ASSOCIATION — ASSOCIATION DES IDEE
L’histoire des six années d’existence que compta PAssociation catholique est incontestablement la page la plus bril- Jante de Ja vie d’O’Connell. L’émancipation des catholiques une fois obtenue, c’est-a-dire quand Voligarchie anglaise comprit enfin (en 1829) quelle ne pouvait pas plus longtemps, sans d’immenses périls pour elle-méme, retenir toute une nation dans un état de dégradant ilotisme, YAssociation catholique, qui avait eu la gloire d’atteindre son noble but, prononga d’elle-méme sa dissolution.
Cependant, quelques années de participation a la vie politique de la grande famille anglaise ne tardérent pas a faire comprendre aux patriotes irlandais que leur vieille nationalité, conseryée peut-étre jusqu’a nos jours par la seule obstination de Yoligarchie protestante 4 refuser aux catholiques toute espece de droits politiques, est destinée a périr dans un avenir plus ou moins rapproché, par suite de la centralisation & Londres de tous les intéréts politiques et de tous les pouvoirs législatifs du pays. On se rappela alors que jusqu’en 1801! ]’Irlande avait eu son parlement a elle, parlement tout protestant 4 la yérité, mais se réunissant annuellement 4 Dublin, et votant le budget des dépenses et des recettes du pays, ainsi que les lois qui le regardaient spécialement; et l’on se prit a regretter la fusion opérée par Pitt dans la législature des deux pays, fusion qui, du moment ou elle reconnait 4 tous les citoyens des droits égaux sans acception de croyance religieuse , doit nécessairement ne plus faire avec le temps qu’une méme nation de deux peuples longtemps ennemis.
Ce fut alors que pour obtenir le rappel, c’est-a-dire le retrait de l’acte législatif qui a opéré, au commencement de ce siécle, l’union législative de l’Irlande et de lAngleterre, l'on imagina de recourir au moyen employé quelques années auparavant pour obtenir |’émancipation des catholiques, et que association de 1823 fut reconstituée a peuprés sur les mémes bases, avec cette différence qu’elle cessa d’avoir un caractére religieux , pour ne plus tendre qu’é un but tout politique, qui pat, a la rigueur, ¢tre celui des Irlandais protestants tout aussi bien que des Irlandais catholiques, puisqu’il s’agissait, ostensiblement du moins, de maintenir la nationalité irlandaise et d’empécher qu’elle ne disparit quelque jour, absorbée complétement dans la nationalité anglaise. Cette fois la société nouvelle prit le titre de Repeal Association. Voyez Rapren (Association pour le).
ASSOCIATION DES IDEES. On nomme ainsi en psychologie un phénoméne intellectuel qui consiste en ce que deux ou un-plus grand nombre d’idées se suivent constamment et immédiatement l'une l’autre, de telle sorte que Yune produit presque infailliblement l'autre, soit qu'il y ait entre elles des corrélations naturelles, soit qu’il n’y en ait point. Quand nos idées ont l'une avec l’autre une liaison et des corrélations naturelles, le propre ainsi que le triomphe de notre raison est de les ramener et de les retenir dans ces corrélations et dans cette union fondées sur leur essence particuliére. Mais lorsqu’il n’y a point entre elles d’affinité et qu’il n’existe point de causes par lesquelles se puisse justifier leur juxtaposition, autres que le hasard et lhabitude, cette association contre nature devient une grande imperfection , et est, généralement parlant, une cause ordinaire d’erreurs ou de fausses déductions dans le raisonnement. C’est A cette vicieuse association didées produite dans notre esprit par l’habitude , que Locke attribue la plupart des sympathies et des antipathies que l’on remarque dans Vhomme , lesquelles opérent aussi énergiquement et produisent des effets aussi réguliers que si elles étaient naturelles, bien que dans le principe elles n’aient point eu autre cause que lunion accidentelle de deux idées qui, tantot par la puissance d’une premiére impression , tantot par des habitudes postérieures, s’unissent de telle sorte qu’elles se présentent ensuile toujours ensemble a Vesprit, comme si elles ne faisaient qu'une seule et méme idée.