AFRICANUS
A FLOT. En termes de marine, étre & flot, c’est flotter, étre porté par le fluide sans toucher le fond. Un vaisseau A flol peut se mouvoir et se transporter,
AFRANCESADOS. On appela ainsi les Espagnols qui en 1808 jureérent d’observer et de maintenir la constitution que le roi Joseph Bonaparte leur avait donnée; on les appelait aussi Josefinos. Apres la chute du roi Joseph un grand nombre d’entre eux furent obligés de se réfugier en France. Ferdinand VII, 4 son retour en 1814, poursuivit également et les josefinos et les cortés, quoique ces derniers eussent haté la chute du roi Joseph. Le 30 mai 1814 le roi défendit a tous ceux des afrancesados qui avaient émigré de rentrer dans leur patrie , et surtout a ceux qui avaient obtenu des places, des tilres, des dignifés sous le précédent gouvernement, ou qui avaient servi dans l’armée, Cette défense s’appliquait également aux femmes qui avaient snivi leurs maris. Le nombre de ces réfugiés montait a seize mille. Ceux @entre eux qui obtenaient la permission de rentrer en Espagne étaient placés sous la surveillance de la police, et obligés de résider a une distance de vingt lieues de Madrid. L’amnistie publiée le 20 septembre 1816, et retirée en 1817, ne changea en rien le sort des afrancesados bannis. Le gouvernement poussa la rigueur jusqu’a interdire le retour dans la patrie 4 ceux qui avaient été prisonniers en France, parce qu’ils avaient dd y puiser des idées et des principes révolutionnaires. Ce ne fut que lorsque Ferdinand eut aceepté la constitution des cortés qu’il se décida, le 8 mars 1820, a accorder une amnistie aux josefinos, qui purent s’éfablir dans toute |’Espagne, a l’exception de Madrid. Le 21 septembre de la méme année les cortés leur rendirent la jouissance de leurs biens, mais non celle de leurs dignités , titres et pensions.
AFRANIUS (Lucius ), Pun des partisans de Pompée, qu'il accompagna dans ses campagnes contre Sertorius et Mithridate, etd Pinfluence duquel il fut redevable de son élévation au consulat avec C. Metellus Celer, ’an 60 avant J.-C. Pendant la guerre qui eut licu entre César et Pompée, Lncius Afranius essaya vainement, avec M. Petréius, de se maintenir contre le premier en Espagne; ils furent tous deux contraints de serendre A discrétion dans le courant d’aott de Yan 49 avant J.-C., et obtinrent leur grace de Vheureux vainqueur, a la condition de ne plus porter les armes contre Ini, L’année suivante, Lucius Afranius n’en alla pas moins rejoindre Pompée en Epire. Aprés la déroule de Pharsale, il s’enfuit en Afrique, ot il se vit livrer A César a Ja suite de la bataille de Thapsus, l’an 46 avant J.-C. Quelques jours plus tard, il périssait égorgé dans une sédition.
AFRANIUS (Lucwws ), poéte comique romain, vivait vers Yan 95 avant J.-C, Il fut le véritable créateur de la comédie nationale appelée fabula togata, opposée a la fabula tabernaria, qui est une peinture des usages et des habitudes du bas peuple. Il n’empranta aux Grecs que la forme extérieure, pour adapter a la vie du peuple romain; ce qui a fait dire qué la toge d’Afranius allait bien a Ménandre: la rudesse et la licence de ce poéte sont blAmées par les critiques, mais ils reconnaissent en méme temps que ses pieces pétillent d’esprit et de gaieté. I] ne nous reste plus que quelques fragments de ses nombreux ouvrages.
AFRE (Sainte) , sous l’invocation de laquelle est placée Pécole communale de Meissen, naquit, suivant la légende, a Augusta Vindelicorum (Augsbourg). Sa mére la destinait au culte de Vénus. L’évéque Narcisse , venu d’Espagne a Augsbourg pendant la persécution de Dioclétien, parvint a laconvertir, ainsi quesa mére et trois jeunes filles paiennes. Cajus Payant appris tit venir Afre, et ne pouvant la ramener au culte des dieux la condamna a mourir. Elle subit le martyre par le feu le 7 aodt 304. Cependant son corps resta entier, ses reliques se trouvent a Véglise Saint-Ulrich d’Augsbourg.
AFRICAIN (Léon wv’). Voyes Lion (Jean).
AFRICANUS (Sextus Juxius). Voyez JuLest’ APRICAINs
AFRIQUE
AFRIQUE, l'un des trois continents qui forment l’ancien monde.
Description géographique. L’ Afrique est une grande péninsule comprise entre ’Europe au nord, |’Asie a Vest et ?Amérique 4 Pouest; qui se rattache a Asie par listhme de Suez, et que baignent au nord la mer Méditerranée, a Vouest et au sud Vocéan Atlantique, 4 lest la mer des Indes et la mer Rouge. Elle s’étend du 19° de longitude occidentale au 51° de longitude orientale, et du 37° de latitude nord au 34° de latitude sud. Sa plus grande longueur est de 8,110 kilométres, sa plus grande largeur est de 7,470 kilométres ; sa superficie totale est évaluée a plus de 30 millions de kilométres carrés. La population est diversement évaluée de 60 a 100 millions ; mais il faut avouer qu’on a peu de notions exactes pour faire un semblable calcul.
Le littoral de P Afrique m’offre point de ces profondes découpures qui ouvrent au commerce et a la civilisation Yaccés de Vintérieur. Au nord la Méditerranée y forme deux 2olfes que les anciens appelaient les Syrtes et que la géographie moderne a nommés golfes de Cabés, de Sidre et de Tunis; 4 Vouest, Pocéan Atlantique sélargit entre le cap de Patmes et le cap Lopez, et prend le nom de golfe ou plutét de mer de Guinée; le golfe de Guinée forme lui-méme a gauche le golfe de Bénin et a droite le golfe de Biafra, séparés par le cap Formose. Quant a la mer Rouge, ce n’est a proprement parler quw’un golfe, qu’on nomme golfe Arabique, et dont le golfe de Suez est une subdivision. H faut encore mentionner le golfe d’Aden, entre l’Arabie, l’ Abyssinie et le pays des Somaulis. Mais si l’Afrique a peu de golfes, elle offre plusieurs vastes baies, entre autres celle de Saldanha, un des plus beaux ports de l’Afrique australe; la False- Bay, a Vest du cap de Bonne-Espérance; la baie de Sofala et celle de Lagoa sur la céte orientale. — Les caps les plus remarquables sont, au nord, le cap Spartel en face de Gibraltar, les caps Matifou et Boudjaroni en Algérie, le cap Blane ou de Bizerte dans la régence de Tunis, le plus septentrional de l’Afrique ; 4 Pouest, le cap Noun, le cap Bojador, le cap Blanc, le cap Vert, le cap Rouge, le cap Tagrin, les caps Verga, Mesurado, des Palmes, Formose et Lopez en Guinée ; les caps Négro et Frio au Congo, le cap de Bonne-Espérance et le cap des Aiguilles , qui est le point le plus austral de toute ?Afrique. Sur Pocéan Indien se trouvent les caps Corrientes, Delgado, les caps d’Orfui et de Gardafui ; et sur la mer Rouge le cap Calmez, dans la Nubie. — L’ Afrique ne compte que deux @&troits : celui de Gibraltar, qui sépare I’Afrique de Europe, et celui de Bab-el-Mandeb, qui fait communiquer le golfe Arabique avec le golfe d’Aden. Quant au canal de Mozambique, c’est un véritable bras de mer.
Le contour des cdtes de l’Afrique offre moins Wiles que les autres grandes divisions du globe. Voici les principales, elassées dans les cing mers ou elles sont situées. Dans la mer Méditerranée on trouve Vile Gerbi, dans le golfe de Cahes, qui appartient 4 Tunis. Vient ensuite Tabarca, que le bey de Tunis a cédée a la France, et oii se fait la péche du corail. Dans l’océan Atlantique ies principales iles sont le groupe de Madére et larchipel du cap Vert, possession portugaise ; Parchipel des Canaries, aux Espagnois; l’ile Gorée, a la France; l’archipei des Bissagos, vis-a-vis l’embouchure du Geba et du Rio-Grande; les iles de Boulama et de Cherbro; lesiles ’Annobon, du Prince, Saint-Thomas et Fernando-Po; aune plus grande distance du littoral, les iles de l’Ascension et Sainte-Héléne, appartenant, ainsi que Vile Tristan-d’Acunha, aux Anglais; dans la mer Australe, les iles Crozat, du Prince-Edouard, Bouvet, ainsi que plus al’est les iles Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen. Dans l’océan Indien se trouve un vaste assemblage d’iles que Balbi nomme avec raison archipel de Madagascar : il comprend, outre Pile de Madagascar, d’une étendue de plus de 20,000 lieues carrées, les fles Comore, Mayotte;
' Réunion, Maurice, Rodrigue; Jes {les Providence, Albabra, Saint-Laurent et Galega; le groupe des Séchelles : ,
formé des iles Amirantes et Mahé, et aussi Je groupe des Sept-Fréres. On peut encore rattacher 4 cet archipel les fles Quiloa, Monfia, Zanzibar et Pemba, le long de Ia céte de Zanguebar. Vis-i-vis le cap Gardafui se trouve Pile de Socotora, et parmi les iles assez nombreuses du golfe Ara hique nous nous bornerons A citer Vile Dahlac , jadis trésflorissante.
Depuis plus de trois siécles les Européens Ont reconnu et décrit successivement les cétes de l'Afrique ; mais ils n’ont pu parvenir a une grande distance dans son intérieur. On est donc réduit a de pures conjectures sur un grand nombre de points relatifs 4 sa géographie. Dans l'état imparfait de nos connaissances, le relief du continent africain semble se diviser en trois massifs principaux : le plateau méridional ; le systéme des montagnes de Kong, dont les Européens n’ont vu que les extrémités est ef ouest, et qui parait avoir son nceud principal sur les limites dela Sénégambie, et le systéme de PAtlas. — A exception d’une zone étroite de terres basses ou derampes inclinées le long des cétes, le plateau méridional de Afrique couvre le continent de son extrémité sud jusqu’au 10° degré de latitude nord environ. L’intérieur nous en est tout a fait inconnu ; les chaines de montagnes qui le ceignent sont : au sud, les monts du Nieuweveld, dans la colonie du Cap ; au nord, une chaine considérable, celle des monts de la Lune, commencant a Pouest aux monts Camerones, sur le golfe de Biafra, et se rattachant a ’ouest au systéme des montagnes abyssiniennes qui dominent le golfe d’Aden. La rampe orientale de ce plateau nous est inconnue dans la plus grande partie de son étendue; elle est abrupte, et sur plusieurs points elle domine directement la céte. A Vouest, entre ?embouchure de POrange et le 4° de latitude sud, le plateau s’abaisse graduellement de Vintérieur vers la céte; ailleurs, ses derniéres terrasses s’avancent jusqu’a Océan. Un prolongement de cet immense plateau se détache des montagnes de l’ Abyssinie, et suit jusqu’a son extrémité nord la cote de la mer Rouge. Sur le limbe occidental de ce prolongement est creusé le sillon , la vallée étroite od coule le Nil, et la chaine qui encaisse cette vallée 4 Youest, se continuant jusqu’a la Méditerranée, va se terminer au plateau de Barka. — Le systéme des montagnes de Kong occupe lintervalle situé entre le Sénégal et le Niger; la vallée de ce dernier fleuve le sépare du plateau méridional. — Quant au massif de P Atlas , il suit la direction générale de la cote nord du continent prés de laquelle il est situé, et s’étend de l’ouest aLest, du cap Noun au golfe de Sidre. :
Au centre de ces trois massifs principaux, entre ’océan Atlantique et la chaine qui borne a Youest la vallée du Nil, s’étend une plaine immense, effrayante d’étendue et de nudité, une mer de sable et de gravier, ondulant quelquefois en séches collines , coupées rarement de quelques rangées de rochers, woffrant que de languissants arbustes clair-semés et rabougris; nulle verdure, nulle eau courante, et seulemeat a de grands intervalles, quelques dépressions du sol ot ’humidité permet une végétation moins appauvrie : c’est le désert; le grand Désert, que les Arabes ont nommé Sahara-Belama, Cest-a-dire désert sans eau. Il s’étend de lest a louest, entre 15° et 30° delatitude nord, dans une longueur de deux cents milles géographiques , et quelquefois plus. Sa superficie est de plus de cinquante milles carrés. Une de ses extrémites, au nord-est, n’est qu’a deux journées du Caire et prend ie nom de déseré Libyque. ll se distingue du Sahara par quelques débris de végétation et des fragments de rochers, qui contrastent avec l’affreuse uniformité des plaines brilantes du Sahara. Une particularité remarquable du désert Libyque cest la grande quantité de bois pétrifié que l'on y trouve depuis les branches ‘les plus minces jusqu’aux troncs Aine bres les plus gros; ce qui lui donne l’aspect d’un fond de
les iles Arides ; les iles Mascareignes, formées des fles de la ' mer desséché, et couvert de débris de yaisseaux naufragés,
Le Sahara atteint la cdfede la Méditerranée, a la longitude du Fezzan, 4 Youest du plateau de Barka. Sa largeur yarie de 1,000 & 1,500 kilométres. Une ligne oasis, véritables tles de verdure au milieu de cet océan de sables mouvamts , liées entre elles par des chatnes de rochers , le traverse au sud du Fezzan et le divise en deux parties, dont loccidentale porte le nom de Sahel.
Les plusremarquables de ces oasis sont : la Grande Oasis ou oasis du Sud, en arabe el- Wah-el-Kébir, nommée aussi Yoasis de Thebes, qui a vingt-quatre lieues de longueur sur uné largeur de trois 4 quatre, et est habitée par des Arabes sous lautorité d’un chéick. — La Petite Oasis , prés du lac Meeris , renfermant plusieurs sources chaudes et froides. — Loasis de Four, qui n’est autre chose que le pays de Four (enarabe Dar-Four ), composée de plusieurs oasis groupées en cercle allongé, que le souverain, décoré du titre de sultan, visite successivement. Elle a trois entrées principales : Sweini au nord, Ril au sud-est, et Kubkabia a Pouest. Kobbé, la capitale, est au centre. — H/-Kassar, qui forme une vallée fertile , entourée de rochers, dont les versants intérieurs se terminent en collines couvertes de bois de paluners, et arrosées par des sources nombreuses. — El-Hair, dont les plaines, ombragées de cerisiers, produisent d@abondantes récoltes de riz et de blé. — Takel, a Youest @El- Khareg, et oasis Farafré , arrosées de sources nombreuses , mais troubles. — Siowdh, la célébre oasis de Jupiter-Ammon, située sous 29° 19! de latitude nord et 44° 54’ de latitude est , a vingt-quatre jours de marche en ligne droite d’Alexandrie. Au milieu de cette oasis, couverte de moissons et de riches prairies ombragées par des bois dorangers et de palmiers , s’éléve , sur le sommet d’un rocher, semblable a une forteresse, la capitale, Siouah , entourée, dans un rayon dune demi-lieue, de cing villages habités par une tribu d’Arabes remuants et avides de combats. Les pierres des maisons proviennent des débris du temple, dont les ruines imposantes témoignent encore de son antique splendeur. On y rencontre de nombreuses catacombes remplies de débris de momies. — Agably, a trente-trois jours de marche de Tripoli, et aux trois septiémes du chemin de cette ville 2 Tombouctou, — Touat , sur la méme route. — L’oasis d’Augila, a treize jours de marche , au sud-est de Bernyq (Bérénice) et de la mer, qui compte quatre villages, et produit des dattiers céleébres dés le temps d’Hérodote par la saveur de leurs fruits. — Le Fezzan, désigné par Hérodote sous le nom de grande Oasis du pays des Garamantes, qui est entourée de rochers et de sables, et qui, d’apres Homemann, compte, en outre desa capitale, Murzouk, cent autres villages. Sa longueur, du nord au sud, est de soixante milles géographiques, et sa largeur, de lest a Pouest, de quarante. — Gadames, située 4 l’extrémité méridionale del Atlas, dans le Bélud-el-Djérid (pays des dattes) , et qui confine aux montagnes des Berbéres. Ces deux chaines d’oasis , Pune a Pest et Pautre A louest du désert Libyque , partent également de Vintérieur de VAfrique, et forment les deux grandes voies que la nature a ouvertes an commerce de ces peuples, et que l'histoire nous signale comme constamment suivies dans Yantiquité ; de nos jours, elles sont les postes ou viennent se reposer les caravanes qui traversent le désert.
L’Afrique compte encore d’autres déserts; toute la cote @Ajan et celle des Cimbébas ne sont qu’un vaste désert ainsi que dans la saison séche les Karrous des Hottentots.
L’altitude approximative des points culminants de PAfrique est évaluée dans la chaine du Nieuweveld a 3,000 metres; dans les Camerones, sur le golfe de Biafra, a plus de 4,000 metres; dans les montagnes Abyssiniennes a §,500 metres; dans les montagnes de Kong 4 1,000 metres, et dans VAtlas A 4,000 métres. Les derniers voyageurs , et surtout MM. Riippel, d’Abbadie, Russegger, et Beke, ont rectifié beaucoup d’erreurs au sujet des principaux plateaux de VAfriaue. Les plus élevés sont ceux du Semen, dans la
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chaine abyssinienne, qui vont de 2,600 4 3,000 métres ; Je plateau abyssinien méridional, de 2,000 a 2,400 métres; enfin le plateau de Gondar, de 2,000 4 2,200 métres, tandis que Paltitude du Sahara n’atteint pas 200 métres. Ce défaut délévation est cause de la rareté des sources, de laridité du sol et du manque de végétation.
L’hydrographie de l’ Afrique est trés-incompléte, et l’on ne connait encore le cours entier d’aucun de ses grands fleuyes. Le Nil, si célébre dans l’'antiquité et de nos jours, a ses embouchures a l’extrémité nord-ést de Afrique, dans la Méditerranée, par 31° 25’ de latitude ; ses deux bras les plus écartés séparent de la terre ferme une grande ile triangulaire que les Grecs nommaient Delta, en la comparant a cette lettre de leur alphabet. De ce point jusqu’au 18° il offre le phénoméne singulier de ne recevoir aucun affluent. Le Taccazé est le premier qui lui apporte a droite le tribut de ses eaux; le Bahr-el-Azrek (fleuve bleu) est le second: tous deux viennent de lAbyssinie. Le Taccazé a été pris 4 tort par quelques voyageurs pour le bras principal du Nil des anciens, ou Bahr-el-Abiad (fleuve blanc). Dans ces derniers temps on s’est beaucoup occupé de exploration des sources du Nil. Les diverses expéditions que l'on a faites et les résultats que l’on a obtenus trouveront leur place a Varticle Nir. Le long de la céte septentrionale on ne rencontre que des cours deau peu considérables qui viennent de lAtlas, tels que le Chélif et le Malouia. Il en est de méme de la céte occidentale, ou ’on ne rencontre guére que le Sebou et le Tensif jusqu’au 16° de latitude nord; 1a on trouve le Sénégal, et successivement, en allant au sud, la Gambie, le Rio-Grande et quelques autres moins importants. Dans le golfe de Guinée on trouve un grandnombre de fleuves dont les cours au dela d’une petite distance sont inconnus. Du reste, la masse d’eau de leur embouchure n’est pas trés-considérable, excepté pour le Rio Formoso ou Djoliba, dans lequel les fréres Lander ont reconnu le mystérieux Niger, que René Cailli® avait descendu dans la partie supérieure de son cours (voyes Nicer ). Sur les cétes du Congo, le Calbar, le Gabou, le Coanza, le Zaire et ’Avongo apportent a Océan un si grand volume d’eau, que l’on a supposé que leur parcours devait étre considérable. Le reste de la céte a été trés-peu exploré jusqu’au 27° degré de latitude, ou se trouvent le Vis-Revier et le majestueux Orange ou Gariep, découvert par Gordon en 1777, et qui parait avoir sa source dans les monts Nieuweveld. Sur la cdte orientale, les grands fleuves sont encore moins nombreux. Les plus considérables sont le Zambézé ou Couama, qui se jette dans le canal de Mozambique, la Livouma, le Loffih, ’Ozy, le Pangany et le Jubo. Plus au nord on trouve encore le Coaro, le Mélinde et le Magadchou.
Les lacs sont rares en Afrique; parmi les amas d’eaux dont l’existence est incontestable, il faut citer le lac Tchad, dans la Nigritie centrale, découvert en 1824, dont les eaux sont douces; il est rempli diles habitées par les féroces Bidoumas, que l’on dit de terribles pirates; le lac Dibbi, que traverse le Niger: le Kalounga Koufoua, a l’est du Congo; le lac Zambre ou Maravi, au sud-est au dela de l’équateur ; le lac Ngami, le plus grand de l’Afrique ; le Jac Dembea en Abyssinie, sinus du Nil bleu; les lacs Albert et Victoria Nyanza, et le lac Keroun en Egypte.
On connatt trop peu VAfrique pour qu’il soit possible d'indiquer la distribution géognostique de ses terrains. Dans toutes les chaines de montagnes qui ont éfé visitées, on a observé le granit dans les régions supérieures , quelquefois pénétrant par veines dans le schiste qui lui est superpose , comme une formation ignée qui aurait soulevé et déchiré une enveloppe antérieure. Les calcaires se montrent surtout dans PAfrique septentrionale; les grés abondent 4 peu prés partout, tantot reposant immédiatement sur le granit, tantot sur le schiste. Le sel, soit en couches, soit dissous dans l'eau de quelques lacs, se trouve en diverses parties du continent , mais particuliérement au nord, Des formations basaltiques et
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des roches trapéennes sont indiquées dans presque toutes les grandes chaines. | existe également, dit-on, des volcans en activité dans les montagnes du Congo, dans celles de Mozambique et méme en Abyssinie; mais la plupart de ces indications auraient besoin d’étre vérifi¢es. Si le continert africain a peu de volcans, en revanche les iles qui en dé pendent en ont de nombreux. Quant aux sables du Sahara, sont-ils un terrain dalluvion ou bien le résullat dune décomposition spontanée de roches préexistantes? C’est une question sur laquelle les notions acquises jusqu’ici ne permettent pas de prononcer, bien que la nature friable des gros du Fezzan semble favoriser cette derniére supposition.
L’Afrique posséde en abondance des mines de fer, de cuivre et dor ; ces derniéres se trouvent surtout dans le Banbouk et le Bouré, dans Jouest, et le pays de Sofala a Vest. Les Arabes donnent & ces deux derniéres contrées le nom de Pays de l’Or et de la Poudre d’Or. Les Portugais appellent aussi COte-d’Or une partie du Congo. Des pierres précieuses existent, dit-on, en abondance dans certains cantons, surtout dans les pays qui avoisinent le Nil.
La température de |’ Afrique n’est généralement pas aussi brilante que sa situation climatérique le ferait présumer. Lélévation des terrasses qui se succédent par étages jusqu’a des hauteurs considérables procure , jusque sous I’équateur, un air frais et doux, quelquefois méme vif ef piquant; les cétes seules subissent toute l’ardeur du soleil zénithal. Des pluies diluviales reviennent chaque année grossir toutes les riviéres situées entre les tropiques, et les débordements de ces fleuves vont porter au loin la fécondité. Les crues du Nil sont surtout fameuses. L’époque qui suit immédiatement la saison des pluies est dangereuse, par les fievres épidémiques qu’engendre un air trop humide et trop chaud, jusqu’a ce que les vents aient desséché et assaini l’atmosphere, C’est de intérieur de Afrique que sort ce vent qui, apres avoir traversé les immenses déserts qu’elle renferme , apporte avec lui ces vapeurs brilantes et quelquefois mortelles, qui Pont fait nommer simoun (en arabe, poison). Quoique trés-affaibli, il pénétre jusqu’en Espagne sous le nom de Solano, et en Italie sous le nom de sirocco. Lorsqu’il arrive en Suisse sous le nom de fon, il est beaucoup rafraichi par les montagnes de neige qu’il a franchies, mais il est toujours pesant, épais ei malsain. C’est dans le Sahara que la chaleur est le plus intense; elle séléve jusqu’a plus de 45° du thermometre de Réaumur; elle est fort modérée dans la Barbarie et constamment fraiche dans la région méridionale,
Ces différences bien tranchées de température déterminent une grande diversité dans l’aspect général de la végétation. On peut néanmoins diviser la flore générale en trois flores spéciales. La flore septentrionale, c’est-a-dire celle de la lisiére de la Méditerranée, présente une grande analogie de productions avec les parties méridionales de Europe; 1a croissent le chéne, le pin, le cyprés, le myrte, le laurier, V’arbousier, la bruyére arborescente ; olivier, l’oranger, le jujubier, le dattier, la vigne, le figuier, le pécher, l’abricotier, le melon, les pastéques ; ’orge, le mais, le froment, le riz, le tabac, lindigotier, le coton , la canne a suere. Au revers de Atlas on trouve Je dattier en abondance, mais desséché par le vent brillant du Sahara. ;
Puis vient le désert qui sépare la flore septentrionale de la flore équinoxiale ; des buissons de gommiers ou mimosas, Pagoul ou herbe du pélerin, quelques poacées et panicées , entre autres le kaschya au calice piquant, une capparidée appelée sowag, et un petit nombre d’autres plantes chétives et glauques sont la triste parure végétale de ces soliludes immenses.
La zone équinoxiale forme un immense triangle dont le sommet est au golfe Persique, et dont la base se développe le long de océon Atlantique. On doit méme y comprendre PArabie, que son climat et sa proximité de l’Afrique assimilent a ce continent. Sous le rapport de la végétation, cette
région phytographique pourrait étre 4 son tour partagée en bandes successives, chacune ayantsa flore spéciale. La bande limitrophe du désert offre le palmier doum et le soump ou balanite ; puis viennent ’imposant baobab, les fromagers, le palmier élais, le khair, le nété, les arbres a beurre, le kola ou gourou, les cypéracées. Outre les fruits et les autres produits que Vindigéne retire de ces arbres, tels que le vin et l’huile de palme, le beurre végétal, etc., il recueille pour sa nourriture le mil, le riz, le mais, le manioc, les igaames, quelques légumes, la banane, la goyave, lorange, le limon, les fruits du papayer, du tamarin, etc.; il cultive aussi le coton, indigo et le tabac. La vallée du Nil présente a la fois Ja végétation de la lisiére septentrionale et celle de la région équinoxiale.
La zone austro-orientale, comprise entre le fleuave Orange et Mascate, offre des caractéres trés-remarquables : on y rencontre en nombreuses tribus les stapelias, les mesembryanthemes, les aloés, les pélargoniums, les protées , les ixias, les euphorbes, les bruyéres, sans parler de la vigne, des céréales et des arbres fruitiers que homme cultive pour ses besoins. M. de Candolle a été frappé de l’analogie qu’offre cette végétation avec celle de la Diéménie.
Les iles de l'Afrique se rattachent naturellement par leur végétation aux régions dont elles sont le plus voisines. Il est 4 remarquer toutefois que les especes européennes dominent dans les iles del’ouest, notamment aux Canaries et méme a Sainte-Héléne ; Madagascar, la Réunion, Maurice forment une sorte de liaison intermédiaire entre la flore africaine et celle de ’archipel Indien, et présentent en outre quelques végétaux qui leur sont propres: on y remarque surtout une profusion d’orchidées et de fougeres.
Sous le point de vue zoologique l’Afrique présente un aspect tout particulier. Parmi ses nombreux zoophytes, le plus remarquable est le corail rouge, dont les Européens font des péches réglées; l’éponge, qui fait également Pobjet d’un commerce considérable. Les corallines, les madrépores , les gorgones, les alcyones, les polypes de toutes formes abondent sur le littoral, de méme que les échinodermes et les acalephes. Parmi les helminthes, on doit mentionner le ver de Guinée , filaire qui s’insinue sous la peau humaine et cause les plus vives douleurs. —Quant aux mollusques maritimes, ils appartiennent aux mers adjacentes, plutét qu’aux cdtes. L’Atlantique améne sur le littoral des seiches colossales ; la spirale n’est pas rare dans les parages du Sénégal ; le nautile se montre en flottilles nombreuses dans les environs du cap de Bonne-Espérance; la janthine pourprée abonde sur les rivages barbaresques ; les doris et les aplysies peuplent Ja mer Rouge. Parmi les fluviatiles, M. Cailliaud a décrit les éthéries du Nil; les mollusques terrestres sont a peine connus. — Entre les annélides, il faut citer la sangsue du Sénégal, qu’on a youlu naturaliser aux Antilles et a Cayenne.— Le plus vorace des insectes africains est la sauterelle voyageuse, fléau plus terrible que Vincendie , qui anéantit les récoltes et dont les essaims immenses obscurcissent le jour; les fourmis, les termites font aussi de grands ravages; les mosquites, les abeilles, les scolopendres a la piqtire douloureuse, le taon du Sennar sont de redoutables ennemis pour Phomme. — Parmi les arachnides, on remarque la tarentule, qui abonde en Barbarie, le tendaraman ou araignée venimeuse de Maroc, la mygale a la robe veloutée de la Sénégambie, et l’araignée du cap de Bonne-Espérance , toutes fort dangereuses, ainsi que le scorpion et le galéopode. Les crustacés sont a peu prés les mémes que ceux de "Europe méridionale, des homards, — des langoustes , des crabes, des chevrettes, etc. Les poissons maritimes qu’on péche aux atterrages d’Afrique sont ceux des mers qui baignent ces cétes; et quant aux poissons de fleuves, onn’en connait qu'un nombre fort restreint : Geeffroy Saint-Hilaire-a décrit ceux du Nil, parmi lesquels on remarque l’énorme hichir, des silures et des pimélodes, dont les analogues ont été retrouvés au Congo, Les riviéres occ. -
dentales ont fourni de curieux acanthopodes , des gymnarques, des sciénes, etc. Les reptiles sont trés-nombreux ; mais le nombre des espéces parait assez borné. Les plus remarquables sont, parmi les lézards, les crocodiles, les caimans ou alligators, qui peuplent les grands fleuves; les monitors ou ouarans du Nil et du Congo; les salamandres et les iguanes de Guinée, les cerdyles du Cap, les geckos immondes du Caire et de Madagascar, les scinques du Fezzan et des régions du Haut-Nil, si prompts a disparaitre sous le sol, et les caméléons, dont les diverses affections sensitives se peignent sur la peau en couleurs changeantes. Ona observé peu de batraciens, mais parmi eux des crapauds d’une taille énorme. Les fleuves et les riviéres offrent quelques tortues ; la tortue terrestre est trés-commune en Barbarie. Les grands serpents d’ Afrique paraissent appartenir au genre python ; le céraste cornu et d’autres espéces venimeuses ont été signalés au Cap; des vipéres d’une espéce nouvelle ont été recueillies au Sénégal. — Sur six cent cinquante espéces @oiseaux qui se frouvent en Afrique, prés de cing cent soixante lui appartiennent en propre. Les plus nombreuses sont : dans l’ordre des promeneurs, les passereaux, si variés, les hoche-queue , les gobe-mouches, les merles, les loriots, les rolliers, les troupiales, les pique-boeufS, les calaos au bec monstrueux , les hirondelles , les soui-mangas, les guépiers, les martins pécheurs, les pies griéches, les mésanges, les alouettes, le crinon, dont le bec est accompagné a sa base de soies longues et rudes. Puis, parmi les oiseaux de proie on compte les vautours, les griffons , les percnopteéres , les aigles, les pygargues, les éperviers, les buses, les faucons, les messagers et la plupart des rapaces nocturnes. Les grimpeurs fournissent beaucoup de perroquets et de perruches, des touracos, des couroucous, des coucous. Entre les gallinaeés, on remarque des pigeons variés, tels que la tourterelle a collier du Sénégal et de l'Afrique australe, et le pigeon vert d’ Abyssinie et de Guinée, des perdrix, des cailies , des tétras, et la pintade, qui appartient spécialement a J’Afrique; le dronte , qu’on yoyait jadis 4 Vile de France et dans quelques parties du continent, ne se rencontre plus, et peut-étre a-t-il entiérement dispara du globe. Les échassiers effrent des falcinelles, des pluviers, des vanneaux, des grues , des hérons, des cigognes, entre autres la cigogne a sac de la eéte orientale; des ombrettes, des flamants, des spatules , Vibis, oiseau sacré de l’ancienne Egypte , le marabou qui donne un duvet si élégant ; des courlis, des bécasses, des rales, des poules d’eau ; le secrétaire, qui semble réunir les caractéres des échassiers ef des oiseaux de proie. Dans les palmipédes on trouve le canard et Poie, le pélican, le cormoran, la frégate, l’anhinga, le fou, le manchot ; on voit de plus sur les edtes des goélands , des pétrels , des albatros. Mais le plus remarquable des oiseaux de cette partie du monde, c’est l’autruche , compagne habituelle du zébre, et qui vit en troupe dans le Sahara; plusieurs espéces d’outardes méritent également d’étre mentionnées.
Quant aux mammiféres, l'Afrique posséde un quait a peu prés des espéces connues. Les ruminants y sont dans une proportion trés-forte ; le genre antilope y est particuliérement développé; les plus remarquables sont le canna, ou élan du Cap ; le genou de la Guinée et du Sud; Je mouflon, a la queue énorme et pesante ; le boeuf & bosse, qui sert de monture, de béte de somme et de trait dans toute la Nigritie; le boeuf galla, aux cornes immenses; le buffle sauvage du Cap; la girafe, et le dromadaire ou chameau 4 une bosse, si bien nommé le navire du désert. L’ordre des pachydermes non ruminants appartient aussi spécialement pour deux cinquiémes a l’Afrique : ’éléphant s’y rencontre depuis la limite du Sahara jusqu’au cap de Bonne-Espérance, il est d’une espece différente de celui d’Asie; le rhinocéros 4 deux cornes a été trouvé en Abyssinie comme au Cap; lhippopotame, qui a disparu depuis longtemps des eaux du Nil, se montre dans tous Jes grands fleuves de la région australe; le phacochére a
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défenses énormes a été trouvé av cap Vert ef au sud, ou se rencontre aussi le sanglier 4 masque, différent du sanglier du Sénégal. Le zébre et le couagga se trouvent au centre et au sud; le cheval ef l’ane, principalement dans le nord. Les quadrumanes sont ensuite lordre le plus nombreux ; le plus remarquable de tous est le chimpanzé, grand singe sans queue, dont les bras sont moins longs que ceux de Vorangoufang de Bornéo, ef qui offre ainsi plus de ressemblance avec Vhomme; le genre cynocéphale est représenté par des especes variées, presque toutes grandes, fortes et méchantes; les guenons sont aussi fort multipliées; les makis et les galagos sont nombreux en Nigritie, ’indri a Madagascar. L’ours m’habite que les cavernes de I’Atlas; les carnassiers sont trés-répandus sur le continent : le lion, la panthére, le léopard, la hyéne, le loup et le chacal ainsi que le chien, redevenu sauvage au Congo; le lynx; le fennec d’Abyssinie semble devoir ¢tre rapporfé au méme genre, il est caractérisé par ses longues oreilles de liévre. La civette se rencontre presque partout, ainsi que ’ichneumon, jadis adoré en Egypte pour la guerre acharnée qu’il fait aux reptiles. — I] faut citer encore plusieurs espéces de hérissons, la. musaraigne et la chysochlore du Cap, a robe dorée, le tenrec de Madagascar et diverses taupes. — Parmi les chéiropteres, Afrique posséde différentes espéces de chauves-souris, dont Ja plus grosse est la roussette, recherchée a Madagascar et a Maurice a l’égal du faisan et de la perdrix. — Dans les rongeurs on remarque plusieurs espéces d’écureuils , la gerboise du désert, l’aye-aye de Madagascar, le rat-taupe, et le rat-sauteur du Cap, la souris du Caire armée de piquants, le porc-épic a créte, le liévre et le lapin. — Enfin les édentés sont les mammiféres les plus rares en Afrique : on n’y a encore vu que l’oryctérope du Cap, le kouaggelo ou pangolin a longue queue, a écailles mobiles et tranchantes, qui habite au Sénégal et en Guinée. On rencontre-sur les cétes quelques amphibies, du moins le phoque et le lion de mer. A ’embouchure des fleuves on trouve le lamentin. Parmi les cétacés proprement dits, les voyageurs mentionnent surfout, comme fréquents sur les cotes d’Afrique , les dauphins souffleurs et les marsouins.
Ethnographie. Lethnographie de l Afrique, que l’on s’est inutilement efforcé d’établir d’aprés les idiomes qui s’y parlent, a été parfaiftement déterminée par la comparaison des types. La couleur de la peau et la nature des cheveux, que M. Bory de Saint-Vincent a prises pour base de sa classification du genre humain, sont des caractéres trop superficiels et trop peu tranchés. Les formes du crane et de la face sont, au contraire, un guide infaillible et certain. En prenant done l’angle facial pour base, on peut réduirea deux types généraux toutes Jes races indigénes africaines, dont chacune aun grand nombre de variétés résultant de croise- — ments. La race a visage ovale, & angle facial trés-ouvert, au nez aquilin, aux membres bien conformés, aux doigts effilés, aux cheveux longs et noirs, aux lévres minces, offre les traits caractéristiques des anciens Egyptiens tels qu’on les voit sculptés et peints sur les monuments et tels que nous les présentent la plupart des momies. Cette race a tous les caractéres de la race caucasienne; elle ne se distingue des peuples européens que par le teint plus foneé, la lévre supérieure légérement plus grosse que Vinférieure, et surtout par la position des oreilles placées plus haut, en sorte que le lobe supérieur dépasse la ligne des yeux ; elles sont aussi un peu plus grandes et plus écartées du crane. Les Berbéres, qui se donnent le nom @’Amazigs (nobles) ; les Coptes au teint jaune foncé, au nez court et droit, au visage bouffi, et les Abyssins, les Nubiens au teint noir, au nez presque aquilin, composent cette race. Le second type africain, indubitablement originaire de cette contrée, est la race dite négre, aux cheveux crépus, aux grosses lévres, aux pommettes saillantes, au front étroit, au menton plus ou moins pointu, au crane trés-épais, trés-dur et trés-blanc,
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ainsi que tous les autres os, aux pieds longs, aux doigts épais et non effilés. Quant au teint, il varie depuis le noir le plus foncé jusqu’au cuivré. Il est méme a remarquer que ce ne sont pas les plus roirs qui offrent les formes et la face les plus rapprochés du singe : ainsi le Moutchicongo, dont le teint est peu foncé, a le nez presque plat et des lévres énormes, tandis que le Yolof, le plus noir de tous les Négres, est aussi celui qui a le nez le moins épaté. Cette race se distingue par une grande perfection dans tout ce qui a rapport aux fonctions animales. On y rencontre moins de difformités que dans toutes les autres races humaines ; les femmes accouchent avec facilité et sont d’excellentes nourrices. Chez ces peuples ossification du crane est trés-rapide ; les enfants dés leur naissance présentent a peine les fontanellés , les sutures disparaissent de bonne heure, et le développement du crane est terminé dés Vadolescence, tandis que celui des os de la face se poursuit jusqu’a Page adulte. Cette race est trés-robuste; on y voit beaucoup @individus dune haute taille; il est fréquent d’y trouver des hommes d’un age trés-avancé. Les Peuls , les Cafres en sont des espéces particuliéres; les Hottentots ou Bojesmans en forment encore une variété, inférieure en intelligence, a l’angle facial encore plus déprimé. Leur taille est plus petite, leur figure hideuse. Chez Ja femme hottentote, un trait remarquable esi le développement des nymphes, qui couvre les parties génitales dune sorte de tablier naturel, et l’énorme saillie des fesses.
Quant aux races qui ne sont pas autochthones, il faut compter : la race arabe, répandue sur les cotes orientales jusqu’a Madagascar, sur celle de la Méditerranée, sur le littoral Atlantique jusqu’au Sénégal, s’étendant jusqu’a une assez grande profondeur dans le désert; la race turque, rare et clair-semée sur les cdtes septentrionales; les races européennes, qui ont férFmé des colonies sur toute la périphérie; enfin, seulement sur la plage orientale de Madagascar, des colonies de race malaise.
La distribution ethnographique que nous venons d’indiquer n’est qu’une ébauche grossiére, que l’état imparfait de nos connaissances empéche de tracer avec une plus exacte précision. Quant aux langues de l’Afrique, sans avoir la prétention d’en donner un catalogue complet, ni méme une liste bien étendue , nous essayerons de rapporter ici les plus importantes, en indiquant les nombreux dialectes qui en dérivent respectivement. Nous citerons d’abord la langue berbere, qui raméne 4 une souche unique de nombreux dialectes dispersés sur une immense étendue depuis l’Atlas jusqu’a l’Egypte, en englobant le Sahara ; la langue arabe d’une part, avec toutes ses variétés ; la langue copte, qui n’est plus en usage en Egypte que pour les livres, mais qui est encore parlée, dit-on, au sud du golfe de Cabés; la langue peule ou fellane , dont les innombrables dialectes se parlent dans tout Youest et le sud : toutes les tribus hottentotes ainsi que les tribus cafres ont un systéme de langage qui en dérive évidemment; l’idiome mandingue, que parlent une grande quantité de peuplades ; la langue yolofe, trés-répandue également, ainsi que la langue des Achantis; la langue nubienne, la langue des Gallas, et les idiomes bounda etbomba, qui se parlent au Congo. Nous n’indiquons point ici le turc, dominateur précaire sur la cdte septentrionale, ni les idiomes apportés par les colons européens.
En général, il n’y a pas de civilisation en Afrique ; aussi la croyance religieuse n’y a acquis nulle part un degré de perfection qui tumcigne de cuelque progrés. Le christianisme grossier des Coptes et des Abyssins, celui que les missionnaires s’efforcent d’implanter chez les négres, les Cafres et les Hottentots , n’est pour tous qu’un culte sans intelligence des préceptes et des dogmes. Le judaisme a de nombreux adhérents ; Vislamisme est la religion du nord de PAfrique et des peuplades négres les plus avancées. Le fétichisme le plus grossier est le culte le plus généralement
répandu dans toute l'Afrique. Quel que soit son culie, du reste, l’Africain est polygame. Quant a lorganisation politique, patriarcale chez les tribus nomades, elle passe géné1 alement & la monarchie chez les peuplades fixes. Il y a cependant quelques peuplades ou dominent les formes démocratiques, dans le Fouta par exemple. Une sorte de f{éodalité existe chez les Yolofs. Le despotisme absolu parait, du reste, le régime le plus fréquent.
Soumis & moins de besoins que les habitants des régions tempérées et froides , ceux de V Afrique ont bien moins d’industrie; elle se borne & préparer et a colorer des cuirs, filer le coton, dont ils fabriquent des tissus d’une petite largeur, et a les teindre. Ils fagonnent les métaux avec une certaine adresse ; mais les mines sont exploitées peu avantageusement. Ils taillent et percent les pierres dures, ils font divers ustensiles en terre et en bois, enfin des armes de plusieurs genres et méme des fusils; ils fabriquent de la poudre et fondent les balles. Voila le terme ot sont parvenus les plus habiles. Les habitations sont en terre, basses et presque toutes rondes, couvertes en chaume, et n’ont d’autre ouverture que la porte. Le commerce entre les indigénes consiste dans les productions du sol et de Vindustrie, et n’a lieu que par échange. Des piécesde toile de coton, des morceaux de fer ou méme des coquillages sont le plus souvent les signes représentatifs de la valeur des objets.
Les objets dimportation sont les tissus de coton et de laine, la poudre, les armes, la verroterie , la quincaillerie, le sel. Les entrepdts de ce commerce sont, aprés les ports d@Egypte et des Etats Barbaresques, ceux des établissements européens.
L’anarchie désole continuellement l’Afrique; du reste, les guerres entre indigénes ne sont pas généralement meurtriéres, on cherche plutét a faire des esclaves qu’a tuer son ennemi. Le commerce des esclaves a de tout temps été trés-actif en Afrique : le monarque vend ses sujets ou enléve ceux des voisins pour en faire le trafic. Les nations européennes qui faisaient autrefois latraite des Négres se sont interdit cet odieux commerce; et sil a encore lieu, ce nest que clandestinement.
Divisions politiques. Balbi partage Afrique en régions quilnomme: 1° larégion du Nil ; 2° le Maghreb ;3°la Nigritie centrale, occidentale, maritime et méridionale; 4° lAfrique australe ; 5°V Afrique orientale ; 6° les possessions des puissances étrangéres. — La région du Nil comprend V’Egypte, les deux Nubies, puis d’une part l’Abyssinie, ef de lautre le pays inconnu qu’arrose le Nil-Blanc et qu’on croit habité par les négres Schilouks. Il faut y rattacher encore le Kordofan, que sa position géographique et ses relations politiques unissent étroitement a la Nubie, et méme le Darfour, que les Européens n’ont encore abordé que par la voie de ’Egypte. — Le Maghreb, dénomination empruntée aux Arabes, comprend tous les pays habités par les musulmans occidentaux, c’est-a-dire les contrées de l’Atlas, le Maroc , PAlgérie, Tunis , Tripoli , le Bélud-el-Djerid, le Fezzan et le Sahara. — La troisiéme division , celle qui embrasse le plus de territoire, se compose de la Nigritie centrale, formée elleméme du Bouré, du Bambarra, du royaume de Tombouctou, de la confédération de Borgou, des royaumes de Yaouri, Yarriba, Founda, Benin, des empires de Bornou et des Fellatahs ; de la Nigritie occidentale, qui comprend les Etats yolofs, peuls et mandingues; de la Nigritie maritime, formée des royaumes de Soulimana, de Cap Monte, de Dahomey et de Vempire d’Achanti; enfin de fa Nigritie méridionale, qui comprend les royaumes de Loango, de Congo, de Bomba, de Sala, des Malouas, et de Cassange, outre les pays soumis aux Portugais. M. d’Avezac a proposé les dénominations générales de Ouankarah et de Takrour pour lintérieur des terres. — L’Afrique australe, outre la colonie du Cap et ses dépendances, se compose de la Cimbébasie, du pays des Cafres et de celui des Hottentots. L’Afrique orientale embrasse deux
régions : la premiére, établie dans le bassin du Zambézé , comprend Pempire du Monomotapa, aujourd@’hui démembré, Sofala, Mozambique et Zanguébar ; l’autre nous est presque totalement inconnue, a peine sait-on les noms de quelquesuns des peuples qui habitent ce haut plateau , tels que les Cazenbés et les Mozivas. On rattache comme annexe a cette division le restant de la céte orientale, le pays des Somaulis, \a cdte d’Ajan et Magadchou. — Toutes ces subdivisions ont dés articles spéciaux dans notre ouvrage.
La France, l’Angleterre , le Portugal , ’Espagne, le Danemark, les Pays-Bas, les Etats-Unis d’Amérique, possédent en Afrique des établissements coloniaux. Les possessions de la France comprennent les trois gouvernements d’ Algérie, deSénégambie et de la Réunion. Celles de P Angleterre sont, sur le continent, les gouvernements du Cap, de Sierra-Leone; dans les fles, le gouvernement de Sainte-Héléne, dont dépendent les iles Fernando-Po et de PAscension; le gouvernement de Maurice, dont dépend archipel des Seychelles; et les établissements de laCdte-d’Or et de la COte des Esclaves. Les établissements portugais forment le gouvernement de Madére et celui des iles du Cap Vert avec ses dépendances, sur la cote de la Sénégambie, Angola et Benguela; celui de Saint-Thomé et du Prince, et celui de Mozambique. L’Espagne posséde en Afrique l'archipel des Canaries, qui forme non un établissement colonial, mais une des provinces administratives du royaume : les places de déportation ou présidios de Ceuta, Penon de Velez, Alhucemas et Velilla, sur la céte de Maroc, Vile d’Annobon et quelques ilots dans le golfe de Guinée. Les possessions danoises , composées de petits territoires et de quelques ports sur la Cote dOr, forment le gouvernement de Christiansborg; les établissements des Pays-Bas, plus imporfants que ceux du Danemark, forment le gouvernement d’Elmina, aussi sur Ja Cote d’Or. Enfin il y a trois républiques indépendantes d’origine toute récente, la premiére sur la cote de Guinée, Liberia; les autres au nord-est du Cap, Orange et Transvaal.
Histoire. 1’ Afrique n’a pas @histoire générale. Certaines de ses parties, il est vrai, surtout ’Egypte et toute la céte baignée par la Méditerranée, occupent une grande place dans histoire du monde; mais on ne saurait rattacher sous ce rapport ces contrées aux continents qu’elles bordent. Nous ne suivrons donc pas kes merveilleuses vicissitudes de l'Afrique; V’antique civilisation égyptienne, sortie de la Nubie pour finir aux Ptolémées ; empire de Carthage, anéanti par une rivalité fatale, aprés avoir produit de grands hommes et fait de grandes choses; la domination romaine, civilisatrice du pays, qu’elle éfonne encore par ses ruines gigantesques, renversée 4 son tour par l’invasion gothique ef vandale; puis le grand mouvement islamique, qui semblait devoir emporter le monde et qui fit de lAfrique comme son quartier général; enfin, dans des temps plus modernes, les conquétes des Turcs et des Européens. Chacune de ces phases de Vhistoire sera traitée 4 sa place; nous ne nous occuperons ici que des découvertes successives des anciens et des modernes.
Les Grecs n’avaient que des données trés-imparfaites sur ce continent méridional qu’ils nommaient Libye. L’Egypte, suivant eux, n’en faisait pas partie. Homére croyait que les Colonnes d’Hercule ( détroit de Gibraltar) étaient les limites du monde, et que les piliers qui devaient soutenir le ciel et la terre étaient gardés par Atlas dans une région ot Yon ne pouvait pénétrer. Cependant les voyages de découvertes remontent a une haute antiquité; les Tyriens et les Carthaginois, maitres du commerce de la Méditerranée et de lamer Rouge, durent avoir sur l’Afrique des connaissances beaucoup plus étendues; mais ils ne les divulguaient point aux peuples étrangers, et il n’est resté deux que le souvenir Wune expédition de circumnavigation ac-
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complie par des marins phéniciens, d’aprés l’ordre du Pharaon Necho, et le récit d’un autre voyage maritime entrepris par le Carthaginois Hannon pour aller fonder des colonies sur les cOtes occidentales. On rapporte aussi que Xerxés enyoya le Persan Sataspés pour renouveler d’occident en orient le voyage que les pilotes phéniciens avaient . fait @’orient en occident. Plus tard, Scylax décrivit, conformément a la navigation d’Hannon, une partie de la céte occidentale jusqu’a l’endroit oi la mer est couverte de sargasses épaisses, qui la rendent impraticable. Eutjiyméne parvint jusqu’A un grand fleuve soumis, comme le Nil, 4 des crues périodiques (sans doute le Sénégal). Polybe ne dépassa pas les caps ou viennent aboutir les grands rameaux de Atlas. Eudoxe de Cyzique voulut accomplir le tour entier de l'Afrique; mais un naufrage fit échouer son projet. — Les notions que l’on possédait sur le littoral d’orient étaient plus vagues encore; Marin de Tyr y indique un cap Prasum, qui parait ¢tre le cap Delgado. — Quant a V’intérieur de V’Afrique, les voyages des Grecs ne dépassérent pas Yoasis d’Ammon (Siouah). Hézodote cependant apprit des Libyens Vitinéraire des carayanes jusqu’a l’Atlas par le Fezzan; il eut aussi connaissance d’un fleuve coulant de Youest & Vest, que le major Rennell reconnait pour le Niger. Les Egyptiens lui dirent encore que le Nil, non loin de sa source, coulait de Vouest a Vest; ce que les explorations modernes ont confirmé pour les sources du Nil- Blanc, trouvées dix degrés plus loin qu’on ne avait suposé.
, Les Romains contribuérent par quelques expéditions aux progrés de la géographie africaine; Suétonius Paulinus traversa le premier dans l’ouest le grand Atlas, et arriva en dix étapes a un fleuve que sur une simple consonnance on avoulu retrouver dans le Niger. Cornélius Balbus porta les armes romaines dans Je Fezzan. Julius Maternus employa quatre mois 4 se rendre dans un pays ou il trouya le rhinocéros, et Septimius Flaccus yoyagea trois mois en Ethiopie. Ces deux derniéres expéditions ne sont d’ailleurs connues que par une simple mention de Ptolémée. A ces voyages, aux observations recueillies par des savants comme Strabon, Ptolémée, Pline et leurs abréviateurs Denys le Périégéete, Pomponius Méla, Julius Solinus, il faut joindre deux documents officiels du plus haut intérét : le premier est la notice des grandes routes militaires de l’empire romain ;lesecondest I’ I4iné~sire, rédigé au temps d’Alexandre- Sévére. Les routes qui y sont détaillées ne dépassent pas Atlas, mais constituent toutefois, pour les pays qu’elles comprennent , le réseau géodésique le plus parfait que nous possédions encore.
Malgré toutes ces découvertes, nous voyons au sixiéme siécle le moine égyptien Cosmas Indicopleustés considérer Afrique comme une immense plaine carrée , deux fois aussi longue que large, entourée de tous cétés par Océan, et autour de laquelle s’élevait un grand mur qui supportait la voute du firmament, sous laquelle le soleil et la lune tournaient autour d’une montagne en forme de quille. Strabon avait cependant déja donné a l'Afrique la forme dun rectangle, dont Jes cétes septentrionales formaient la base, le Nil et les cétes dela mer d’Ethiopie l'angle droit, et la céte occidentale Vhypothénuse.
De tous les peuples anciens ef modernes aucun n’a eu sur Pintérieur de Afrique des notions aussi exactes que les Arabes. Des le dixidme siécle, Massude Kothbeddin publia dans ses ouvrages ( la Plaine dorée et la Mine de Diamants ) une description de cette contrée. Ebn-Aoukal de Bagdad écrivit également au dixiéme siécle son Livre des Routes et des Royaumes, et parcourut, dit-on, toutes les possessions musulmanes en Afrique , aussi bien qu’en Europe et en Asie. Un siécle aprés, Abou-Obéid-el-Bekri composa aussiun Livre des Routes et Royaumes, oii les pays les plus reculés de Afrique sont décrits d’aprés le témoi-
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gnage verbal du fakir voyageur Abd-el-Malek, Plus tard, Ebnel-Wardi, dans sa Perle merveilleuse, donna des renseignement trés-complets sur l’Afrique. A un autre siécle de distance le schérif E l-Edrisi, natif de Ceuta et courtisan de Roger de Sicile , étendit plus loin que les précédents ses indications géographiques. Il nomme les montagnes de la Lune et méme la céte de Sofala. Aboul Féda reproduisit , au quatoraiéme sidcle , les écrits de ses devanciers. Peu apres voyagea pendant trente années consécutives Ebn-Batouta de Tanger, qui a le premier mentionné Tombouctou; il visita cette ville en 1353. Nous passons sous silence autres voyageurs pour arriver au célébre El-Hassan de Grenade, si connu sous le nom de Léonl’Africain, qui visita deux fois Tombouctou et nous a laissé une description étendue de Afrique , rédigée par lui-méme en italien. Elle n’étend pas beaucoup le cercle des connaissances géographiques , mais on y trouve des détails intéressants. Quant 4 Marmol, il nest le plus souvent que le copiste de Léon lAfricain, quoiquw’il ait parcouru lui-méme plusieurs des pays qu'il a décrits.
Les découvertes des Européens ont été bien tardives. Il parait prouvé qu’en 1364 des marchands de Dieppe et de Rouen envoyérent des expéditions jusqu’au dela de Sierra- Leone, et fondérent a ’embouchure du Rio-dos-Cestos le comptoir du Petit-Dieppe ; l'année suivante ils poussérent leurs explorations jusqu’a la Cte d’Or, et échelonnérent successivement leurs établissements depuis le cap Vert jusqu’a la Mine, ou ils batirent une église en 1383. En 1346 un Catalan, nommé Ferrer, envoya de Majorque une galére a la Riviére d’Or, figurée au sud du cap Bojador sur un portulan de 1375, qui existe 4 la Bibliothéque Nationale de Paris. Madére et les Canaries y sont également tracées en détail; ce qui oblige a les retrancher du nombre des découvertes portugaises , puisque Joao Gonzalés ne fut poussé par la tempéte a Porto-Santo qu’en 1418, et que ces iles avaient été yisitées dés 1341 par le Florentin Angelino del Tegha de Corbizzi et le Génois Nicolaso Recco. Gil Janez ne doubla le cap Bojador qu’en 1434, et Antonio Gonzalés ne parvint ala Riviere d@’Or qu’en 1442. Diniz Fernandez arriva au Sénégal en 1446. Nuno Tristao, aprés avoir vu le Rio Grande, atteignit en 1447 le fleuve qui porte son nom, et ou il recut la mort ; le Vénitien Ca-da-Mosto et le Génois Antonio di Noli visitérent les iles du Cap Vert en 1455. Pedro de Cintra s’avanca en 1462 jusqu’a la cote de Guinée, et rapporta de la poudre d’or et quelques Négres, qui firent naitre Pidée de Pinfame trafic auquel on ne tarda pas a se livrer ( voyes Traite pes N&Gres ). Joao de Santarem en 1471 parvint a la Cote d’Or, ott Yon batit le fort Saint-Georges de la Mine en 1482, un siécle depuis que les Francais y avaient élevé leur église Deux ans aprés, Alonzo d’Averio abordait au Bénin et Diégo Cam au Congo; on longea rapidement ensuite la céte australe , et Barthélemi Diaz atteignit le cap des Tourmentes, que le roi Jean de Portugal aima mieux appeler le cap de Bonne-Espérance. Vasco de Gama le doubla en 1497, toucha 4 la cote de Natal, visita Mozambique, Melinde. Pedro Alvarez Cabral vint en 1500 a Quiloa, Albuquerque en 1503 4 Zanzibar, et Pedro de Anaya en 1506 a Sofala, ot il batit un fort.
Les contours de l’Afrique une fois découverts, on voulut connaitre Vintérieur. Alors commence cette magnifique série de tentatives et d’efforts tentés par les Européens , et continués avec une admirable persévérance pendant plus de deux siécles et demi. En 1588 Thompson pénétra jusqu’a Tenda, en remontant la Gambie. En 1620 Robert Jobson arrive aussi a Tenda par le méme fleuve. En 1670 Paul Imbert, des Sables-d’Olonne, partide Maroc, atteignit Tomhoucton, En 1698 de Bruce allajusquw’a Galam par Saint- Lonis, 8 Bamboue par la céte de Noun. En 1711 Houghton parvint 4 Aud-Amar par la Gambie. En 1715 Compagnon arriva 2 Bambouc par Saint-Louis. Enfin, en 1723 Stibbs
visita de nouveau les mémes lieux en remontant la Gambie.
Quelques-uns des voyageurs que nous yenons de rappeler furent les agents d’une Société francaise d’ Afrique au Sénégal, qui existait dés le milieu du dix-septiéme siecle. En 1729 on publia & Paris la Nowvelle Relation del Afrique occidentale du P. Labat, qui répandit beaucoup de lumiéres sur eette partie de la géographie. En 1731 Moore, et Detlandre en 1742, pénétrérent encore 4 Bambouc par le méme chemin, ainsi qu Adanson en 1749. — De Lisle, et plus tard @Anville, profittrent avec intelligence de ces voyages multipliés pour les cartes qu’ils publiérent 4 cette époque. Vers la fin du dix-huitiéme siécle Pardeur des explorateurs sembla redoubler. En 1784 Follier, et l'année suivante Brisson, reconnurent encore Bambouc; ils étaient venus par la céte de Noun. A peu pres en méme temps Grégorio Mendez parcourait Vintérieur des terres au sud de Benguela jusqu’au cap Negro. Roubaud en 1786, en cherchant le Niger, fraya la route de Galam par terre, et l'année suivante Picard, parti de Saint-Louis, s’avanca jusqu’’ Fouta-Toro. Enfin, en 1788 se fonda la Société Africaine de Londres, qui donna a ces entreprises une tendance plus uniforme et plus suivie. Cependant les premiers voyages faits au nom de cette association eurent peu de succes : John Ledyard et Lucas en 1788, le major Houghton en 1791, qui atteignit Aud-Amar par la Gambie et mourut avant de parvenir a Bambouc ; Watt et Winterbottom en 1794, qui s’avancérent jusqu’a Timbo sur le Rio Nunez, ne virent pas leurs tentatives couronnées de succes. Le premier voyage de Villustre Mungo-Park, en 1795, lui attira une captivité rigoureuse. Il avait remonté la Gambie et pénétré jusqu’a Silla sans atteindre le Djoliba. Il retourna en Afrique en 1805, et y resta six années consécutives ; il atteignit le Niger 4 Bamakou, s’embarqua a Sansanding, et suivit le fleuve jusqu’a Cabra, Houssa et Boussa, se dirigeant vraisemblablement vers Tombouctou; mais vers le commencement de janvier 1806, entrainé par la rapidité du courant, il fit naufrage, et se noya non loin de Boussa. Sa relation finit au 16 septembre 1805, 4 Sansanding. La derniére nouvelle certaine qu’on en ait eue depuis est une lettre de lui 4 sa femme, datée du 19 novembre. Reentgen de Neuwield périt également en se rendant 4 Tombouctou en 1809. L’ordre des dates nous conduit ensuife au matelot américain Robert Adams, nommé aussi Benjamin Rose, dont les récits, faux ou vrais, sont tellement pleins d’exagération, que ses compatriotes méme ne voulurent pas y ajouter foi. L’Américain Riley, qui naufragea sur la cdéte ouest de l’Afrique, et devint esclave du prince maure Sidi- Hamet, obtint de lui @importants renseignements sur la ville de Tombouctou. Les Anglais Peddie et Campbell, auxquels s’était joint le Saxon Adolphe Kummer, suivirent le Rio-Nunez pour pénétrer dans Vintérieur. Le second réussit a arriver assez prés de Timbo; mais tous trois vinrent augmenter le nombre des martyrs de l'amour de la science, et périrent victimes du climat, au milieu des sables. Le capitaine Tuckey, en 1816, et ses dix-sept compagnons finirent tous misérablement en trois mois sur les rives du Congo. Le major Gray fut contraint , en 1818, de renoncer a son expédition par les préparatifs hostiles des populations, ainsi que P. Rouzey. Belzoni et Bodwich furent victimes de leur dévouement. Dupuis et Hutton, en 1820, ne dépassérent pas la capitale des Achantis ; en revanche, la découverte des sources du Sénégal et de la Gambie fut obtenue par Mollien, qui dés 1818 avait remonté ke cours de ces fleuves et du Rio-Grande, jusque non loin deTimbo. Bien que ses voyages manquent entigrement d’observations sur la géographie mathématique des lieux qu’ila visités, on ne lui est pas moins redevable de renseignements et de faits précieux sur plusieurs portions de !a Sénégambie et le plateau de Futadjallon, contrées entitrement inconnues avant lui. En 1822 Laing, parti de Sierra-Leone, essaya en vain de découvrir les sources du Niger. Clap perton, Oudney et Denham en {822 péné-
trérent dans empire Bornou par le Fezzan; arrivérent a Kouka, ville située sur le lac Tchad, et atteignirent Sakatou, capitale du Soudan. En 1827 Laing entreprit un second voyage; évitant la route de Bornou, il se dirigea de Tripoli sur Poasis @Aglaby, traversa le Sahara dans son milieu, et arriva 4 son but, a cette ville de Tombouctou, dont on avait oui raconter tant de merveilles. Malheureusement ce voyageur ne revit point l’Europe; car, s’étant avancé au sud yers Ségou, il fut assassiné par un marchand maure qwil ayait engagé comme guide.
La connaissance positive de Tombouctou, cette grande lacune de la géographie si souvent signalée, fut enfin obtenue par René Caillié, qui, parti du Kakondi sur le Rio-Nunez , arriva A Timé et gagna Djenné, d’ou il suivit le cours du Niger jusqu’’ ce mystérieux Tombouctou, qu’il put le premier décrire 4 ’Europe. En 1827 Clapperton et Lander atteignirent Sakatou par le golfe de Bénin, en traversant les royaumes jusque lainconnus de Jarriba et de Borgou. Clapperton, mal recu par le sultan des Fellahs, sur ’amitié duquel il croyait pouvoir compter, et découragé, mourut a Sakatou. La gloire lui reste d’avoir trouvé le premier que le Niger courait au sud a partir de Tombouctou, d’abord dans une direction un peu orientale vers Nyffé, mais dont il se détourne ensuite dans le pays de Funda pour se jeter 4 l’ouest dans le golfe de Guinée. Il détermina aussi la position de Boussa et d’Yaouri. C’est aux fréres Lander que fut réservée, en 1830, la gloire de constater irrévocablement le fait prévu par Clapperton de l’embouchure du Niger sur le golfe Atlanfique. Is descendirent ce fleuve depuis Yaoury jusqu’au cap Formose, ayant parcouru neuf cents milles anglais. Depuis la mort de Lander, une compagnie commerciale se forma a Glascow pour établir par le Niger des relations avec les naturels le Pintérieur. Le colonel Nichols fut chargé de cette mission. Enfin, en 1840 une sociéte anglaise, formée pour extinction de la traite des esclaves et la civilisation de l'Afrique, et placée sous le patronage du prince Albert, confia a des officiers de la marine britannique la mission de remonter le Niger avec trois bateaux a vapeur. Mais cette expédition n’a pas donné de grands résultats.
Dans la région du Nil, les magnifiques travaux de l’expédition d’Egypte ont jeté sur ce pays de vives lumiéres. Il serait ingrat d’omettre Norden et Pockoke (1737), Hamilton, qui arriva jusqu’a Syéne en 1801, ainsi que Legh et Light en 1814, et Waddington en 1820; mais les notions les plus exactes et les plus étendues que nous possédions sur ces tontrées sont incontestablement dues a l’infatigable et conjciencieux’Suisse Burckhardt, qui réunissait a une érudition rare un esprit d’observation remarquable. I] partit sous les auspices de la compagnie Anglo-Africaine, et, apres plusieurs années de voyages pénibles en Syrie et en Egypte, pénétra jusqu’au Dongolah; traversant ensuite le désert Libyque , il passa 4 Berber et Schendy, et parvint a la mer Rouge par le Soudan; de 1a il s’embarqua pour la Mecque et partit de cette ville pour visiter le mont Arafat ( Ararat). La mort le surprit au Caire en 1815, au moment ot il se préparait & pénétrer dans Vintérieur de PAfrique avec une carayane du Fezzan, par le chemin qu’avait déja suivi Hornemann. Celui-ci, Allemand de naissance, mais voyageur del’ African Association, partit en 1798, du Caire, gagna le Fezzan a travers les oasis de Siouah; arrivé a Mourzouk, il y recueillit de nombreuses informations sur les populations du désert et sur le pays de Bornou, pour lequel il se mit en route en 1800. On n’a plus eu de ses nouvelles. L’Anglais Lead nous a laissé une description aussi exacte qu’intéressante du pays de Dahomé, que Dazel et Norris ne nous avaient fait connaitre que trés-superficiellement. Lyon, accompagné de son ami Ritchie (qui mourut & Mourzouk le 20 novembre 1819), du naturaliste Depoul et du savant Anglais Belfort, partit de Tripoli, pénétra, en 1819, jusqu’au désert de Bilmu, 4 l’extrémité méridio-
AFRIQUE
nale du Fezzan , et vint, par une relation consciencieuse de son voyage, publiée 4 Londres en 1821 , augmenter les notions que lon possédait sur ces pays.
En 1820 Caillaud remonta le Nil plus loin que tous ses devanciers. Suivant une autre direction, Adolphe Linant parcourut en 1818 les rives du Nil supérieur. Valentia et Salt poussérent plus loin les découvertes en Abyssinie ainsi que Drovetti dans les oasis. Il faut encore citer Gobah, Edouard Riippel , Minutoli, Heimprich, Galinier et Ferret, Ehrenberg, d’Arnaud et Sabatier, et tout récemment MM. Combes et Tamisier et MM. d’Abbadie.
Quant au Sahara, il n’a guére été vu que par les voyageurs qui de la céte barbaresque se rendaient dans le Mely ou le Takrour, ou bien par quelques naufragés dont aucun ne mérite une mention particuliére; le littoral méditerranéen a été exploré par della Cella (1817), Bechey (1822), Pacho et Miiller (1825). Le Maroc a été visité par le général Badia, connu sous le nom d’Ali-Bey, en 1805; par le lieutenant de la marine anglaise Washington, en 1829.
Dans la région de Mozambique et des cétes orientales, les voyages se sont concentrés sur le fleuve Zambezé ; te plus ancien est celui de Francisco Barreto, envoyé pour découvrir des mines d’or. Nous voyons en 1796 le Portugais Pereira pénétrer a la cour du roi de Cazenbé sur le Zambezé supérieur, 4 trois mois de marche d’Angola, efen 1798 le colonel du génie La Cerda surpris par la mort dans cette méme ville de Cazenbé. Enfin, en 1823 les officiers anglais Brown, Forbes et Kilpatrik , attachés 4 l’expédition hydrographique du capitaine Owen, remontérent le Zambezé jusqu’a Sana, et recurent d’un colon portugais une notice trés-remarquable sur le pays, qui fut publiée.
Si nous sommes en défaut sur cette partie de l'Afrique, pour la région du Cap les relations abondent. A ne citer que les plus remarquables, nous indiqnerons celle de Levaillant, dont on a contesté parfois la véracité; celle de John Barrow, qui a voyagé en 1797 et 1798 dans toute la colonie, et au dela chez les Cafres et les Bojesmans; celle de Trutter et Somerville, qui en 1801 et 1802 se sont avancés jusqu’a Litacou, capitale des Bedjouanas ; celle de Lichtenstein, qui se rapporte a Pannée 1803; celles de W. Burchell, 1811 et 1812; de Campbell, en 1812 et 1820; de Thompson, de 1821 4 1824; de Phelips, en 1825; de Cooper Rose, en 1824 et 1828; Vitinéraire du missionnaire Rolland jusqu’a Mosika, et celui du marchand ambulant Hume, en 1833, qui alla jusqu’a vingt-six journées au nord-est de Mosika, chez des peuples qui paraissentavoir des rapports com merciaux avec Mozambique. Le capitaine James Edward Alexander a traversé le fleuve Orange, le Kaisip ou Riviére- Rouge, et poussé jusqu’a la baie de Walwish, par 22° de lat. sud. MM. Arbousset et Daumas, missionnaires protestants, dans un voyage d’exploration entrepris en 1836, au nordest du cap de Bonne-Espérance, dont la relation a été publiée a Paris en 1842, ont trouvé la source des principaux fleuves de Afrique méridionale dans une montagne qui termine au nord la chaine des montagnes Bleues : ?Orange, le Calédon , le Namagari, le Létonélé et le Mononémon ont tous une commune origine, et descendent dans diverses directions, au sud-ouest, au sud, au nord et au nord-est, dune méme montagne que ces voyageurs ont nommée le Mont-aux- Sources.
De hardis voyageurs ont encore exploré |’Afrique dans ces derniers temps ; parmi eux nous citerons MM. Barth, Ré chardson, Overweg, David Livingstone, Edouard Vogel, Anderson, Albert Roscher, Rebmann, Bayard Tayler, Delegorgue, Laird, R. Burton et J. Speke, etc., etc. Plusieurs ont payé de leur vie leur généreuse entreprise.
Consulter Hérodote, Strabon, Ptolémée, Edrisi, Léon I’Africain, Shaw, l'Afrique de Marmol, les Recherches sur Vintérieur de V Afrique septentrionale, par Waickenaer,
VHistoire générale des Voyages ,ou Nouvelle Collectior
AFRIQUE — des Relations de Voyages par mer et par terre (Paris, 1827, 14 vol.); Ritter, Géographie générale comparée (Afrique); @’Avezac, Esquisse générale del Afrique (Paris, 1837); Hssai sur les Progres de la Géographie de UIntérieur de U Afrique, par la Renauditre (Paris, 1826); les Mémoires de MM. Jomard, d’Avezac et Freeman; le Bulletin des Sciences Géographiques , les Nouvelles Annales des Voyages, et les relations des voyageurs que nous avons cités.
AFZELIUS, nom dune célébre famille de savants suédois. — Adam Arzéius, né a Larf, en Westgothland , le $ octobre 1750, mort le 26 janvier 1837, dernier représentant de Pécole fondée par Linné, fut nommé en 1777 professeur agrégé de littérature orientale, et en 1785 démonstrateur de botanique a luniversité d’Upsal. En 1792 il se rendit en qualité de naturaliste dans la colonie anglaise de Sierra-Léone en Afrique, et il était de retour de cette mission scientifique dés 1794. Deux ans aprés il fut nommé secrétaire dambassade & Londres; mais en 1799 il reprit ses fonctions a Upsal, ot) en 1812 il devint professeur de mstigre médicale. Il s’est fait connaitre comme écrivain par plusieurs ouvrages relatifs 4 Phistoire naturelle et par la publication de Yautobiographie de Linné. On a donné son nom a la famille de plantes A/fzélia ainsi qu’a diverses espéces de végétaux. Sa collection de plantes fut achetée pour le compte de luniversité d’Upsal. — Son frére, Jean AFZELIUs, né en 1753, professeur de chimie a Upsal depuis 1784, mort le 20 mai 1837, aprés avoir été admis a la retraite en 1820, contribua beaucoup aux progrés de la chimie sans avoir cependant jamais rien écrit sur cette science. — Pehr Arzeéutus, frére des précédents, né en 1760 , professeur de médecine a Upsal depuis 1801, médecin ordinaire du roi de Suéde a partir de 1812, et anobli en 1816, admis également en 1820 4 faire valoir ses droits a la retraite, cultiva avec ardeur les sciences pendant les premiéres années de sa carriére, et fut longtemps l’un des médecins praticiens les plus célébres de la Suéde. Il est mort le 2 décembre 1839.— Anders-Erik Avzéu1ws, parent des précédents, né le 25 avril 1779, futde 1818 a 1821 professeur de jurisprudence a Abo. Devenu suspect au gouvernement russe en raison de ses sentiments politiques, il recut en 1831 Pordre @abandonner le pays, et, ayant différé d’obéir, il fut exilé & Wiatka. Mais en 1835 il oblint autorisation de reyenir en Finlande, se fixa & Willmanstrand et plus tard a Riga. — Arvid-Auguste A¥rzé.tus, né en 1785, pasteur a Enkceping depuis 1821, s’est fait un nom glorieux par ses recherches sur l’antique littérature du Nord et aussi par ses productions poétiques. II s’était de bonne heure occupé d’unefagon toute spéciale des anciens chants populaires de son pays, et avait essayé de composer quelques poémes originaux dans l’ancien dialecte populaire. Il a été le collaborateur de Geijer pour la publication des Svenska Folkvisor (chants populaires suédois, 3 vol. ), avec les anciennes mélodies objets des travaux de Heffner & Upsal et de Gronland 4 Copenhague. On a de lui une excellente traduction dela Semundar Edda et de la Herwara-Saga. Sa tragédie Den sista Folkungen n’est remarquable qu’au point de vue lyrique. On a en outre de lui une histoire de Suéde basée sur les traditions nationales, Svenska folkets sagohzfder, vaste travail qui parut de 1839 a 1843. :
AGA ou AGHA. Ce mot, qui signifie seigneur, est donné par les Turcs aux commandants des troupes, aux officiers du palais de ’empereur, aux chefs des eunuques, enfin A tout individu chargé d’un commandement spécial. C’est en outre un titre de politesse, de déférence, que l’on donne aux personnes de distinction. — L'aga des silihdar est le chef de Vinfanterie , Yaga des spahis est le chef de la cavalerie , Yaga des topidchis est le chef de Vartillerie. Le chef des eunuques noirs se nomme kizlar-aga, et le chef des eunuques blancs kapou-aga. L’aga des janissaires était le gé-