ASIE MINEURE — ASILE
des asiles offerts 4l’infortune. Il existe en outre des établissements ol l’on recueille les aveugles, les sourds-muets, leg incurables, les aliénés, les soldats invalides, les femmes en ceintes, etc. Il ya des asiles-ouvroirs ob l’on donne du tievail ; des asiles ob |’on offre un refuge a des filles repentantes ou condamnées, d’autres of de jeunes filles viennent chercher un abri contre les dangers de la séduction. L’asile-ouvroir de Gerando recoit les femmes qui sortent sans ressources des hospices d’accouchement. Dans quelques pays des établissements publics offrent un asile pour quelques jours a tous ceux qui se présentent. D’autres cherchent & ramener les mendiants a des habitudes de travail. Quelquesuns recueillent des enfants, comme l’asile Fénelon. Un hospice de vieillards porte & Paris le nom d’asile de la Providence. Le chateau de Saverne sert aussi maintenant d’asile aux veuves, ou filles veuves ou non mariées de fonctionnaires ayant rendu des services A |’Etat.
Un décret impérial du 8 mars 1855, rendu sur le rapport de M. Billault, décida l’établissement de deux asiles pour les ouvriers convalescents ov mutilés du département de la Seine, Yuna Vincennes, l’autre au Vésinet. L’asile de Vincennes était institué pour recueillir temporairement, pendant leur convalescence, des ouvriers ayant regu des blessures ow contracté des maladies dans le cours de leurs travaux, Inauguré le 31 aodt 1857, il avait déjaregu 14,000 individus a la fin de juin 1860. Ces convalescents avaient été envoyés les uns par les hépitaux, les autres par les bureaux de bienfaisance, d’autres avaient été blessés dans les chantiers publics; d’autres appartenaient aux sociélés de secours mutuels, d’autres 4 des établissements ayant contracté un abonnement, d’autres étaient des ouvriers traités & domicile. On y compte 411 lits. Des omnibus vont chercher et raménent les convalescents. La durée moyenne du séjour était én 1860 de vingt-deux jours. Les convalescents portent le linge de la maison. Du travail, des jeux, une bibliothéque sont a leur disposition. Ils sont rangés par trois dans une chambre; ils recoivent des visiteurs au parloir ou dans le jardin, jamais dans les chambres, excepté a Vinfirmerie. Un directeur, un receveur trésorier, un médecin en chef, trois éléves internes, six sceurs de ordre des Dames de Saint-Augustin, un aumdnier président & administration des services de I’établissement, qui vccupe en outre une cinquantaine d’employés. Les ressources de Vasile impérial sv, composent de la moitié du prélévement de 1 pour °/, sur les travaux entrepris dans le département de la Seine pour lecompte de l’Etat ou des communes, du prix des journées fixé 450 c. pour les membres de sociétés de secours mutuels, 475 c. pour les ouvriers desateliers abonnés, a 1 fr. pour les ouvriers qui viennent directement de leur domicile, d'un prélévement sur la fondation Montyon en faveur des convalescents des hdpitaux, du revenu d’immeubles appartenant a l’asile, et enfin de dons volontaires. Les dépenses de Vasile montent a plus de 300,000 fr. par an, Adossé au bois de Vincennes, sur un plateau éleyé, cet établissement, maintenu dans un grand état de propreté, est dans les meilleures conditions hygiéniques pour remplir son but. L’asile du Vésinet, qui devait¢tre une espace d’hospice d’invalides civils recueillant les mutilés de Vindustrie, a été converti en hospice pour les femmes convalescentes sur le modéle de celui de Vincennes, qui ne regoit que des hommes. L. Louver.
ASILE (Droit d’). On a défini l’asile un droit de grace divine, un droit d’appel & Dieu de la justice des hommes; en tout cas, c’était un privilége dont jouissaient certains lieux darréter dans leur enceinte l'exécution des lois contre ceux qui parvenaient a s’y réfugier. Dans les soeiétés naissantes , ce droit tutélaire donna naissance a des villes importantes; Rome, Athénes, Thébes n’ont été dans Vorigine que des asiles de fugitifs, d’esclaves et de criminels ; ensuite nons retrouvons ce droit d’asile au sein des cités arrétant toujours les
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rigueurs de la loi ou de la force, pour ne soumettre le fugitif qu’au jugement de sa conscience.
Un jurisconsulte canonique rapporte I'établissement du droit d’asile & Dieu lui-méme, qui mit un signe au front de Cain pour que les hommes qui le rencontreraient ne le tuassent point. Cette pieuse remarque ne contredit qu’en apparence le témoignage de Vhistoire, qui nous apprend d’ailleurs que l'asile fut inconnu des peuples dont la loi religieuse était en méme temps la loi civile, et cela & raison de |’infaillibilité méme de la loi. Ainsi les Hindous, les Perses, les Juifs méme n'ont pas connu le droit d’asile dans le sens et l'acception étendue qu’il a eus chez les autres nations, bien qu’on en trouve quelques traces dans la législation de |’ Hindoustan, au titre du Magistrat et du Souverain, et que les Juifs aient eu plusieurs lieux d’asile et de refuge; Vasile des Israélites, conséquence obligée de leur mode de justice, qui faisait de héritier ou du plus proche parent du défunt le vengeur de sa mort, ne protégeait contre la violence qu’a la condition de passer en jugement; si le crime était volontaire, le coupable le payait de son sang ; dans le cas contraire seulement, il était rendu A son lieu de refuge. Ce droit d’asile ainsi restreint n’en mérite plus le nom ; on voit dans Josué que les villes de refuge furent Hébron, Sichem, Codés en deca du Jourdain; Bosor, Ramoth et Gaulon au dela de ce fleuve. Cependant, pour l’esclave de !’étranger la Judée tout entiére tenait lieu d’asile; c’est la seule exception au principe.
Chez les Grees, au contraire, régis par le dogme aveugle de Ja fatalité, le droit d@’asile existait au plus haut degré. Les dieux, les Lares domestiques, les princes et les peuples en avaient l’exercice. Les principaux asiles de la Gréce étaient les temples de Diane A Fphése, d’Apollon a Milet, de Cérés et de Proserpine & Eleusis et de Jupiter Olympien a Athénes ; les bois sacrés, dont le feuillage impénétrable remplissait les 4mes de crainte et de respect servaient aussi d’asiles, ainsi que les tombeaux ; les plus célébres de ces derniers refuges du faible et du coupable étaient les tombeaux d’Acrisius a Larisse et de Thésée 4 Athénes. Cette ville fut celle de l’asile par excellence, et la reconnaissance de Ja Grece lui attribua Phonneur d’avoir la premiére répandu par le monde des lois en fayeur des suppliants. Cependant les Grecs furent bient6t trop éclairés pour ne pas reconnaitre les abus du droit d’asile , qui protégeait indistinctement les malhenreux et les criminels; le poéte Eschyle met dans la bouche des Euménides une éloquente protestation contre la folle vanité des hommes, qui prétendent établir entre eux et les dieux la solidarité des crimes; Je vulgaire néanmoins eut toujours la foi la plus vive dans la sainteté des asiles; et lorsqu’ils étaient violés , soit directement, soit indirectement, comme lorsqu’on murait entrée du temple pour y faire mourir de faim ceux qui s’y étaient réfugiés, la colére de la divinité atteignait tét ou tard, suivant les cruyances populaires , Pimpie qui avait outragée. Ainsi Néoptoléme égorgé a Delphes sur lautel d’Apollon expie le crime dont il s’était souillé en égorgeant Priam aux autels de ce dieu ; ainsi le Massacre des Ilotes dans le temple de Ténare améne un
tremblement de terre qui détruit Sparte de fond en comble,
et horrible maladie qui conduisit Sylla au tombeau est un chatiment de Minerve, dont il avait violé ’autel pour mettre a mort Aristion.
On voit @autre part dans l’histoire grecque que beaucoup de villes se qualifient asiles ; ces asiles ne ressemblent nul- Iement aux villes de refuge des Israélites; ils indiquent seulement la neutralité qu’avaient proclamée plusieurs cités au milieu des guerres sanglantes qui suivirent la mort d’Alexandre, pour se soustraire aux excés et aux vengeances des partis. Tyr, Antioche, Smyrne eurent ce privilége, ainsi qu’Ephése et Pile de Samotlirace.
Rome, formée et renouvelée a plusieurs reprises par le droif d’asile, en fut pourtant ’éternelle ennemie : le droit v
avait trop d’autorité et dempire pour y souffrir une telle exception, et le coupable n’avait que l’exil pour se soustraire & sa peine. Il y eut pourtant quelques traces d’asiles religieux chez ce peuple; en outre le soldat, 4 qui la loi épargna toujours ses rigueurs, trouvait asile auprés des aigles de sa légion ; un criminel qui rencontrait une vestale avait la vie sauve si elle jurait que la rencontre était fortuite. A part ces exceptions et quelques autres fort rares, c’est dans |’appel au peuple par l’intermédiaire du tribun qu’on doit trouver le véritable asile des Quirites. Lorsque la république s'est effacée devant l’empire, le prince qui représente le peuple est le symbole vivant de la loi; aussi l’asile devient symbolique, et l'image du prince , sa statue, une piéce de monnaie a son effigie , suffisent pour rendre inviolable celui qui se recommande a ces représentations de la majesté souveraine.
Mais avant l’empire déja le monde était devenu romain; les priviléges et les usages de chaque nation ne résistérent pas a cette vaste ef puissante assimilation , dont les peuples modernes n’ont pas retrouvé le secret. Aprés de nombreuses violations faites sans scrupule par les généraux de Rome et de plus nombreuses réclamations, toujours demeurées sans réponse, le droit d’asile des temples grecs finit par étre complétement aboli. Tacite nous apprend que Tibére supprima tous les asiles qui ne justifi¢rent pas de titres authentiques, parce que ce droit avait dégénéré en d’incroyables abus , les temples étaient toujours remplis d’esclaves , de scélérats et de débiteurs; la justice n’était plus qu’un vain mot. Plus tard le droit d’asile des images impériales fut aussi singuliérement restreint. +
Quand le christianisme fut devenu la religion de V’Etat , ’Eglise emprunta aux temples paiens leurs immunités et leurs franchises : le droit d’asile en effet était 41a fois un puissant moyen de propagation ef d’autorité. Cependant Jes empereurs romains n’abdiquérent pas leurs prérogatives , et ne voulurent @’abord accorder aux évéques que le droit d’intercession, en lui imposant encore des formalités légales ; puis quand ils furent contraints de céder, ils éludérent habilement les demandes de l’Fglise, tout en semblant y donner pleine satisfaction ; car s’ils étendirent le privilége du temple et du sanctuaire a tout le terrain qui s’étendait des murs du temple a sa cléture extérieure, ef comprenait souvent des maisons, des bains, des jardins, ils le restreignirent en réalité quant aux personnes; le juif, le violent, Vhomicide, le ravisseur, l’adultére, en furent exclus, comme aussi le débiteur du trésor public ; le débiteur civil et ’esclave purent seuls y trouver un refuge assuré. Aussi voyons-nous dés le premier temps l’Eglise résister 4 ce qu’elle nomme les empiétements de César : saint Augustin, pressé, en vertu d’une loi de Théodose, de rendre un débiteur, aime mieux emprunter de largent et satisfaire lui-méme a Ja créance, qn’abandonner le privilége del’Eglise. Plus tard le ministre tout-puissant d’Arcadius, Eutrope, voulut méme abolir entiérement le droit d’asile, et quelques mois apres, fugitif et disgracié, il était reeu a ces autels qui, malgré les généreux efforts de saint Jean Chrysost6me, ne devaient pas lui sauver la vie.
Mais déja Eglise parlait 4 des peuples plus dociles a sa voix : quand Rome tomba au pouvoir des barbares, ils proclamérent asile la basilique des Saints-Apdtres, et ce refuge empécha la ville éternelle de périr entiérement. Seuls entre ces nouveaux peuples, les Gstrogoths, pénétrés de Vesprit romain, se montrérent peu favorables aux tendances de lEglise. Les Visigoths, dont la loi fut rédigée plus tard, reconnurent Vasile des églises et I’étendirent uniformément a trente pas des murailles. Le concile de Toléde, une de leurs assemblées nationales, déclara qu'il pourrait recevoir les criminels, les débiteurs, les esclaves, mais qu’il ne saurait les soustraire au droit, car ils seraient livrés a la justice, sans violence aucune d’ailleurs, par le ministére du prétre, qui en remettant le meurtrier aux parents du mort, le débiteur au créan-
cier, l’esclave au maitre, dicterait les conditions. La peine de mort ne devait plus entrer dans l’expiation du meurtre. Chez les autres barbares la loi religieuse fut généralement adoptée : en France le temple et son porche (atrium) furent réputés asiles; et lorsque l’église n’avait pas de porche, en comptait tout autour des murailles un arpent de terre qui était aussi sacré, aussi inviolable que le sanctuaire méme. C’est Vorigine du privilége des cimetiéres. Le droit d’asile n’eut plus a redouter que la rudesse des murs, qui en amena de fréquentes violations : le deuxiéme concile de Macon (585) se prononca avec énergie contre les violences et les profanations commises par les princes et les seigneurs , par les réfugiés eux-mémes. Sous la premitre race l’abus des asiles fut poussé a un tel point, qu’il exemptait de la peine de mort les criminels de toute espéce, méme ceux qui avaient commis un homicide volontaire, pourvu quwil n’ett pas été accompagné de sacril(ge. Frédégonde, aprés le meurtre de son époux, se réfugia dans l’église cathédrale de Paris, oi, sous la protection de l’'évéque Raymond, elle se trouva a Yabri des poursuites de Gontran et de Childebert.
A dater du régne de Charlemagne, l’Eglise, dont les priviléges incontestés n’avaient eu 4 souffrir que de la force, se yit de nouveau attaquée par le droit. Deux capitulaires de cet empereur s’occupent du droit d’asile : le premier, de 779, porte que les coupables dignes de mort suivant les lois qui se réfugient dans une église ne doivent pas y trouver protection, et qu’on ne doit niles y garder ni leur fournir d’aliments; l'autre, qui porte la date de 788 , décide, au contraire, que les églises serviront de refuge a ceux qui s’y retireront, et qu’on ne leur fera subir ni peine capitale ni mutilation des membres. Charlemagne excepte cependant certains crimes pour lesquels il n’y avait jamais de grace. Bien que le second de ces capitulaires puisse étre regardé comme une concession de l’empereur aux réclamations du clergé, il est certain que le pouvoir temporel tendit désormais 4 diminuer et a prévenir intromission des évéques dans la juridiction séculiére; et si nous voyons ensuite le droit d’asile éprouver de nombreuses vicissitudes, tantot restreint et contenu, tantdt respecté et étendu, c'est uniquement aux circonstances politiques qu'il faut Pattribuer, C’est ainsi que sous Philippe 1°", en pleine féodalité, quand les guerres de seigneur a seigneur désolent la France, on voit ce prince étendre le droit d’asile aux simples croix des chemins. Ce nest pas ici une satisfaction donnée au clergé, cest une pensée politique du roi de France , jaloux de porter quelques adoucissements aux maux du peuple et de rabaisser cette orgueilleuse féodalité, qui, elle aussi, avait usurpé a son profit Je droit d’asile, et faisait de ses donjons autant de repaires impénétrables pour tous ces gens de hart et de corde enrélés sous la banniére d’un comte ou d’un baron. Mais la justice séculiére se montre de plus en plus implacable ennemie du droit d’asile. Dés le regne de Philippe le Bel nous voyons dans toutes les ordonnances sur cette matiére les mimunités des saints lieux respectées en apparence quant au droit, attaquées en réalité quant au fait : il est défendu @arréter un coupable au lieu saint, nisi casibus in jure permissis, restriction passablement large et prétant a l’interprétation des parlements, ces nouveaux auxiliaires de la puissance royale dans sa lutte contre I’glise. Celle-ci toutefois ne céda pas sans combat : la violation de l’asile Saint-Merry, en 1358, amena la sédition de Marcel. En 1377 trois sergents ayant arraché de la méme église et conduit au Chatelet un clerc nommé Jean Briselle, furent condamnés , malgré les remontrances du procureur du roi, 4 le ramener au lieu d’asile un jour de dimanche et & demander pardon au chapitre réuni. Lorsque le parlement dilférait de répondre aux réclamations du clergé, les églises se fermaient, le service divin était interrompu, et le parlement était quelquefois contraint de céder; mais la cause qu’il défendait était celle de la raison et du droit, elle devait finir par triompher, Sans parler
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des moyens détournés que l’on employait souvent pour saisir le criminel, comme le guet autour de Vasile, nous yoyons qu’en certains pays, en Angleterre et en Normandie, par exemple, les réfugiés avaient a choisir entre la comparution en justice et !’exil volontaire. ;
Au quinziéme siécle le droit d’asile commence a perdre beaucoup du respect dont il avait jusque alors été l'objet; restreint par une ordonnance de 1515, qui supprima les asiles de Saint-Jacques la Boucherie, de Saint-Merry, de Notre- Dame, de lHotel-Dieu, de Pabbaye Saint-Antoine, des Carmes de la place Maubert et des Grands-Augustins de Paris, il fut enti¢rement supprimé par Francois I, en 1559.
Ainsi que nous l’avons déja dit, le privilége ecclésiastique en France ne se borna pas a Ja maison de Dieu, il fut étendu a son pourtour extérieur, 4 l’anneau de salut scellé dans le mur, qu’il suffisait de saisir pour étre inviolable, aux chapelles, cloitres, monastéres, abbayes, quelquefois méme a leurs vastes dépendances, aux tombeaux, aux cimetiéres, aux croix, et généralement a tous les monuments religieux. Dans Vintérieur des églises des places particuliéres étaient réservées aux réfugiés, qui venaient s’asseoir auprds de Pautel, sur un bane de pierre , appelé pierre de la paix; dans quelques-unes , comme Saint-Jacques la Boucherie, il y avait pour eux des chambres de refuge. L’église Saint-Martin de Tours fut un des plus célébres asiles de France.
Dans les autres pays de Europe le droit d’asile fut, comme en France, successivement aboli. Il se maintint assez longtemps en Italie, ot le pape, qui le soutenait dans toute la chrétienté comme chef de PEglise , travailla toujours comme prince temporel 4 le supprimer dans ses Etats. Une bulle de Benoit XIV en 1750 n’accorda plus Vasile qu’aux gens engagés par hasard dans des affaires malheureuses. C’était Yabolir virtuellement.
Quant au droit d’asile que les seigneurs avaient usurpé depuis la féodalité pour leurs demeures et leurs terres, il n’en fut plus question sous Louis XIV. Jusqu’a la révolution les demeures royales, celles des ambassadeurs et!’hétel du grand prieur de Malte jouirent cependant de telles immunités qu'on pourrait & bon titre leur donner Je nom d’asiles,
En résumé, le droit d’asile fut d’abord un reméde a l’impuissance des lois, le rempart du faible contre le fort; il a eu sa raison d’étre chez différents peuples de l’antiquité et au moyen dge, de méme qu’il ne pouvait pas exister chez les Romains et qu’il était incompatible avec la civilisation moderne. Droit sacré quand il n’y a pas de droit, il est inconciliable avec une législation réguliére et respectée. La loi francaise n’accorde plus quelques immunités que pour des cas restreints. Ainsi le débiteur ne peut étre arrété en 6ertains lieux, a certaines heures et a certains jours ; le domicile , inviolable en principe, s’ouvre forcément devant les sommations du représentant de la loi; partout la justice saisit le criminel, et la terre étrangére, qui servait autrefois d’asile & tous les criminels, n’est plus en général un refuge que pour les victimes des discordes intestines qui déchirent
trop souvent la plupart des peuples civilisés. Aujourd’hui il ne doit plus y avoir d’asile contre la loi, car la loi doit étre Vasile de tous. W.-A, Duckett.
ASILE (Salles d’). On désigne sous ce nom les établissements qui ont pour objet de réunir durant le jour les enfants de deux a six ans que leurs parents ne peuvent surveiller eux-mémes, et qui par suite de ce défaut de surveillance sont exposés a tous les dangers de l'isolement, a tous les inconvénients de l'oisiveté. Telle a été la premitre pensée des fondateurs de cette belle institution, Ces établissements ne doivent done pas étre considérés comme des écoles : 'dge des enfants qui y sont recus ne permet pas d'y donner une grande place A linstruction élémentaire. Le noin qu’ils ont regu en France en montre la distinction, et témoigne toute la sollicitude avec laquelle les fondateurs
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ont voulu prévenir une confusion qui ne pouvait que nuire & l'avenir de l’institution.
Les salles d’asile sont, avant toute chose, des établissements ot l’instruction doit étre, plus que partout ailleurs , subordonnée A l'éducation ; et celle-ci doit seule y étre Pobjet de toutes les sollicitudes. Qu’on ne s’imagine pas que les salles d’asile, parce qu’elles ne sont pas des écoles pri- Maires , n’aient d’autre résultat que de préserver les enfants qu’on y recueille des accidents physiques qui les menacent ailleurs : cette institution répond & des besoins plus impérieux, elle sert surtout, et c’est 1a ce qui en accroit limportance sociale, A protéger les générations qui s’élévent contre Vir vasion des mauvais exemples , des habitudes dangereuses , contre l’ignorance des premiéres notions morales et religieuses, sans lesquelles un enfant ne saurait jamais devenir un homme libre et responsable de ses actes. On a soin, dans les salles d’asile, de produire sur l’enfance ces premitres et salutaires impressions, qui sont si puissantes dans le cours de la vie, en leur donnant des habitudes @ordre, de discipline et de sincérité. On s’y attache a développer l’intelligence des enfants, en leur faisant connaitre les signes parlés et écrits & Vaide desquels ’Ame agit sur le cerveau dans le phénoméne de la pensée. On les y exerce a parler la langue nationale, a l’exclusion de tout dialecte local, dont usage se trouve ainsi menacé de tomber en désuétude. Que d’avantages! et cependant rien n’est aussi simple, rien n’est enfin aussi aisé 4 créer et a surveiller qu’une salle d’asile! Un petit local composé d'une salle, @un préau et d’une cour, un mobilier composé de quelques bancs, d’un gradin, de quelques tableaux, d’un lit de repos et d’un poéle; un personnel composé d’une surveillante et d’une aide , quelques arbres dans la cour, quelques images dans la salle, voila 4 peu prés tout ce qui constitue une salle @asile.
A qui appartient la premiére conception des salles d’asile pour l’enfance? Nous ne croyons pas nécessaire de remonter, ainsi qu’on l’a fait, A ’école de Pythagore ni aux premiers temps de la synagogue : |’Fglise chrétienne dés sa naissance créa des institutions dont le nom n’avait jamais été entendu dans les anciennes langues des Grecs et des Romains. Les orphelins, les vieillards, les malades, les petits enfants furent l’objet des plus vives sollicitudes des fidéles. Plus tard les monastéres devinrent des asiles ou J’enfance était recueillie, Au treiziéme siécle, sous la parole de saint Francois d’Assise, qui voulut créer une sorte de confraternité spirituelle sous le nom de pénifence du tiers ordre, les ceuvres de charité se multipligrent. L’enfance des pauvres fut comblée de bénédictions; mais cette époque de charité chevaleresque fut de courte durée. Toutefois , le germe qui
avait été répandu ne fut pas détruit. Frere Savonarola,
fidéle 4 la pensée du fondateur du tiers ordre , au milieu des corruptions nouvelles qui envahissent l’Italie des Médicis , parcourt les rues de Florence, recueille et catéchise pendant sept ans les petits enfants des bords de l’Arno , et ne termine sa mission éducatrice que pour monter sur le bicher, allumé par des mains qui auraient di inscrire son nom parmi les saints. Rome ne tarda pas a voir un ami de l’enfance se montrer dans ses murs. Cet ami de l’enfance parut a Ja fin du seiziéme siécle, dans la personne de saint Joseph Calasanzio. Ce digne prétre, mécontent des écoles entretenues aux frais de Padministration , entreprit de fonder des écoles gratuites, ot V’éducation de lenfance tit moins négligée. Aprés avoir en vain imploré l’ordre des dominicains et celui des jésuites, qui déclarérent ne pouvoir dépasser les limites de leurs attributions , il se décida 4 créer et a diriger luiméme, avec l’assistance de quelques bons prétres, ses scuole pie, dont le souvenir n’est pas encore perdu a Rome. Il y eut dans ces écoles jusqu’’ mille petits enfants , dés les premiéres années. Parmi ces enfants on en comptait qui étaient juifs. Quelques tentatives nouvelles surgirent dans
diverses contrées de Europe. On connait les pieux efforts de saint Vincent de Paule, et les institutions qui en résultérent en faveur des enfants abandonnés ; mais l’institution des salles d’asile , telle que nous la voyons réalisée aujourd’hui, avec son but net et précis, avec ses régles uniformes, avec ses attributions déterminées, avec son double caractére de conservation et de prévoyance, ne date réellement que du jour ou le pasteur Oberlin rencontra, dans un village des Vosges, la jeune Louise Schoeppler entourée de quelques enfants, avec lesquels elle chantait des cantiques qu’elle leur faisait répéter en filant du coton ; c’était en 1769. Ce fut Louise Schoeppler, de Bellefosse, dans le département du Bas-Rhin, qui, entrée au service du vénérable pasteur, se chargea de répondre aux voeux les plus ardents de son coeur, en prenant soin des petits enfants que les travaux des champs privaient de la surveillance de leurs parents. Cing villages et trois hameaux de la paroisse du Banc-dela Roche furent les heureuses contrées ou: se déploya pour la premiére fois cet esprit de prévoyante charité qui devait se répandre sur tout le globe.
Cette cuvre de Louise était inconnue, lorsqu’en 1801 madame la marquise de Pastoret, péniblement émue des dangers que couraient les enfants qu’elle rencontrait dans ses visites pour la Société de Charité Maternelle, institua une salle d’hospitalité pour les enfants 4 la mamelle , qu’elle dut transformer bientét en une école gratuite, qui existe encore. L’essai tenté par madame de Pastoret de recueillir les enfants au-dessous de douze ou de quinze mois ne put réussir, parce qu’a un age aussi tendre les enfants réclament des soins qui rendent nécessaire la présence d’un grand nombre de personnes ( voyez CRECHE).
Owen, aidé de Buchanan, créa en 1819, 8 New-Lanark, un établissement plus convenable pour les enfants des ouvriers de la manufacture qu’il dirigeait. Cet exemple fut imité: une association de douze personnages, & la téte desquels figuraient lord Brougham, lord Lansdown, Zachary Macaulay, se forma dans le but de protéger cette institution naissante , et de la défendre contre les préventions que les doctrines socialistes, bien connues, d’Owen soulevaient contre elle auprés du clergé anglican. Buchanan fut appelé a seconder les premiers efforts de l’association , et ses efforts furent couronnés d’un succés complet. L’Angleterre, l’Ecosse, les Etats-Unis, les colonies anglaises se couvrirent de salles d’asile pour l’enfance , appelées infants schools ; partout des associations nouvelles se formérent.
Ce fut en 1825 que parut le prospectus du Comité des Dames, qui fonda en France cette euyre maternelle. Les souscriptions particuliéres en firent d’abord tous les frais, ainsi que cela a lieu chez nos voisins; mais l’ceuvyre grandissant , et l'avenir de institution n’étant pas garanti, il fallut bien solliciter ’appui de V’administration : le conseil général des hospices ne fit pas attendre son concours. Plus tard , les ministéres de l’intérieur et de V'instruction publique en firent mention dans leurs budgets. Enfin, la loi sur Yinstruction primaire assura aux Salles d’asile une existence légale , qui les plaga au rang de nos institutions nationales.
En voyant le développement que cette institution a recu dans les diverses contrées du globe, on est tout étonné d’en trouver les premiers essais en Angleterre et en France, si peu éloignés de nous. Nulle wuvre n’a été plus bénie que celle-ci. La plupart des villes de Italie, de l’Allemagne, du Danemark, de la Suéde, de la Russie, de la Hongrie, possédent des salles d’asile pour |’enfance. C’est Vabbé Apporti qui le premier en dota Italie en 1829. Milan, Venise , Pise , Florence, Naples , Turin, suivirent ’exemple donné 4 Crémone, et les scuole infantini s’y multipli¢rent sous les auspices des gouvernements et par les soins des citoyens ; la Romagne seule en est privée. Constantinople est & cet égard mieux partagée que Rome, et les sallas d’asile ont été introduites dans les Etats ottomans, II en existe
au milieu des tribus les moins civilisées de lAfrique, au Cap, chez les Cafres, et dans les contrées centrales moins éloignées de I’équateur. I] en est qui ont été fondées dans quelques villes de l’Asie, en Perse, dans Inde, dans Tile de Java et jusque dans les iles de la mer Pacifique.
Tous les jours de nouvelles créations sont annoncées , tous les jours des perfectionnements nouveaux sont proposés et accueillis; tous les jours des relations fraternelles s’établissent & aide de publications périodiques spéciales , entre les personnes qui, séparées par des distances immenses, concourent a l’ceuvre si importante de l'éducation de Yenfance. Déja des livres nombreux ont vu le jour, qui suffiraient pour former une bibliothéque appropri¢e aux besoins de Vinstitution. L’Ami de lV’enfance , ou journal des salles d’asile, est le recueil & la rédaction duquel les plus. grands soins sont apportés par les directeurs de Paris. Le Guida dell’ Educatore, qui parait a Florence par les soins du yénérable abbé Lambruschini , ainsi que plusieurs journaux anglais et américains , rendent les plus grands services a Yoouvre qui a pour objet la protection et ’éducation de l’enfance. Parmi les livres spéciaux, nous en signalerons un qui, en France, a ouvert la carriére 4 tous les autres , c’est le Manuel des Fondateurs et des Directeurs des Salles d’Asile, par M. Cochin, fondateur de Vasile modéle du douziéme arrondissement de Paris. Ce n’est qu’en tremblant que nous ajoutons 4 ces écrifs un petit ouvrage dont il ne nous est pas permis de faire l’éloge : c’est le Médecin des Salles d’Asile, destiné & diriger les médecins et les surveil- ‘ants dans les soins hygiéniques que réclament les enfants recueillis dans ces établissements. D‘ L. Cenise.
Les résultats obtenus par ces fondations attestent leur utilité et expliquent leur progression incessante. Ainsi, en 1830 Paris possédait 6 salles d’asile; en 1834, 15; en 1846, 27; en 1850, 38; en 1855, 104. En 1834, elles recevaient 2,800 enfants, et les dépenses totales s’élevaient 4 54,900 Ir.; en 1850 elles recevaient 7,560 enfants, et dépensaient 193,200 fr. Pour le reste de la France, on trouve en 1834 34 départements ayant 102 salles d’asile; en 1837, 62 départements possédaient 328 asiles, En 1864 la France avait 3,308 asiles fréquentés par 383,856 enfants des deux sexes: Une ordonnance royale du 22 décembre 1837 reconnut cetté institution et lui donna une constitution définitive. Un décret impérial du 16 mai 1854 mit les salles d’asile sous la protection de Vimpératrice, et un autre décret impérial du 24 mars 1855 a fortifié leuvre par une organisation plus puissante et par un systéme de comités de patronageet d’inspection. A Paris chaque salle d’asile est dirigée par une surveillante titulaire et uve surveillante adjointe, et une femme de service est attachée a chaque établissement; une dame inspectrice surveille tout le personnel. L’emploi du temps dans les asiles est réglé ainsi qu'il suit : soins hygiéniques, conseils moraux, lecture par épellation; exercice du gradin (silence, attention, lecture collective, legons des choses), distribution d’aliments, musique (table de Pythagore chantée en sol majeur, et entrée dans la salle en fa majeur par Willem ). L’admission des enfants dans les salles d’asile est essentiellement gratuite; il suffit, pour faire admettre un enfant a la salle d’asile, de justifier qu'il n’a pas moins de deux années ni plus de six, qu’il a été yacciné et qu’il n’a pas de maladies contagieuses. Les enfants y passent toute la journée. Ils doivent étre conduits et repris par leurs parents; qui leur apportent dés le matin la nourriture de la journée.
Les enfants recoivent dans ces établissements les soins de surveillance maternelle et les premiéres notions de religion, de lecture, d’écriture, de calcul et mé@me de chant, Les filles apprennent, en outre, les premiers travaux d’aiguille. Les réglements portent que lenseignement ne peut excéder quatre heures en durée, et qu’un médecin doit tre attaché & chaque asile et le visiter au moins une fois par semaine. L. ‘,
ASILE — ASLANI
ASIMINIER ou ASSIMINIER. L’asiminier fait partie de la famille des anonées , et appartient au genre anona, qui contient plusieurs espéces d’arbres dont les frults s¢ mangent dans l’Amérique méridionale, od ils croissent naturellement , et ot ils sont l’objet d'une grande culture; on les connait sous les noms de cachimentier, pomme-cannelle, corossolier ceur de beuf, cherimolia, etc. Bornons-nous A indiquer, comme sujet d’études et d’expériences nouvelles, l’asiminier ou corossolier trilobé, parce qu'il est originaire de l’Amérique septentrionale, et que cultivé en Franceen pleineterre il réussit et donne chaque année des fruits.
Le fruit de l’asiminier a la forme et la grosseur d’une moyenne poire renversée; il a une saveur douce et sucrée, aiguisée agréablement par un peu d’acidité. Mdrissant a Versailles ef & Toulon, au moyen de trés-légers abris, et produisant des semences parfaitement mires, qui lévent bien et servent 4 sa reproduction sans effort, on peut considérer l’asiminier comme désormais conquis 4 Vagriculture, car les graines obtenues d’une plante exotique dans le climat oh cette plante a été introduite sont un moyen certain de naturalisation. C. Totiarp ainé.
ASINIUS POLLIO. Voyez Potion (Caius Asinius ).
ASIOLI (Bonirace), savant compositeur, né a Corregio dans le duché de Modéne, en 1769, mort dans son pays natal en 1832, s’exerca dans son art dés l’dge de huit ans, bien qu’il n’edt pas encore regu la moindre instruction musicale. Morigi de Parme se chargea de son éduca- — tion, et ses progrés furent tels qu’a l’age de douze ans il donnait déja des concerts 4 Vicence. Aprés un court séjour a Yenise, il revint 4 Corregio, ou il obtint la place de maitre de chapelle, et composa des morceaux de musigue de différents genres. A l’dge de dix-huit ans il vint s’établir 4 Turin, ot il résida nenf années, travaillant avec une infatigable ardeur. En 1799 il se rendit 4 Milan, et y séjourna jusqu’en 1813. Il avait été nommé professeur de musique du vice-roi. Plus tard i] devint censeur du conservatoire de cette capitale. On a de lui plusieurs ouyrages théoriques d'une importance véritable : par exemple, Tratiato d’ Armonia; Principi elementari ; Preparazione al bel Canto , contenente molti solfeggi d’armonia.
ASKEW (Anne). C’était la fille d'un gentilhomme du comté de Lincoln; elle naquit en 1521, et montra dés sa plus tendre jeunesse une singuliére prédilection pour les études théologiques. Mariée a un catholique fervent , quoiqu'elle edt adopté les idées de Luther, de fanatiqnes discus. sions ne tardérent pas a troubler cette union mal assortie, Anne fut chassée par son orthodoxe mari, qui la dénonga au farouche Henri VIII. Ce prince, qui faisait pendre en méme temps les partisans du pape et briler ceux de Luther, déféra Yaccusée & une commission composée du lord maire, du lord chancelier et de quelques évéques. Anne Askew dans Vinterrogatoire qu’on lui fit subir déploya une fermeté et une énergie incroyables. Un de ses juges lui ayant demandé ce qui arriverait & un rat s'il mangeait lhostie censacrée : « Je n’en sais rien, mylord, répondit-clle. — Eh bien, reprit le juge, il irait au feu éternel! — Pauvre rat! » dit Anne en souriant. Sa beauté et son courage ne désarmérent pas ces hommes farouches : elle fut condamnée a subir la torture; el comme on ne pouyait trouver de bourreau, le chancelier de la Tour de Londres, Whriotesely, en remplit lui-méme Voffice, Cet épouvantable supplice n’arracha pas une plainte a cette ferme héroique; portée sur le bdcher, les membres disloqués, elle y vit mettre le feu sans que la sérénité de son dme en ft altérée, et mourut en recommandant son ame a Dieu (le 16 juillet 1546 ). Anne Askew avait vingt-cing ans.
ASLANI, nom d'une ancienne monnaie hollandaise en a yas, On en fabriquait aussi 4 Inspruck. Cette monnaie,
ASLANI — ASPECT
qui valait moins de cing francs, et qui portait aussi le nom } de da/ler, n/a plus cours anjourd’hui en Hollande.
ASMODEE. Ainsi s’appelait le demon qui obsédait la fille de Raguel et qui fut chassé au moyen d'un fiel de poisson, Les rabbins enseignaient qu’Asmodée était né du commerce incestueux de Tubalcain et de Naama, sa sceur ; qu’aprés avoir détruit Salomon il fut ensuite vaincu et enchainé par lui, qu'il fut contraint par ce prince de l’aider dans la construction du temple, et que e’est grace a lui que Salomon paryint A batir son ceuvre sans faire de bruit et sans se servir de fer, avec le secours d’un petit ver appelé schanir. Asmodée représente le feu de amour impur.
ASNIERES, village des environs de Paris, sur Ja rive gauche de la Seine, est la premiére station du chemin de fer de l’Ouest, qui y traverse la riviére sur un magnifique pont en fonte, Ce village, rempli de maisons de campagne et peuplé de 4,086 habitants, est le rendez-vous des canotiers et |’ony va en partie de plaisir. Son ancien parc, converti en jardin public, attire Jes danseurs dans ’été. Ce charmant village , devenu en 1871 le thédtre de la guerre civile, fut défendu jusqu’au 28 avril avec obstination par les fédérés; le feu des canons de l’armée de Versailles y réduisit beaucoup de maisons en ruines.
ASOPE, ou ASOPUS, fils de Neptune, avait donné son nom a une ville de la Laconie, située sur la céte orientale prés de Cyparisse, et a plus curs fleuves de l’ancienne Gréce.— Il y en avait un en Béotie, qui sortait du Cithéron, traversait la plaine de Platée, et se jetait dans la mer, en face d’Erétrie, ville de Vile @Eubée: c’était sur les bords de ce fleuve que se célébraient les fétes de Bacchus. — Un second fleuve de ce nom traversait la Thessalie, et se jetait dans le golfe d’#ta, prés des Thermopyles. — Un troisiéme baignait Heraclée en Macédoine. — Un quatriéme arrosait le territoire de Sicyone, dans Je Péloponnese: il venait du mont Ccelosse, et se jetait dans le golfe de Corinthe.—Un cinquiéme enfin s’unissait au Lycus, prés de Laodicée, dans |’ Asie Mineure.
ASOW ou ASOF. Voyez Azor.
ASPARAGINE, substance découverte en 1805 par Vauquelin et Robiquet dans |’asperge, mais qui a été trouvée depuis dans les tiges de ]égumineuses développées a Vabri de lalumiére , dans Jes feuilles de houblon , dans les racines de guimauve et de réglisse, etc. Sa formule est ©® H® Az? O8, ce qui permet de la considérer comme |’amide de lacide malique.
ASPARAGINEES. C’est une famille de plantes monocotylédones apétales périgynes, qui a recu son nom du genre type asparagus (asperge). Quelques asparaginées sont sudorifiques; d’autres sont diurétiques, d’autres enfin astringentes.
ASPASIE, célébre femme grecque, née vers 470 avant Jésus-Christ, fille d’Axiochus, appartenait & une famille distinguée. Aspasie parait s’étre proposé pour modele Thargelia ’Ionienne, qui unissait aux graces de son sexe des talents politiques remarquables et un rare savoir. Toutes les femmes étrangéres étaient comme proscriles d’Athénes, et leurs enfants, fussent-ils légitimes, étaient regardés comme batards ; voila pourquoi on a placé souvent Aspasie au nombre des courtisanes. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’elle cultivait la politique et l’éloquence , les plus puissantes armes dans un Etat libre. Sa maison était le rendez-vous des hommes les plus illustres, les plus spirituels, les plus vertueux de la Gréce. Socratela wisitait souvent, et lui rendait, dit-on, un hommage passionné: il lui met dans la bouche, par plaisanterie, la magnifique oraison funébre qu’il prononce, dans un dialogue de Platon, sur la tombe de Ménexéne. Aspasie inspira Pamour le plus pur et le plus constant 4 Périclés, ce grand homme, qui sut étre a la fois citoyen et roi d’une république, et a qui elle donna, assure-t-on, des lecons
SSS a a
déloquence. On appelait Périclés le Jupiter olympien, et Aspasie, sa compagne, Junon. Ii finit par divorcer et par épouser Aspasie, pour qui il ressentit toujours la plus vive tendresse. Il en eut un fils qui fut légitimé par décret du peuple.
Le satirique mais peu véridique Aristophane accuse Aspasie d’ayoir provoqué la guerre entre Athénes et Samos, a cause de Milet, sa patrie, et entre Athénes et Lacédémone, 4 cause de Mégare. Plutarque la lave de cette inculpation, et Thucydide ne mentionne pas son nom, bien qu’il raconte avec les plus grands détails les causes de la guerre du Péloponnése. Lorsque les Athéniens, irrités contre Périelés qu’ils n’osaient pas attaquer personnellement , 1irent Aspasie en jugement, sous prétexte qu’elle méprisait les dieux , Périclés se chargea lui-méme de sa défense, et i] désarma ses juges. Aprés la mort de Périclés, elle épousa Je marchand de bestiaux Lysiclés, qui pénétré bientot de son esprit, acquit une grande influence, et elle continua elle-méme a jouir de beaucoup d’autorifé sur le peuple; par suite de ses relations ayec ceux qui tenaient les rénes de I’Etat. Son nom devint si célébre , que le jeune Cyrus le donna & son amante Milto , pour témoigner de impression quelle avait faite sur lui.
ASPASIE (Carte MICELLI, dite) , fille dun coureur du prince de Condé , l'une de ces femmes qui se signalérent dans les journées de la révolution par |’exagération de leur zele patriotique. Elle avait déja, a diverses reprises, tenté d’assassiner Boissy d’Anglas, qu’elle accusait d’étre l’auteur de la disette, lorsqu’elle figura, un couteau ala main, en téte des furies qui aux journées de prairial an LI envahirent le local des séances de la Convention. Un coup de pistolet ayant été tiré presqu’a bout portant sur le député Féraud, celui-ci essaya de se relever ; mais on vit alors, au milieu d’un effroyable tumulte, Aspasie lui briser la téte a coups de sabot. Elle se précipita ensuite sur le député Camboulas, qui n’échappa que par hasard a son couteau. Arrétée cing jours aprés, Aspasie refusa énergiquement de nommer ses complices; elle se borna a déclarer qu’elle n’avait agi que d’aprés les suggestions des royalistes, des émigrés et des Anglais. Mise en jugement le 19 prairial, elle fut guillotinée le 24. Elle avait entendu sa sentence avec calme, elle la subit avec sang-froid. On attribuait a une passion malheureuse le dérangement de ses facuités intellectuelles,
ASPECT. C'est la vue d’une personne ou d’une chose;
On appelle aspect, en astronomie, les plus remarquables d’entre les diverses situations que les planétes affectent les unes vis-a-vis des autres. On en distingue cinq principaux : la conjonetion, Vopposition, Yopposition trine, Vopposition quadrate et Vopposition sextile. A ces aspects Kepler en ajoutait plusieurs autres, tels que l’opposition quintile ou de 72 degrés ; Yopposition octile, ou de 45 degrés ; opposition décile , ou de 36 degrés; l’opposition semi-sextile, ou de 30 degrés.
La conjonction est indiquée dans les calendriers par le signe of, lopposition par le signe .° . Nous leur consacrons des articles spéciaux. L’opposilion trine, qu’on désigne par le triangle A, est la distance de deux planétes de la troisiéme partie du zodiaque, ou de quatre signes qui valent 120 degrés. L’opposition quadrate, qui s’indique par le carré [(j, est la distance de deux planétes de la quatriéme partie du zodiaque, ou de trois signes, qui valent 90 degrés. L’opposition sextile, qui s’indique par une étoile >, est la distance de deux planétes de Ja sixiéme partie du zodiaque, ou de deux signes, qui valent ensemble 60 degrés. Ces trois derniers aspects n’ont point d’importance pour la science; mais les astrologues, qui les appelaient con/igurations, croyaient voir dans les astres des aspects benins et d’autres malfaisants, et ils leur attribuaient une grande influence sur les destinées des hommes et des Etats. C’est
eatte croyance superstitieuse qui est cause qu’on a primitivement inséré les aspects dans les calendriers, ou l’on en trouve encore assez généralement les signes , sauf ceux des oppositions trine et sextile.
ASPERGE. Cette plante, que l’on regarde généralement comme originaire d’Asie, croit naturellement dans nos bois. Dans son état de nature elle pousse quelques tiges gréles, plus ligneuses que succulentes, mais dont la saveur est trésprononcée. C’est dans les tiges naissantes de l’asperge que résident ses qualités alimentaires, et il faut qu’elles s’élévent trois ou quatre années de suite hors de terre avant qu’il soit permis de les couper pour les porter sur la table, si on veut les manger trés-grosses.
Cette plante a acquis plusieurs variétés par la culture, qui a aussi augmenté beaucoup le volume de toutes ses parties. Parmi ses variétés nousciterons : l’asperge blanche de Hollande, hative, mais dont la lige devient facilement ligneuse, et ne présente qu’un petit bout 4 manger; ’asperge violette d’ Ulm, quiest plus grosse, et a encore l’avantage sur la blanche de fournir un plus long bout 4 manger; lasperge verte d’Ulm, qui est un peu moins grosse que la violette, mais se mange dans toute la longueur de sa tige, en la coupant a propos; l’asperge commune, la plus petite de toutes, qui est celle qu’on cultive en plein champ; elle est plus hative que les espéces indiquées ci-dessus, mais son produit est de beaucoup inférieur; on frouve en outre dans les jardins une variété intermédiaire entre l’asperge commune proprement dife et l’asperge verte.
L’asperge est un des légumes le plus en usage. Pour se procurer de bonnes races d’asperges, il faut apporter du soin dans le choix des plants ou dans les graines qu’on séme. Une aspergerie se fait de trois maniéres: 1° par des graines de bonne espéce qu’on seme au printemps dans le jardin, et dont on transplante le plant la deuxiéme année; 2° par des graines d’asperges qu’on seme en place, et qu’on ne transplante pas. II] suffit alors de les cultiver pendant trois 4 quatre années, et d’éclaircir Je plant 4 la distance nécessaire entre chaque pied, c’esta-dire dix-huit pouces; 3° on fait une fosse de dix-huit pouces de profondeur, et plus ou moins large, selon la quantité ’asperges que l’on a 4 placer. Le fond de cette fosse est garni d’une couche de fumier, lui-méme recouvert d’une couche de quatre pouces de terre. Cela fait, on place les griffes d’asperges 4 dix-huit pouces de distance, et méme a deux pieds si ce sont de grosses espéces; on recouyre ce plant de quatre pouces de terre. Comme Jes asperges aiment une terre substantielle et néanmoins légére, si la terre dans laquelle on les établit est compacte et humide, on l’enlévera 4 un pied de profondeur au-dessous des dix-huit pouces prescrits, et on la remplacera par une terre plus légére, mélée avec de vieux bois, des cornes, des os, des épines, des platras ; avec les terres salpétrées des vieux édifices, des vieilles murailles ef des écuries. Cette plantation se fait en automne et au printemps. Les bons plants d’asperges doivent étre des racines longues, molles, chevelues, et présenter des yeux arrondis et fortement prononcés a leur collet. La plantation faite, on arrache les herbes 4 mesure qu’elles s’établissent dans l’aspergerie. Chaque année, on donne un binage au printemps, et on ajoute une couche nouvelle de terre mélée de terreau consommé ou de débris de vieilles couches. Les deux premiéres années , on ne coupe pas les asperges, la troisitme on coupe la moitié de celles qui montent, et la quatriéme on a une jouissance entidre.
Lasperge est d’un usage extrémement multiplié; c'est un aliment trés-sain, et l'un de ceux qui plaisent le plus a Pestomac, et qui conviennent A tous les Ages et A toutes les constitutions. Cependant on regarde l’asperge comme nuisible aux calculeux et aux goutteux, peut-étre A cause de l’odeur désagréable qu’elle donne rapidement aux urines.
Les racines @asperge sont employées comme tisane en