‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 65 sur 488 · ARUM — ARUNDEL · texte numérisé non relu

ARUM — ARUNDEL

culentum, ou chou caraibe, rend les mémes services

} aux habitants de Saint-Domingue, de la Jamaique, des

Indes, ou il croit dans les montagnes fratches et humides. La chaleur de cette derniére espéce d’arum est telle , que mise en contact avec le tube du thermométre de Réaumur, elle le fait monter de 30 & 48 degrés, ce qui excéde de beaucoup la chaleur de Vatmosphére. Ce phénoméne se manifeste environ un quart d’heure avant le lever du soleil. Une quatriéme espéce de Varum, qui n’est connue que

par ses propriétés nuisibles, et qui porte le nom darum

vénéneux, croit aux Antilles ; elle a Paspect du bananier, et elle est d’une acreté et d’une odeur insupportable. ARUNDEL, bourg d’Angleterre , de 2,956 ames , 4 100 kilométres de Londres, dans le cumté de Sussex, sur la rive droite de ’Arun, 45 kilométres de son embouchure dans la Manche, Ses bains de mer sont trés-fréquentés , et son port, qui ne recoit que des batiments de cent tonneaux, communique par un canal avec Portsmouth. Ll s’y fait un commerce actif, surtout en tan et en bois de construction. A Pentrée de la riviére est le petit port de Little-Hampton. Ce qu’Arundel posséde de plus remarquable est son

beau chateau gothique, forteresse jadis importante, qui

soutint un long siége contre Henri I**. Ce domaine confére & son propriétaire le titre de premier comte et pair du royaume. Il appartient aujourd’hui au duc de Norfolk. C’est une des résidences les plus anciennes et les plus magnifiques de la Grande-Bretagne. L’escalier et toute la boiserie du premier étage sont en acajou plein; la boiserie du deuxiéme est en chéne anglais. Chaque étage a une longue galerie. Celle qu’on nomme !a salle des barons est éclairée par douze croisées, dont les vitraux sont admirables , surtout ceux de la fenétre du milieu, ou Beckwitt a représenté le roi Jean donnant la Grande Charte. De la plate-forme de la vieille tour, donnant sur le parc, on jouit d’une vue magnifique, qui s’étend jusque par-dela l’ile de Wight. ARUNDEL (Tuomas), né en 1353, mort en 1414, fils du comte Robert d’Arundel, fut nommé a lage de vingtdeux ans seulement évéque @’Ely, sous le régne d’Edouard !II. Treize années plus tard le pape le transféra a l'archevéché a@’York , oi il dépensa des sommes considérables pour la construction du palais épiscopal. Peu aprés il fut en outre appelé a remplir les fonctions de lord chancelier, et il les conserva jusqu’en 1396, époque ou il passa a Varchevécné de Cantorbéry,ce qui faisait de lui le primat du royaume. Richard If régnait alors; il eut bientOt querelle avec Arundel , qui sous l’accusation du crime de haute trahison, fut condamné a Vexil. Il se retira alors & Rome, ou Boniface IX Vaccueillit parfaitement et lui conféra l’archevéché de Saint-André en Ecosse. Dans cette position Arundel se vengea du roi qui l’avait persécuté, en contribuant a déterminer le duc de Lancastre, qui fut ensuite le roi Henri IV, 4 envahir |’Angleterre et a détréner Richard. Arundel eut recours au bicher pour combattre les doctrines de Wiclef et des Lollards. C’est, dit-on, le premier prélat qui interdit la traduction des saintes Ecritures en langue vulgaire. ARUNDEL (Tuomas HOWARD, comte vd’), né vers 1580, mort en 1646, s’est rendu célébre par la protection généreuse qu’en toutes occasions il s’attacha a accorder aux arts et aux sciences. Il fit les frais d’un voyage a Rome du savant John Evelyn a la recherche d’antiquités. Il confia ensuite une mission du méme genre pour la Gréce a William Petty , et les résultats en furent bien autrement importants pour l’archéologie. En 1627 W. Petty rapperta de son voyage un grand nombre de statues, de bustes , de sarcophages et marbres précieux chargés d’inscriptions , achetés par lui sur différents points de la Gréce pour le compte du noble lord, entre autres les célébres marbres dits @Arundel (voyes Varticle ci-aprés), parmi lesquels se trouve lachronique de Paros; et le comte d’Arundel en composa un musée jusque alors unique en Angleterre. En 1642

le caraclére que preaaient les troubles le décida & passer en Italie, ou il mourut, quatre ans plus tard, 4 Padoue, partageant sa collection entre ses deux fils, dont l'un fut l’infortuné comte de Stafford. Henri Howano, son petit-fils fit don & Puniversité d’Oxford, en 1667, de toutes les inscriptions sur marbre quiavaient fait partie du lot de son pére, et qu’on désigne aussi maintenant sous le nom de marbres @ Oxford, marmora Oxoniensia.

ARUNDEL (Marbres d’). Parmi les marbres que William Petty rapportait en Angleterre se trouvait la célébre chronique de Paros, qui contient les époques les plus mémorables de histoire de la Gréce depuis Pan 1582 avant J.-C., date de la fondation d’Athénes par Cécrops, jusqu’en 264 avant notre ére, date ou ils furent mis.en ordre, dit-on, par Varchonte Diognéte; ce qui présente une série chronologique de treize cent dix-huif ans. IL y avait en outre plusieurs traités relatifs & Priéne, & Magnésie et a Smyrne. Dés que lord Arundel eut recu les trésors archéologiques qui lui arrivaient de Rome et de Gréce, il fit placer les bustes et les tableaux dans sa galerie, appliquer les marbres écrits sur les murs de son hdétel, et disposer dans son jardin d’été , & Lambeth, les statues d’un mérite inférieur ou qui étaient mutilées. La collection entiére contenait trente-sept statues, cent vingt-huit bustes et deux cent cinquante marbres chargés d’inscriptions , sans compter les autels, les sarcophages, divers fragments, ef des bijoux dun grand prix.

Nous avons vu qu’a sa mort il avait partagé sa collection entre son fils ainé et le comte de Stafford. Le lot du premier échut plus tard, par héritage, 4 Henri Howard , comte d’Arundel, lequel, en 1667, a la sollicifation de Jean Selden et de Jean Evelyn, fit don a Vuniversité d’Oxford de fous ses marbres écrits, qui depuis cette époque ont été conbus sous le nom de marbres d’Oxford, Marmora Oxoniensia. Ils furent déchiffrés aussit6t aprés leur arrivée par Jean Selden, quiles publia en 1629, avec une traduction latine ef un commentaire, sous ce titre: Marmora Arundelliana , sive saxa grxce incisa, ex venerandis prisce Orientis gloriz ruderibus , auspiciis et impensis Thome comitis Arundellie , etc. Accedunt inscriptiones aliquot veleris Latii, ex ejusdem vetustatis thesauro selectz (Londres, in-4°). En 1676 Homfroi Prideaux les publia de nouveau , avec d’autres marbres qui avaient été donnés a lVuniversité d’Oxford, et les accompagna, dans cette édition qui est intitulée : Marmora Oxoniensia, ex Arundellianis, Seldenianis , aliisque conflata (Oxford, {676, infolio), dun commentaire auquel il ajoufa les observations de Selden et de Thomas Lydiat. Cette édition a été réimprimée a Londres en 1732, in-folio , par les soins de Michel Maittaire , sous ce titre: Marmorum Arundellianorum, Seldenianorum, aliorumque Academie Oxoniensi donatorum, cum variis commentariis e¢ indice. Maittaire y a disposé les marbres dans un meilleur ordre que Prideaux, et a ajouté aux commentaires de ce dernier et & ceux de Selden des observations d’antres savants qui se sont occupés de ces belles antiquités.

Cependant, la meilleure ef la plus belle édition de ces marbres est celle du célébre docteur Richard Chandler, intitulée : Marmora Owoniensia (Oxford, 1763, in-folio, format d’atlas). Ily a, toutefois, dans les deux éditions précédentes de bons commentaires , qui ne se trouvent pas dans celle-ci et qui les rendent nécessaires. Les inscriptions , mais sans gravures, ont été réimprimées 4 Oxford en 1791, in-8°, La chronique de Paros a été traduite par Scipion Maffei , Lenglet-Dufresnoy , le docteur Playfair ef M. Robinson. Il est bon de consulter encore la Dissertation de ce dernier sur lV’authenticité de cette chronique, 1788, in-8°, les Observations de Gibert sur le méme sujet ( tome XXL de l’Académie des Inscriptions), ef une Réclamation en faveur de lachronique adressée par Hewlest a M. Robinson,

ABUSPICES (en latin haruspices ). On appelait ainsi & Rome une classe sacerdotale de devins qui exergaient Yharuspicina, pratique originaire d’Etrurie, sorte de divination consistant dans l’inspection des entrailles des victimes. Ils tiraient également des présages de V’observation des éclairs et des prodiges, et c’était eux qui consacraient Jes lieux frappés par la foudre. Supérieurs aux augures, ils sont représentés sur les monuments antiques vétus d’une robe courte et armés d’un couteau pointu en forme de scalpel. Du temps dela république la science des aruspices étrusques fut non-seulement tolérée , mais encore reconnue et utilisée de bonne heure par |’Etat, comme les autres genres de divination qui se pratiquaient 4 Rome. A I’époque des empereurs l’astrologie des Chaldéens obtint presque autant de crédit que Dart des aruspices; mais Claude fayorisa Yharuspicina, et il est A présumer que ce fut lui qui institua un collége officiel de prétres, composé de soixante membres placés sous un magister publicus, dont on attribue par erreur la création & Romulus. Cette pratique paienne , bien que l’objet de sévéres prohibitions , se maintint encore quelque temps sous les empereurs chrétiens, jusqu’au régne d’Honorius , dont une loi rendue en I’an 419 pronongait la peine de la déportation contre tous les mathematici , c’esta-dire devins, en méme temps que les éyéques condamnaient leurs livres au feu; dispositions pénales qui enveloppaient éyidemment les aruspices.

ARVALES. Voyez AmBARVALEs.

ARVERNES (Arverni), un des peuples les plus puissants de la Gaule Celtique. Leur territoire s’étendait d’un cété depuis la république de Marseille et les Pyrénées jusqu’au dela de la Loire. Voyes AuVERGNE.

ARYANS, nom généralement adopté pour désigner ce groupe ethnologique appelé Indo-Germanique. Il se divise en deux branches, celle d’orient et celle d’occident; la seconde comprend les habitants de Europe, a exception des Tures, des Hongrois et des Finnois; la premiére, les peuples de l’Arménie, de la Perse , de l’Afghanistan et du nord de l’Inde. La preuve qui a servi 4 établir la parenté de ces différentes nations entre elles, est celle du langage. Entre le sanscrit, le zend, le grec, le latin, le celte, le gothique et le slave, les recherches de la philologie ont, dans le siécle présent , découvert de telles ressemblances qu’il en doit résulter pour le savant une communauté d’origine. Toutes ces langues sont sceurs; quant a celle dou elles ont tiré V’étre, elle a péri ne laissant derriére elle aucun monument de sa propre existence, aucune trace méme de ceux qui ont parlée. D’un accord unanime, tous les ethnologistes placent le berceau de la race aryane dans l’Asie centrale, entre la mer Caspienne et l’Hindou-Kouch. C’était 1a, 4 une époque bien antérieure aux Ages historiques, tandis que l’Europe n’était encore qu’une vaste solitude ou que ses rares habitants se rapprochaient peut-étre des Finnois ou des Indiens, c’était la la patrie de la racemére dont nous avons parlé. De ce centre des migrations successives rayonnérent vers le nord-ouest; la plus ancienne forma les Celtes, qui se répandirent d’abord dans YEurope entitre; une autre, mais longtemps apres, se composa des ancétres de I’Italie, de la Gréce et des peuples teutoniques. Les émigrants prenaient leur route a travers la Perse et Asie Mineure, passant tantot au-dessous, tantOt au-dessus. de la mer Caspienne. Les derniéres invasions se dirigerent vers le sud, franchirent les défilés de YHimalaya, et peuplérent l’Hindoustan etla Perse. —C’est de ce rameau oriental que la race entiére a tiré le nom d’Aryans. Dans les Védas, ainsi s’appellent eux-mémes les Hindous ; il y avait chez les Perses la tribu des Ariens (Arii) et une province, Ariane (Ariana), qui comprenait une partie de la Bactriane, et qui a contribué a former, VIran (Airan), nom de la Perse moderne.

ARZACHEL (Annanam), né & Toléde, au onzieine

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