AGARIC — AGATE
dote. L'agaric caustique (agaricus pyrogallus), qui croit dans les bois; sa couleur est d’un jaune livide, terreux.L agaric dcre (agaricus acris),blanc, 4 lames jaunatres ou rougeatres , distillant un suc laiteux trés-dcre, ce qui n’empéche pas qu’il soit souvent rongé par les liévres et les lapins, etc., etc.
On distingue parmi les agarics un groupe assez remarquable par la propriété de se fondre en une eau noire a Pépoque de sa destruction. La plupart de ces champignons croissent dans des lieux infects, sur les substances putrides ; leur existence est d’ordinaire de courte durée; par exemple, Pagaric éphémeére, qui ne dure qu’un jour, etc.
Tl est enfin des agarics caractérisés par des qualités particulitres. L’agaric styptique lorsqu’on le mache produit au bout de quelques instants un étranglement analogue a celui du vitriol. La saveur de Pagaric fétide est poivrée, etc.
L’agaric minéral est la chaux carbonatée spongieuse @Haiiy; c’est une substance terreuse, blanche, légére, friable et analogue a la craie.
AGARIC DES CHIRURGIENS. Voyes Amanov.
AGASSIZ ( Louts ), naturaliste, est né en 1807, 4 Orbe (pays de Vaud ), ot son pére était pasteur. Il alla en 1822 terminer 4 Lausanne son éducation, commencée au collége de Biel. Il étudia ensuite la médecine 4 Zurich, 4 Heidelberg,
et enfin A Munich, ou il fut recu docteur en 1830. Dés sa jeunesse ’étude de Ja nature avait eu pour lui un attrait tout particulier. A Heidelberg ef 4 Munich il s’occupa surtout danafomie comparée, et se lia dans la seconde de ces villes avec Martius ef Spix. Spix étant venu a mourir en 1836, Martius lui cenfia le soin de publier la description de cent seize espéces de poissons que, celui-ci avait recueillies au Brésil, et au nombre desquelles i! s’en ftrouvait un grand nombre de complétement inconnues jusque alors. A cette occasion Agassiz divulgua sesidées sur la classification des poissons. L’ouvrage parut sous ce titre : Pisces, etc., quos collegit et pingendos curavit Spix, descripsit Agassiz (Munich, 1829-1831, avec 91 planches in-folio- lithographi¢es). Conduit par ce travail a faire une étude toute spéciale de Vichthyologie, Agassiz publia une Hisfoire naturelle des Poissons d@eau douce de lV’ Europe centrale, (Neufchatel, 1839 et suiv., in-fol., avec pl.), qu'il classe systématiquement, en mettant au jour une foule de choses nouvelles sur les mceurs, le mode de reproduction et l’anatomie des poissons qui habitent les lacs des Alpes et les fleuves de Europe centrale jusqu’a leur embouchure dans la mer. Il fit paraitre ensuite ses Recherches sur les Poissons fossiles (Neufchatel , 1833 et suiv., in-4°, avec pl. lith. in-fol.), travail ayant pour base des matériaux dune richesse infinie, puisés par l’auleur dans diverses collections particuliéres et publiques, notamment a Paris, oii il passa les années 1831 et 1832, et qui combla une importante lacune dans V’histoire naturelle, en traitant une partie de la zoologie qui n’ayait encore été jusque alors objet que de trésinsuffisantes recherches. L’étude des débris de poissons antédiluviens poussa Agassiz a s’occuper ensuite d’autres animaux fossiles, et Wabord des échinodermes (Description des Echinodermes fossiles de la Suisse ( Neufchatel, 1839 et suiv., avec pl. in-fol. lith.), travail qu’il a complété depuis, en agrandissant le champ de ses investigations, dans sa onographie d’échinodermes vivants et fossiles, dans ses Etudes critiques sur les Mollusques fossiles (Neufchatel, 1840), et dans son Mémoire sur les Moules de Mollusques vivants et fossiles (Neufchatel, 1840, in-4°, avec pl. lith. ). Mais de tous ses ouvrages celui qui produisit le plus de sensation fut celui qui a pour titre Etudes sur les Glaciers ( Neufchatel, 1840, avec pl. lith. in-fol.), et quia en quelque sorte partiellement transformé la géologie. L’objet de ce travail remarquable est ’étude des blocs er ratiques, ou masses énormes de roches dispersées en tous lieux, dont la composition intrinstque prouve qu’elles n’appartiennent
pas originairement aux terrains dans lesquels elles se trouvent aujourd@’hui. D’autres avaient déja pensé que les bloes erratiques de la vallée du Rhéne devaient leur transport au lieu de leur gisement actuel au déplacement d’énormes monceaux de glaces qui les auraient poussés en avant. M. Agassiz étendit et généralisa cette théorie. Cet ouvrage fut suivi d’un travail plus complet intitulé Sys/éme glaciaire, ou Recher. ches sur les glaciers, par L. Agassiz, A. Guyot et E. Desor (Paris, 1847, avec atlas). M. Agassiz avait été nommé professeur de zoologie 4 Neufchatel. Pendant un court séjour a Paris il publia, en 1846, un Nomenclator Zoologicus (en 10 livraisons, avec index alphabétique), dans lequel il énumére trente et un mille noms de genres et de familles dont il donne |’étymologie, la date et la citation la plus ancienne. Sur ce nombre, il n’y en a pas moins de treize mille qui font double emploi et devraient ¢tre changés, dix mille sont fautifs dans leur composition grammaticale. La méme année M. Agassiz accepta une place de professeur a Puniversité de Harvard, 4a New-Cambridge, prés Boston. Il a fait paraitre aux Etats-Unis : Principles of Zoology (Boston, 1848); Lake superior (Boston, 1850); The natural history of the acalephe of north America (Cambridge, 1855); Contributions to the natural history of the United States (Boston, 1857 et suiv.) : ce dernier ouvrage aura 10 vol. in-4°; Journey in Brazil (1868, in-8°). En 1857, le gouvernement francais offrit 4 M. Agassiz la chaire de paléontologie au Muséum d’histoire naturelle de Paris, vacante par la mortde d’Orbigny. M. Agassiz la refasa pour ne pas rompre, disaif-il, les liens qui Pattachent aux Etats- Unis. En 1859 l’empereur lui a envoyé la croix d’honneur. M. Agassiz est membre correspondant de !’Académie des sciences, qui lui a accordé un de ses grands prix. AGATE (Minéralogie), du fleuve Achates en Sicile. Nom sous lequel on désigne communément plusieurs varié tés de quartz , que lon distingue des silex ordinaires 3 leur
demi-transparence , a leur cassure cireuse, a la diversité de
leurs couleurs, ordinairement fort vives. Susceptibles de recevyoir un beau poli, elles sont employées comme objet d’ornement dans la grosse bijouterie, et plus ou moins recherchées selon les accidents de coloration qu’elles offrent. On les trouve dans toutes les contrées du globe, en rognons, en masses concrétionnées, dans les cavités qu’offrent certaines roches primitives. Oberstein, sur le-Rhin, est un deg gisements les plus célébres. — La distribution et opposition des couleurs ou de la lumiére dans les différentes couches dont elles sont composées en ont fait distinguer plusieurs variétés : telles sont les agates onyx ou rubanées, a couches concentriques, nettement tranchées et de nuances diverses ; les agates mousseuses, arborisées, dans Pintérieur desquelles on apergoit de petits cristaux simulant par leur arrangement des mousses, des arbrisseaux ; les agates ponctucée, irisée, @illéc, les enhydres, renfermant de petites cavités remplies de gouttes d’eau qui s’y conservent souvent sans altération. On voit aussi du bois pétrifié et passé a état d’agate. — On peut encore rattacher aux agates plusieurs variétés de pierres fines qui portent différents noms dans le commerce : telles sont : les chrysoprases, d’un beau vert-pomme ; les sardoines, d’un jaune orange; les cornalines, rouges; les calcédoines, d’un blanc bleuatre; les héliotropes, dun vert sombre, ordinairement pointillé de rouge. Le jaspe ne différe des yariétés précédentes que par son défaut absolu de transparence et par sa cassure ¢erne, caractéres qui distinguent suffisamment aussi le silex des agates proprement dites. D* SAUCEROTTE.
L’agate se faille, se scie, se polit et se grave en général avec assez de facilité. On en fait des vases, des bagues, des cachets, des chapelets, des boites, des saliéres, des manches de couteaux et de fourchettes, etc. On est parvenu a colorer et & décolorer a volonté les veines de ces pierres. On fait aussi des agates artificielles,
AGATHE (Sainte), vierge de Palerme, martyre , morte dans les tortures en Sicile, ’'an 251 de J.-C. Sa fete est célébrée le 5 féyrier.
AGATHIAS, surnommé le Scolastique, & cause de la rare étendue de ses connaissances en jurisprudence , natif de Myrina, en Etolie, florissait vers le milieu du sixiéme siécle de notre ére. Elevé A Alexandrie, il s’établit 4 Constantinople vers l’an 554, et se fit plus tard un nom comme poéte et surtout comme historien. Nous ne possédons plus que quatre-vingt-dix de ses poémes ef quelques épigrammes qu’ona recueillies dans ? Anthologie grecque. La riche collection de poésies des six premiers siécles qu’il avait réunie sous le nom de Kyklos, a péri. Mais Pouvrage historique en cing livres qu’il avait composé sur le régne de Justinien pendant les années 553 4559, ef qu’on peut considérer comme la continuation de Procope , est venu en entier jusqu’a nous. Le styleen est incorrect, l’exposition pleine d’enflure est surchargée d’expressions poétiques. La premiére édition de cette histoire fut donnée par Vulcanius (Leyde, in-4°, 1594); la plus récente est celle de Niebuhr (Bonn, 1828), et le texte en a été singuliérement corrigé et amélioré.
AGATHOCLE, un des plus hardis aventuriers de J’antiquité. Son pére lui fit apprendre le métier de potier a Syracuse. La beauté d’Agathocle lui ayant gagné les bonnes graces d’un riche Syracusain, il ne tarda-pas a sortir de son obscurité, et on lui confia méme le commandement d’une armée envoyée contre Agrigente. Agathocle épousa la veuve de son bienfaiteur, et devint, par ce mariage, un des plus riches citoyens de Syracuse. Sous la tyrannie de Sosistrate, il fut obligé de se réfugier 4 Tarente; mais a la mort de ce prince il revint & Syracuse , s’empara du pouvoir supréme, qwil affermit entre ses mains, en ne reculant pas devant le sacrifice de la vie de plusieurs milliers de citoyens appartenant aux classes les plus distinguées, et par Ja conquéte de presque toute la Sicile (an 317 avant J.-C.). ™\se maintint au pouvoir pendant vingt-huit ans. Pour occuper l’esprit du peuple, il poursuivit Vexécution du projet formé par les Denys d’expulser les Carthaginois de Ja Sicile. Vaincu par ces derniers, et méme assiégé dans Syracuse, il forma le plan hardi de passer en Afrique avec le reste de son armée. Il y fit la guerre pendant quatre ans, et presque toujours avec succes. Des troubles qui éclatérent en Sicile le forcérent deux fois 4 quitter son armée pour venir les réprimer. Mais son armée fut battue par les Carthaginois. I] pacifia ensuite la Sicile, et conclut la paix avec Carthage, l’an 306 avant J.-C. Tl employa alors ses forces a attaquer V’Jtalie, ou il yainquit les Brutiens, et pilla Crotone. Il avait le projet de remettre la couronne a son dernier fils Agathocle; mais son petit-fils Archagathe, s’étant révolté, assassina ’héritier présomptif, et fit empoisonner Agathocle.
AGATHODEMON (du grec édya6dc, bon, daiuwv, génie), symbole du Nil, adoré par YEgypte au temps des Lagides. Il est représenté par le serpent inoffensif , le corps replié en nombreux anneaux , un diadéme royal sur la téte , et la queue terminée en fleurs de lotos ou des épis qui figurent l’abondance et la végétation amenées par les sinuosités de ce fleuve. — Les Grecs donnaient le nom de coupe d’Agathodémon a une ceupe consacrée a Bacchus que V’on faisait circuler dans les repas pour que chacun y bit un peu. Par allusion A Ja trés-petite quantité de vin que buvait alors chaque convive, Hésychius appelle agathodémonistes les gens modérés dans la boisson.
AGATHON , Athénien contemporain et ami de Platon et d’Euripide, célébre par sa beauté , par ses richesses, par Vélégance de ses mecurs et par ses talents poétiques. I] avait composé des tragédies dans lesquelles il s’était écarté de la voie suivie par les tragiques précédents, mais qui ont péri. Il eut Vinsigne honneur d’étre un jour couronné aux jeux Olympiques comme poéte tragique. La fete célébrée