lamellenses , peu adhérentes les unes aux autres. L’arsenic est insipide, inodore, mais acquérant une légére odeur par le frottement. Il n’est pas fusible sous la pression atmosphérique ordinaire, mais il se volatilise 4 la température de 180°. Sa pesanteur spécifique est représentée par 5,67. Chauffé sur des charbons ardents, il se transforme en acide arsénieux apres avoir donné des vapeurs qui répandent une forte odeur alliacée, et qui bient6t se condensent en une poudre blanche.

L’arsenic se rencontve dans plusieurs mines de plomb et dargent, al’état de sulfure, mais plus ordinairement a celui @acide neutralisé par le nickel, le cobalt, le bismuth, le fer, lantimoine et argent. S’unissant a plusieurs miétalloides, larsenic produit divers composés, Sans action sur Peaua la température ordinaire, il la décompose a celle de l’ébullition, et passe d Vélat d’acide arsénieux et d’hydrure d'arse-

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