AGACERIES
néral de cette troupe redoutable, et ava presque autant de pouvoir que le grand vizir.
Sous administration turque a Alger il y avait aussi un aga, ou commandant des troupes. Il avait dans ses attributions les affaires des outhans ou districts de la plaine, et son autorité s’élendait sur la province d’Alger tout entiére, mais pas au dela. Il avait sous ses ordres les kaids et les kadis; il disposait de toutes les milices irréguliéres , spahis, abids, etc., pour percevoir les impéts et maintenir les populations dans l’obéissance. — Sous administration francaise on a donné le méme titre 4 quelqu’un de aos officiers dont le pouvoir administratif et militaire s’étendait sur les tribus qui dépendent d’ Alger.
AGACEMENT, état nerveux qui se manifeste souvent aux dents , lorsqu’on mache des fruits trop acides ou d’autres substances acerbes. Ce phénoméne résulte de Vaction spéciale de acide, qui, s’insinuant a travers les interstices de Pémail, pénétre jusqu’au noyau osseux intérieur de la dent, dans lequel se distribue le rameau du nerf qui la vivifie. Ce nerf acquiert alors une sensibilité plus délicate aux moindres impressions. I] en est de méme dans l’agacement causé par des cris percants ou réches et aigus, qui émeuvent la portion dure de la septiéme paire (acoustique), laquelle se répartit aussi aux gencives et aux dents.
Mais l’agacement ne se borne pas a ces faits, il offre un ébranlement plus général dans l'appareil nerveux; plus que le chatouillement, il est cette excitation , cet éveil particulier, causé par quelque émoustillement ou méme par des titillations locales d’organes chez lesquels s’épanouissent des houppes nerveuses abondantes, comme aux orifices (la bouche, les narines, Voreille, les parties sexuelles, le mamelon, ’anus, etc.). Les individus tendres et délicats , les femmes, les jeunes gens, ayant beaucoup de vibratilité dans leurs tissus, sont plus disposés 4 ces agacements que la vieillesse , racornie , seche, demi-morte. Les personnes trop blasées par les jouissances sont plutot émoussées qu’agacées par ces sollicitations et frictions légéres sur certaines régions de la peau, puisque les chatouillements méme de la plante des pieds et des aisselles ne les émeuvent plus guére.
Au moral, Pagacement des nerfs peut étre déterminé par certaines contrariétés dans les volontés, les désirs, les espérances (ou désappointements ), et surtout aussi par des dépits, des picoteries d’amour-propre froissé. Il en peut résulter des mouvements spasmodiques d’ennui, avec pandiculations , baillements, disposition a Virascibilité , susceptibilité vive pour les moindres occasions de mauvaise humeur. Il y a des caractéres tellement agacables , comme les personnes a fibres gréles ef mobiles, qu’alors ils partent avec explosion , sans pouvoir se contraindre. Tels sont aussi des jeunes gens excités par le vin, l’amour ou les passions secrétes, etc.; ils se disent tout en feu. Les femmes au moment de la menstruation sont particuliérement agacées par Jes moindres causes.
Quant aux agaceries, ce terme ne doit pas étre oublié, car il y a bien véritablement des sollicitations capables damorcer les esprits comme les corps, surtout entre les sexes. Le plus faible est méme d’ordinaire le plus coupable, puisque laction directe lui est interdite par la pudeur. Mais qui ne sait combien la eoquetterie , Part charmant d@enlacer un jeune ccur par un coup d’cil détourné, par cette fuite entrainante, par ces voiles 4 demi entr’ouverts, sont mille fois plus piquants que de Veffronterie déhontée et sans vergogne? Rien, au contraire, nerépugnerait, ne désenchanterait davantage. La saturation détruit Pillusion qui fait le charme de cet agacement moral. Toute agacerie et Pexcitation qui en résulte ne peuvent donc s‘opérer que sur un systéme nerveux non épuisé ef par la méme susceptible de quelque degré d’exaltation physique et morale. J.-J. VIREY.
AGACERIES, signes, mots, actions propres a éveiller Yattention des gens avec lesquels on se trouve , et les obliger
4 s’occuper dé soi. La nature, qui met les enfants dans une dépendance si absolue , pour des besoins multipliés a Vinfini sous le rapport physique et moral, leur inspire mille petites agaceries , afin qwils se rendent Vobjet de soins assidus. Cet instinct du premier age dégénere souvent en exigences capricieuses, et devient une tyrannie insupportable, comme toute domination qui n’a pas un but utile. Si l’on finit par se lasser des agaceries d’un étre innocent et faible, motivées par des besoins toujours renaissants, que sera-ce des agaceries que tant de femmes croient deyoir employer dans le méme but? Afin d’attirer les regards, afin d’exciter un intérét quelconque, elles prodiguent les coups d’ceil furtifs, les sourires qui laissent apercevoir des dents blanches, les mines boudeuses qui dessinent avec tant d’avantage la forme @une belle bouche. Le pied, sil est joli, ne demeure pas sans activité; il est montré ou dérobé a la vue, selon la curiosité qwil excite. Pendant ces maneuvres toutes matérielles , esprit n’agit pas moins que le corps; il cherche et dicte des éloges ironiques, des reproches non mérités, des exclamations de surprise , d’inquiétude, de léger dédain, le tout exprimé bri¢vement et avec toute la finesse dont on peut étre capable. Quelquefois méme (c’est selon la position sociale des individus), les agaceries consistent a bailler quelques taloches, a retirer un escabeau et a faire choir tout de son long & terre celui qui s’en servait, ainsi que nous l’apprend Moliére dans Don Juan. Mais quelle que soit la marche suivie par les femmes agagantes, elles s’en promettent toutes le méme résultat : produire de leffet et ne point demeurer inapercues. Les agaceries sont 4 lusage des coquettes, et varient selon leur rang, leur habileté, leur éducation. Excepté aux yeux de Phomme qui se croit agacé, les agaceries d’une femme dévoilent un caractére vaniteux , faux et immoral. On s’amuse dans le monde des femmes agacantes , on ne leur accorde aucune estime; et il n’est point @homme qui ne redoute pour son épouse ou ses filles cette désignation que tant de femmes ambitionnent, bien qu’elle les prive de ’estime du monde pendant la jeunesse et de son respect quand lage augmente encore, par le ridicule, la laideur de tous les défauts. On ne saurait done étre trop
sobre d’agaceries, et les femmes qui tiennent 4 leur répu- | \ ' cour. Il s’attache 4 Phomme, et devient un guide et un dé-
tation doivent absolument se les interdire.
Comtesse DE BRaADI.
AGALLOCHE ou BOJS D’ALOES, BOIS D’AIGLE,
CALAMBAC , substance balsamique nommée ayaloudjin |
par les Orientaux, qui l’estiment depuis un temps immémorial comme parfum. Cette substance odorante est, 4 ce qu'il parait, une huile essentielle contenue dans des veines d’une couleur foneée éparses dans le corps du vieux bois d’un arbre nommé aquilaire agalloche, dont on Yextrait en faisant bouillir ce bois dans de l’eau.
AGAME (Histoire naturelle), voyes Acamiz. — On donne aussi le nom d’agame a un genre de reptiles sauriens qui fait partie de la famille des ignamiens de Cuvier; cest le type dela premiére des deux sections qui composent cette famille, c’est-i-dire des agamiens, lesquels se distinguent des ignamiens proprement dits en ce qu’ils n’ont pas le palais armé de dents. On en connaif maintenant plus de dix espéces , qui sont répandues dans plusieurs contrées de PAsie, en Afrique et dans Y’Océanie. La plus remarquable est ’agame ocellé, qui doit ce nom aux taches jaunatres cerclées de noir répandues sur son ventre.
AGAMEMNON, roi de Mycéne et d’Argos, fils de Plisthéne, neveu d’Atrée, frére de Ménélas et W’Anaxibie. Sa mére s’appelait Eriphyle suivant les uns, et Aéroppe suivant dautres. Selon opinion générale et celle d’Homére, il était fils d’Atrée ; du moins Homére appelle presque toujours les deux fréres les Afrides. Une destinée ennemie ne cessa de poursuivre cette race héroique, depuis Tantale jusqu’a Agamemnon et ses enfants (voyes TANTALE, PELOPS, ATREE , Tuyest£), Agamemnon régnait sur Mycéne, et son empire
AGACERIES — AGAMIE
s’étendait sur une partie de l’Achaie, sur l’Argolide, ef sur les iles voisines. Il avait eu de Clytemnestre , son épouse, Iphigénie , Electre, Chrysothémis et Oreste. Lorsque éclata la guerre de Troie, dont il fut un des instigateurs, il arma cent vaisseaux et en céda soixante aux Arcadiens, Son armée serassemblaen Aulide. Agamemnon en pritlecommandement général, ce qui le fit surnommer le roi des rois. Diane ayant suspendu le départ de la flotte grecque en arrétant les vents, Porgueil @Agamemnon le poussa a sacrifier sa fille Iphigénie pour apaiser la déesse, qui avait d’abord demandé ce sacrifice en réparation d’un outrage; enfin Parmée grecque put partir et arriver devant Troie. Pendant le long siége de cette ville, Agamemnon se distingua toujours des autres princes, et se montra digne de son rang dans les conseils et sur le champ de bataille. Sa querelle avec Achille est le fond de toute l’Z/iade. A son retour dans ses foyers , aprés. la prise de Troie, Egisthe, fils de Thyeste, a qui il avait pardonné le meurtre d’Atrée, et a qui il avait confié sa femme et ses enfants , le surprit pendant son repas, et l’assassina, de complicité avec Clytemnestre. Ce monstre assassina également Cassandre, fille de Priam, ainsi que ses enfants. Tel est le récit d’Homére. Selon d’autres, ce serait Clytemnestre elle-méme qui aurait égorgé son époux au bain ; les uns affribuent la cause de san crime a Vadultére , les autres a la jalousie que lui donnait Cassandre. — L’histoire d’ Agamemnon asouvent inspiré les poetes et les artistes. Outre VIliade, toutlemonde connait ’Iphigénie en Aulide de Racine etl’ Evistheet Clytemnestrede Lemercier, ainsi que le tableau de Guérin représentant la Mort d’ Agamemnon.
AGAMI, ou OISEAU-TROMPETTE, genre d oiseaux de Vordre des échassiers , que Cuvier place en téte de sa tribu des grues. L’agami-trompette, vulgairement nommé poule péteuse, a été ainsi appelé parce que, outre son cri ordinaire , il a Ja faculte d’émettre, sans ouvrir le bec, un son intérieur qui parait di a une conformation particuliére dé la trachée-artére, et que ’on a cru longtemps sortir par Yanus. A état sauvage, cet oiseau viten troupes nombreuses dans les foréts de la Guyane; mais on le réduit facilement en domesticité, et alors son intelligence , ses qualités lui assignent le premier rang parmi les oiseaux de basse-
fenseur intrépide pour les autres oiseaux domestiques. A Cayenne on lui donne a garder des troupes de canards et de dindons ; il s’en acquitte 4 merveille. A Pheure habituelle il fait rentrer les oiseaux qui lui sont confiés; puis il va se percher sur le toit ou sur quelque arbre voisin. Fidélement attaché a celui qui le soigne, Yagami vient au-devant de son maitre, le suit ou le précéde, avec les marques de la plus vive satisfaction. Sensible aux caresses, il présente sa téte et son cou pour étre gratié. Chaque fois qu’on se met a table, il arrive sans étre appelé et chasse les chats ef les chiens, quin’osent lui résister. 1] poursuit également a coups de bec les personnes qui lui déplaisent. L’agami a six décimétres environ de hauteur, et sept décimétres de longueur. Son bec conique est d’un vert sale; ses yeux, dont l’iris est jaune brun, sont entourés dun cercle nu et rougeatre. Des plumes courtes et frisées lui recouvrent la téte et les deux tiers supérieurs du cou, dont le tiers inférieur est garni de plumes plus grandes , non frisées et @un violet noir. La gorge et le haut de la poitrine présentent une sorte de plastron brillant des plus riches reflets métalliques ; le reste de la poitrine , le ventre , les flancs et les cuisses sont noirs. Le dos est noir vers le haut, d’un roux bralé au milieu, et gris sur le reste de son étendue. La queue, qui ne dépasse pas les ailes pliées , est noire comme celles-ci. Les jambes sont verdatres , comme les pieds; ceux-ci sont robustes et armés dongles courts et pointus. La chair de ’agami est délicate et recherchée.
AGAMIE (Histoire naturelle). Ce mot, dérivé du grec, « privatif, et de yayoc, noces, signifie absence de ma-
AGAMIE — AGAR
riage ou privation de sexe. I] est employé pour désigner les végétaux et les animaux chez lesquels observation microscopique n’a pu encore jusqu’a ce jour permettre de constater Vexistence @organes spéciaux de reproduction. Les botanistes rangent dans lv groupe des végétaux agames les algues, les conferves , les hypoxylées , les mucédinées, les lycoperdacées , les champignons et les lichens. Quoique les zoologistes n’aient point cru devoir instituer un groupe @animaux agames, ils ont cependant signalé comme tels : 1° tous les vers ou helminthes, dépourvus de sexe; 2° un certain nombre d’espéces de mollusques inférieurs ou animaux ascidiformes , qu’on avait @abord pris pour des polypes; 3° les derniers animaux du groupe des zoophytes, parmi lesquels sont les hydres , les animaux inférieurs microscopiques homogénes et les spongiaires. I] ne faut pas confondre l'agamie, ou la privation complite de sexe, avec la cryptogamie, dans laquelle on a rangé les végétaux dont les organes reproducteurs existent, quoique cachés.
AGA-MOHAMED, chah de Perse, fondateur de la dynastie qui régne actuellement sur cet empire, naquit vers 1734, dans la puissante tribu des Kadjars. Son pére, devenu maitre de quelques provinces , fut mis & mort par Kérim , son compétiteur au tréne. Tombé au pouvoir des ennemis de sa famille, le jeune Mohammed fut fait eunuque : d’ou lui vint le surnom d’Aga. 11 sut cependant gagner les bonnes graces de Kérim, et A la mort de ce prince, en 1779, il s’empara du tréne. Sous son régne, la Perse s’agrandit et se fortifia. Pour mieux surveiller les mouvements des Russes et des Ouzbeks, il établit sa résidence 4 Téhéran, qui devint la capitale de Yempire. Il fut assassiné en 1797, par deux esclaves dont il avait ordonné la mort. Son neveu , Baba-Khan , lui succéda sous le nom de Feth-Ali-Chah.
AGANIPPE, source ayant la méme origine que PHippocréne, et qui sortait également du mont Hélicon. La fable dit que le cheval Pégase, en frappant la terre du pied, fit jaillir ces deux fontaines, qui avaient la vertu d’inspirer les poétes. Elles furent consacrées a Apollon et aux Muses, d’ou celles-ci prirent le surnom d’ Aganippides.
AGAPANTHE (du grec d&yany, amour, et avboc, fleur), genre de liliacées dé la tribu des hémérocallideées , établi par Lhéritier pour une belle plante origina‘re di cap de Bonne-Espérance, commune aujour@hni dans nos parterres , ou on la cultive sous le nom de tubéreuse bleue. Ses feuilles longues, planes, se couchent a terre; satige, haute @enyiron un métre, est lisse, verte, un peu comprimée. L’agapanthe produit au mois de juillet une belle ombelle, d'une quarantaine de jolies fleurs bleues inodores, assez semblables a celles de la tubéreuse, d’ou lui est venu son nom vulgaire. On cite deux variétés, Pagapanthe a petites feuilles , et Vagapanthe rubanée, dont les feuilles sont rayées de vert et de blanc.
AGAPES (du grec %yan4, amour). On appelait ainsi dans la primitive Fglise les repas en commun qui précédaient la sainte communion. Des hommes de tous les rangs y mangeaient ensemble, en signe de l’amour fraternel qui doit unir les chrétiens. Chacun y contribuait selon sa fortune, et le riche défrayait fe pauvre. Quelques riches faisaient méme des agapes dans le but de nourrir les malheureux. Mais les agapes ne tardérent point a se corrompre. Saint Paul, dans son Epitre aux Corinthiens, se plaint de ce que les agapes ne se font plus en commun, mais que chacun apporte ce qu’il doit manger, et qu’ainsi les uns s’en vont rassasiés quand les autres éprouvent ercore les tourments de la faim. Les paiens ne manquérent pas d’attaquer ces réunions : le baiser de paix que s’y donnaient les convives, d’abord entre les deux sexes indifféremment, ainsi que l’'usage de se placer sur des lits pendant le temps du repas, leur fournirent matire & incrimination. J] parait du reste que leurs accusations n’étaient pas tout & fait sans fondement, puisque saint Pierre, en parlant des agapes, dit de quelques faux docteurs
qu’ils n’aiment que leurs plaisirs et que leurs festins sont de pures débauches. On ordonna donc que le baiser de paix ne se donnerait plus qu’entre les personnes du méme sexe, et on interdit l'usage des lits dans le lieu des agapes. Les abus n’en persistérent pas moins, a ce qu'il parait, et le concile de Carthage les abolit en 397. On pense que les agapes avaient été instituées en commémoration de la sainte Céne; d'autres prétendent que cette coutume était empruntée au paganisme. De nos jours, les fréres Moraves ont renouvelé lusage des agapes, qu’ils célébrent dans des occasions solennelles , au milieu de cantiques et de priéres, par une consommation modérée de thé et de pain blanc.
AGAPET. Deux papes ont porté ce nom. — Acaper I*", élu pape en 535, fut le successeur de Jean II. J] sut résister a ’empereur Justinien qui voulait le forcer 4 Ccommuniquer avec Anthyme, patriarche de Constantinople et eutychéen. Agapet mourut pauvre en 536. — AGaApeT II, élu pape en 946, fut le successeur de Marin ou Martin II. Il opposa Yempereur Othon A Bérenger II, qui aspirait ala couronne @Italie , et mourut en 956.
AGAPET, diacre de Constantinop‘e, au sixiime sidcle, adressa 4 Justinien , lorsque ce prince monta sur le tréne, une lettre intitulée Scheda regia , sive de officio regis, et qui contient des conseils sur les devoirs d’un prince chrétien. Cet ouvrage, imprimé en grec et en latin 4 Venise, en 1509, a été plusieurs fois traduit, et entre autres par Louis XIII dans sa jeunesse , Paris, 1612, in-8°.
AGAPETES. La primitive Eglise donnait ce nom, qui signifie bien aimées, aux vierges qui se consacraient au service des ecclésiastiques. La pureté des moeurs autorisait ces associations pieuses, ef les femmes des prétres toléraient leur présence dans le foyer domestique. Mais on sait avec quelle rapidité les moeurs des chrétiens se corrompirent. Les agapétes donnérent lieu a de graves désordres, contre lesquels s’élevérent saint Cyprien, saint Jéréme et divers conciles. Un certain nombre de ces femmes, soit fanatisme, soit hypocrisie, adoptérent sérieusement pour maxime quwil n’y avait rien @impur pour les consciences pures. Cette secte, renouvelée des gnostiques, gardait le silence le plus inviolable sur ses mystéres , ou plutét sur ses débauches. Ces confraternités durérent longtemps. Le concile de Latran , de l’'an 1139, attesta leur existence en prononcant leur interdiction.
AGAR, femme égyptienne qu’Abraham et Sara ramenérent de Memphis, ol la famine les avait contraints de chercher un asile. Dieu avait promis un fils 4 Abraham ; Sara, doutant de pouvoir jamais lui en donner, a cause de son grand age, amena elle-méme sa servante & son mari, et la placa dans son lit. Ismael] fut le fruit de cette union. Cependant peu de temps aprés Sara devint mére a son tour, et elle ne put supporter ni rivale pour elle ni cohéritier pour son fils. Usant de tout son ascendant sur Abraham , elle fit renvoyer Agar avec Ismael. Abraham eut méme la cruauté de ne lui donner qu’un morceau de pain et une outre d'eau. Agar, dit la Genése, erra longtemps dans le désert de Barsabée ; et elle y serait morte avec son fils, qu’elle voyait périr, sur le sable, de fatigue et de besoin , si un ange ne l’edt secourue dans sa misére et ses larmes. Touché de son amour maternel, cet ange ne i’abandonna point, et la consola. Ismael grandit sous les yeux de sa mere, et ce fils répudié devint la souche dune nombreuse famille, qui devait un jour prévaloir sur la race légitime d'Isaac et de Jacob.
AGAR (Jean-ANTOINE-MICHEL), comte DE MOSBOURG, naquit le 18 décembre 1771, a Mercues ( Lot). Il exercait la profession d’avocat, lorsquwil fut élu député de Cahors en lan IX. I] suivit son compatriote Murat dans la Toscane , quwil commenga a, organiser avant Vabdication du roi dEtrurie, et coopéra aux négociations des consuléa a Lyon et & Milan. Murat le nomma ensuite son premier ministre
aide
dans le grand-duché de Berg, oti ses talents ef ses lumidres lui gagnérent Vestime publique. En 1807 il épousa une niece de Murat, et celui-ci lui donna a cette occasion le comté de Mosbourg , créé de différents domaines du duché de Berg. Murat, devenu roi de Naples sous le nom de Joachim, confia au comte de Mosbourg le portefeuille des finances de ce royaume. Le comte de Moshourg est Vauteur de la Constitution octroyée par Murat aux Napolitains, et publiée le jour méme ot Murat fut contraint de fuir de ce pays. Apres la catastrophe de 1815, le comte de Mosbourg passa en Angleterre, puis revint en France. Le gouvernement prussien, qui avait séquestré le domaine de Mosbourg, lerendit méme en 1816. Elu député en 1830, le comte Agar fut appelé a Ja pairie le 3 octobre 1837. Il est mort a Paris le 8 novembre 1844.
AGARDH (Cuartes-Anotpue ), évéque de Karlstad en Suéde, naturaliste, qui s’est rendu célébre parses recherches sur les algues, naquit le 23 janvier 1785, 4 Beestad, en Scanie, ot son pére était commercant. Il fit ses études , a partir de année 1799, 4 Puniversité de Lund, ou il fut nommé professeur de mathématiques en 1807. Mais il ne tarda pas a revenir 4 l'étude de la science qui avait d’abord été Pobjet de ses prédilections, histoire naturelle. I se consacra avec une ardeur toute particuliére a des recherches sur les plantes cryptogames. Sans doute les travaux antérieurs de Turner, de Dillwyn, de Vaucher, etc., luifurent dun grand secours; mais il n’y avait point encore de classification scientifique de ces curieux végétaux. Agardh publia d’abord sa Dispositio Algarum Sueciz, dans laquelle il suivait encore presque en tous points le systéme de Linné; puis la Synopsis Algarum Scandinaviz, pour laquelle il mit a profit ’ouvrage de Lamouroux, et quil classa avec Ja plus grande exactitude, et ensuite sa Species Algarum (tomes 1° et II*, premiére partie, Greifswald, 1820-1823), que suivirent les cones Alyarum (Lund, 1820-1823); et enfin son grand ouvrage, le Systema Algarwm (Lund, 1824 ), dans lequel il résumait toutes les découvertes faites avant lui dans |’étude des algues, notamment celles du Danois Lyngbye, et qu’il enrichissait d’une immense quantité d’observations particuliéres et d’idées originales. II fit ensuite paraitre ses ZIcones Algarum Europe (4 livraisons, Leipzig, 1828-1834); puis son Essai de réduire la physiologie végétale & des principes fondamentausx (Lund, 1828) ; son Essai sur le développement intérieur des plantes (Lund, 1829), etenfin le Lerobok i Botanik, ou Traité de Botanique (2 vol., Malmoe, 1829-31), dont la premiére partie, VOrganographie des Plantes, a été traduite en allemand par L. de Meyer (Copenhague, 1831), et la seconde, dans la méme langue, par Creplin, sous le titre de Biologie universelle des Plantes (Greifswald, 1832). On a en outre d’Agardh divers ouvrages sur les mathématiques , ’éducation publique, Ja préparation 4 la théologie, ainsi qu’une critique des principes de l'économie politique et un éloge de Linné. Son style est vir, agréable et souvent brillant. Ses idées sont éblouissantes ; mais quand il quitte le domaine des cryptogames, ses idées ne soutiennent pas toujours un examen attentif, et il a commis plus d'une erreur dans son Manuel de Botanique. Aprés avoir été, a partir de 1812, attaché a l’université de Lund en qualité de professeur de botanique et d’économie pratique, il fut ordonné prétre en 1816, ef obtint en méme temps une prébende. Il fut député de son bailliage aux diétes de 1817, 1823 et 1834. A trois reprises différentes il a parcouru la plus grande partie de )’Europe. Il est membre d’un grand nombre d’académies et de sociétés savantes, de PAcadémie des Sciences de Stockholm, et l'un des seize de PAcadémie suédoise. En 1834 il fut promu a l’évéché de Karlstad, et depuis lors il s’est surtout oceupé de théologie et de littérature orientale. I] a également été membre - de la ditte pendant la session de 1839 A 1840, ot il a fait