ARTEVELD — ARTHRITE
une conférence s’ouvrit prés de Courtrai. Les envoyés de Gand, riches bourgeois, plus soucieux de leur fortune que de Ja liberté de leurs concitoyens , consentirent a signer un traité par lequel la ville obtenait son pardon a condition de livrer au comte deux cents des meneurs, qu’il traiterait A son gré et plaisir. Cette paix ignominieuse souleva dans |’assemblée du peuple la plus vive indignation. Arteveld et Dubois, sachant le sort qui les attendait si la ville se soumettait au comte, mirent a profit ce mouvement, et poignardérent comme traitres deux des enyoyés. Les bourgeois déclarérent qu’ils n’abandonneraient jamais leurs chefs. Cependant la famine étendait ses ravages. Une nouvelle conférence s’ouvrit 4 Tournai. Le comte , connaissant la position désespérée des assiégés, se montra plus exigeant et plue dur encore ; il répondit que « sila ville voulait la paix, tous les Gantois de quinze 4 soixante ans devaient se présenter A lui en chemise et Ja corde au cou, s’en remettant A sa pure volonté du mourir ou du pardonner ». Cette déclaration ine humaine et impolitique eut pour effet de porter les malheureux ouvriers de Gand a un supréme effort. Un corps d’élite de cing mille hommes sortit de la ville avec cing chars portant du pain cuit ef deux tonneaux de vin. C’était tout ce qui restait de vivres 4 Gand. Cette petite armée rencontra le comte Louis devant Bruges avec huit cents lances et yingt mille hommes de milice. Les Gantois , favorisés par la disposition du terrain, fondirent 4 Vimproviste sur ces troupes peu aguerries, et les enfoncérent du premier choc. Bruges leur ouvrit ses portes; le comte fut recueilli par une vieille femme d’un faubourg, qui le cacha sous le lit de ses enfants. Aussit6t presque toutes les villes de la Flandre se déclarérent pour les révoltés , et Philippe d’Arteveld prit le titre de régent de Flandre. Le comte implora l’assistance de son cousin, Philippe de Bourgogne, qui gouvernait la France sous le nom du jeune Charles VI. Une nombreuse armée, eommandée par le connétable de Clisson, passa la Lys et emporta Comines. Ypres, Cassel, Berghes, Gravelines , Furnes, Dunkerque, se rendirent l'une aprés l’autre. Malgré ces revers et ces défections , Arteveld ne perdit point courage. Rassemblant ses vaillants artisans, il offrit le combat aux Frangais 4 Rosebec que. Mais les manants de Flandre ne purent enfoncer les chevaliers francais comme jadis les milices de Bruges. Ce ne fut pas une défaite, ce fut une boucherie. Le corps d’Arteveld fut retrouvé parmi les morts; et le jeune roi de France, apres avoir contemplé quelque temps ce terrible ennemi des gentilshommes, fit pendre, pour exemple, son cadavrea un arbre. Selon Paulus , Arteveld n’était point mort quand on le releya sur le champ de bataille; mais il refusa de se laisser panser, ne voulant pas survivre a la ruine de sa patrie. W.-A. Duckett.
ARTHRITE (du grec &pOpittc, jointure). C’est l'inflammation aigué des articulations. On luiadonné aussi le nom darthrite traumatique ou Warthrite externe. Cette maladie est la complication la plus fréquente et la plus dangereuse de toutes celles qui se montrent aprés les plaies ou les opérations faites sur les articulations des membres. On la yoil souvent prendre naissance sans causes exférieures appréciables ; c’est ainsi qu’elle se produit chez les nouvelles accouchées, chez les individus affectés de phlébite , d’infection purulente ou de blennorrhagie. Les causes connues de l’arthrite sont nombreuses et assez diverses, Les coups, les chutes, les faux mouvements, les violences extérieures , felles que la distension violente des articulations, les fractures, les plaies faites par des instruments piquants, peuvent la produire.
A Vétat aigu, Varthrite externe peut affecter spécialement tantdt tous les tissus articulaires extérieurs , et tantdt les parties internes. Son intensité varie encore selon que la capsule articulaire communique ou non avec Yair, Le hlessé semble d’abord ne devoir éprouyer aucun accident; la plaie conserve pendant les trente-six ou quarante-huit