AS — ASCALON
on l’employait méme pour désigner la succession , )’hérédité entire. Ainsi hériter de quelqu’un ex asse signifiait hériter de tout son bien, étre son légataire universel, son unique héritier; de méme, hériter ex triente, ex semisse, ex besse, etc., c’était hériter du tiers, de la moitié, des deux tiers , etc. L’as, quelle que fat lunité réelle qu’il représentat, se divisait en douze parties, nommées chacune once (uncia), et ses diverses fractions avaient regu des noms particulier; Yonce elle-méme se subdivisait en 4 siciliques, la sicilique en 6 scrupules, le scrupule en 2 oboles, et Vobole en 3 siliques; cette dernitre subdivision, la plus petite de toutes, était donc Ja cent quarante-quatriéme partie de Yonce. Voyes Consutaines (Monnaies ).
Las, comme wnité de poids, ou la livre romaine (as libralis, libra romana), est regardé par les savants, d’aprés les recherches les plus récentes et les plus exactes, comme équivalant & 10 onces 5 gros 40 grains de notre poids, ou 3 hectogrammes 27 grammes {8 milligrammes.
L’as monnaie (as assipondium, ou libella) était de bois, de cuir ou formé de coquille sous Numa Pompilius, a ce que rapporte Eusébe dans sa Chroniqgue,a& Van 506. Sous Tullus Hostilius on en fit en cuivre, et on les appela as, libra et pondo; d'autres disent que ce fut Servius Tulfius qnile premier battit monnaie ; il donna a Vas Peffigie d’une brebis (pecus), d’o cette monnaie prit le nom de pecunia. Quatre siécles plus tard, la premiére guerre punique ayant épuisé I’Etat et les finances, on retrancha des as un sewdans, ou deux onces, et on ne les fit plus que du poids du dextans, c’est-d-dire de 10 onces. Dans la suite on Ota encore une once, et on les réduisit au dodrans, c’est-a-dire aux trois quarts du premier et véritable as, ou a 9 onces. Enfin, par la loi Papirienne, on en retrancha encore une once et demie, et on le réduisit a 7 onces et demie, en l’appelant septunzx et semiuncia. On croit communément que l’as resta A ce point tout le temps de la république. Il fut ensuite réduit A une once. Quand les monnaies d’argent devinrent communes, la maniére de compter par as tomba en désuétude, et on compta par sé sterces.
Le denier, comme l’indique son nom méme, fut dans Porigine l’équivalent de 10 as; le sesterce valait 2 as 2. Ainsi, en donnant au denier la valeur d’environ 80 centimes, et au sesterce celle de 20 centimes, on trouvera que I’as valait $ centimes de nofre monnaie avant d’étre réduit A une once, ce qui arriva l’an de Rome 537.
ASANIDES, nom d'une dynastie de rois de Boulgarie fondée par Asan I*", et par son frére Pierre IT, issus des anciens souverains de ce pays, qui se révoltdrent l’an 1186 contre les empereurs de Constantinople, qui en étaient maitres depuis cent soixante-huit ans, et se firent proclamer rois. Elle s’éteignit dans S¢rascimir I] et Sisman » qui se disputérent le tréne jusqu’au moment ou le sultan ottoman Amurat ou Mourad entra en Boulgarie, l’an 1374, et en subjugua la majeure partie.
ASARIA. Voyez Azarta.
ASBESTE. C’est une substance minérale, d’un tissu fibreux ou filamenteux, flexible, ou plus ou moins cassant. Liasbeste peut étre réduit par la trituration en une poussidre fibreuse ou pateuse et douce au toucher. II se rencontre dans certains rochers de premiére formation , et offre une infinité de variétés , dont la plus remarquable est l’asbeste flexible, connu sous le nom de din incombustible ouamiante. Les autres variétés qui méritent particuli@rement d’étre citées sont l’asbeste tressé , auquel on a donné les noms de chair de montagne, cuir fossile, liége fossile ou de montagne, papier fossile ou de montagne, etc. ; ’asbeste ligniforme, vulgairement appelé bois de montagne, et l’asbeste dur.
Le mot asbeste vient du nom grec de cette substance > GsGeotos, qui signifie inewtinguible j ce nom rappelle un des usages auxquels les anciens |’employaient, ‘Ils avaient
des lampes dites perpétuelles , qu’alimentait une source de bitume , et qui brdlaient 4 l’aide d’une méche d’asbeste.
ASCAGNE,, fils d’Enée et de Créuse selon la tradition. Troie ayant 4té prise par les Grecs, Ascagne sortit de la ville en flammes tenant son pére par la main, et le suivit en Italie, ou Enée épousa Lavinie, fille du roi Latinus, a qui il succéda. Une imprudence qu’il commit en tuant un cerf qui appartenait aux enfants de Tyrrhénus engagea son pére dans une guerre qui lui cotta la vie. Il prit alors les rénes du gouvernement; il battit les Etrusques, et tua Mézence , fils de leur roi Lausus. Mais Lavinie étant accouchée dun fils peu de temps aprés, et s’étant enfuie dans les foréts, par la crainte qu’elle avait de lui, il abdiqua volontairement, et se retira avec ses partisans dans l’intérieur des terres, ot il fonda Albe la Longue. A sa mort ses Etats furent réunis au Latium, ou régnait alors Enéas Sylvius, fils de Lavinie.
ASCALAPHE, fils de l’Achéron et de la nymphe Orphné, fut constitué le gardien de Proserpine, qui dut a la sévérité de sa vigilance d’étre forcée de passer six mois de année dans les enfers. Cérds , en effet, apres lenlevement de sa fille par Pluton, avait décidé Jupiter a la lui rendre, a Ja condition que Proserpine n’aurait encore rien pris depuis son entrée dans le sombre empire. Ascalaphe ayant rapporté qu’il l’avait vue cueillir et manger une grenade dans les jardins de Pluton, Cérés n’obtint de pouvoir jouir de sa fille que pendant six mois de l’année, et Proserpine fut condamnée a passer les six autres aux enfers. Sa mére, pour punir lindiscrétion d’Ascalaphe, lui ayant jeté de eau du Phlégéton au visage, et ayant ainsi métamorphosé en hibou, Minerve le prit sous sa protection, pour qu’il lui rendit, par sa surveillance, lesmémes services qu’a Pluton.
ASCALON, la Djaniah.des Arabes, ville de Syrie (Damas ), 8 50 kilom. sud-ouest de Jaffa. C’était jadis une des principales villes des Philistins, entre Azoth et Gaza, sur les bords de la Méditerranée. Sa position avantageuse la rendait un objet de convoitise pour les nations. Aussi fut-elle successivement prise par les Juifs, par les Perses, les Grecs et les Romains. La tribu de Juda s’en empara apres la mort de Josué. Hérode , qui était originaire d’Ascalon , y fit bitir un palais et divers édifices publics. Les anciens habitants de cette ville adoraienf Vénus- Uranie, ou la Céleste. Le temple de cette divinité y était fort ancien. Lors de Vinvasion des Scythes dans les Etats des Médes, d’oii ils pénétrérent jusqu’en Egypte, ils pillérent Ascalon et ses temples en quittant ce dernier pays.
Les livres saints font souvent mention de cette ville, et les auteurs de l’antiquité parlent avec éloge de l’échalote (cepe ascalonicum), qui tire sonnom d’Ascalon, et que les croisés transportérent plus tard en Occident. On cite aussi son vin. Ascalon avait un port a quelque distance, ov Godefroid de Bouillon, premier roi de Jérusalem, remportala veille de ’Assomption, en 1099, une victoire mémorable sur les Egyptiens, qui se rembarquérent précipitamment, aprés avoir éprouvé des pertes considérables. Cette bataille a été longuement décrite par le Tasse dans sa Jérusalem délivrée. Les Latins remportérent une autre victoire sur ke Sarrasins prés de cette ville, en 1125. Ascalon opposa plus qu’aucune autre ville de la Palestine de la résistance aux croisés; ils ne purent s’en rendre mattres qu’en 1152, sous Je roi Baudouin IIT, qui ladonna en fief A son frére Amaury. Saladin fut vaincu sous ses murs, en 1178, par le roi Baudouin IV ; mais en 1187 il l’assiégea , la prit, et en détruisit la forteresse en 1191. Dés ce moment elle perdit beancoup de son importance. Enfin elle fut entigrement détruite en, 1270 par le sultan Bibars, sur le bruit qui courut que saint Louis se proposait de tenter une invasion en Syrie.
Cetle ville est aujourd’hui entigrement déserte, malgré ses débris imposants; mais ses remparts, avec leurs portes, sont encore debout , dit M. le comte de Forbin; des rues con-