‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 95 sur 488 · ASSURANCES · texte numérisé non relu

ASSURANCES

Pour donner un exemple, supposons qu'un homme de vingt ans veuille s’arranger de maniére qu’aprés sa mort une personne qu’il affectionne touche 10,000 fr. : il faudra qu’il paye, au commencement de chaque année, pendant toute la durée de sa vie, une prime de 196 fr.; s’il est agé de vingt-cing ans, il devra payer 221 fr.; s'il est agé de trente ans, une prime de 249 fr.; s’il est 4gé de trente-cing ans, une prime de 284 fr.; s'il est 4gé de quarante ans, une prime de 328 fr.; s'il est Agé de cinquante ans, 466 fr., etc. L’on voit ainsi que la prime s’accroit avec lage, parce que plus il est avancé, plus homme est sujet a la mort, plus par conséquent il y a de chances de perte pour l’assureur, qui cherche a s’en garantir en élevant la prime.

Par les nombres que je viens de citer, on voit qu’un homme de trente ans, par exemple, en payant 249 fr. par an, peut faire assurer sur sa vie une somine de 10,000 fr. Pour obtenir un capital égal, en plagant chaque année une économie de 249 fr., il lui faudrait vingt-quatre années, et encore est-ce en supposant qu'il placerait a intérét une somme aussi modique, et que méme il retirerait les intéréts des intéréts. Eh bien, au moyen du contrat d’assurance, s'il succombe avant ce terme, et méme s’il meurt quelques jours aprés la conclusion du contrat, il n’aura payé qu'une somme fort modique, qu’une seule prime peut-étre, et néanmoins il laissera 4 la personne sur laquelle veillait sa prévoyance la somme de 10,000 fr. tout entiére.

Dans ce qui précéde, j’ai supposé que la somme assurée est payable 4 quelque époque qu’arrive le décés qui doit donner lieu au remboursement; mais si cette époque était limitée , ! homme ou la femme qui se font assurer courraient ta chance de vivre au dela de la limite prescrite, et par conséquent de perdre toutes les primes quils auraient avancées; l’assureur aurait donc une chance de gain en sa faveur plus grande que dans l’autre cas, et il en tiendrait compte en exigeant une prime annuelle moindre ; cette diminution dépend du plus ou moins de risque de la personne qui se fait assurer. Pour un 4ge donné, la prime est d’autant plus éleyée que l’assurance est d’une plus longue durée, parce que les chances de mort augmentent a l’égard de la personne assurée dans un pius grand espace de temps, et par suite aussi les chances de perte pour |’assureur.

Le contrat d’assurance en cas de mort convient a toute personne qui veut rendre heureux l’avenir de quelqu’un qui lui est cher, ou récompenser des services, ou exercer sa bienfaisance en faveur d’un établissement d’utilité publique , etc. Cette personne pourra satisfaire son désir sans priver ses héritiers d’une partie quelconque de sa succession ; elle fera assurer un capital déterminé sur sa vie, elle en payera les primes avec ses revenus annuels, et en transmettra la propriété par simple endossement a individu auquel elle était destinée , etc. Ce genre d’assurances convient aussi a tout individu dont la fortune consiste dans l’exercice d’un emploi, d’une profession, dans la jouissance d’un revenu viager, et qui veut pourvoir apres lui au sort de sa famille ou de personnes quelconques; il convient encore 4 celui dont le sort est attaché a l’existence d’un autre individu. Le premier, en préleyant chaque année une partie de son revenu, peut s’assurer, dans le cas ou le second viendra 4 mourir, uhe somme ou une rente qui continue a le faire jouir de la méme aisance qu’auparavant. Il convient également a |’indiyidu qui, ayant besoin d’emprunter une somme d'argent, ne saurait la trouver, faute de pouvoir garantir qu’il sera existant a I’époque du remboursement. Cette circonstance se présente trés-souvent parmi les industriels qui n’ont d’autre fortune que leurs talents et leur probité; ils restent pauvres et inactifs faute de fonds qui leur permettent de faire les avances nécessaires a leur profession, Un emprunt est impossible & ’homme qui se trouve dans une pareille situation; car il peut mourir avant que, par une bonne gestion de ses affaires, il ait eu le temps de rembourser son

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