L. Lavrent
ASCENDANT fn verbe latin ascendere, monter), en termes de généalogie et de jurisprudence, se dit de tous les parents qui sont au-dessus de nous en ligne directe ou en ligne indirecte. Le pére et les aieux paternels forment ce qu’on appelle la ligne paternelle ascendante ; la mere et les aieux maternels forment la ligne maternelle ascendante. Le mariage est défendu entre les ascendants et les” descendants en ligne directe seulement. Voyes Parente.
En termes d’astrologie, ’ascendant est Vhoroscope ou le degré de l’équateur qui monte sur horizon au moment de la naissance de quelqu’un, et qu’on croyait jadis avoir influence sur sa vie et sur sa fortune, en lui donnant de la pente pour une chose plutét que pour une autre.
En termes d’astronomie, ascendant se dit des astres et des degrés qui montent sur horizon en quelque cercle ou paralléle de l’équateur que ce soit. — Le n@ud ascendant dune planéte est le point oi elle traverse Vécliptique en allant du midi au nord, tandis que le nwud descendant est celui par lequel elle passe pour aller du nord au midi. — Les signes du zodiaque qui portent le nom d’ascendants sont les trois premiers (le Bélier, le Taureau, les Gémeaux ) ef les trois derniers (le Capricorne, le Verseau, les Poissons ), parce que le soleil, en parcourant ces signes , s’élave de plus en plus au-dessus de Vhorizon dans nos contrées septentrionales, et semble monter vers le zénith. Les six autres signes sont appelés descendants, parce que le soleil, en les parcourant, suit une marche contraire. Les signes ascendants de notre hémisphére sont descendants pour ’hémisphére austral, et vice versa. ,
En arithmétique une progression ascendante est celle dont tous les termes vont en croissant.
En termes d’anatomie, endant se dit des vaisseaux qui portent le sang en haut, ou des parties inférieures dans les parties supérieures. Le trone supérieur de Vaorte s’appelle arfére ascendante; on nomme veine cave ascen dante celle qui porte le sang des parties inférieures au coeur.
ASCENSION, du latin ascensus, ascensio, qui s’applque a Varticle du symbole des Apdtres ; Jésus-Christ est monté au ciel, ott il est assis & la droile de Dieu. L'ascension du Sauveur est décrite dans les mémes termes pat saint Mare. Nous trouvons dans saint Luc : « Aprés avoi
ASCENSION — ASCETES
parlé a ses disciples, Jésus Jes mena dehors jusquad Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit, et en les bénissant il se sépara @eux et monta au ciel. » Le méme saint Luc dans les Actes des Apétres ajoute des détails plus circonstanciés A ce fait miraculeux.
Au commencement du quatriéme siécle on croyait généralement que Jésus-Christ était monté au ciel du point culminant de la montagne des Oliviers. On montre encore & Jérusalem la trace que laissa son pied sur une pierre.
Les chrétiens célébrent |’Ascension quarante jours apres Paques; saint Augustin croit cette fete d'institution apostolique. Il la qualifie de fete du guarantieme. Saint Grégoire de Nysse et saint Jean Chrysostome !’appellent le jour du salut; quelques Grecs, enfin, la nomment avarnprc, assomplion. On la consacre par des processions et d’autres cérémonies particuliéres.
Il y acu plusieurs opinions émises, et par conséquent bien des erreurs répandues sur le fait de cette ascension. Les Appellites pensaient que Jésus-Christ laissa son corps dans les airs ( saint Augustin dit qu’ils prétendaient que ce fut sur la terre ), et qu'il monta sans corps au ciel. Comme Jésus-Christ n’avait point apporté de corps du ciel, mais qu'il Payait recu des éléments du monde, ils soutenaient qu’en retournant au ciel il Vavait restitué 4 ces éléments. Les Séleuciens et les Hermiens croyaient que le corps de Jésus-Christ n’était pas monté plus haut que le soleil, et qu'il y était resté en dépdt. Ils se fondaient sur ce passage des psaumes : J/ a placé son tabernacle dans le soleil. Saint Grégoire attribue la méme opinion aux Manichéens.
ASCENSION (Ile de I’), ile de Afrique anglaise, située dans Océan Atlantique, par 7° 55’ de latitude méridionale et 14°23’ de longitude occidentale, & 960 kilométres de Sainte-Héléne et 1550 du cap des Palmes, point le plus rapproché du continent africain : ellea 12 kilométres de long sur 9 de large, et doit son nom au Portugais Tristan @Acunha, qui y aborda le jour de l’Ascension 1508 , et qui crut l’avoir découverte, bien qu'elle Pett été sept ans auparavant, par ’Espagnol Juan de Nova.
Sa surface irréguliére offre des roches nues, des collines de produits voleaniques concassés, des plaines couvertes de cendres et de lave. La montagne la plus haute, le Green-Mountain, s’éléve 4 890 métres au-dessus du niveau de la mer; elle est entourée de quatre grands ruisseaux de laye qui contiennent beaucoup de feldspath vitrifié, preuve irrécusable d’anciennes éruptions yolcaniques. Les flancs de cette montagne et ses environs immédiats sont de toutes les parties de Vile les plus favorables 4 la culture , le sol volcanique absorbant plus promptement la pluie, qui tombe souvent en grande quantité sous cette latitude. Les moussons et labsence complete de marais rendent le climat trés-salubre ; le thermomeétre a l’époque des plus fortes chaleurs, c’est-adire de septembre en mars, monte a 23 ou 27° de Réaumur 4 Pombre, et ne descend qu’a {9 ou 22° en hiver, c’est-adire dans la saison des pluies, qui dure deux mois, mars et avril.
On cultive dans cette ile la pomme de terre, le chou, la laitue, la carotte, le poivre d’Espagne, etc. Dans les vallées croissent fort bien le bananier, l’ananas et le mais. Le ricin méme y réussit, et le groseillier du Cap abonde sur le Green-Mountain. Les Seuls mammiféres qu’on y trouve a Pétat sauvage sont les chévres, les rats et les chats, qui poursuivent les oiseaux de mer au lieu de détruire leurs ennemis ordinaires. Lesrats et les chévres causent de grands dommages dans les champs cultivés; aussi la garnison leur a-t-elle déclaré une guerre a mort. Parmi les volatiles, on Me rencontre que des oiseaux de mer, des hirondelles de mer et plusieurs espéces de pélicans, entre autres la frégate, qui n’a pas moins de deux metres d’envergure.
Mais c’est surtout par ses tortues que Vile de Ascension est remarquable; on en prend chaque année Je cing cents
a quinze cents, quoique l’on se borne a attraper les femelles, qui pésent jusqu’a 350 kilogrammes, et dont la chair a le
goat de celle du yveau Chaque soldat de la garnison en recoit par jour une livre. Les cétes abondent également en poisson. Malheureusement, parmi les insectes qui désolent Vile et ses habitants, on doit mentionner une énorme quantité de mouches, de mosquites, de scorpions, de grosses araignées ; mais il y a aussi des abeilles, des grillons domestiques et une belle espéce de papillon.
La Grande-Bretagne s’est installée 4 ? Ascension en 1815, afin @empécher toute entreprise qui eit pu s’y organiser pour délivrer Napoléon. Depuis que l’empereur est mort, elle continue 4 occuper ce coin de terre perdu, de peur qu’il ne devienne un refuge de pirates , et Pimportance de cette tle n’a cessé de croitre comme station de la flotte du Cap, et comme relache pour les vaisseaux employés a réprimer la traite des noirs. La garnison occupe dans !a partie méridionale une vingtaine de baraques, qu’elle décore du nom de George-Town, et dans lesquelles sont compris le magasin, ’hdpital , une forge, une auberge et les demeures des officiers. Un poste de signaux a été établi sur le Cross» hill, et tout prés de 1a une digue terminée par un rocher sert de lieu de débarquement. La garnison consiste en 110 soldats de marine, avec leurs officiers et des négres de la cote d’Afrique, population de 400 ames au maximum, placée sous les ordres d’un capitaine de la marine royale. Le Green-Mountain porte, ala hauteur de 730 métres, une maison appelée Mountain - House, dot Yon jouit d’un point de vue magnifique.
ASCENSION ( Astronomie ). L’ascension droite dune planéte ou d’une étoile est Pare de l’équateur céleste compris entre deux méridiens dont un passe par le centre de Vastre et Pautre par le premier point du Bélier ( équinoxe de printemps ). La position d’un astre est parfaitement déterminée lorsqu’on connait son ascension droite et sa déclinaison, ces deux éléments étant pour la sphére céleste la méme chose que la longitude et la latitude pour le globe terrestre.
L’ascension oblique Wun astre est Vare de |’équateur compris entre le premier point du Bélier et le point de l’équateur qui se léye en méme temps que lastre observé. Elle est done plus ou moins grande selon Vobliquité de la sphére, tandis que cette obliquité n’influe nullement sur Pascension droite.
La différence entre Yascension droite et lascension oblique senomme différence ascensionnelle.
Pour Jes cercles d’ascension droite et d’ascension oblique, voyez CERCLES ( Cosmographie ).
ASCENSIONS AEROSTATIQUES. Voyes Aé- ROSTAT.
ASCETES , ASCETIQUE, du grec &oxyotc, mot qui dans les écrivains profanes désigne tout exercice, tout travail en général, et s’applique en particulier aux exercices et au genre de vie des athlétes, qui non-seulement cherchaient 4 s’endurcir le corps, mais qui devaient s’abstenir de femmes , de liqueurs fortes et de tout plaisir énervant. Dans les écoles des philosophes , et surtout chez les stoiciens, on donnait ce nom aux exercices qui tendaient a dompter les appétits et les passions et a élever Phomme a une vie plus pure et plus parfaite. Ce mot avec ses deux sens passa dans la langue usuelle des premiers chrétiens , sous le patronage de saint Paul, qui dans ses Epitres aime a comparer les disciples de Jésus & des athlétes luttant contre Satan, le monde et leur propre chair. Cette transformation s’opéra principalement sous l’influence de la philosophie de cet 4ge, qui, tenant la matiere pour impure, enseignait que le moyen de s’unir spirituellement 4 Dieu et de parvenir a Ja perfection était de délivrer l’Ame des chaines du corps ; tout au moins regardait-clle abstinence des plaisirs charnels , des boissons spiritueuses et de toutes les jouissances
du lux, comme la voie la plus stire pour rendre a l’dme sa pureté originelle.
Cette doctrine avait déja avant la venue de Jésus- Christ des sectateurs dans les esséniens, les thérapeutes et quelques écoles gnostiques. Les premiers chrétiens entendirent de méme par ascétisme la lutte contre Satan, le monde matériel et les appétits de la chair , lutte dans laquelle ils se fortifiaient par la priére, le jedne, Vabstinence du luxe et des plaisirs temporels, le célibat. Ceux qui se soumettaient 4 un semblable genre de vie s’appelaient ascétes, et quelquefois eucratites ou abstinents. Beaucoup se retiraient dans la solitude, et y vivaient en commun. Telle fut Yorigine des moines, dont les ascétes se distinguaient essentiellement en ce qu’ils ne se liaient par aucun yoeu et restaient libres de rentrer dans le monde. Les progrés du monachisme firent disparattre jusqu’au nom d’ascétes. Ce n’est que dans ces derniers temps que les protestants ont adopté le substantif ascétique pour désigner la partie de la morale qui traite de l’exercice des vertus, et Padjectif ascétigue pour caractériser une chose qui influe sur la vie chrétienne , une chose propre a édifier.
Ce mot n’est pas toutefois nouveau dans le langage mystique. Il y a longtemps que le catholicisme a consacré les deux mots de théologie ascétique, longtemps que le second a été donné comme qualificatif et titre 4 plusieurs livres d’exercices spirituels, tels que la Bibliotheque ascétique de dom Lue dAchery, et les Ascétiques ou traités spirituels de saint Basile le Grand, archevéque de Césarée en Cappadoce.
ASCHAFFENBOURG, l’Asciburgum des Romains, petite ville industrieuse et commergante de Baviére, dans le cercle du bas Mein, 4 22 kilométres nord-ouest de Wurzbourg, batie sur la rive droite de cette belle riviére, prés de Yembouchure de |’Aschaff, compte environ 9,000 habitants. Il y a un tribunal de premiére instance ( Kreisgericht), un gymnase scolastique, un séminaire de théologie catholique, une école forestiére, des fabriques de savon, de drap, d’ouvrages de paille, de tabac, des distilleries , des tanneries, de vastes constructions de bateaux et un commerce important de bois. La navigation y est fort active.
Parmi les édifices publics on y remarque les églises de Saint-Pierre et de Notre-Dame, dont on admire les tombeaux curieux, l’ancien collége des Jésuites, converti en lycée, et le chateau de Johannisburg, ancienne résidence d’été des archevéques de Mayence, vaste batiment quadrilatéral , construit en 1614, sur emplacement d’un couvent de bénédictins fondé par saint Boniface, et d’oi l’oil embrasse de tous cétés les plus admirables points de vue. Il est entouré d’un grand pare disposé dans le genre anglais. Gustave- Adolphe, qui, en 1631, s’empara d’Aschaffenbourg, fut tellement ravi de Ja délicieuse situation de ce chateau, qu’il exprima le regret de ne pouvoir le faire transporter sur les bords du lac Melar. Faute de mieux, il ordonna qu’on en transférat du moins en Suéde la riche bibliothéque; les précieuses archives de la ville eurent le méme sort. En 1866, aprés avoir battu la veille en avant d’Aschaffenbourg mgzonpes hessoises, les Prussiens, aux ordres du général Falkenstein, livrérent bataille, le 14 juillet, sous les murs de la ville méme, a une division autrichienne renforcée de plusieurs bataillons de Hesse et de Bade. Ces derniers, non secourus par le prince de Hesse, qui avec son armée campait non loin de 1a, furent battus, et leur défaile ouvrit mi vainqueur les portes de Francfort.
Aschaffenbourg ne fait partie du royaume de Baviére que depuis 1814. Autrefois cette ville formait l’un des grands bailliages de I’électorat de Mayence. En 1802 on en avail formé, avec Vadjonction de quelques autres bailliages , la principauté d’Aschaffenbourg, dont le prince primat de Dalberg eut la souveraineté. Une didte avait été tenue a Aschaffenbourg en 1447, On y avait discuté certains droits