‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 10 sur 197 · ABDERRAHMAN — ABD-UL-HAMID · texte numérisé non relu

ABDERRAHMAN — ABD-UL-HAMID

derrahman dit avoir observées lui-méme avec le plus grand soin, des remarques au moins curieuses, qui ont conduit P’auteur 4 une classification nouvelle , et qui peuvent jeter quelque jour sur les périodes des étoiles changeantes. Il serait a désirer que ! Uranographie d’Abderraiman-Soufi ft publiée @une maniére complete, avec tous les commentaires que rétlame létat actuel de la science. L.-Am. SEDILLOT.

ABDIAS, le quatriéme des douze petits prophétes de la Bible. Il a laissé un seul chapitre, dans lequel il prédit la ruine des Iduméens. Il vivait, a ce qu’on croit, du temps de Jérémie, vers Pan 626 avant J.-C.

ABDIAS, dit de Babylone, parce qu’on la supposé évéque de cette ville, et pour le distinguer des personnages bibliques du méme nom, est un auteur évidemment supposé par quelques imposteurs des premiers sidcles de Pere vulgaire, qui lui ont attribué une histoire du combat de lapotre saint Pierre et de Simon le magicien. Ce livre, que l’on a cité comme écrit en hébreu ou en syriaque, ne nous est connu qu’en latin sous le titre de His/oria certaminis apostolici : c'est, dit-on , une traduction faite par Jules Africain, vers le milieu du troisiéme siécle. Le manuscrit de ce texte fut découverten Carinthie dans le seiziéme siécle} par Lazius, qui en donna la premiére édition 4 Bale (1552, in-f). Jacques Lefebvre en publia une nouvelle édition 4 Paris (1560, in-8°). On enconnait encore quelques autres réimpressions. Ausurplus, ce prétendu livre d’Abdias est un tissu @impostures et d’absurdités tellement manifestes , que le pape Paul IV crut devoir le rejeter comme apocryphe. Abdias fut longtemps regardé comme ayant vécu avec Jésus-Christ, et fait partie des disciples des apdtres, et son livre fut souvent cité dans le moyen 4ge comme un des monuments de histoire ecclésiastique du premier siécle.

ABDICATION, ABDIQUER. Ces mots s’appliquent plus particuliérement a Pacte volontaire par lequel un souverain renonce a l’exercice de son autorité et la transmet a son successeur légitime, ou encore appelle la nation a le désigner. Les plus célébres abdications dont fasse mention Phistoire sont celles des empereurs Dioclétien et Maximien (an 305); de Charles-Quint (1556); de Christine, reine de Suede (1654) ; des rois d’Espagne Philippe V (1724) et Charles IV (1808) ; du duc de Savoie Amédée I** (1434); des rois de Sardaigne Victor-Amédée Ii (1750), Charles-Emmanuel [V (1802) et Victor-Emmanuel I*" (1821); du roi de Hollande Louis Bonaparte (1808), en faveur de son fils ainé ; de Napoléon (1814 et 1815); du roi de Suéde Gustave IV (1810); de Charles X, roi de France, et de son fils le duc d’Angouléme, en faveur du due de Bordeaux (1830) ; du prince Maximilien

de Saxe en faveur de son neveu Frédéric-Auguste IT; du roi des Pays-Bas Guillaume’ [er ( 1840); de Louis-Philippe Ier, roi des Frangais, en faveur de son petit-fils le comte de Paris ; du roi de Baviere Louis Ier, en faveur-de son fils Maximilien I[; de !’empereur d’Autriche Ferdinand [er, en faveur de son neveu Francois-Joseph (1348); du roi de Sardaigne Charles-Albert, aprés la défaite de Novare (1849); de ’empereur d’Haiti Soulouque (1859); de la reine d’Espagne Isabelle en faveur (le son fiis (1871), ete. :

Le droit Wabdication de la part d’un prince ne saurait stre mis en question; mais jusqu’a ce jour il a été généralement admis que cette abdication ne pouvait étre que personnelle, et ne devait préjudicier en rien aux droits de son successeur naturel, non plus que contraindre une nation 4 modifier sa constitution ou adopter une nouvelle dynastie. O’est ainsi que Charles IV, roi d’Espagne, ne pouvait valablement abdiquer qu’au profit de son héritier naturel, le prince des Asturies, et non en investissant Napoléon du droit de fonder une nouvelle dynastie en Espagne. Quoique le souverain qui abdique se réserve quelquefois les droits honorifiques extéricurs de la souveraineté, tels que les titres de Sire et de Majesté , il ne peut plus exercer aucun droit de souveraineté ni jouira l’étranger du droit de juridiction surles gens

de sa suite. Si le prince en faveur de qui Pabdication a été faite n’accepte pas V'abdication, Vabdiquant reprend tous ses droits. Philippe V d’Espagne reprit méme le pouvoir supréme &lamort de son fils Louis, arrivée six mois aprés son abdication; mais Christine de Suéde échoua dans ses efforts pour faire valoir les siens.

ABDOM, village de l’Afrique centrale, sur la rive orientale du Nil, quia cet endroit fait un coude et se dirige vers le sud-est jusqu’a la frontiére de Dongola. Selon le voyageur anglais Taylor, c’est un véritable paradis, entouré de palmiers, de dattiers , de cotonniers, d’arbres aux fleurs brillantes et d’une riche végétation. En face est MeraWwe, ancienne capitale de Dar-Shyghera. Z.

ABDOMEN. Voyes VentTRE.

ABDUCTION, mouvement d’un membre ou de tout autre appendice du corps d’un animal, pair et symétrique, quise trouve porté en dehors et sur le coté. En vertu de ce mouvement, le membre on Vappendice qui se trouve plus ou moins rapproché du trone ou de son semblable est éloigné dela ligne médiane du corps, et fait avec cette ligne un angle plus ou moins grand. Les puissances musculaires qui exéculent Ces mouvements sont nommeées muscles abducteurs

ABD-UL-AZIZ, sultan des Ottomans, second fils de Mahmoud II, est né le 9 février 1830. Elevé par un Francais, et trés-versé dans la politique moderne, il était acquis d’avance et par son éducation et par le penchant de son esprit aux projets de réforme. La ferme modéle qu'il avait fondée aux environs de Scutari en était une garantie. En succédant a son frére ainé (25 juin 1861), il laissa en place tous les ministres 4 exception de Riza-pacha, accusé d’avoir dilapidé Jes finances, réduisit sa liste civile de 1,680,000,000 a 240,000,000 fr., et confirma Ja charte de Gulhane, Il fit vendre une partie des diamants, des bijoux et des meubles du palais pour payer les dettes d’Abdul-Medjid; le reste, ainsi qu’une foule d’objets précieux en or et en argent, fut mis sous les scellés, aprés un inventaire trés-minutieux et vendu plus tard, pour la plupart a Londres. Une amnistie rendit a la liberté les conjurés de septembre 1859. Le sultan se mit a visiter les établissements publics, répétant partout : « Il faut imiter les perfectionnements européens le plus promptement possible ». Pour montrer son attachement a l’armée il fit inscrire dans les rangs de Ja garde impériale son fils Youssouf, né en 1857, et qu’il avait fait élever auprés de lui contrairement aux usages de Ja cour. Tous ces faits semblaient aunoncer une ére de progres pour l’empire ottoman.

D’accord avec les puissances signataires du traité de Paris, Ab-ul-Aziz donna un firman qui autorisait la réunion temporaire des assemblées législatives des principautés danubiennes; puis il consentit a leur réunion sous l’autorité du prince Couza. La guerre continua pourtant entre les Tures et les chrétiens sur les confins de ’Autriche et gagna méme le Monténégro, qui fut réduit aprés une pénible campagne. Dans un voyage qu’il fit en Asie mineure en 1862, le sultan visita ’exposition de Brousse et décora plusieurs chrétiens; il chargea un architecte de réparer les lieux saints. A son retour il favorisa l’établissement de Ja banque de Constantinople et concéda des lignes de chemins de fer. Il profita de l’avénement d’Ismaél en Egypte pour se rendre dans cette contrée; et il décida en 1867 que la succession au trone s’y ferait a l'avenir en ligne directe et non plus en ligne collatérale , suivant antique usage musulman. Son voyage en France fut un événement (1867) : c’était la premiére fois qu’un souverain ottoman visitait un pays chrétien; aussi fut-il accueilli a Paris comme a Londres avec les plus grands honneurs. La longue insurrection des Crétois, qui ne fut apaisée qu’en 1869 a Daide de concessions libérales, causa de grandes difficultés 4 son gouvernement, Parmi les réforines qu’il a encore introduites en Turquie, signalons le droit accordé aux étrangers de posséder des

immeubles; la création d’un conseil d’Etat (mai 1868), celle d'un lycée a Galata-Serai et d’un observatoire météorologique, et la publication, faite sous ses auspices, de la premiére partie du code civil par la Cour supréme. Abd-ul-Aziz a quatre fils : Youssouf, né le 9 octobre

1857, et qu’il destine a lui succéder au trone; Mahmoud, |

né en 1862; Méhémet-Sélim, né en 1866; Abd-ul-Medjid, né en 1868; et une fille, Salié, née le 18 avril 1862.

ABD-UL-HAMID, le dernier des cing fils du sultan Achmet U1, frére et successeur de Mustapha III, naquit le 20 maigi725 et fut appelé au trone Je 21 janvier 1774. Relégué, dds l’age de six ans, derriére les murs du vieux sérail, cest Ja qu’il avait langui quarante-trois ans dans une compléte ignorance des affaires , uniquement occupe a lire et a transcrire le Coran ou a fabriquer des arcs et des fléches. A peine libre, il mit en liberté , contre Pusage antique dont il avait été victime, son neveu Sélim, qui devait lui succéder, et il Je traita en fils. En outre, il eut le courage d’économiser, sur un trésor épuisé, le denier d’avénement, que nul de ses prédécesseurs , depuis Bajazet, n’avait osé refuser aux janissaires. Enfin, il prit sous sa protection les établissements militaires fondés par le baron de Tott, sous le regne de Mustapha JI. A l’avénement d’Abd-ul-Hamid, la Russie occupait la Crimée, les provinces danubiennes septentrionales, et les frontieres de la région du Caucase. De la Morée aux iles de l’Archipel croisait le pavillon russe , et une escadre tenait la mer Noire. Abd-ul-Hamid envoya sans délai une armée de 400,000 hommes sur la rive droite du Danube. Le général russe Romanzof passa le fleuve, et des manceuvres habiles séparérent Yarmée turque de Varna, sa base d’opérations. Ce fut le signal d’une débandade complete de cette immense cohue de combattants. Abd-ul-Hamid se résigna sous la main de Dieu, et le 21 juillet 1774, au bout de six mois de régne, celte guerre de cing ans se terminait, sans engagements sérieux, par Je traité fatal de Kutchuk-Kainardji.

Abd-ul-Hamid mit du moins la paix a profit pour rétablir Vordre intérieur. L’Egypte rentra dans l’obéissance. La rébellion de la Morée fut éteinte dans des flots de sang. La Crimée, livrée & son indépendance, était devenue le théAtre des intrigues russes et turques. Chaque puissance avait son khan, et la paix, fréquemment menacée, ne fut renouvelée que par la médiation officieuse de la France, en 1779. Grace a cet armistice trompeur, Catherine envoya, sous les ordyes de Potemkin, une armée de 70,000 hommes prendre possession de la Crimée, qu’elle réunit a ses Etats par un manifeste du 8 avril 1783. La Porte s’arma a grand bruit, et finit par ratifier ce démembrement de ’empire. Une telle résignation devait encourager la Russie. En 1787 l’empereur Joseph JI et Catherine formeérent contre la Porte une alliance offensive et défensive, et la méme année vit éclater la guerre. Les Turcs défendirent glorieusement leurs frontiéres contre les impériaux, qui agissaient snr une vaste étendue de terrain et par corps isolés. Sur la mer Noire, la flotte russe fut réduite a se réfugier a Sébastopol; mais Dubicza, Novi, Cotchim, tombérent au pouvoir des armées coalisées; Potemhin s’empara d’Ockzakow , qui couvrait les terrifoires nouvellement annexés a la Russie, et détruisit la flotte turque, qui menagait Kinburn et Kerson, Cette victoire fut souillée par le massacre de 25,000 hommes désarmés.

Abd-ul-Hamid ne survécut point a ce désastre. Prince faible, doux et pacifique, il ne suffisait point 4 une tache qui eit réclamé le bras d’un Soliman. Sa gloire modeste est d’avoir préparé la mission réformatrice de son fils par le zele avec lequel il patrona les importations de la civilisation européenne. Son successeur, Sélim, recueillit cet héritage, qu’il transmit 4 Mahmoud, et ce fut en priant pour Sélim qu’Abd-ul Hamid expira le 7 avril 1789,

E. BaRRAULT,

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