ASSORTIMENT — ASSOUCY
paix , il est nécessaire que les caractéres soient heureusement assor¢is. Enfin, comme le disait le vaudeville :
Il fant des époux assortis Dans les liens du mariage,
ASSOUAN ou SOUAN, sur la rive droite du Nil, en face de Vile d’Eléphantine , & 100 kilométres sud d’Edfou, est la ville la plus méridionale de l’Egypte, l’antique Syéne, dont on peut encore aujourd’hui voir les ruines a quelque distance de la, et dont le nom est & peu prés synonyme de porte d’ Egypte. Cest au sud d’Assouan que se trouve la dixiéme et derniére cataracte du Nil. La navigation de ce fleuve prend donc fa seulement une importance qui de bonne heure et méme au moyen Age, sous la domination arabe, a assuré a cette ville un commerce important. On avait remarqué dés la plus haute antiquité & Syéne qu’aux jours les plus longs de lannée le soleil n’y projette point @ombre , et on en avait conclu que 1a devait se trouver le tropique du Cancer, qui cependant est situé un demi-degré plus au sud. C’est & Assouan que commence la région granitique de Egypte; les granits qu’on y trouve, connus sous le nom de syénites, ont servi dés Vantiquité la plus reculée a la construction des édifices.
ASSOUCY (Cuartes COYPEAU pn’), né a Paris, vers Yan 1604, mort en 1674.
Le plus mauvais plaisant eut ses approbateurs , Et, jusqu’a d’ Assoucy, tout trouva des lecteurs,
Cette sentence de Boileau a été sans appel pour la renommeée littéraire de celui qu’elle frappait. On ne lit plus d@ Assoucy depuis longtemps, bien que ses productions ne soient pas dépourvues de ce gros sel de gaieté burlesque qui sous Louis XIII, et méme sous Louis XIV, était godté jusgu’é la cour. Scarron avait travesti Virgile ; d’Assoucy , que l’on a surnommé le singe de Scarron, et qui s’intitulait luicméme empereur du burlesque, premier dunom, travestit les Métamorphoses sous ce titre grotesque : Ovide en belle humeur. Il a également parodié /’ Enlevement de Proserpine, de Claudien. Ceux qui sont encore assez peu de notre siécle, si grave, pour trouver quelque plaisir a lire PEnéide de Scarron, ayoueront, en parcourant !’0vide de d’Assoucy, qu'il a su glaner quelques traits heureux dans ce champ du burlesque, champ stérile, oti il croit plus d’ivraie que de grain, plus de chardons que de roses.
Mais ces grotesques de la littérature ne surent jamais , selon l’expression de Boileau,
Distinguer le plaisant du plat et du bouffon,
Les deux recueils de vers qu’a publiés d’Assoucy en fournisseni la preuve. Ils ont pour titre, le premier : Poésies et vers contenant diverses pieces héroiques, satiriques et burlesques (Paris, 1653, in-12); le second : les Rimes redoublées ( Paris, 1671, in-12). Quelques piéces ne sont dépourvues ni de gaieté ni de grace ; mais c’est le trés-petit nombre. Tout le reste est infecté dun burlesque qui n'est bon que pour le Pont-Neuf, comme on disait du temps de Boileau, ou pour les halles, comme on s’exprime aujourd’hui. Dans le premier de ces recueils on trouve des lettres en prose, qui ne sont guére que des requétes adressées 4 des grands pour en obtenir des secours pécuniaires. Possédé de la fureur du jeu, d’Assoucy se metfait souvent dans le cas d’étze importun; mais parfois aussi on le traitait en homme qui ne rougissait point d’exposer ses besoins. Sa vie fut trés-misérable et trés-agitée : lui-méme a fait ses confidences au public dans quatre ouyrages , mélés de prose et de vers, intitulés : 1° Jes Aventures de M. d’Assoucy (1677, 2 vol. in-12); 2° Aventures
~ WItalie (1678, in-12); 3° la Prison de M. d’Assoucy (Paris, 1672, in-12); 4° les Pensées de M. d’Assoucy dans
de saint-office de Rome, dédiées & la reine (1678, in-12 ). Dans ces divers ouvrages d’Assoucy se plaint beaucoup DICT, DE LA CONVERS, — T. I.
de ses ennemis; mais son ennemi le plus cruel était luiméme, car ses aveux comme ses réticences, ses apologies comme ses récriminations , sont loin de donner bonne idée de l’auteur, Dés Page de neuf ans, aprés avoir fait de brillantes et trés-précoces études chez les jésuites de Paris, il s’élan¢a hors de la maison paternelle. J] voulait voir PAngleterre : en passant a Calais, il se donna pour le fils de Nestradamus, et le peuple, qui le prit pour un sorcier, pensa le jeter 4 la mer. A Page de dix-sept ans il se fit fustiger et chasser, comme séducteur, de Montpellier, ov il enseignait a jouer du luth 4 des demoiselles. A Turin il fut attaché en qualité de musicien 4 Madame royale , duchesse douairiére de Savoie. De retour a Paris, il fut admis a charmer par ses chansons et par son luth la mélancolie du roi Louis XIII, qui trouva en lui un bouffon assez plaisant : aussi d’Assoucy partage avec PAngely, le fou du grand Condé, le triste honneur de clore Ja liste des bouffons de la cour de France.
Dans un second voyage qu’il fit dans le midi de Ja France, en 1654, lui cinquiéme, en comptant sa fievre quarte, son mauvais génie et ses deux pages vétus de noir, d’Assoucy parcourut toutes les villes , depuis Lyon jusqu’a Montpellier, recevant partout, pour prix des concerts qu’il donnait , de argent et des présents , dont Ja fureur du jeu le débarrassait bient6t. Ses deux pages étaient de jeunes garcons suivant les uns, de jeunes filles selon les autres : ils chantaient ses airs, et d’Assoucy accompagnait leurs Voix sur ses instruments. A Lyon, ayant rencontré Moliére, qui voyageait a la téte d’une troupe de comédiens, il le suivit jusqu’a Avignon, et demeura six mois avec lui. A Montpellier il fut accusé d’un crime contre nature : la compagnie continuelle de ses deux jolis pages ne servant pas 4 détruire Paccusation, il allait, dit-on, étre condamné a périr par le feu. Le crédit d’amis puissants le sauva, et il s’évada de Montpellier,
N’ayant pour tout équipage Que ses vers, son luth et son page,
a ce que disent dans leur Voyage les satiriques Chapelle et Bachaumont.
D’Assoucy se réfugia en terre papale, ou , selon les mémes, il se trouva dés lors en sdreté; passa quelque temps a Avignon , puis se rendit 4 Turin, ou il reprit ses fonctions auprés de Madame royale, faisant tour 4 tour des motets pour sa chapelle et des chansons pour sa chambre. Il aurait été heureux s’itavait su Pétre; mais, chassé de Turin pour ses vers satiriques, il se rendit 4 Rome. La fureur de médire en vers ne l’avait pas quitté : elle inspira contre des moines , des prélats , des cardinaux. Sa conversation n’était pas non plus exempte d’impiétés et de médisances. Il fut jeté dans les prisons du saint-office. De grands seigneurs intervinrent en sa faveur, et ses fers furent brisés. I] dut en partie sa liberté 4 Vheureuse idée qu’il eut de réfuter en vers la Rome ridicule du poéte Saint-Amand. Cette critique plut au pape Clément IX, qui voulut voir l’auteur, et le gratifia d’une médaille d’or ornée de son portrait. De Rome, d’Assoucy , aprés avoir résidé assez longtemps a Marseille , ne revint qu’en 1670 a Paris, ou l’attendaient de nouvelles disgraces. On le mit d’abord a la Bastille; et A peine en fut-il sorti qu’on l’enferma au Chatelet. On avait réveillé accusation qui l’avait fait emprisonner & Montpellier. Ses deux pages, tristes compagnons de ses infortunes , furent enfermés comme lui; mais on tes trouva innocents, et ils furent mis en liberté. Demeuré seul captif, notre poéte musicien était sans avocat , sans procureur, sans conseil, mais non sans protecteurs. Le duc de Saint-Aignan , le pére des Muses et le diew du Parnasse, suivant les expressions de d’Assoucy lui-méme, employa tout son crédit en faveur de ce mallieureux , et les portes de sa prison s’ouvrirent enfin, aprés six mois de détention. II profita de sa
liberté pour écrire sa justification. fl prétendit que le crime dont on laccusait n’avait pour fondement que les historiettes de la Gazette de Loreé et les plaisanteries du Voyage de Chapelle ef Bachaumont. Si cette allégation est vraie, comme semble le prouver lintérét que d’Assoucy sut jusqu’a la fin de sa vie inspirer a des personnages du plus haut rang, et méme au roi Louis XIV et a la reine (c'est a leurs majestés que furent dédiées et sa Prison et ses Pensées ), combien ces plaisanteries sont coupables! Dans les rimes gracieuses de Chapelle, Vinfortuné poéte se trouve plus réellement atteint, plus cruellement flétri qu’il n’edt pu l’étre par un arrét, qu’aurait, depuis plus d’un siécle et demi, enseveli la poussiére du greffe. En effet, sans Boileau et Chapelle , qui connaitrait d’Assoucy? Ch. Du Rozoir. ASSUERUS, appellation générique, que l’on peut traduire par grand roi, et que ’Ecriture emploie pour désigner un roi de Perse, célébre par son mariage avec Esther et par le supplice d’Aman. On a beaucoup discuté sur la question de savoir 4 quel roi de Perse se rapportait le fait raconté dans le livre d’Esther. Astyagés, Darius le Méde, un fils de Cyaxarés ont tour a tour été mis en avant. Usher veut que ce soit Darius fils d’Hystaspe. Dom Calmet est du méme sentiment. Scaliger prétend retrouver Esther dans Amestris, femme de Xerxés; mais comme les Septante remplacent toujours le nom d’Assuérus par celui d’Artaxerxés, et que Josephe commence l'histoire d’Esther par ces mots : Sous le regne d’ Artaxerxes, on est fondé a croire que l’Assuérus de la Bible n’est autre qu’Artaxerxés Longue-Main, lequel, suivant Sulpice-Sévére, avait épousé une Juive. Voy. Estuer. ASSUR, ARSOUF ou ARSUR, petite ville maritime, a deux lieues nord de Joppé. Elle portait anciennement le nom d’Apollonie. On la trouve sous ce nom, et dans cette situation , sur la carte de l’ancienne Judée de d’Anville, et dans Vhistorien Joséphe. Assur était au temps des croisades une place fortifiée. On ne peut en douter en lisant, dans Albert d’Aix, le siége opinidtre et meurtrier que Godefroi de Bouillon en fit, en 1099, peu de temps aprés la conquéte de Jérusalem, Gérard d’Avesnes et un nommé Lambert, croisés, ayaient été donnés comme otages , en conséquence dun traité conclu entre Godefroi et le gouverneur turc d’Assur. Ce gouverneur ne tenant pas les conditions du traité, Godefroi marcha contre la ville. En arrivant devant la la place, il eut la doulenr de voir Gérard attaché sur les remparts 4 une croix trés-élevée. L’attaque n’en eut pas
moins lieu, et la défense fut animée. Aprés divers assauts
inutiles et sanglants, Godefroi se vit obligé de lever le siége. On était alors au mois de septembre. Cependant les habitants d’Assur se soumirent, quelque temps aprés, au roi de Jérusalem. Quatre ou cing mois plus tard, Gérard d’Avesnes, que les croisés avaient cru mort, fut renvoyé a Godelroi par le gouverneur d’Ascalon, auquel celui d’Assur avait livré.
Ce fut dans les plaines d’Assur que le roi d’Angleterre , Richard Cour de Lion , triompha en 1191 des troupes innombrables de Saladin, et que Jacques d’Avesnes , petitneveu de Gérard, succomba aprés des exploits héroiques. Assur fut assiégée, en 1265, par le soudan d’Egypte, qui n’y entra qu’en passant sur le corps des braves chevaliers qui la défendaient.
Suivant Jacques de Vitry, la situation d’Assur était trésagréable , par les foréts qui l’enyironnaient et par son territoire, trés-fertile et trés-abondant en pAturages. Guillaume de Tyr a confondu Assur avec Antipatride : Assur est une ville maritime, Antipatride ne lest pas; elle se trouve sur le chemin de Césarée a Jérusalem. Th. Depare.
ASSURANCE (Contrat ou police a’). C’est une convention par laquelle un ou plusieurs citoyens s’engagent , moyennant une somme déterminée a tant pour cent, A indemniser des pertes résultant de cas fortuits ou indépendants de la yolonté du propriétaire, et dont la nature et la valeur sont expliquées par le contrat. Tout ce qui est sus-