‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 87 sur 488 · ASSISTANCE PUBLIQUE — ASSOCIATION · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PUBLIQUE — ASSOCIATION

réunissent en tribu, les tribus s’associent pour former des peuples. Ces sociétés primitives se créent sous ’empire de la force, la force les maintient. L’homme sacrifie presque toute sa liberté a la nécessité ; le despotisme et |’esclavage sont leg seules bases de l'association. Les liens qui unissent ces associations sont d’abord loin d’étre indissolubles. Elles naissent et se rompent selon les circonstances , comme nous le voyons chez les peuples nomades, en Algérie, par exemple, ou les tribus, ou fractions de tribu méme, sont tour a tour alliées ou ennemies.

Mais la civilisation améne des relations plus réguliéres, des intéréts communs plus prononcés. Attachés a la terre, les hommes s’arment pour défendre celle dont ils ont pris possession, On creuse des fossés, on s’entoure de murailles , on se fortifie, et derriére ces remparts, od l’on peut mieux résister @ un ennemi supérieur, la cité s’éléve. Bient6t les citadins s’enferment dans une citadelle inexpugnable, et se séparent du cultivateur. L’industrie nait a Pombre des murs des villes, et sert a payer les produits du sol. La commune s’organise. Chacun fournit sa part de service aux intéréts communs; la propriété s’établit par des titres authentiques, la loi s’impose a tous, la force fait place a la justice , des magistrats régissent la communauté, une force publique s’organise pour la défense de tous et la sécurité de chacun. .

Mais Vindustrie engendre Vassociation du travail. De petites associations se créent au milieu de la société communale. Des bras se réunissent pour entreprendre des travaux publics, des monuments, pour construire des routes , pour produire plus sdrement. L’utilité des échanges appelle les associations commerciales : on se réunit pour armer un vaisseau, pour conduire une carayane; les bénéfices se partagent entre les associés.

Les relations de peuple a peuple, de ville 4 ville, font naitre la cupidité. On s’associe pour faire la guerre. Sous un chef valeureux, des associations militaires s’organisent. La cité la plus forte soumet les communes vyoisines 4 payer fribut ou a recevoir une garnison; quelquefois les vaincus™ sont réduits a l’esclavage, et une partie des vainqueurs forme une colonic. Pour éviter ces malheurs, parfois des villes se prétent secours; toujours des liens nouveaux resserrent les cités entre elles : des provinces se forment, des Etats s’élévent.

Du milieu des cités des hommes d’intelligence cherchent a expliquer la nature, ’humanité, la divinité. Des temples s’Glévent, les prétres forment des associations religieuses. Les religions se fondent, elles ont leurs initiés et leurs adhérents ; leur empire s’étend, et des liens nouveaux s’établissent par elles entre des hommes éloignés. La science elleméme se s¢pare de la religion, établit de nouvelles associations ; le malheur appelle le secours de la fortune, et la bienfaisance unit encore les hommes.

Ainsi se forment dans toutes les sociétés de nouvelles associations qui étendent leur influence et préparent de nouvelles agglomérations humaines. Chez les anciens lesprit association était trés-borné, Le christianisme en proclamant l’égalité des hommes lui prépara une certaine extension. D’abord nous yoyons des ordres religieux se former et sé consacrer & la vie commune. Plus tard, aprés l’inyasion des barbares, les cités se relévent, et sous Vinfluence du travail les communes réussissent 4 s’affranchir et a former des communautés libres. Les corporations, les jurandes imposent la veconnaissance de leurs droits. Des con{réries vont batir des ponts, élévent des cathédrales. De saintes fondations sont dotées ; l'église sert de refuge a la douleur; l'unité du culte associe un grand nombre @hommes dans la priére, dans la croyance, et plus tard dans les aventures des croisades, La chevalerie fut encore une grande association du moyen Age, née sous |'influence de la religion.

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