BENSERADE — BENTHAM
neurs; on fut a l’instant de ’envoyer en Suéde comme résident et méme comme ambassadeur, pour complaire a la reine Christine, qui était charmée de ses ouvrages. L’affaire manqua, et Scarron s’imagina de dater ainsi une de ses lettres :
L’an que le sieur de Benserade
N’alla point en son ambassade,
Jules SANDEAU,
BENSLEY (Tsomas) , imprimeur 4 Londres, mort en 1835, partagea avec Bulmer, dans les premiéres années de ce siécle , la gloire d’étre le plus habile et le plus distingué des typographes anglais. Les plus magnifiques ouvrages sortis de ses presses sont la Bible de Macklin (7 vol. in-folio , 1800-1816) et l’édition de luxe de I’ Histoire d’Angleterre de Hume (10 vol. in-folio , 1806) , toutes deux enrichies de gravures. Ses éditions in-8° de Shakspeare et de Hume (11 et 16 vol.) ne sont pas moins remarquables par la beauté de leur exécution. Bensley eut aussi le mérite de deviner la révolution que devait opérer dans son art la presse mécanique, dont Koenig eut le premier Vidée, d’encourager ses essais et de former avec lui une association 4 la suite de laquelle, bien qu’en 1819 un incendie edt pour la deuxiéme fois réduit son imprimerie en cendres, il parvint a atteindre le but qu’il avait eu en vue, a savoir : réaliser de grandes économies dans la fabrication des livres et surtout des journaux, en simplifiant et en rendant incomparablement plus expéditifs les procédés du tirage.
BENTHAM $ (Jérémie), savant jurisconsulte anglais , né a Londres, le 15 février 1747. Son pére, qui exergait la profession d’homme de loi, avait destiné au barreau ; il y parut , mais il ne tarda pas a étre repoussé par les procédés peu délicats et la cupidité des gens d'affaires. Il raconte lui-méme dans un de ses écrits ( Indications concerning lord Eldon) le dégoit que lui inspirérent certaines manoeuvres imaginées par les procureurs pour grossir leurs émoluments en dépit de la loi et aux dépens des plaideurs, Il abandonna une profession déshonorée par de honfeux abus, aimant mieux, comme il le dit, consacrer ses yeilles a les dénoncer que d’en tirer profit.
Depuis lors Jérémie Bentham se voua a l'étude avec une infatigable persévérance. Plus de soixante années d’une vie laborieuse furent consacrées 4 combattre tous les préjugés , 4 soutenir toutes les réformes. Il attaqua successivement les restrictions dela liberté du commerce, la répartition inégale des impdts, les lois qui fixent intérét de Vargent dans les transactions privées , celles qui prodiguent la formalité du serment; il ne craignit pas de s’élever contre les maximes exclusives et tyranniques de I’Eglise anglicane. La réforme, quia fini par triompher en Angleterre , n’eut aucun champion plus énergique; mais il la voulait compléte, et publia un écrit pour demontrer qu’elle devait étre radicale, et que modérée elle ne satisferait pas aux veux et aux besoins du pays. Il apporta dans toutes ces discussions une inflexibilité de principes qui ne se démentit jamais. La législation proprement dite était objet habituel de ses travaux. Il en étudia le langage, les procédés et les rdgles; il la soumit a la critique rigoureuse d’un esprit observateur et exact. I] voulait embrasser dans un systéme géneral de codification, soumettre a Vapplication d’une théorie commune, tous les rapports sociaux qui tombent dans le domaine des lois, et introduire dans le style légal la précision propre & en rendre expression toujours claire et exclusive d’équivoque.
C’est surtout aux lois pénales qu’il consacra ses recherches. Il avait besoin de connaitre la juris; "udence criminelle de tous les peuples de PEurope; mats © ne ywuvait l'etudier que dans lalangue or yinait ues diverse» nations. I apprit successivement le fraugais, Pitalien, espagnol, Pallemand, le russe et le citnois, visita presque toute l’Europe, passa plusieurs années en Crimée, ot son frére était