‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 6 sur 488 · ARIEGE — ARIMASPES · texte numérisé non relu

ARIEGE — ARIMASPES

VAriége , est l'une des plus importantes voies de communication entre la France et l’Espagne. :

Les villes du département de l’Ariége sont proportionnées pour le nombre et I’étendue au peu d’importance de sa population; mais elles sont presque toutes fort jolies et trésagréablement situées. Foix, chef-lieu du département , semble cependant faire exception a cette régle ; mais Tarascon-sur-Ariége est dans une position charmante, au confluent de |’Ariége et du torrent qui descend de la vallée de Vic- @Essos. Ax est célébre par ses trente-deux sources thermales, dontla chaleur varie de 18 a 60 degrés, et réparties sur trois points : Teix, l’Hépital, et Couloubret. En descendant vers le nord, on trouve Pamiers, siége épiscopal ; Saint- Girons, remarquable par la régularité de ses rues, et arrosée par le Salat, qui dans son cours rapide met en mouvement des usines, de belles papeteries et des fabriques d’étoffes. Cette ville de 4,668 habitants fait un grand commerce avec I’Espagne. A peu de distance on remarque Saint-Lizier, bourg de 930 habitants. Appelée jadis Austria, cette ville tut la capitale des Consorrani. Elle eut longtemps des évéques, dont saint Lizier (mort en 752) fut le plus célébre. Mais, 6 vicissitudes humaines! le palais épiscopal est aujourd’hui un dépét de mendicité.

ARIENS, ARIANISME. On appela ainsi les partisans et la doctrine d’ Arius, prétre d’Alexandrie, qui vers |’an 818 prétendit quele Christ, fils de Dieu, était le plus noble des étres créés de rien ; qu’il était, par conséquent, inférieur 4 Dieu et produit par sa libre volonté. Cette opinion fut condamnée en 320, au synode d’Alexandrie, puis, en 325, au concile général de Nicée, par les partisans d Athanase, qui accordaient au Fils de Dieu une complete égalité d’essence avec le Pére (duovcra, en grec, d’ou on les surnomma homousiens), et déclaraient ne vouloir désigner son rapport avec !e Pére que par les mots procréalion éternelle. Malgré la proscription qui frappa son parti, Arius n’en réussit pas moins a se faire de chauds adhérents, et Constantin le Grand, par amour de la paix, s’occupait dele faire recevoir de nouveau dans la communion chrétienne, lorsqu’il expira subitement en 336.

Aprés sa mort, le nombre de ses disciples s’accrut considérablement, surtout lorsqu’en 337 Constantin se fut fait administrer le baptéme suivant le rite arien. Sous Constance cette croyance devint la théologie officielle de I’iitat ; et 4 partir de 350, époque ott Constance régna seul, elle domina en Occident, puisque Rome elle-méme dut accepter un éyéque arien, Félix. Mais les discordes intestines des sectaires que le catholicisme persistait 4 anathématiser finirent par assurer Je triomphe de celui-ci et par faire comprendre ’homousia au nombre des dogmes de I’Fglise orthodoxe. Déja les semi-ariens, qui avaient pour chefs Basile d’Ancyre et Georgius de Laodicée, s’étaient rapprochés delle en soutenant la similitude d’essence du Fils avec le Pere (dyorotcr, d’ou leur surnom d’homoiousiens); c'est ainsi qu’ils étaient parvenus A saisir la toute-puissance a la cour de lempereur. Les exagérations des ariens rigides Aétius et Eunomius de Cappadoce, appuyées de leurs nombreux adhérents, contribuérent encore plus au triomphe définitif des orthodoxes. En soutenant au synode de Sirmium, en 357, que le Fils de Dieu est dune essence tout autre que le Pére (d’ou on les appela hétérousiens, ou encore anoméens), ils soulevérent contre eux jusqu’aux semi-ariens ; et, en voulant ramener le baptéme a une immersion complete , ils scandalisérent le peuple. .

Lempereur J ulien, qui, dans son mépris pour le christianisme, accordait A toutes les sectes la méme tolérance, et ne souffrait pas de querelles religieuses dang Yempire mie de faire triompher lorthodoxie. A partir de an 364 erp parvint cependant encore A dominer quelque

Pmps en Orient, et put méme Se permettre des actes de violence contre les catholiques, Mais Gratien rétablit la paix

dans l'empire, et Théodose rendit aux Athanasiens leur prépondérance passée. En outre, les discordes qui éclatérent

. entre les ariens eux-mémes hatérent la fin de leur influence »et de leur considération dans empire romain.

Dés la premiére moitié du cinquieme siécle cette hérésie avait done complétement disparu de la partie de l’empire romain qui reconnaissait encore l’autorité supréme des empereurs. Mais elle continua a dominer dans l’ouest, chez les Goths, qui avaient été convertis au christianisme vers l’'an 340 par des ariens, jusqu’a ce que les victoires du rei Frank Clovis et les réformes opérées dans l’liglise par le roi des Visigoths Récaréde l’en eussent également expulsée vers la fin du cinquiéme siécle. A la méme époque elle était aussi exterminée chez les Suéves d’Espagne, qui l’avaient professée cent ans. Les Bourguignons, qui Pavaient adoptée en I’an 450, Pabandonnérent au commencement du sixiéme siécle. Il fut plus difficile de convertir les Vandales au catholicisme. Depuis l’an 430 ils étaient de rigides sectaires d’Arius : ils avaient maintenu son église toute-puissante dans le nord de l'Afrique en méme temps qu’ils se livraient aux persécutions les plus cruelles contre les catholiques. Les victoires de Bélisaire mirent seules fin 4 leur empire en 534, et firent cesser leur séparation d’avec |’Eglise orthodoxe. Mais ce fut chez les Lombards que l’arianisme resta le plus longtemps enraciné. Ces peuples, qui l’avaient apporté avec eux en Italie, lui demeurérent fidéles jusqu’en 662. Depuis lors les ariens n’ont plus constitué nulle part un parti; ef si en France, au douziéme et au treiziéme siécle, on a accusé les albigeois d’enseigner des doctrines analogues, si, dun autre eété, tous les sectaires qu’on a compris, apartir du seiziéme siécle, sons la dénomination d’anti-trinitaires ont admis en réalité que le Fils est inférieur au Pére, ceux-ci néanmoins pas plus que ceux-la ne sauraient étre considérés comme ariens.

ARIETTE (en italien arietfa, diminutif daria, air). En frangais ce mot n’a point été usité dans le sens propre qu'il a en italien, et jamais il n’a signifié un peti¢ air, par opposition a ce que !’on nommait les grands airs ou récits. Comme ces derniers étaient presque toujours écrits en mouvements lents dans l’ancienne musique frangaise, s'il apparaissait quelque morceau d’un mouvement plus vif et dun rhythme plus marqué, on le nommait arie¢ée. C’est plutdt par le mouvement que par l’étendue que dans Vorigine les ariettes différaient des airs; et en effet l’ancien répertoire offre quantité d’arieties qui ont tout le développement que l’on donnait aux airs de cette époque. Plus tard ce termea désigné les airs 4 voix seule, quel qu’en fat le mouvement. Un autre caractére de Variette était de n’étre jamais & couplets : tous ses vers devaient avoir une musique qui leur ft propre, ce qui n’empéchait pas toutefois les répétitions mélodiques. Les piéces que nous appelons aujourd’hui opéras-comiques, dénomination qui n’est pas toujours parfaitement justifiée, se nommaient au siécle passé comedies & ariettes ou mélées d’ariettes : on avait aussi des journaux @ariettes, Ce mot est tout A fait tombé en désuétude.

A. DE LAFAGE.

ARIKI. Voyez Koumiss.

ARIMANE., Yoyez Anriman.

ARIMASPES,, peuple fabuleux, que l’on place tantot en Scythie, tantot dans les monts Riphées, et que l’on ¢onfond souvent avec les Cyclopes. Comme eux, a-t-on dit, ils n’avaient qu’un q@il au milieu du front, et, voisins des griffons, ils leur faisaient une éternelle guerre. Ces griffons étaient, ajoutait-on, des animaux sauvages, qui, guidés par un instinct singulier, fouillaient dans les entrailles de la terre pour en tirer de l’or et des pierres précieuses; et lorsqwils avaient trouvé leur proie, ils auraient plutét perdu la vie que de l’abandonner.

Tous ces contes pucrils ont été acerédités par es témoignages d’écrivains de grand poids, tels que Pline, Pompo-

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