ASSISTANCE PUBLIQUE
donnés, aux infirmes et aux vieillards sans ressources et que leurs familles ne peuvent secourir. »
Ainsi réduite , assistance devenait purement et simplement synonyme de bienfaisance; et est ainsi que l’entend M. Thiers dans son rapport présenté a |’Assemblee législative au mois de janvier 1850, au nom d’une commission de trente membres : « Ce qu’on appelle aujourd’hui lassistance, dit-il, et ce que dans tous les temps on a nommé la bienfaisance , est assurément la plus belle, la plus noble, la plus attachante des vertus, tant de homme que de la suciété. De méme que l'individu ne saurait trop s’y livrer, l’Etat non plus ne saurait trop la pratiquer. Mais il y a cette différence entre ’un et Pautre, que Pindividu agit avec ses propres deniers, et que l’Etat, au contraire, agit avec les deniers de tous, avec ceux du pauvre Comme avec ceux du riche, et que si pour l’individu il n’y a d’autre conseil a suivre que celui de donner le plus possible, pour l’Etat , au contraire, il faut recourir aux principes de la justice distributive et examiner si en donnant aux uns il ne prend pas aux autres, si en un mot il ne manque pas aux régles d'une bonne et équitable administration. »
Quant au droit primordia! qu’on était allé jusqu’a appeler le droit de vivre, il avait, comme on yoit, disparu, et M. Thiers le niait méme par cette phrase : « Le principe fondamental de toute société, c’est que chaque homme est chargé de pourvoir lui-méme a ses besoins et a ceux de sa famille , par ses ressources acquises ou transmises. Sans ce principe, toute activité cesserait dans une société; car si Phomme pouvait compter sur un autre travail que le sien pour subsister, il se reposerait volontiers sur autrui des soins et des difficultés de la vie. Dans les pays oi des couvents trop nombreux multipliaient ?aumdne, comme autrefois en Espagne, la charité exercée sans prudence engendrait la mendicité. »
Enfin, suivant M. Thiers, la bienfaisance doit étre spontanée, volontaire. Le malheureux qut vous implore, dit-il, objet sacré dans les ingénieuses paraboles du christianisme, sil voulait nous contraindre a venir 4 son secours, ne serait plus qwun malfaiteur. De ces principes de la bienfaisance privée il déduit les principes de la bienfaisance publique; et, tout en engageant la société a exercer le plus possible cette vertu, il pense qu’il reste fort peu a faire.
Serait-il donc vrai que tout fitsi parfait dans administration de l’assistance publique, et qu’il restat en effet si peu a faire? Quoi! ces institutions créées en des temps d’esclavage, de servitude et de monopole suffiraient 4 nos temps de liberté et d’égalité civile! Quoi! lorsque la grande propriété disparait tous les jours par l’égalité des partages dans les successions, lorsque les biens de I’Eglise ont été rendus au travail , lorsqu’une infinité de fortunes bourgeoises remplacent ces immenses richesses autrefois agglomérées, vous n’oserez pas demander a l’impot une part plus forte pour combattre les miséres que les vertus privées sont impuissantes 4 soulager, par leur faiblesse et leur isolement ! Quoi! lorsque tant de terres incultes existent sur notre sol ; lorsque l’agriculture, rongée par lusure, manque de bras, vous ne trouyerez pas de fonds pour défricher nos landes, pas de capitaux pour os ganiser le crédit agricole! Quoi! lorsque l'affluence encombre nos professions libérales, notre industrie, vous n’aurez d’argent que pour entretenir l’agiotage , vous offrirez aux capitaux, par les jeux de Ja bourse, des placements plus avantageux que dans le travail honnéte et sérieux, et vous ne saurez détourner aucune parcelle de cette source féconde sur nos terres, desséchées plus encore par l’ardeur du lucre que par les feux du soleil! Quoi! lorsque tant de colonies demadent des travailleurs, yous ne ferez rien pour y porter la vie; et votre budget se consumera a entretenir une armée oisive, une légion de fonctionnaires inutiles, des prisons immenses et des hospices toujours trop petits! Et vous vous ¢tonnez de ces soulévements périodiques qui bouleversent sans pro- 47,
fit votre société! Ne voyez-vous pas que ces explosions tiennent au défaut d’écoulement de ces miséres qui fermentent, et que yous augmentez par vos systémes de compression. Vous vous confiez 4 la bienfaisance privée! Mais la vie de chacun s’use a essayer de faire sa fortune au milieu de Végoisme général. Vous y poussez par vos institutions politiques et philanthropiques. Le riche n’est pas 4 Pabri des pertes. Le pauvre n’a pas assez pour étre prévoyant. La classe nooyenne désire toujours une aisance plus grande. Croyezvous que la part qui reste & la bienfaisance soit assez forte pour ¢tre efficace sans votre secours pour centraliser ses Cons et les faire tourner au profit du travail au lieu de les luisser s’évanouir en aumdéne improductive? N’en appelez pas aux sentiments religieux, ils seraient aussi impuissants aujourd’hui. Ne comprimez done plus Vesprit d’association, lui seul peut remedier 4 vos maux en proclamant la fraternité pratique. Liantiquité avait pour combattre la misére Pinfanticide et Vesclavage; le moyen age eut les massacres ct le servage; les temps modernes ont eu I’fglise et les corporations , les hépitaux et les couvents; que les temps faturs aient la solidarité des hommes, l’association de tous ‘as membres de la société. Aveugles, qui voulez rester sta- {oin’res quand tout marche auprés de vous, quand tout yous entraine et vous déborde, laissez-nous lever les bras vers cette terre promise; et quand bien méme nous n’y deyrions pas parvenir, laissez-nous montrer le chemin a Pbhumanité. Moise n’est mort au désert que pour avoir douté.
On comprend sous Je nom d’assistance publique les hé-
pitaux, hospices et autres institutions hospitaliéres, puis les bureaux de bienfaisance; on y rattache les créches, les salles Wasile, les monts-de-piété, les sociétés de secours mutuels, les caisses d’épargne et de retraite, les assurances, etc. A Paris, ’administration de V’assistance publique est confiée a un directeur général responsable, assisté d’un conseil de surveillance, sous lautorité du ministre de Vintérieur et du préfet de la Seine. fl préside a Padministration des établissements hospitaliers et de secours 4 domicile. Il représente ces établissements en justice, gére leurs biens, nomme les employés. II a la tutelle des enfants assistés et des orphelins, etc. L. Lovver,
ASSISTANT, prétre qui dans les messes solennelles se tient toujours a cété de l’officiant, pour Paider et Passister dans les cérémonies. Le nombre des assistants varie suivant les diocéses, — On appelle aussi assistants les deux prélats qui lors de la consécration d’un évéque sont a ses cotés et ne le quittent pas de toute la cérémonie.
’ Le pape a des assis/ants au tréne pontifical les jours de grande solennité, Ce sont les deux premiers cardinaux-diacres qui remplissent ces fonctions. A son couronnement, ils Vaident 4 monter au tréne. L’un lui 6te la mitre, et l’autre lui met le trirégne sur la téte.
Assistant se dit encore de celui que la plupart des régles monastiques adjoi nent au supérieur, au général, pour veiller aux intéréts de la communauté et pour le soulager dans ses fonctions. Le général des jésuites a cing assistants, pour Vitalie, Allemagne, la France, VEspagne et le Portugal ; celui de ’Oratoire en avait trois.
ASSOCIATION (d’associare, joindre, attacher ensemble). En général on entend par ce mot toute réunion Vindividus liés pour un but commun.
L’homme n’est pas fait pour lisolement. Si sa nature essentiellement libre le pousse a la vie indépendante , sa faihlesse native, le besoin, l’intérét, le forcent & s’unir a ses semblables et A sacrifier une partie de sa liberté 4 sa sécurité et A son bonheur. De la la formation des sociétés. La premiére association fut sans doute la famille, Fondée sur les plus puissants instincts du coeur humain, elle doit étre aussi ancienne que ’humanité. L’accroissement de la famille Poblige & se démembrer. Bientot quelque danger ou le besoin d’échange rallie les familles ¢parses. Elles se