ARTEMISE
vides; ensuite elle se dirigea sur Rhodes, et s’empara de Vile tout entidre. Quant aux soldats rhodiens qu’on avait laissés pénétrer dans la capitale de la Carie, ils y furent mas~ sacrés jusqu’au dernier. Artémise fit mettre 4 mort tous les chefs du mouvement insurrectionnel de Rhodes, et consacra aux dieux un monument qui la représentait elle-méme marquant la ville rebelle avec un fer chaud; et quoique a la mort d@Artémise Rhodes edt recouvré sa liberté, ce monument y subsista longtemps encore aprés, par suite du respect qu’on portait & tout ce qui avait été consacré aux dieux.
Mais ce qui a bien plus contribué a rendre célébre le nom d’Artémise, c’est le magnifique monument qu’elle fit élever -a la mémoire de Mausole. Elle avait si tendrement aimé ce prince, que lorsque la flamme du bacher eut consumé ses restes, elle méla ses cendres 4 sa boisson ordinaire, et avala cet affreux breuvage. Deux ans aprés elle succomba a une doulenr que rien n’avait pu apaiser ni méme tromper.
Artémise avait en outre fait composer en ’honneur de cet époux chéri des poémes et des tragédies ; puis elle convia Jes plus célébres orateurs de la Gréce & composer son panégyrique, lutte littéraire dans laquelle Isocrate et Théopompe. se disputérent le prix, et oti la victoire resta au second de ces deux célébres orateurs. Cependant il entra toujours dans Yesprit de laroyale veuve que ce qui devait éterniser surtout fe souvenir de sa douleur, c’était le tombeau qu’elle faisait élever 4 son époux, et qu'elle appela, de son nom, Mausolée, mot quia passé depuis dans toutes les langues. Plusieurs anciens auteurs l’ont compris au nombre des sept merveilles du monde; et voici la description que nousen a laissée Pline: « Du cété du nord et du cdté du sud il avait soixante-trois pieds de longueur ; les deux fronts en avaient moins, et le circuit comprenait en tout quatre cent onze pieds. Son élévation était de vingt-cing coudées, non compris une trés-haute pyramide qui couronnait J'édifice, et & Vextrémité conique de !aquelle on arrivait par un escalier de vingt-quatre marches; en y comprenant le quadrige qui terminailt cet ensemble, la hauteur totale du monument était de cent quarante pied:. »
La partie principaledu monument était entcurée par trentesix colonnes. Les premiers sculpteurs dela Gréece y avaient travaillé, Briaxis , Scopas, Léocharés et Timothée sont désignés comme ayant décoré de travaux de leur art les quatre parties latérales de l’édifice, et Pythés comme celui qui sculpta le quadrige en marbre dontilétait surmonté. Suivant lerapportde Vitruve, Villustre Praxitéle lui-méme avait aussi pris part 4 ces immenses travaux. Le lieu ol avait été construit le monument ayait @ailleurs quelque chose de tout a4 fait thédtral; car a partir de 1a le sol allait toujours en s'inclinant vers la mer, ce qui ne contribuait pas peua augmenter encore leffetde la perspective. La construction en fut commencée l’an 353 avant J.-C., et elle n’était point terminée lorsque Artémise mourut, en 350 avant J.-C. Idrieus, son successeur, n’en poursuivant pas l’achévement avec assez de zéle, les artistes qui y avaient jusque alors travaillé déclarérent qu’ils se feraient tous un devoir de l’achever sans exiger pour’cela le moindresalaire ; et ils tinrent parole. Les ruines de ce monument ont été retrouvées en 1857 par M. Newton. |
ARTEMISIEES, tribu du groupe des composées, la plupart aromatiques, ayant beaucoup d’affinité avec la sec tion des hélianthées et des ambrosiées.
ARTEMON, de Clazoménes, ingénieur, qui seconda Périclés au siége de Samos, passe pour Vinyenteur des machines de guerre dites tortue et bélier.
ARTENAY , bourg de France, a 2u kil. au nord d’Orléans, sur le chemin de fer qui relie cette ville avec Paris. ‘On y compte 1,041 habitants. Il eut beaucoup a souffrir des mouvements militaires durant la guerre de 1870, et ses -environs furent le théatre de plusieurs combats. Le 28 sep- ‘tembre, les mobiles du Loiret et de la Niévre, atlaqués par
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3,000 Bavarois, parvinrent a les refouler jusqu’a Bazoches ; mais l’approche d’un corps d’armée arrivant de Pithiviers les forca a la retraite. Cependant Artenay ne tarda pasa étre occupé de nouveau par une brigade de Yarmée de la Loire, alors en formation; cette brigade , renforcée de quelques compagnies d’infanterie et commandée par le général de Longuerue, eut & supporter, le 10 octobre, le choc @une division bavaroise aux ordres de von der Thann. Malgré le secours apporté par le général Reyau a la téte de cing régiments, les Francais évacuérent Artenay apres avoir laissé & Vennemi 1,000 prisonniers et 3 canons. Enfin, le 3 décembre une division d’infanterie se retrancha fortement dans le village qui eut 4 souffrir une canonnade épouvantable; dans la journée, toute l’armée de la Loire commenca ce mouvement en arriére qui devait amener la reprise d’Orléans par )’ennemi.
ARTERES. Les artéres constituent un ordre particulier de vaisseaux destinés a transporter le sang du cceur dans toutes les parties du corps. Elles remplissent en cela un but diamétralement opposé a celui des veines, lesquelles raménent au coeur le sang que les artéres ont apporté aux divers organes, pour entretenir leurs fonctions et servir & leur nutrition (voyez Cincunation ). Le sang contenu dans Jes artéres est rouge, rutilant ; il s’échappe par jets saccadés ; celui contenu dans les veines est noir ou d’un rouge trésfoncé; il coule par un jet continu lorsqu’une ouverture
efaite au vaisseau lui permet des’échapper au dehors.
Toutes les artéres naissent de deux trones principaux : Vaorte et Varlére pulmonaire. Ces deux trones se diyisent en branches , rameaux et ramuscules; dela le nom d’arbre artériel que certains auteurs ont donné a ce systtme de vaisseaux,
Le systéme de Vartére pulmonaire est beaucoup moins étendu que celui de Vaorte; son premier tronc apparait a la base du ventricule droit, se dirige 4 gauche, accolé au cété antérieur et au cété gauche de l’aorte; puis il s’enfonce et se divise en deux branches, qui se portent un peu obliquement vers les poumons; la elles se partagent d’abord en autant de tubes principaux qu’il y a de lobes dans chaque poumon, et ces rameaux se subdivisent jusqu’a la capillarite. C’est par cet ordre de vaisseaux que le sang des veines est porté aux poumons pour y ¢étre revivifié et transformé en sang artériel.
Nous avons déja donné la description de P aorte. Elle représente un arbre beaucoup plus étendu; et offre des divisions beaucoup plus nombreuses. Pour faire connaitre ses grandes divisions, nous les partageons en cing sections :
1° Les artéres que l’aortefournit 4 son origine ; ce sont : Partére cardiaque antérieure ou coronaire gauche du caur, et Varteére cardiaque postérieure ou coronaire droite du ceur.
2° La crosse de l’aorte donne naissance aux deux artéres carotides primitives (voyes Carotipe) et aux deux sousclavieres. — Chaque artére carotide pgimitive est divisée en artéres carotide externe et carotide interne. L’artére carotide externe fournit les artéres thyroidienne supérieure, linguale, faciale ou maxillaire externe , occipitale, auriculaire postérieure, pharyngienne inférieure, et se termine en se divisant en artére ¢emporale et artére mazillaire interne. L’artére carotide interne fournit V’artére ophthalmique, Vartere communicante de Willis, Vartére choroidienne, et les artéres cérébrales antérieure et moyenne. — Chaque artére sous-claviére se divise en arteres vertébrale , thyroidienne inférieure, mammaire interne, intercostale supérieure, cervicale transverse, scapulaire supérieure, et cervicale postérieure. Plus loin , Vartére sous-claviére se continue sous le nom d’artére a.illaire, et fournit les artéres acromiale, thoraciques supérieure et inférieure, scapulaire inférieure , circonflexes postérieure et antérieure. Ensuite Vartére axillaire devient
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Yartére brachiale, qui, aprés avoir donné naissance aux artéres collatérales externe et interne, se divise en arteres radiale et cubitale. 6
3° L’aorte fournit dans le thorax les artéres bronchiyues, wsophagiennes, médiastines postérieures , et intercostales inférieures.
4° Dans l’abdomen, les branches que donne laorte sont les artéres diaphragmatiques inférieures, celiaque, mésentériques, capsulaires moyennes, rénales ou émulgentes', spermatiques , et lombaires.
5° Laorte donne, un peu au-dessus de sa bifurcation, Yartére sacrée moyenne, puis elle se divise en artéres iliaques primitives (voyes IL1aQguE). Chacune de celles-ci donne une artére iliaque interne et une artére iliaque externe. — L’artére iliaque interne fournit les artéres iliolombaire, sacrée latérale, fessiére ou iliaque postérieure, ombilicale, vésicales, obturatrice, hémorrhoidale moyenne, utérine, vaginale , ischiatique , et honteuse interne. — L’artére iliaque externe , aprés avoir donné les artéres épigastrique et iliaque antérieure, se continue sous le nom @artére crurale ; cette dernitre fournit les artéres sows-cutanée abdominale, honteuses externes, musculaires superficielle et profonde, et perforantes. Plus Join l’artére crurale devient l’artére poplitée, d’ou naissent les artéres urticulaires supéricures , jumelles , articulaires inférieures et tibiule antérieure. A la jambe, Yarttre poplitée se partage en artéres péroniére et tibiale postérieure.
Dans cette énumération, nous n’ayons pas cru deyoir parler des subdivisions qui précédent le passage des vaisseaux a l'état capillaire.
Les ramuscules artériels arrivés 4 leur plus grand degré de ténuité constituent ce qu’on appelle les capillaires artériels. Alors ils se continuent avec les capillaires veineux , lesquels, 4 leur tour, par gradations successives , constituent des ramuscules, des rameaux, des branches et des trencs veineux, allant, comme on voit, en sens inverse des artéres.
Les artéres sont cylindriques; lorsqu’on les coupe, elles ne s’aplatissent pas comme les veines, mais restent circulaires et béantes. Quelle que soit la partie du corps ou on les examine, leur structure est la méme partout : il n’y a de différence que relativement au volume et, par cela méme, a l’épaisseur des parois de ces vaisseaux.
Les artéres sont composées de trois membranes, une extérieure, une moyenne, une interne : la premiére est constituée par un tissu blanchatre , formé de fibrilles obliquement entrelacées , ef qui, assez laches du cdté de la gaine que le tissu cellulaire environnant forme au vaisseau dans le cours de son frajet, deviennent trés-serrées et adhérentes du cdté dela membrane moyenne. Celle-ci est épaisse, de couleur jaunatre et formée de fibres presque circulaires ; elle est ferme, résistante, élastique : c’est elle qui maintient béante louverlure d’une artére vide, ou qui, lorsqu’on aplatit avec le doigt un de ces vaisseaux, le fait revenir immédiatement aprés a sa forme cylindrique. La membrane interne est trés-mince; elle se continue au ventricule gauche
du cceur dans les artéres : par sa face externe elle adhére
assez intimement 4 la membrane moyenne; la face interne est immédiatement en contact avec le sang.
Douées @une certaine élasticité, les artéres ont un mouvement régulier et non interrompu pendant la vie, qu’on nomme battement de pulsation. La cause principale de ce mouvement a été attribuée a la contraction des ventricules du cceur; mais pour lexpliquer on admet aussi une sorte de contraction propre et vitale dans les parois des artéres. Le pouls se percoit non-seulement au poignet, mais encore partout ou existent des artéres superficielles, comme aux tempes.
Les artéres sont susceptibles de se dilater graduellement, comme aussi de se rétracter. Leur dilatation et leur rupture
DICT. DE LA CONVERS, — T. Il.
constituent Panévrisme. Elles peuvent subir différentes altérations, telles que l'état cartilagineux, l’ossification, l’atrophie, Vinflammation (voyez Anrérire). Leurs blessures sont trés-graves 4 cause del’ hémorrhagie qui en résulte. On arréte cette hémorrhagie au moyen de la compression, de la torsion ou de la ligature.
ARTERIOLOGIE (du grec dprnpia, artére; ddyoc, discours ), partie de 1’anatomie qui traite de la description des artéres.
ARTERIOTOMIE (de dernpta, artére, et towy, seclion ). C’est une opération chirurgicale consistant a ouvrir une artére avec un bistouri pour en tirer du sang artériel au lieu de sang veineux; elle ne se pratique que sur les artéres temporales superficielles, ou encore sur les auriculaires postérieures, parce qu’il est aisé d’arréter ’hémorrhagie, tant & cause de la situation superficielle de ces artéres que parce que les os du crane servent de point d’appui pour la compression. L’artériotomie, assez fréquemment employée chez les anciens , est fort peu de nos jours. Quelques médecins modernes ont pourtant voulu en faire usage dans les cas d’apoplexie; mais ils n’ont pas eu d’imitateurs, Aujour@hui on remplace Vartériotomie par la saignée de la jugulaire.
ARTERITE. Cette inflammation des artéres est partielle ou générale, aigué ou chronique. Elle suit en général le cours du sang artériel, c’est-a-dire qu’elle s’étend de haut en bas; elle peut cependant se propager en sens inverse. Lorsque l’artére a un certain volume ef qu’elle est placée superficiellement, il existe dans le début une douleur suivant son trajet ; en méme temps les pulsations de l’artére malade sont plus fréquentes , mais leur fréquence ne dépasse pas celle des battements du coeur. C’est surtout vers les gros troncs, dans aorte, par exemple, que ces phénoménes se manifestent ; il s’y joint de l’anxiété , de la géne dans la respiration et des défaillances. On peut quelquefois sentir sur le trajet du vaisseau enflammé des noeuds qui ressemblent & ceux qui suivent l’inflammation des vaisseaux lymphatiques. Quand lartére est située profondémenf, on est souvent privé de symptémes spéciaux. L’artérite est une maladie grave, dont Vissue ne se fait pas longtemps attendre, soit qu’elle fasse périr dans sa période aigué, soit qu’elle passe a l'état chronique ; dans ce dernier cas, la mort, quoique plus lente, n’en est pas moins certaine. Elle est alors le résultat de la perforation et de ’hémorrhagie des membranes, de |’anévyrisme et de la gangréne. Les causes principales de |’artérite générale ou partielle sont Jes violences extérieures, les plaies, les blessures et les opérations chirurgicales.
Le traitement de Vartérite consiste essentiellement dans lemploi des moyens dont l’ensemble constitue la méthode antiphlogistique ordinaire, tels que les saignées générales et capillaires , la diéte , les boissons rafratchissantes, acidules, délayantes , les lavements émollients, etc.
ARTESIENS ( Puits). Voyes Purrs arrésiens.
ARTEVELD (Jacquvemart ou Jacos pv’). Quand la Flandre opprimée et dépouillée de ses priviléges par le comte Lonis I de Nevers vit encore ses manufactures menacées de ruine par la guerre contre |’Angleterre, un des plus ardents défenseurs des libertés publiques fut Jacquemart d’Arteveld, alors propriétaire d’une brasserie d’hydromel a Gand, a qui ses richesses et le grand nombre d’ouvriers qu’il employait donnaient beaucoup d’influence sur les masses. Tout ce que lon sait de ses premiéres années et de sa jeunesse, c’est qu’il avait accompagné le comte de Valois a Rhodes et qu’il avait été valet de la fruiterie de Louis X. Doué de grands talents et d’une rare énergie, il réussit en peu de temps a organiser le parti populaire et & etendre son influence sur les villes de Bruges et d’Ypres. Les officiers du comte ayant voulu le faire assassiner, une violente sédition éclata dans la ville, et les partisans de Louis de Nevers furent contraints de prendre la fuite, Aussitot
Arteveld confisqua leurs biens au profit du trésor public; mais il eut la générosité de réserver la moitié de leurs revenus pour l’entretien de leurs familles. L’insurrection gagnant du terrain, le comte Louis implora le secours de Philippe de Vaivis, qui lui promit une armée. Pour conjurer Yorage qui menagait sa patrie, Arteveld s’adressa au roi d’Angleterre, que son ambition et les conseils de Robert d’ Artois disposaient 4 une guerre contre la France. Cependant ces bourgeois rebelles 4 leur seigneur, qui avaient chassé ses troupes, qui l’avaient chassé lui-méme, semblaient effrayés de leur audace; pleins de rancune et de haine contre les Frangais, qu’ils avaient toujours vus marcher au secours de leurs oppresseurs, ils n’osaient pourtant s’allier aux ennemis du royaume. Cette hésitation était d’autant plus naturelle qu’ils s’étaient engagés a payer deux millions de florins au pape svils attaquaient le roi de France. Pour ¢touffer ces scrupules, Arteyeld conseilla au roi d’Angleterre de prendre le titre et les armes de roi de France. Sur ces entrefaites, le comle et Philippe crurent porter un grand coup a V’insurrection en envoyant au supplice un parlementaire flamand, Zeyer. Cet acte de perfidie souleva ces braves gens, qui hésitaient encore; ’alliance avec Edouard fut conclue & Bruges, ef Louis de Nevers se fit battre par Arteveld 4 Ja téte des milices de Gand et des terribles foulons.
Nous ne ferons pas ici Vhistoire de la guerre entre Ja France et l’Angleterre. On sait que, repoussé de Tournai, ¥douard abandonna Arteveld et conclut une tréve a Ja faveur de laquelle le comte Louis rentra dans ses Etats. Réduit a ses propres ressources , le dictateur de la Flandre ne se découragea pas. A la téte des frois villes confédérées de Gand, d’Ypres et de Bruges, il sut maintenir l’'union dans les conseils des nouvelles républiques , administrer leurs finances avec ordre et économie, et, tout en conservant !’autorité nominale au comte de Flandre, sauvegarder leur indépendance. Mais lorsque le monarque anglais voulut recommencer la guerre , la situation n’étaif plus aussi favorable ; Yattitude de la France devenait de jour en jour plus menacante, et la discorde avait éclaté parmi les confédérés, Gand, Bruges et Ypres ne s’étaient pas contentées d’avoir imposé leur gouvernement aux autres villes leurs alliées ; elles avaient encore vouluconcentrer dans leurs murs les manufactures de laine, principale richesse du pays. En méme temps les tisserands réduisirent le salaire des foulons , et il se livra 4 Gand entre ces deux corps de métiers un combat sanglant. La fayeur populaire échappait & Arteveld. C’est alors que, se sentant trop faible pour lutter seul, il accueillit les ouvertures du roi d’Angleterre, ef proposa a ses concitoyens de faire passer la couronne des comtes de Flandre sur la téte du prince de Galles. Mais le temps n’était plus ot son éloquence de tribun fascinait ses auditeurs. Les communes restérent inébranlables. Lorsqu’il arriva 4 Gand, le yeuple, qui se pressait d’ordinaire plein d’entliousiasme a son passage, ne fit plus entendre que des cris d’insulte et de menace. Bientét Gérard Denys, doyen des tisserands , ennemi personnel d’Arteveld, souleva cette population hostile, ef vint assaillir son hdtel. En vain Arteveld voulut | rappeler ses exploits et les services qu’il avait rendus a sa patrie; sa demeure fut forcée, et il périt de la main méme de Gérard Denys.
ARTEVELD (Puitippe p’), fils du précédent, vivait éloigné des affaires sans rechercher le pouvoir ni la célébrité, lorsgwen 1379 les Gantois se révoltérent de nouveau contre le comte Louis II. Pierre Dubois, le chef des blancs Chape-
ons, voulant donner une plus grande force A l’insurrection en mettant 4 sa téte un nom populaire, confia lautorité supréme a Philippe d’Arteveld. Celui-ci, héritier des talents de son pére, commenga par établir dans Ia ville une justice sévére. Le comte, ayant échoué dans ses attaques contre Gand, avait résolu de Vaffamer, La ville, étroitement bloquée , yoyait ses ressources diminuer tous les jours, quand