ARTOIS — ARTS ET METIERS
@ Artois. Ce prince périt le 8 janvier 1250, a la bataille de la Massoure, ou saint Louis tomba au pouvoir des infidéles. Robert I, son fils, lui succéda, et perdit la vie ala bataille de Courtrai, le 11 juillet 1302. Mahaut, sa fille et femme d’Othon IV, comte de Bourgogne, succéda au comté d’ Artois, malgré Popposition de Robert d’Artois, son neveu, fils de Philippe, son frére, mort en 1298. Cette princesse siégea comme pair lors du sacre du roi Philippe le Long, son gendre (1316). Jeanne de Bourgogne, fille d’Othon LV et de Mahaut d’Artois, et veuye du roi Philippe le Long, succéda & sa mére dans le comté d’Artois, en 1329, et le transmit a sa fille Jeanne de France, qui avait épousé Eudes LV, duc de Bourgogne. A la mort de celle-ci (1347), P Artois échut 4 Philippe de Rouvre, duc de Bourgogne , son petitfils, mort sans enfant, en 1351. Marguerite de France, sa grand’tante , veuve de Louis 1°, comte de Flandre, fut son hérititre dans ce comté. Elle le transmit, en 1382, a Louis II, comte de Flandre, son fils, mort en 1384. Marguerite de Flandre, fillede ce dernier, porta le comté d’Artois dans la maison de Bourgogne, ou il demeura jusqu’a la mort de Charles le Téméraire (1477). Il fut alors porté, avec la Flandre et la Franche-Comté, dans la maison d’Autriche , par le mariage de Marie de Bourgogne avec l’archidue Maximilien. La France n’ayait conservé que l’hommage sur ces belles provinces. Le traité de Cambrai (1529) lui enleva cette faible garantie de souveraineté; mais le suceés de nos armes sous Louis XIII et Louis XIV les rendit a leur ancienne nationalité, et depuis les traités des Pyrénées et de Nimégue elles sont restées les plus solides boulevards que la France puisse opposer sur nos frontiéres du nord a toute agression étrangére.
De temps immémorial l’Artois avait sa constitution politique, qui partageait le pouvoir en deux branches, les comtes et les états. C’étaient les trois ordres assemblés qui votaient les impdéts, en réglaient l'emploi, et statuaient sur toutes les affaires publiques. Les comtes n’avaient, a proprement parler, que le pouvoir exécutif; car pour les relations extérieures, telles que la guerre et les traités, les états devaient aussi en connaitre. La France, aprés la conquéte de l’Artois , confirma a cette province ses coutumes et ses priviléges : seulement, comme il suffisait anciennement d’étre noble ou d’avoir une terre 4 clocher pour siéger dans la chambre de la noblesse, un réglement aplanit les difficultés qui naissaient de cette coutume. II fut statué que nul ne siégerait dans cette chambre qu’il ne fit preuve d’au moins quatre générations (cent ans ) de noblesse, et qu’il ne fit seigneur de paroisse ou d’église succursale. Les rois de France se réservérent l’appréciation de la capacité des membres des trois ordres, en réglant que les seuls députés porteurs de lettres closes de convocation pourraient étre admis a siéger aux états. La convocation générale se faisait par lettres patentes , et des commissaires du roi assistaient a toutes les délibérations. Nul député n’était dispensé d’assister en personne. Les votes avaient lieu par ordre, et non par téte. La session terminée, les états remettaient lexécution de leurs arréts A trois commissions , les dépufés ordinaires ( au nombre de trois, qui pendant le cours de l'année représentaient le corps des états ), les députés en cour, ceux chargés des remontrances ou de solliciter Pexpédition des affaires dont la décision appartenait au pouvoir royal, et les députés des comptes, chargés de la reddition de toutes les recettes et dépenses du budget provincial. La sagesse de ce gouvernement était universellement admirée des autres provinces du royaume, et il dut exercer une grande influence sur les meeurs et le caractére des Artésiens, dont tous les historiens portent le témoignage le plus honorable.
Louis XV avait fait revivre le titre de comte d’Artois sur la téte de son petit-fils Charles-Philippe de France, qui a porté ce titre jusqu’& son avénement au tréne, sous le nom de Charles X. Laine.
ARTOTYRITES, hérétiques, formant une branche des anciens montanistes, qui parurent dans le second siécle et infestérent toute la Galatie. Ils corrompaient le sens des Ecritures , et communiquaient la prétrise aux femmes, qui étaient admises 4 discuter et 4 se poser en prophétesses dans leurs assemblées. Pour le sacrement de Peucharistie ils se servaient de pain et de fromage, ou de pain dans lequel on avait fait cuire du fromage, alléguant que les premiers hommes offraient & Dieu non-seulement les fruits de la terre, mais encore les prémices de leurs troupeaux. C'est pourquoi, dit saint Augustin, on les appela artotyrites, du grec dotoc, pain, et tupdc, fromage.
ARTS, BEAUX-ARTS. On comprend généralement sous le nom de beauz-arts la peinture, la sculpture, la gravure, l’architecture, la musique et la danse, c’est-a-dire, parmi les arts libéraux, ceux qui rentrent plus spécialement dans le domaine de l’imagination (voyez Arr ). A toutes les époques leur développement eut une grande influence sur la civilisation : aussi, depuis que l'Europe est sortie de la barbarie, les beaux-arts ont-ils été objet de la sollicitude des gouvernements éclairés. De nombreuses institutions ont été établies, les unes pour provoquer le développement des arts, les autres pour honorer le talent. Fn France, outre les ateliers et les écoles départementales, la peinture, la sculpture et Varchitecture ont une école tmpériale des beaux-arts, dont les grands concours ouvrent a un certain nombre d’éléves le chemin des écoles frangaises de Rome et d’Athénes (voyes ACADEMIE DE FRANCE A ROME),
L’artiste trouve ensuite des encouragements dans les récompenses décernées aprés les expositions annuelles ( voyes Exposition), ou bien dans l’admission de ses ceuvres dans nos musées nationaux ou départementaux ( voyez MusEégs). Quant 4 la musique, enseignée au Conservatoire national, elle prend également part au grand concours. Enfin peintre , sculpteur, graveur , architecte ou musicien, tout artiste qui l’emporte sur ses rivaux entre ordinairement dans Vune des cing sections. qui composent la classe de l'Institut qui porte le nom d’Académie des Beauz-Arts:
ARTS (Société des Amis des). Cette association s’est formée a Paris en 1791, dans le but d’encourager quelques artistes en leur achetant, chaque année, un petit nombre de leurs tableaux avec le montant d’une somme acquise dans son sein par souscriptions individuelles de cent francs. Ces tableaux réunis sont ensuite tirés au sort parmi les membres. Les sociétaires que Ja chance n’a point favorisés recoivent pour fiche de consolation la gravure d’un des tableaux acquis, dont la planche est brisée dés qu’il en a été fait un tirage égal aux personnes que l’on doit indemniser de leur mauyaise fortune. Cette société, du reste, se renferme, pour ses acquisitions, dans le cercle des tableaux de genre, comme étant, par leur dimension, les plus propres 4 l’ornement des cabinets. Chaque année elle a une exposition publique dans une des salles du Louvre des ceuvres qu’elle met en loterie. Pour juger de son importance et du bien véritable qu’elle pourrait produire, il serait 4 désirer qu’elle pat opérer plus au grand jour de la publicité et sur une plus large base.
ARTS ET MANUFACTURES (Ecole centrale des). Cette école, acquise par |’Etat en 1857, a pour mission de former des ingénieurs civils, des directeurs d’usines, des chefs de fabriques et @usines. On n’y est admis qu’a la suite de concours. La premiére année est consacrée A étude des mathématiques, dela physique et des sciences naturelles; Jes deux années suivantes sont consacrées a l’application, suie vant quatre directions, la métallurgie, la chimie, la construetion et la mécanique, parmi lesquelles l’éléve peut choisir, L’école délivre des diplémes d’ingénieur civil aux éléves qui satisfont aux épreuves de sortie, et des certificats de capacité a ceux qui n’y satisfont qu’en partie. Z.
ARTS ET METIERS, ARTS INDUSTRIELS, ARTS MECANIQUES. On comprend généralement sous l’une ow
Yautre de ces trois dénominations les arts qui sont Je plus directement indispensables a |’entretien de la vie de ' homme et aux besoins matériels de la société. On les distingue done des arts d’imagination, et ]’on a séparé les arts en général en beaux-arts ou arts libéraux et en arts mécaniques ou industriels. Les arts mécaniques, disait S. Le Normand, sont pour le moins aussi utiles que les arts libéraux; cependant, tous nos hommages sont pour ces derniers , tandis qu’é peine nous accordons quelque considération 4 artisan, a qui nous devons tout, humainement par- Jant, et sans lequel il n’y a ni société ni véritables richesses. Bacon regardait l'histoire des arts industriels comme la branche la plus importante de Ja vraie philosophie ; il n’en méprisait pas la pratique. Colbert considérait l'industrie des peuples et l’établissement des manufactures comme la richesse la plus sdre d’un Etat. « Au jugement de ceux qui ont des idées saines de la valeur des choses, dit d’Alembert, celui qui peupla la France de graveurs, de peintres, de sculpteurs et @artistes en tout genre, qui surprit aux Anglais la machine a faire des bas, le velours aux Génois, les glaces aux Vénitiens, ne fit guére moins pour l’Etat que ceux qui battirent ses ennemis et leur enlevérent leurs places fortes. »
Puisqu’il est prouvé que les arts sont les richesses de la patrie, puisqu’il est incontestable qu’il n’y a d’Etat florissant que celui ow ils sont protégés et encouragés, que c’est par les arts que l’industrie s’agrandit, que c’est par eux, enfin, qu’un Etat étend son domaine, en s’affranchissant du tribut des autres peuples, et en les rendant, au contraire, tributaires de ses travaux et de son génie, on ne saurait trop inspirer aux hommes raisonnables du gotit pour les arts et leur faire naitre trop tot le désir d’¢tre utiles aux artistes et aux artisans. Il n’est pas absolument nécessaire de pratiquer soi-méme les arts dans toutes les manipulations qu’ils nécessitent; il suffit qu’on les connaisse assez pour en sentir l’utilité,pour les protéger et pour les honorer. On doit savoir les apprécier sous les rapports des avantages immenses qu’ils procurent au commerce, en lui présentant des moyens continuels d’échange avec les autres peuples, et en lui donnant ainsi la facilité de cimenter de plus en plus Ja chaine fraternelle qui doit les unir. On doit les protéger sous le rapport de leur utilité, pour procurer aux ouvriers des travaux lucratifs, qui fournissent a leur subsistance et aux moyens d’élever honorablement leur famille. On doit les honorer, puisqu’ils sont la source féconde et intarissable de la richesse et de la prospérité publique.
C'est & partir de l’époque de la réyolution seulement que Vindustrie francaise , entrayée jusque 1a par les corporations et les nombreux statuts et réglements des arts et métiers, a recouvré sa liberté et a vu naitre en méme temps une foule @institutions propres a favoriser ses progres. Le premier pas fait dans cette carriére d’améliorations a été l’établissement des brevets d’invention, d’importation et de perfectionnement (voyez Brever), décrété par les lois du 7 janvier et du 23 mars 1791. Deux ans apres, la Convention institua une commission temporaire des arts, chargée de rechercher et d’acheter tous les objets utiles aux arts industriels ; la collection de machines et d’instruments que procurérent les travaux de cette commission, jointe a celle du célébre Vaucanson, devint Vorigine du Conservatoire des Arts et Métiers. Au bout de huit ans de leur glorieuse émancipation , les arts et métiers avaient fait des progrés assez marquants pour que le Directoire conceit, en 1797, Vheureuse idée d’offrir 4 la France une exposition générale des produits des manufactures (voyes Exposition), et daccorder en méme temps des récompenses nationules aux artistes qui s’étaient le plus distingués. Cette solennité, renovvelée plusieurs fois depuis , adoptée par l’étranger, ot notre industrie elle-eméme a pu aller disputer la palme, a fait connattre & chaque époque de nouveaux développe-