ASSOCIATION DES IDEES — ASSOLEMENT
Les idées de spectres et d’esprits n’ont dans la réalité aucune corrélation avec l’obscurilé, pas plus qu’avec la lumiére. Cependant, qu’on les présente souvent a l’esprit Wun enfant et qu’elles y grandissent ensemble, peut-étre lui sera-t-il impossible de les séparer pendant le reste de sa vie, et par la suite Vobscurité réveillera toujours en lui ' ces idées effrayantes. De méme, qu’un homme regoive d’un autre une injure, et qu’ensuite il songe sans cesse de nouveau i cet homme et a Paction qu’il a commise, en y réfléchissant vivement il liera si bien ces deux idées ensemble qu’elles n’en feront plus qu’une seule dans son esprit. Il ne ) pensera plus jamais a cet individu sans quwen méme temps se présente 4 son esprit la circonstance du déplaisir qu'il a éprouvé, de telle sorte qu’il distinguera a peine la cause de Veffet, et qu’il aura autant d’aversion pour l’une que pour Yautre. C’est ainsi que des haines obstinées naissent des circonstances légéres ou méme indifférentes, et que les querelles et les discussions se perpétuent dans ce monde.
Vinfluence de Vassociation des idées sur les habitudes intellectuelles n’est pas moins puissante , quoiqu’elle se laisse plus difficilement observer. Que les idées d’essence et de matiére soient intimement unies, ou par l'éducation, ou bien longtemps réfléchies pendant qu’elles sont encore combinées dans lesprit, quelles notions , quels raisonnements en résultera-t-il touchant des esprits distincts? Que depuis la tendre enfance Vhabitude ait joint 4 Pidée de Dieu une forme et une figure, a quelles absurdités lesprit ne sera-t-il pas exposé en ce qui touche la Divinité! Ce sont ces associations didées impropres et contre nature qui, en définitive , font naitre Virréconciliable opposition qui existe entre les diverses sectes philosophiques et la religion. Il est, en effet, impossible de supposer qu’aucun de leurs‘adhérents se mente | volontairement a lui-méme, el refuse sciemment la vérité qui lui est offerte par la simple raison; mais quelques idées indépendantes , n’ayant entre elles aucune espéce d’affinité , sont tellement associées dans leur esprit par Phabitude , |’éducation et les clameurs incessantes deleurs coteries, qu’elles leur apparaissent toujours ensemble et qu’ilsne peuvent plus les séparer dans leur pensée. |
ASSOCIATION DOUANIERE ALLEMANDE.
Voyes ZOLLYEREIN.
ASSOLEMENT. On entend par ce mot le partage des terres labourables qui comiposent une exploitation agricole en grandes portions ou soles, pour les ensemencer diverse- + ment ou les laisser successivement en jachére. On concoit » facilement de quelle importance il est pour le cultivateur de savoir quelles plantes il doit préférablement introduire dans son systéme de culture, dans quel ordre il faut les faire - succéder les unes aux autres et dans quelles proportions il pourra les distribuer dans son exploitation pour en retirer le produit le plus constamment avantageux. On peut dire que le meilleur systéme d’assolement est celui par l’adoption duquel on donne la plus grande extension 4 la culture des | plantes qui conviennent le mieux au sol, qui lui rendent le
plus, qui trouvent le débit le plus sar et le plus avantageux
et qui nuisent le moins a celles qui leur succédent. Ce qui influe le plus sur cette succession économique des plantes, ce sont : 1° les époques diverses de leur maturité, de leur récolte, de leur semaille ou de leur plantation; 2° le degré d’ameublissement et de propreté ott elles aménent le sol, ' soit parles travaux qu’elles exigent, soit par l’action mécanique de leurs racines ou par lombre qu’elles projettent. Sous ce dernier rapport ce sont les plantes dites sarc/ées / qui occupent le premier rang. On doit reconnaitre que la jachére est une préparation encore plus puissante , surtout pour les céréales. Quoiqu’elle soit onéreuse en elle-méme et toujours moins en rapport avec les besoins croissants de la consommation, il faut bien, malgré tout ce qu’on a pu dire avec raison contre elle, la déclarer indispensable encore dans Jes contrées oi manquent les bras et les capitaux, ou les
propriétés sont morcelées, et principalement pour les terres quenvahissent les mauvaises herbes.
En général, il faut que les récoltes se succédent de telle maniére quaucune ne soit dans une abondance superflue de fumure; qu’aucune ne manque du nécessaire, et que la seconde profite du reste de fumure que lui a laissé la premiére. Aussi s’applique-t-on toujours a bien déterminer dans la succession des récoltes la place qu’exigent pour chaque plante lespéce et la quantité de principes nutritifs dont elle a besoin. Si la terre est trop riche pour certaines plantes, commeles céréales et les légumineuses, et si elles y courent le risque de verser ou de produire beaucoup de feuilles et de tiges et peu de grain, on séme d’autres végétaux, comme le colza ou le pavot, qui par leurs fortes tiges ne sont pas susceptibles de verser, ou d’autres, comme les navets, le talac, le chanvre, les choux, dont le produit consiste en racines , tiges ou feuilles. Les plantes qui s’accommodent bien d’une récente fumure, telles que les pommes de terre et les grains WVhiver, commencent avantazeusement la rotation, que l’on continue par les légumineuses, le lin et Vorge; quant a Vavoine, elle est placée sans risque au dernier rang.
L’observation générale apprend qu’une méme espéce de plante ne réussit pas bien quand on la cultive plusieurs fois de suite sur le méme terrain ; de 1a l’usage de la faire alterner avec des plantes d’espéce , de genre et méme de famille différents. 11 est de régle constante qu’entre deux récoltes épuisantes on en place une qui ménage le sol entre deux récoltes qui y donnent lieu 4 la production d’un grand nombre de mauvaises herbes, une qui le nettoie par les facons multiples qu’on lui donne; entre deux récoltes qui occupent longtemps le sol, une autre qui survient rapidement ; entre deux récolles pour lesquelles on ne laboure que superficiellement, une troisiéme qui exige un labour profond. C’est ainsi que dans les climats favorables on parvient 4 obtenir en une seule année d’un méme terrain, sans grande augmentation de frais, deux ou plusieurs sortes de produits, en associant les végétaux de maniére qu’ils se prétent mutuellement un ombrage ou un appui salutaire, que les opérations nécessitées par les uns profitent en méme temps aux autres, que leurs racines puisent la nourriture qui leur est nécessaire dans des couches différentes du sol, et que les récoltes secondaires soient d’une végétation moins rapide que les principales. On obtient aussi des produits trés-avantageux des récoltes qui parviennent successivement a leur maturité dans l’année , soit qu’on les ait semées ensemble, soit que l’on ait attendu que Pune ait pris un certain développement pour semer l’autre sur le méme terrain : c’est ainsi qu’on seme les carottes avec le lin, et le tréfle, le sainfoin ou la luzerne avec les céréales, etc.
Aprés avoir employé tous les moyens que l’art fournit pour mettre la terre dans un état convenable de netteté, d’ameublissement et de fertilisation, par l’emploi judicieux des labours , des hersages , des roulages ef des sarclages, des houages, des binages et des butages, du fauchage et de lenfouissement en vert, de la consommation sur place par les troupeaux, des amendements et des engrais, il fant s’attacher constamment 4 Ja maintenir dans cet état prospére et l’améliorer, s'il est possible, par le choix des cultures intercalaires, de maniére 4 ce que chaque récolte prépare le succés des récoltes futures, et que ce succés soit toujours assuré, sauf les intempéries des saisons. Lorsque le cultivateur a choisi les plantes qui doivent entrer dans le systeéme de culture et qu’il a déterminé leur ordre de succession, il doit encore diviser le terrain en soles proportionnées A la quantité qu’indiqueront pour chacune de ces plantes les circonstances accidentelles et les besoins propres de son exploitation, en ayant toujours soin de s’attacher 4 rendre nécessaire le moins possible l’emploi des labours et des engrais.
Liassolement biennal, ou qui ne dure que deux ans, de
méme que toutes les rotations 4 trés-courte période, a le grave inconyénient de salir et d’épuiser le sol en y ramenant trop souvent les mémes végétaux et en se prétant mal a la production des plantes fourragéres. Il ne peut subsister qu’a l'aide de fumures fréquentes ; et s’il roule sur la production des céréales , il exige que la culture intercalaire soit de nature & nettoyer le sol.
L’assolement triennal consiste & diviser une terre en trois parties, dont une est en jachére, l’autre cultivée en céréales d’été, et la troisitme en céréales d’hiver ; c’est l’assolement le plus défectueux. Cependant, au dire des meil- Jeurs agronomes, ce systéme peut étre bon et durable quand il s’appuie sur une étendue de prés au moins égale a celle des terres arables; mais partout ot l’augmentation de population oblige les cullivateurs 4 attaquer leurs prairies, il ne peut subsister sans l’aide du tréfle; et encore par cela méme doit-il se transformer en assolement de six ou de neuf ans, attendu que la terre ne peut recevoir le tréfle tous les trois ans sans se fatigner et se couvrir de mauvaises herbes. Voici un exemple de cet assolement triennal double : 1° année, jachére fumée; 2™°, seigle; 3™°, orge; 4™°, tréfle ; 5me froment; 6™°, avoine. Voici quelle est la continuation de ce méme assolement quand il est triplé : 7™* année, légumineuses fumées; 8°, seigle ; 9°, avoine : ou bien 8™*, colza aprés vesces fourragées en vert, et 9™°, blé, épeautre ou seigle. Dans plusieurs localités limpossibilité de fumer les terres tous les trois ans fait ajouter au systeéme triennal avec jachére une 4™° sole composée ordinairement avec des légumineuses. Dans d'autres localités, ou la petite culture est pratiquée, comme aux environs de Paris, par exemple, on trouve avantageux de faire trois récoltes de céréales pour une de tréfle ou une récolte de plantes sarclées : le travail et 'abondance de la fumure suffisant pour combattre , sans le secours de la jachére , ’épuisement de la terre causé par une pareille combinaison,
L’assolement quinquennal, ou Yon ne fume qu’a la premiére année de la rotation, ne peut guére sc soutenir, 4 moins qu’on n’ait recours au parcage ou aux récoltes enfouies, ou qu’on n’évite toute autre récolte épuisante que les trois au moins qu’il produit en céréales. D* Alex. Duckerr.
ASSOMPTION ( en latin assumptio, du verbe assumere, prendre, enlever), se disait généralement autrefois du jour de la mort d’un saint, pour indiquer que son dme était alors enlevée dans le ciel. L’Assomption s’entend aujourd’hui plus particulitrement d’une fete que I’Eglise romaine célébre tous les ans pour honorer la mort, la résurrection et l’enlévement au ciel de la Vierge Marie. Cetie féte fut connue chez la plupart des Grecs sous le nom de Xoiuncoc, sommeil, repos; et chez un petit nombre d’entre eux , dés le temps de Justinien et méme de Maurice, sous celui de Metéotacts, passage, émigration. Il se peut que les Latins Paient connue vers le méme temps sous les mémes dénominations.
Placée au 18 janvier dans les septiéme et huitiéme siécles, sous le nom d’Assomption, qui était commun a quelques fétes de saints, elle fut fixée au 15 aout sous Charlemagne ou peu aprés. Cependant elle n’acquit de la solennité en Occident que dans le douzitme siécle, aprés qu’on lui eut donné une octave dans le dixiéme et une vigile au onziéme. Cette solennité s’accrut encore en 1638, lorsque Louis XIII choisit ce jour pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de la Vierge; voeu quia été renouvelé depuis, en 1738, par Louis XV. Cette féte se célébre aussi avec beaucoup de splendeur dans I’Eglise d’Orient. Toutefois l’assomption corporelle de la Vierge n’est point un article de foi, et 'fglise ne I’a pas décidé, quoiqu’en 1696 la Sorbonne ait fait profession , entre autres doctrines, de croire & Vassomption de la Vierge au ciel en corps et en dme,
ASSOMPTION, ville de Amérique méridionale et capitale de 'Etat du Paraguay, a 1,050 kilometres nord-