SUR LA VIE
emprunt, et il n’a pas de fortune pour en répondre; or, V’assurance sur la vie peut y suppléer. I] peut loffrir comme gage au capitaliste, lequel, tranquille alors sur les conséquences de la mort de son débiteur, lui livre avec confiance ses capitaux. D’ailleurs, la prime que payera annuellement le débiteur pour son assurance sera faible et ne génera pas ses opérations : par exemple, s’il a vingt-cing ans, et qu’il emprunte 20,000 fr. pour dix ans, il se fera assurer durant dix ans pour la somme de 20,000 fr., ce qui Pobligera a payer chaque année la prime de 304 fr.
Un individu ayant acheté une rente viagére peut en assurer le capital a ses héritiers et jouir encore d’un intérét supérieur au taux ordinaire. Supposons un homme de quarante ans qui place 10,000 fr. en viager 4 10 pour 100 : ila 1,000 fr. de renie. Or, moyennant une prime annuelle de 328 fr., il garantit le remboursement a ses héritiers; il lui restera 672 fr. de rente, ce qui donne pour le taux d’intérét de son argent 6 fr. 72 c. pour 100.
Deux époux peuvent en cas de mort assurer a celui des deux qui survivra une somme ou une rente déterminée; ils peuvent faire la méme assurance en désignant d’avance celui des deux qui deyra survivre. Commengons par ce dernier cas. Supposons les deux époux agés, l’un de trente ans, autre de vingt ans. Si l’époux de trente ans veut assurer aprés sa mort 10,000 fr. a autre, il devra payer une prime annuelle de 212 fr. Au contraire, si c’est la personne de vingt ans qui veut assurer 10,000 fr. a celle de trente, elle ne devra payer annuellement que 166 fr. Si les époux veulent assurer 10,000 fr. & celui qui survivra a l’autre indistinctement, ils devront payer une prime qui sera la somme des deux premiéres, ou 378 fr., pendant la durée de leur co-existence. Un homme de quarante ans pourrait assurer 4 sa femme Agée de trente ans une rente viagére de 1,000 fr., dont elle jouirait aprés la mort de son mari, moyennant une prime annuelle de 358 fr., payée pendant toute la durée de leur co-existence. Deux époux , agés l'un de quarante ans, Pautre de cinquante ans, pourraient assurer 4 celui des deux qui survivra, indistinctement, une pareille somme de 1,000 fr. de rente moyennant une prime de 662 fr., payée au commencement de chaque année, jusqu’éa la mort de Yun des deux.
Deux époux n’ont point d’enfants, Jeur 4ge respectif étant une raison déterminante pour n’y plus compter : le mari, je suppose, veut pourvoir aux reprises dotales que pourraient exercer les parents de la femme s'il venait a la perdre; il se fera garantir un capital payable dans le cas ot il lui survivrait. Sil a cinquante ans et sa femme quarante, et qu'il veuille s’assurer un capital de 30,000 fr. en cas de mort de celle-ci, il faudra qu’il paye annuellement a la société d’assurances une somme ou prime de 741 fr.
Enfin, un jeune homme de vingt ans soutient par son seul travail son pére,4gé de soixante ans; il se fait assurer pour une prime annuelle de 92 fr., moyennant laquelle, s'il yenait & mourir, son pére aurait 1,000 fr. de rente.
Passons maintenant aux assurances payables du vivant des assurés. Dans celles que nous vencns d’examiner, on a dd voir que l’assureur ne s’engageait a livrer un certain capital ou une certaine rente qu’aprés le décés de l’assuré ; ici c’est le contraire, l’assureur s’engage a livrer un capital ou une rente dans le cas od la personne assurée vivrait au bout d’un certain temps stipulé dans le contrat.
Ce genre d’assurances est recherché surtout par les individus qui veulent augmenter leurs revenus ou I'aisance de leur vieillesse, ou bien encore se prémunir contre les pertes incertaines , contre le déndment oa les mettrait un malheur imprévu. Donnons quelques exemples. Un jeune homme de vingt-cing ans a un emploi qui lui permet, sans beaucoup de géne, une économie de 500 fr. par an; il place chaque année cette économie dans une caisse d’assurances jusqu’a l’'dge de quarante-cing ans, A cette époque, il aura