‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 111 sur 197 · AGIER -- AGIOTAGE · texte numérisé non relu

AGIER -- AGIOTAGE

une pétition imprimée ou Von ucinandait le 1établissement des Bourbons. Sous la Restauration, Agier devint président dune société ultra-royaliste dite des Francs régénérés , ce qui lui valut la disgrace du gouvernement, et méme une destitution en 1818. Il coopéra ensuite 4 la rédaction du Conservateur, et a Varrivée de M. de Villéle au ministére il fut rappelé dans la magistrature. Elu par le département des Deux-Sévres a la chambre des députés dite septennale, Agier y prit place au centre droit. Il contribua avec trente députés votant sous son influence, et que pour cela on appela la défection Agier, x corroborer cette majorit¢ des 221, qui euten 1830 une si puissante influence sur les destinées du pays. Réélu aprés la dissolution prononcée par fe ministére Polignac, il accourut prendre part aux délibérations qui consommeérent la révolution de 1830 en appelant Louis-Philippe au trone. Agier ne fut pas réélu en 1831; mais il revint a la chambre en 1834, pour échouer de nouveau en 1836. En 1842 le gouvernement le nomma président de chambre a la cour royale de Paris; il dut prendre sa retraite aprés la révolution de février, et mourut peu de temps apres, le 16 mai 1848.

AGILES (Raymonp vp’), chanoine du Puy, accompagna Adhémar de Monteil & la premiére croisade, et fut promu au sacerdoce pendant le saint voyage. Raymond IV le distingua parmi ses vassaux; il fut nommé chapelain de ce prince, qui avait remarqué son esprit ef ses connaissances, et qui Vadmit dans ses conseils et dans son intimité. Au nombre de ceux qui avaient accompagné en Orient le célébre comte de Toulouse et de Saint-Gilles, le chapelain distingua surtout Pons de Bahazun, qui 4 la valeur du guerrier joignait Jes talents de Thomme de lettres ; tous deux formérent le projet décrire histoire de la creisade, surtout en ce qui avait rapport a I’évéque Adhémar et 4 Raymond IV; mais Pons de Bahazun mourut au siége d’Archas, en 1099, et Raymond d’Agiles, revenu en Languedoc apres la prise de Jérusalem, s’occupa, dans les loisirs que Jui laissaient ses devoirs de chanoine, du soin d’écrire les faits d’armes des croisés en Orient jusqu’au départ de Jérusalem et au passage du Jourdain par ’armée toulousaine. Le latin de Raymond d’Agiles est assez pur, ef méme assez élégant, selon M. Michaud, qui le critique cependant, parce que, dévoué a son prince, il a raconté les méfaits et les erreurs des croisés du nord de ja France. Guillaume de Tyr a presque entiérement adopté les récits de Raymond d’Agiles, et cette estime marquée pour Vhistorien du comte de Toulouse est un éloge dela véracité de cet écrivain.

AGILOLFINGES, dynastie ducale de Baviére. Vers le milieu du sixiéme siécle, les Souabes, ainsi que les Bayarois, paraissent s’étre unis par des traités 4 empire des Francs, qui s’étendait sur toute |’Allemagne méridionale. Crest ce que Luden établit parfaitement dans son His/oire du peuple Allemand. Les rois francs laissérent aux Bavarois leurs ducs particuliers, qu’ils confirmaient dans leur dignité aprés l’élection , laquelle portait toujours sur un prince de la familie d’Agilolf. L’histoire n’en connait pas d’antérieurs a Garibald, qui est appelé duc par Grégoire de Tours. La loi des Bavarois (titre II, chap. 20, 3) dit : Dux rité semper de genere Agilolfingorum fuit et debet esse, quia sic reges antecessores nostri concesserunt eis. On ne sait pas Yorigine des Agilolfinges, ni quel était Agilolf, mais sans aucun de-ite il était au nombre des ancétres de Garibald. Il est vraisemblable aussi que le traité qui unit les Bavarois aux Francs stipwlait des avantages particuliers pour les membres non régnants de la famille ducale. Cing races sont nommées dans la loi des Bavarois- De GOoLBEry.

AGINCOURT. Voy. Senoux p’AcrNcourt.

AGIO (dun mot italien qui signifie aider\, terme de banque, qui exprime la somme nécessaire pour couvrir la aifférence de la valeur nominale et de la valeur réelle des monnaies. Cing pieces de 20 francs, au litre et au poids de

ew. circulation, le froffement ou la main du faussaire a réduit leur poids de 5 pour 100, il est évident que leur valeur réelie n'est plus que de 95 francs, quoique leur valeur nominale soit toujours de 160 francs. La somme de 5 francs, nécessaire pour ¢galer la valeur réelle a la valeur nominale, est ce qui constitue l’agio.

Jl faut cependant remarquer qu’on ne |’exige pas dans les relations commerciales d’un pays. Chacun donne la monnaie comme il la regoit, et la valeur réelle ne se distingue pas de la valeur nominale. L’agio n’a lieu que lorsque la monnaie se dégrade sensiblement et s’éloigne beaucoup de sa valeur. Mais dans les relations commerciales de peuple a peuple, celui qui accepterait des monnaies dégradées sans rétablir le prix par l'agio éprouverait un grand dommage. Afin de prévenir cet inconvénient, les peuples qui faisaient un grand commerce, comme les Hollandais, les Vénitiens, établirent des banques de dépdét, qui ne recevaient et ne donnaient la monnaie qu’au titre et au poids légaux. Cette premiére mesure fut suivie dune seconde plus efficace encore : on obligea tous ceux qui donnaient a l’étranger des lettres de change sur le pays, de les stipuler payables en monnaie de la banque de dépdt. Ce fut un moyen de se sousfraire au désastweux agio.

On se sert aussi du mot agio pour exprimer le profit que Pon fait sur le change des monnaies d’un métfal différent. Ainsi, lorsque Vor était rare, comme il était recherché par moments, a cause de sa plus grande valeur sous un moindre poids, il fallaif donner une cerfaine somme en prime pour convertir Vargent en or : c’est cette prime que l’on nomme agio. Aprés la révolution de février, nous ayons yu l’agio del’or monter a 95 fr. pour {000 fr. : aujourd’huice métal est au pair avec l’argent, ou plutét lagio serait en faveur de l’argent. — Il y a encore lieu & un payement d’une différence quand on échange du papier contre des valeurs métalliques : le bénéfice que réalise le banquier se nomme agio, ef la perte que supporte la personne qui échange les valeurs prend le nom d’escomple (voyez CHance). Z.

AGIOTAGE. On désignait autrefois par le terme d’agiotage tout ce qui concernaif le commerce des espéces métalliques ou du papier, commerce qui constitue aujourd’hui la profession de banquier. Cette industrie importante fut d’abord exercée a Venise, puis dans d’autres cités commercantes de l’Italie, et de la elle ne tarda pas a se répandre dans les principales villes de ’Europe. L’agiotage , ainsi que son nom Vindique, consistait a prélever l’agio, a titre de rémunération des frais de transport, de compensations des risques, etc., que nécessite le change d’une valeur contre une autre valeur. Ce terme fut bientét détourné de son sens primitif, ef on s’en servit pour désigner la spéculation sur les actions, effets publics, etc. Crest a ’époque du fameux systéme de Law que Plagiotage prit en France pour la premiére fois un développement scandaleux. Il en fut de méme pendant les orages de la révolution francaise. Aujourd’hui lagiotage désigne donc surtout les spéculations dont la dette publique ef autres valeurs mobiliéres sont le prétexte. Agioter, c'est acheter des rentes, des actions, lorsqu’elles sont a bas prix pour les revendre lorsqu’elles auront haussé, et réaliser ainsi un bénéfice. On comprend tout de suite pourquoi Pagiotage est voué a la réprobation publique, c'est que par lui il n’y a pas de production, pas d’accroissement réel de produits; il n’y a qu’un déplacement de valeurs, enrichissement de l’un par Ja ruine de l’antre. Les négocialions sérieuses ont presque disparu pour faire place a des ventes ou achats fictifs, que l’on connak sous Je nom de marchés a terme et de marchés & primes {voyez Bourse).

L’agiotage ne s’exerce pas seulement sur l¢s valeurs publi. ques, efc., mais aussi sur les objets de production réelle les vins, les eaux-de-vie, les huiles, les cafés, les cotons. Dans ces marchés on s’engage d’une part a livrer, d’autre

Jeur création, valent 100 francs. Mais si, de; uis e’elles sont | part a recevoir tello quantité d’une marchandise a ‘certaine

ey

époque moyennant un prix conyenu. Non que l’on veuille vendre ou acheter réellement; c’est encore un pari de la nature de celui qui se fait sur les rentes. Au terme marqué, le marché se résout par le payement de la différence entre le cours au jour de l’échéance etle prix convenu.

Ces opérations sont une source de désordres, une cause de ruines que la loi flétrit ; mais en voulant les empécher, elle serait exposée a interdire une foule d’opérations sérieuses et utiles. L’agioteur prend tous les moyens pour étre au courant des nouvelles; il spécule méme quelquefois sur Phonneur du pays; s'il a des accointances auprés des hommes politiques , il peut jouer 4 coup sir; avec de grosses sommes, il est maitre de la place, et il a été un moment ou une seule maison de banque a Paris jouait sur la rente; aucune autre n’osait lutter avec elle.

AGIS. Plusieurs rois de Sparte ont porté ce nom. — Acis 1°, fils d’Eurysthéne, régna vers ’an 1060 ayant J.-C. Ce fut lui, suivant Strabon’, qui prit la ville d’Hélos, et en réduisit les habitants (voyes ILores) en esclavage. Ses descendants , qui régnérent a Sparte concurremment avec ceux de Proclés, son oncle, prirent de lui lenom @ Agides. — Acis IJ, filsd’Archidamus II, de la race des Proclides, régna de 427 4 399 avant J.-C. Il se distingua dans la guerre du Péloponnése, remporta en 418, 4 Mantinée, une importante victoire sur les Argiens et leurs alliés, fit ensuite invasion dans l’Attique, et y fortifia Décélie; ce qui, suivant Plutarque, contribua plus que toutes les victoires de Lacédémone 4 la ruine de la puissance athénienne. Alcibiade, réfugié a Sparte, séduisitla femme d’Agis, et en eut un fils, Léotychide, que ce prince désayoua d’abord, et qu’il reconnut dans la suite; ce qui n’empécha pas les Spartiates de Yexclure du tréne, pour y placer Agésilas. — Acis III, fils d’Archidamus III et petit-fils d’Agésilas, régna de 347 a 338 avant J.-C. Quoique opposé au parti macédonien, il attendit pour se déclarer contre Alexandre que ce prince eat passé en Asie et se fit engagé dans son expédition contre Darius. Ce dernier lui fournif alors des subsides considérables, dont il se servit pour enrdéler huit mille mercenaires échappés ala bataille d’Issus, et pour équiper une flotte avec laquelle il se rendit maitre de la plus grande partie de Vile de Créte. Il revint ensuite dans le Péloponnése, dont la plus grande partie fut bientét soulevée contre les Macédoniens , et il alla, avec 20,000 hommes de pied et 2,000 chevaux , mettre le siége devant Mégalopolis. Mais Antipater, qui commandait en Macédoine, se hata d’accourir au secours de cette ville. Son armée s’élevait 4 40,000 hommes; Agis whésita cependant pas a lui livrer bataille, et il eit remporté la victoire sans la défection d’une partie de ses alliés. Les Lacédémoniens, aprés des prodiges de valeur, avaient été enfin obligés de céder au nombre; quatre guerriers emportaient Agis griévement blessé. Celui-ci, les voyant sur le point d’étre enveloppés par l’ennemi, leur ordonna de le déposer a terre et de pourvoir aleur streté ; puis, se mettant A genoux, il attendit dans cette position les Macédoniens, en tua encore plusieurs, et tomba enfin, percé de part en part d’un javelot lancé de loin contre lui. C’est en apprenant cette victoire de son lieutenant qu’Alexandre dit 4 ses amis, avec un sourire de pitié : « Tandis que nous chassions l’Asie devant « nous, ily avait enGréce un combat de souris! » — Acis IV, fils d’Eudamidas II, de la race des Proclides, monta sur le trone en 232 avant J.-C. Sparte était alors bien déchue : c’était A peine, dit Plutarque, sion y comptait encore sept cents citoyens; et sur ce nombre il y en ayait six cents qui ne possédaient rien ; tout le territoire appartenait aux cent autres, qui passaient leur vie dans la mollesse et la débauche, et semblaient avoir mis dans un oubli complet les lois de Lycurgue. Agis voulut opérer une réforme politique, et, aidé de Lysandre, le plus considéré de tous les Spartiates, qu’il était parvenu a faire nommer éphore, de Manfroclidas, qui passait pour le plus habile des Grecs dans la

AGIOTAGE — AGLABITES

conduite des affaires, de son oncle Agésilas, et enfin de sa mére Agésistrate, 4 qui son immense fortune donnait dans la ville une grande influence, il essaya de faire adopter deux mesures qui devaient amener le retour de la république & cette législation 4 laquelle elle avait di sa grandeur : l’abolition de toutes les dettes, et un nouveau partage des terres. La premiére fut seule décrétée; Agésilas, dont les biens étaient considérables, mais qui deyait encore plus qu'il ne possédait, essaya d’arréter 1a la réforme, et abandonna son neveu quand celui-ci voulut aller plus loin. Agis fut alors chargé de conduire aux Achéens, en guerre avec les Etoliens, le secours que Sparte devait leur fournir comme leur alliée. Pendant son absence, ses ennemis reprirent le dessus ; son collégue Léonidas, qui s’était déclaré le chef du parti opposé aux réformes, et que Lysandre avait fait exiler et remplacer par Cléombrote, fut rappelé, et remonta sur le tréne; le peuple, qui n’avait rien gagné a V’abolition des dettes, s’en prit 4 Agis de lajournement du partage des terres, et ce malheureux prince, accueilli, 4 sen retour, par une émeute terrible, ne put échapper a la fureur de ses ennemis qu’en se réfugiant dans le temple de Minerve Chalciaque. Il n’y fut pas longtemps en sireté : les éphores Ven arrachérent pour le livrer aux bourreaux. Son aieule Archidamie et sa mére Agésistrate furent ensuite mises a mort; puis Léonidas forca la veuve de son collégue a épouser son petit-fils Cléoméne, qui alors était 4 peine nubile, mais qui, devenu roi a son tour, renouyvela les efforts d’Agis pour le rétablissement des lois de Lycurgue, et ne réussit pas mieux que lui. Plutarque a écrit les Vies d’Agis et de Cléoméne, et ce ne sont pas les moins intéressantes de ses admirables biographies. Léon RENIER.

AGITATEUR (du latin agiio, fréquentatif d’ago, agir), celui qui excite les passions du peuple et occasionne des troubles dans Etat. 0’ Connel] avait recu le surnom de grand agitateur de VIrlande. On se rappelle en effet avec quelle facilité ce roi sans couronne soulevait et apaisait des flots de peuple dans son pays. En 1847 nous avons yu en France de petits agitateurs chercher a peser sur le gouvernement au moyen de l’agitation des banquets , et produire la révolution de février. — Les officiers que l’armée anglaise élut en 1643, pendant les troubles polifiques de cette époque, pour veiller aux intéréts de PEtat, avaient aussi recu le nom @agitateurs.

AGITATION. On appelle ainsi, en pathologie, une sorte de mouvement continuel et fatigant du corps, accompagné de malaise , que l’on observe en général au début des maladies , et quelquefois 4 la suite d’une simple indisposition. Une mauvaise digestion, les excitants, le café, les liqueurs alcooliques peuvent également produire de Vagitation. L’agitation morale détermine aussi souvent !’agitation physique. Ce symptome a ordinairement peu de gravité au début des ‘maladies , mais il en acquiert lorsqu’il se prolonge ou lorsqu’il se manifeste au milieu d’une affection qui suivait un cours régulier.

AGITATO, terme de musique, indique le trouble et lagitation. Son expression réclame un mouvement rapide » aussi le mot agitato se rencontre-t-il le plus souvent 4 la suite du mot allegro.

AGLABITES ou AGEBITES, dynastie qui agouverné une partie de lAfrique septentrionale pendant cent douze ans, depuis l’an de ’'hégire 184 jusqu’a Pan 296 (800-909 de Vere chrétienne ). Ils descendaient d’Ibrahim, fils d’Aglab, général du khalife Haroun-al-Raschid, qui Yenvoya gouyerneur en Egypte vers l’an 800. Ibral:im conquit pour son compte tout le littoral africain jusqu’é Tunis, et ne releva plus du khalife de Bagdad que pour la forme. Cependant, comme on peut suivre dans histoire des khalifes la série des gouverneurs d’Egypte, il est évident que les fils d’Ibrahim ne furent souverains indépendants que de cette contrée del’Afrique que les anciens appelaient la Pentapole et

AGLABITES — AGNAT

la Cyrénaique , et que le khalife Omar avait déja fait occuper par ses généraux. La se trouvent les villes de Barca, de Tripoli et de Cairwan. Cette derniére était Pantique Cyrene ; et quoique certains Orientaux aient écrit qu’elle ne fut rétablie que par le chef de la dynastie des Fathimites, vers 910 de Pére chrétienne , quelques notions éparses dans Vhistoire des khalifes prouvent que les Aglabites en avaient déja fait leur capitale , puisque cette méme histoire les appelle partout khalifes ou émirs de Cairwan. Abdallah fut le second prince de cette dynastie. C’est lui, qui, l’an 212 de V’hégire (828), s’empara d’une partie de la Sicile, sous le khalifat de Mamon. Mahomet 1°", son fils, lui succéda, soumit les villes de Messine, de Lipari et de Palerme, et prit le titre d’émir de Sicile en l’'an 228 de l’hégire (843), sous le khalifat de Wathek. Mahomet régna neuf ans, et son fils Abou-Ibrahim-Ahmed lui succéda. J] parait qu’a cette époque les Aglabites de Sicile s’étaient déclarés indépendants du khalife de Cairwan, dont ils se bornaient 4 demander Vinvestiture. Le premier de ces émirs particuliers se nommait Al-Abbas, le second Abdhallah; c'est Al-Abbas qui s’empara de Raguse, sur la terre ferme. Au second succéda son fils, Ebn-Sofian; a celui-ci Mahomet- Ebn-Khatajub, dont Vélection fut confirmée par MahomebII, khalife de Cairwan, l’an 255 de Phégire (869 de Pére chrétienne ), et c’est ainsi que histoire nous révéle le nom du cinquiéme des Aglabites. Mahomet régna vingt ans, et mcurut l’an 262, ou 875 de J.-C. Ibrahim, son frére, fut le sixiéme. Il enyoya des troupes en Sicile, s’y transporta lui-méme , y remporta quelques victoires, et mourut en 903 (291 de Vhégire ). Son fils et successeur, Abou-Nasser-Ziadat-Allah , fut le dernier de cette dynastie, que le khalife de Bagdad fit détréner par un de ses généraux, en 909. Obéid- Allah fut mis 4 sa place, et commenca la dynastie des Fathimites. Le dernier des Aglabites alla mourir a Ramla , dans la Palestine. VIENNET, de l’Académie Francaise.

AGLAE (dglaia), une des trois Graces, fille de Jupiter et d’Eurinome. — On a nommé Aglaé une petite planéte de notre systéme solaire, découverte en 1857 et qui fait sa révolution en 1,788 jours.

AGNADEL (Bataille @ ). Le pape Jules II étant parvenu a faire conclure la ligue de Cambrai, Louis XII se disposa 4 marcher contre Venise. Les Vénitiens ne furent avertis du complot qui se tramaif contre eux qu’au commencement de 1509, peu de mois ayant le terme fixé pour leur déclarer la guerre; mais ils pressérent tellement leurs préparatifs que dés les premiers jours d’avril ils réunirent a Pontevico, sur ’Oglio, une armée de trente mille hommes @infanterie et sept mille chevaux, sous les ordres du comte de Pitigliano et de Barthélemi VPAlviane. L’armée francaise, qui s’assemblait 4 Milan, n’était que de dix-huit mille hommes d’infanterie et deux mille gendarmes d’ordonnance. Le 15 avril les hostilités commencérent, en méme temps que Louis XII faisait déclarer la guerre 4 Venise. L’armée vénitienne se portaalors enavant sur Triviglio,

qu’elle prit, et vint camper vers Arsago, derriére le canal

de la Roya Commune, ayant Rivolta devant sa droite, et sa gauche s’étendant dans la direction de Vailate. Louis XII, ayant appris la prise de Triviglio, se hata de marcher avec son armée sur Capario, pour y passer l’Adda. On s’attendait que les Vénitiens auraient occupé Vile que forme a Vextrémité du pont le canal appelé Ritardo. Le maréchal Trivulzi avait annoncé qu’on les y trouverait retranchés. Mais le comte de Pitigliano, qui commandait en chef les Vénitiens, voulant 4 tout prix éviter un engagement, avait négligé cette position importante. L’armée frangaise passa donc Adda sans obstacle, et vint se déployer devant les Vénitiens, qui restérent sur les hauteurs qu’ils occapaient, et refuserent la bataille. Louis XII, pour les y contraindre, fit le lendemain attaquer Rivolta; Pitigliano laissa emporter la place d’assaut sans la secourir. Alors le roi de France forma le projet de se rendre maitre de Vailate, afin

de couper aux Vénitiens la communication de leurs magasins, établis vers Crema et Crémone. Pour y arriver, il fallait faire un détour par Boldrina et Agnadel ou Agnadello, tandis que les Vénitiens, plus prés de Vailate, pouvaient s’y rendre directement par le chemin de Crema. D’un autre coté, Varmée francaise, dans sa marche au travers d’un pays coupé de canaux, prétait le flanc 4 l’ennemi. Mais Louis XII comptait précis¢ément sur Pavantage qu’il Jeur offrait pour amener les Vénitiens a une bataille qu’ij désirait.

Le 14 mai l’armée francaise. se mit en marche. Dés que ce mouvement fut apercu, l’armée vénitienne se mit également en mouvement pour se rendre a Vailate; l’Alviane en commandait Varriére-garde, et on croyait toujours pouvoir éviter le combat. Mais Vavant-garde francaise , commandée par Chaumont et Trivulzi, avait fait une telle diligence, que l’Alviane fut attaqué entre Agnadello et Vailate. Il fit d’abord occuper par son infanterie des vignes et une digue qui couvraient les débouchés de la plaine, et fit avertir Pitigliano d’accourir avec le reste de ’armée, une bataille étant inévitable. L’attaque des Frangais fut impétueuse , et la résistance de l’Alviane digne de ses talents et de son courage. Mais Pitigliano ayant mis quelque peu de lenteur dans son mouvement, le reste de l’armée francaise eut le temps d’arriver au secours de son avant-garde. Alors le roi fit attaquer les vignes par l’infanterie gasconne, et la digue par les Suisses , malgré le conseil qu’on lui donnait de cesser le combat, puisqu’il avait été prévenu 4 Vailate par ’ennemi. Il sentait bien qu’il tenait ’armée vénitienne, et qu’en débouchant dans la plaine, tout Yavantage de la bataille était pour sa cavalerie. Les Suisses , d’abord rompus par Vartillerie qui défendait la digue, finirent par ’emporter aprés un combat sanglant. Les Gascons, fort maltraités, commengaient 4 plier, lorsque le roi arriva prés deux. Sa présence ranima le combat, et les vignes furent également occupées. Alors la gendarmerie francaise put déboucher dans la plaine, et les armées se trouvérent en présence. La cavalerie ennemie, ayant éfé rompue au premier choc, jeta le désordre dans l’armée vénitienne , qui fut facilement mise en déroute. Elle perdit 4 cette journée huit mille morts, quinze mille prisonniers, trente-six canons et ses bagages. L’Alviane, blessé , fut fait prisonnier,. combattant toujours et couvert de sang. Pitigliano ne put rallier les débris de son armée qu’a Brescia.

Général G. pe VAUDONCOURT.

AGNALIES. Voyez AGona.es.

AGNANO (Lac @’), lac du royaume de Naples, a 8 kilom. sud-ouest de la capitale, formé par le cratére d’un ancien volcan. {i a environ 3 kilom. de eirconférence. Prés de la se trouvent la fameuse grotte du Chien, célebre par ses exhalaisons méphitiques, et, dans la valiée de la Solfatara, les eaux thermales de San-Germano, renommées par leur vertu contre la syphilis, la goutte et les rhumatismes. De temps en temps les eaux du lac, quoique froides, semblent étre en ébullition. — AGNANo est encore le nom d'une petite ville de Toscane qui posséde des eaux thermales acidules.

AGNAT, AGNATION. Les Romains distinguaient deux sortes de parenté, la parenté naturelle qu’ils appelaient cognation, et la parenté civile qu’ils nommaient agnation. Le titre de cognats était générique, celui d’agnats était spécial et n’appartenait qu’a certains parents, & ceux que le droit civil réunissait dans une seule et méme famille, sous la puissance d'un méme pére de famille, chef et propriétaire de la famille. Cependant l’agnation subsistait encore lorsque le lien de famille était brisé par la mort du pére, et les nouvelies familles qui en résultaient ne cessaient pas de former la famille générale; chaque membre avait le titre commun d’agnat. Mais si Pun des membres de la famille venait & en sortir d'une autre maniére, par I’ émancipation, l’adeption par exemple, Vagnation ces-

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